« Faire du boudin » et tradition du nouvel an

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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Le Français c’est facile avec Adrien. J’espère que vous allez bien.

Au moment où j’enregistre cet épisode, nous sommes le mardi 31 décembre 2024 et il est 18h30. Je viens de finir la préparation des coquilles Saint-Jacques pour le repas du réveillon de ce soir. En général, en France, on passe le réveillon avec des amis ou en famille, et ce qu’on mange généralement, ce sont des plats de fête, c’est-à-dire des huîtres, du saumon fumé, du foie gras ou des coquilles Saint-Jacques.

On peut aussi manger de la dinde, mais ça, c’est plutôt à Noël, généralement. Après, une fois qu’on a fait ce dîner, les gens peuvent soit rester chez eux, soit — pour les plus jeunes — sortir en boîte ou être entre amis pour passer la soirée du 31. On peut donc le fêter en famille, entre amis, ou sortir en soirée, en boîte, en discothèque, etc.

Avant de commencer à parler de l’expression du jour, je voulais vous proposer une astuce pour différencier les sons V et B. Je suis en train, depuis deux ans, d’apprendre le japonais, et j’ai remarqué que beaucoup de Japonais — je ne sais pas si c’est la même chose avec d’autres nationalités et d’autres langues — ont du mal avec le V et le B. Par exemple, quand vous dites « je suis en train de lire un livre », il y a le son V dans « livre », et quand vous dites « je suis sorti de prison, je suis libre », vous avez le son B dans « libre ».

Pour faire le V de « livre », il faut que les dents du dessus touchent la lèvre du dessous. Pour faire le son B, il faut que les deux lèvres se touchent. Vous pouvez ainsi distinguer, d’un côté, « livre » et, de l’autre, « libre ». Voilà, c’est une petite astuce pour vous aider à prononcer plus facilement le V et le B.

Alors, l’expression du jour, qu’est-ce que c’est ? L’expression du jour, c’est « faire du boudin ». Dans cette expression, il y a trois mots. Le mot « faire » est un verbe qui peut être transitif dans certains cas et intransitif dans d’autres. Ce verbe a beaucoup de sens. Nous allons voir dans quelques instants les principaux.

Le premier sens du verbe « faire », c’est fabriquer quelque chose de concret. Par exemple, tout à l’heure, au début du podcast, je vous parlais des coquilles Saint-Jacques, et je pourrais dire : « j’ai fait les coquilles Saint-Jacques. » Plus concrètement, on fabrique quelque chose à partir d’autres éléments. Si vous avez des ingrédients comme des œufs, du lait, de la farine, vous pouvez dire : « avec ces ingrédients, je vais faire un gâteau. » Si vous êtes dans la forêt et qu’il y a des branches, des morceaux de bois, vous pouvez dire : « avec ce bois, je vais faire une cabane dans les arbres. » Voilà le premier sens : fabriquer quelque chose de concret.

Le deuxième sens, c’est créer quelque chose à partir d’une autre chose. Revenons dans la forêt : si vous faites du camping le soir, vous avez besoin de faire un feu. Eh bien, le bois, en brûlant, fait de la fumée. Dans cette phrase, « fait » est le verbe « faire » : le bois, en brûlant, crée de la fumée. Autre exemple : l’eau, quand elle bout, produit également de la vapeur — c’est de l’eau chauffée à plus de 100 degrés. Voilà le deuxième sens.

Le troisième sens, c’est être à l’origine de quelque chose. On le retrouve dans l’expression « l’union fait la force » : l’union est à l’origine de la force. C’est d’ailleurs une autre expression française que nous verrons dans un prochain épisode.

Le quatrième sens, c’est le verbe « faire » utilisé de façon intransitive, avec le sens d’avoir l’air d’être. Par exemple, une personne de 30 ou 40 ans qui en paraît davantage « fait vieux ». À l’inverse, une personne de 70 ou 80 ans qui en paraît 40 ou 50 « fait jeune ». On peut appliquer cela à beaucoup de choses : « cette personne fait sportif » signifie qu’elle a l’air sportive. Voilà donc les principaux sens du verbe « faire ».

Dans l’expression « faire du boudin », on a ensuite le mot « du », un article partitif masculin qui introduit quelque chose de non quantifiable. Puis vient « boudin », un nom masculin.

Quel est le premier sens de « boudin » ? C’est avant tout une charcuterie française. Il existe le boudin noir et le boudin blanc, que l’on trouve en boucherie ou en supermarché. Le boudin noir est un boyau de porc — si je ne me trompe pas — rempli de sang et de graisse de porc. Le boudin blanc est, quant à lui, composé d’un mélange de pain, de lait et de viande, également logé dans un boyau. Si vous ne connaissez pas ces produits, je vous invite à faire une recherche sur « boudin noir » et « boudin blanc » pour voir à quoi ils ressemblent.

Le deuxième sens de « boudin » est beaucoup plus familier, voire grossier : il désigne une personne laide. C’est un terme à n’utiliser qu’entre amis très proches, en plaisantant, car il reste blessant. Dire « lui, c’est un boudin » ou « elle, c’est un boudin » est très irrespectueux.

Maintenant, quel est le sens de l’expression « faire du boudin » ? Cette expression signifie être contrarié par quelque chose et ne plus parler à la personne à l’origine du problème. Quand on dit à quelqu’un « tu fais du boudin », cela signifie : « tu es contrarié, quelque chose t’a énervé, et tu t’es isolé dans ta chambre ou dans un coin sans plus parler. »

L’origine de « faire du boudin » vient du verbe « bouder », qui signifie exprimer son mécontentement par un comportement renfermé. « Bouder », c’est ne pas avoir l’air content, être de mauvaise humeur. D’ailleurs, à la place de « tu fais du boudin », on peut dire « tu boudes ». Ces deux expressions s’adressent plutôt à un enfant ; elles ont quelque chose d’enfantin. On ne les utiliserait pas avec un adulte. Pour un adulte, on dira plutôt « tu fais la tête » ou « est-ce que tu m’en veux ? »

Par exemple, un enfant demande à ses parents d’aller au parc d’attractions ou à l’aquarium. Les parents refusent, une fois, deux fois, trois fois. L’enfant, de mauvaise humeur, part dans sa chambre et ferme la porte. Les parents vont alors frapper et lui demander : « tu fais du boudin ? Tu boudes ? »

Autre exemple : deux frères, deux sœurs, ou un frère et une sœur jouent ensemble, et l’un casse le jouet de l’autre. Celui dont le jouet est cassé sera triste et énervé, partira dans sa chambre, se renfermera sur lui-même — bref, il fera du boudin.

Les expressions équivalentes à « faire du boudin » sont « faire la tête » ou, de façon plus familière, « faire la gueule ».

J’espère que mon explication a été claire. Je vous remercie de m’avoir écouté jusqu’au bout. Si vous avez des questions ou si vous souhaitez que j’explique une expression française dont vous n’arrivez pas à saisir le sens, je vous invite à me laisser un commentaire sur ma page Instagram Le français c’est facile avec Adrien, ou sur Apple Podcasts ou Spotify. Merci de m’avoir écouté, et à bientôt ! Bye bye, hasta luego, mata ne !


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