« Casser les bonbons » et différence entre le « b » et le « p »

Written in

by

Lire la transcription

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Le Français c’est facile avec Adrien. J’espère que vous allez bien et que vous avez passé une bonne semaine.

Nous sommes le vendredi 3 janvier, en début d’après-midi, et je viens de manger de la semoule au pesto. Ça n’intéresse personne, mais l’important, c’est d’écouter du français — écouter et encore écouter, peu importe ce dont je parle.

L’avantage de la semoule par rapport aux pâtes, c’est le temps de cuisson. Quand on fait des pâtes, on doit attendre que l’eau bouille, puis on met les pâtes et on attend encore dix minutes. La semoule, c’est beaucoup plus simple. Voici en exclusivité la recette de la semoule : vous faites bouillir de l’eau avec votre bouilloire, vous mettez de la semoule dans un bol, vous ajoutez de l’huile d’olive, du sel et un peu de poivre. Une fois que l’eau bout, vous la versez dans le bol jusqu’à environ un demi-centimètre au-dessus du niveau de la semoule, puis vous recouvrez le bol avec du film alimentaire — qu’on appelle aussi cellophane. Vous attendez cinq à six minutes à peine, et c’est prêt. C’est très bon.

Voilà pour la semoule. On va maintenant passer à une petite astuce de prononciation sur la différence entre le B et le P. Je sais que pour ceux qui apprennent le français, ces deux sons peuvent se ressembler.

Par exemple, dans le mot « boire » — je bois de l’eau, je bois du jus de fruits — on entend le son B. Si vous dites « poire » — une poire, je mange une poire — on entend le son P. Comment prononcer ces sons et les différencier ?

Pour le son B de « boire », on commence lèvres fermées, on remplit légèrement la bouche d’air, puis on laisse l’air sortir doucement. Un peu comme une grenouille qui gonfle les joues. Une fois que vous avez la technique, vous diminuez progressivement le son : boire, boire, bateau, brioche, bonbon, Babar. On recommence : boire, bateau, brioche, bonbon, Babar.

Pour le son P, on commence également lèvres fermées, puis on pousse l’air vers les lèvres et on le laisse sortir d’un coup : P, P, P. Exemples : poire, Paris, pâtisserie, parents, papa, potiron. On recommence : poire, Paris, pâtisserie, parents, papa, potiron.

Ce qui est important dans ces exercices, c’est de répéter après moi. En anglais, on appelle ça le « shadowing », comme le shadow boxing. Il faut répéter les phrases ou les mots juste après que je les ai dits. Entraînez-vous avec les exemples du B et du P qu’on vient de voir.

Alors, l’expression du jour, c’est « casser les bonbons ». Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est une expression assez familière, voire très familière. On l’utilise sur le ton de l’humour ou avec quelqu’un de très proche : son fils, sa fille, un frère, une sœur. On ne peut pas utiliser cette expression avec un inconnu ou quelqu’un qu’on vient de rencontrer. Comme d’habitude, on va étudier chaque mot séparément.

« Casser » est un verbe du premier groupe. Il peut être transitif ou intransitif — on peut dire « casser » ou « se casser » — et il a plusieurs sens.

Le premier sens, c’est mettre quelque chose en morceaux. Par exemple, si votre bol tombe par terre, il se casse : il se brise en plusieurs morceaux. Cela vaut aussi pour un os. En cas d’accident, on peut se casser un os — se casser le fémur, le tibia, le bras ou la jambe.

Le deuxième sens, c’est mettre un appareil hors d’état de fonctionner. Si vous appuyez sur le bouton de votre bouilloire et que l’eau ne bout pas, la bouilloire est cassée. Pareil pour une montre : si elle affiche une mauvaise heure, vous pourrez dire « ma montre est cassée. » Pour un téléphone portable — qu’on appelle aussi simplement « un portable » — s’il tombe par terre, vous pourrez dire : « mince, j’ai cassé mon portable. »

Le troisième sens, c’est celui qui nous intéresse dans cette expression : le sens figuré. Au sens figuré, « casser » devient une image, quelque chose qu’on imagine, pas quelque chose de concret qu’on peut toucher.

Dans l’expression « casser les bonbons », on a ensuite l’article « les ». C’est un article défini pluriel — pluriel parce qu’il y a plusieurs bonbons, deux en l’occurrence. Vous comprendrez bientôt pourquoi ça me fait sourire. Le pluriel de « le » et de « la », c’est « les ». On dit : le bonbon, les bonbons ; la valise, les valises.

