« Être de la gnognotte » et 1er jour de l’année

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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Le Français c’est facile avec Adrien. J’espère que vous allez bien. Au moment où j’enregistre ce podcast, nous sommes le 1er janvier 2025 et il est environ 19h30.

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année. Le réveillon du 31 s’est bien passé, et aujourd’hui, en France, c’est un jour férié. Cela signifie que les boutiques, les supermarchés et les restaurants sont fermés. Tout le monde passe en général cette journée en famille, et ça permet de faire la grasse matinée, car généralement, la nuit du 31, on a fait la fête.

Ceci étant dit, on va aborder aujourd’hui une petite astuce de prononciation du français qui est assez compliquée pour les étrangers : c’est la façon de prononcer le R dans des mots comme « roue », « rue » ou « râteau ». Pour prononcer ce R, on va l’accentuer un peu. Si vous voulez l’accentuer, pensez à ce qui se passe quand vous crachez. Ce R accentué, ce R prononcé plus fort, c’est presque ce son-là. Alors je vous explique — désolé, c’est un peu imagé — mais ce R du début, c’est le R accentué. Vous dites R…, R…, R…, RÂTEAU. Une fois que vous avez prononcé comme ça, vous diminuez progressivement le R et vous arrivez à R…, RÂTEAU. C’est un son qui vient du fond de la gorge, pas de la bouche, mais de l’arrière, de la gorge.

Je vous invite à vous entraîner à ça, car c’est vraiment une prononciation importante en français. En espagnol, ce serait le R de « rota » ; en français, c’est un son un peu différent, qui se situe entre les deux.

Alors, l’expression du jour, c’est quoi ? L’expression du jour, c’est « c’est de la gnognotte ». Quels sont les mots qui la composent et quel est son sens ?

Commençons par les mots. Dans « c’est de la gnognotte », le mot « c’est » est la contraction de « ce » et du verbe « être » conjugué au présent. Le verbe « être » peut être soit un verbe intransitif, soit un auxiliaire. Sa conjugaison au présent de l’indicatif est : je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont. Ici, on utilise la troisième personne du singulier : « est », qui s’écrit E, S, T. À l’imparfait, cela donnerait : j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez, ils étaient. Voilà deux conjugaisons du verbe « être » parmi beaucoup d’autres.

La première utilisation du verbe « être », et la plus courante, c’est pour parler de soi ou de quelqu’un d’autre. Par exemple : « je suis français, tu es anglais, il est espagnol. » On peut aussi l’utiliser pour parler de son identité : « je suis un homme, c’est une femme. » Ou encore pour parler d’un métier : « je suis comptable, il est boulanger, elle est charcutière. » On peut également exprimer une situation personnelle : « il est marié, elle est célibataire », etc.

Une deuxième utilisation très courante, c’est pour indiquer l’heure. Par exemple : « il est 19h38 », « il est 4h10 », « il est 17h. » À chaque fois qu’on exprime l’heure, on utilise le verbe « être » : « quelle heure est-il ? Il est 2h. »

Une autre utilisation, c’est pour parler de son état de santé : « je suis malade », « il est en bonne santé », « elles ne sont pas malades. »

Enfin, le verbe « être » peut être utilisé comme auxiliaire pour former le passé composé. C’est un peu technique, mais voici comment cela fonctionne : on prend le présent du verbe « être » et on lui ajoute un participe passé. Par exemple : « je suis allé à Paris », « je suis entré dans la boutique », « nous sommes venus ce matin. » Voilà quelques utilisations du verbe « être » en français.

Revenons à notre expression : « c’est de la gnognotte. » Le « de la » est un article partitif qui introduit quelque chose qu’on ne peut pas compter. Par exemple, si vous touchez le pull d’un ami, vous lui demandez : « est-ce que c’est de la laine ? » On ne peut pas dénombrer la laine — on ne dit pas « une laine, deux laines » — elle n’est donc pas quantifiable. De la même façon, dans « c’est de la gnognotte », le mot « gnognotte » n’est pas quantifiable.

Alors, le mot le plus important de l’expression : qu’est-ce que « gnognotte » ? C’est un nom commun féminin dont on n’est pas certain de l’origine, mais nous y reviendrons. Voyons d’abord le sens de cette expression.

Il y a deux sens à « c’est de la gnognotte. » Le premier sens, c’est quelque chose ou quelqu’un qui est sans valeur, qui est négligeable. Par exemple, si on vous sert dans un restaurant une assiette avec quelques tomates et un peu de salade non préparée, vous pouvez dire à votre ami : « c’est de la gnognotte », c’est-à-dire que c’est sans valeur. Attention cependant : il ne faut pas dire ça au serveur ni au patron du restaurant, car cette expression est trop familière. Vous pourriez plutôt lui dire poliment : « je m’attendais à quelque chose de différent, à un plat un peu plus élaboré. »

Le deuxième sens de « c’est de la gnognotte », c’est que quelque chose est facile ou sans difficulté. Par exemple, pour quelqu’un qui a un bon niveau de français, l’examen DELF A1 pourra sembler très facile : « le DELF A1, c’est de la gnognotte pour moi. » Un étudiant qui a bien révisé et qui est sûr de lui pourra dire après son examen : « c’était de la gnognotte », en utilisant l’imparfait, comme nous l’avons vu.

D’où vient le mot « gnognotte » ? On remarque que la première syllabe est doublée : « gno-gno ». En français, ce redoublement a pour effet de diminuer la valeur ou l’intensité d’un mot. Prenons un exemple : « la guerre » évoque quelque chose de terrible, comme la guerre en Ukraine. Mais si vous dites « la guéguerre », vous diminuez cette intensité. On utilisera « la guéguerre » pour parler d’une dispute sans grande importance entre deux personnes qui se connaissent bien, par exemple entre frère et sœur.

Eh bien, « gnognotte » vient probablement du mot « gnole », qui désigne un alcool bon marché. En doublant la première syllabe, on diminue encore davantage sa valeur : c’est donc presque rien. Cela dit, l’origine exacte du mot reste incertaine. Il pourrait aussi venir d’un dérivé de « nian-nian », qui désigne quelque chose qui manque d’intérêt, qui est un peu bête. « Nian-nian » ressemble phonétiquement à « gnogno ». Donc, soit « gnognotte » vient de « gnole » — un alcool bon marché — soit de « nian-nian » — quelque chose sans intérêt.

Nous avons donc vu les mots qui composent l’expression « c’est de la gnognotte », son sens, son origine et quelques exemples. Pour finir, voici quelques synonymes de cette expression. Un synonyme, c’est un mot qui veut dire la même chose qu’un autre. Des synonymes de « gnognotte » peuvent être « une bagatelle » ou « des clopinettes », même si ces mots sont peut-être encore un peu complexes si vous apprenez le français.

J’espère que vous avez à peu près compris mon explication. Si vous n’avez pas tout saisi, je vous invite à réécouter le podcast : une fois, deux fois, trois fois. Vous verrez qu’à force de réécouter les épisodes, vous comprendrez de plus en plus de choses. C’est vraiment essentiel dans l’apprentissage d’une langue : travailler son oreille, s’habituer aux sons et au rythme.

Je vous remercie de m’avoir écouté jusqu’à la fin. Si vous avez des idées ou des demandes d’expressions à étudier, je vous invite à m’envoyer un message ou à laisser un commentaire sur les plateformes de podcasts. Vous pouvez aussi me retrouver sur Instagram : Le Français c’est facile avec Adrien. Merci beaucoup, à bientôt. Bye bye, hasta luego, mata ne !


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