Passons maintenant au mot « bonbon ». Le premier sens auquel on pense, c’est bien sûr une sucrerie. C’est quelque chose qu’on mange petits — ou même grands — et qui est très sucré : les fraises Tagada, les langues qui piquent, les Dragibus, les berlingots… Il y a plein de sortes de bonbons, et les enfants adorent ça.

Le deuxième sens — et c’est celui qu’on utilise dans cette expression — c’est les testicules, les couilles. Ce sont les parties génitales de l’homme. Je vous laisse deviner pourquoi on les appelle « les bonbons »… c’est lié à leur forme ronde, similaire à celle des vieux bonbons ronds.

Alors, maintenant qu’on a étudié les trois mots — casser, les, bonbons — quel est le sens de l’expression ? « Casser les bonbons », ça veut dire énerver quelqu’un, l’agacer, l’importuner — et pas seulement un peu, beaucoup. L’avantage — ou l’inconvénient — du français, c’est qu’on a énormément de façons de dire la même chose.

Cette expression peut aussi devenir un nom : « casse-bonbons ». C’est un nom masculin. On dira : « il est casse-bonbons », c’est-à-dire qu’il est énervant, insupportable, agaçant.

Voici deux exemples. Premier exemple : les appels téléphoniques publicitaires. Je ne sais pas si c’est pareil dans votre pays, mais en France, on reçoit malheureusement beaucoup d’appels sur notre portable de gens qui veulent vous vendre tout et n’importe quoi. Après avoir raccroché, vous pouvez vous dire à vous-même : « celui-là, il est vraiment casse-bonbons. » On pourrait dire aussi, de façon plus vulgaire : « il est casse-couilles. » Mais on ne dit pas « il est casse-testicules » — ça ne fonctionne pas.

Deuxième exemple : si votre enfant vous a demandé d’aller au cinéma, vous avez dit non, il a redemandé, vous avez encore dit non, et cela se répète quatre ou cinq fois… À la fin, vous pouvez lui dire : « dis donc, t’es vraiment casse-bonbons ! » Vous pourrez aussi dire à votre conjoint : « le petit, aujourd’hui, il m’a cassé les bonbons. » C’est une expression très familière, presque pas insultante, mais quand même un peu péjorative. Dite à quelqu’un qu’on connaît très bien, elle peut aussi avoir une tonalité humoristique.

L’origine de cette expression est assez claire : les testicules ont une forme ronde, similaire à celle des vieux bonbons. « Casser les bonbons », c’est donc, au sens imagé, mettre en morceaux les bonbons. Ce qui est amusant, c’est que les hommes comme les femmes peuvent utiliser cette expression, même si les femmes n’ont évidemment pas ces parties-là. Une femme peut tout à fait dire à son enfant : « tu me casses les bonbons », et ce n’est pas choquant. Elle pourrait aussi dire « tu me casses les couilles », mais elle ne le dirait pas à son enfant car c’est un gros mot — une insulte qu’on préfère éviter devant les enfants.

Comme synonymes, on peut remplacer « casse-bonbons » par : « tu m’énerves », « tu me saoules », « tu me casses les pieds » ou encore « tu me les casses. » Cette dernière formulation est intéressante : le pronom « les » fait directement allusion aux bonbons ou aux couilles, sans les nommer. On dit juste « tu me les casses », et tout le monde comprend.

Il existe aussi une expression en argot : « tu me les brises menu. » Ici, « briser » est un synonyme de « casser », et « menu » signifie « très petit ». Cela veut donc dire : tu me les casses en très petits morceaux. Là encore, le « les » renvoie directement aux bonbons ou aux couilles.

Pour finir, comme d’habitude, la traduction en anglais. On pourrait dire « you’re a pain in the neck » — c’est la traduction la plus proche que j’aie trouvée. Si des anglophones natifs écoutent ce podcast, n’hésitez pas à me confirmer ou corriger dans les commentaires ou par message Instagram.

Merci de m’avoir écouté jusqu’au bout. Comme d’habitude, si vous souhaitez que j’étudie une expression particulière ou si vous ne comprenez pas quelque chose en français, vous pouvez m’envoyer un message sur mon compte Instagram Le Français c’est facile avec Adrien. Feel free to ask me if you want me to study some proverbs or idioms in English — you can always send me a message on my Instagram page, Le Français c’est facile avec Adrien. Merci beaucoup de m’avoir écouté, à bientôt, bye bye, hasta luego, mata ne !


En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Le français c'est facile avec Adrien

Apprenez le français naturellement, quotidiennement avec des podcasts, des contes, des fables, des chansons, des livres audio pour débutants, intermédiaires et avancés

En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture