« Faire la grasse matinée et l’épiphanie » et les rois mages

Written in

by

Lire la transcription

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Le Français c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, nous sommes le samedi 4 janvier 2025, et en France, en ce moment, il fait assez froid. Ici, dans le sud-ouest, il fait environ 0 à 2-3 degrés la nuit et environ 8-9 degrés dans la journée. Ailleurs en France, il fait encore plus froid. Il y a de la neige dans les montagnes, dans les Pyrénées et dans les Alpes.

Aujourd’hui, on va d’abord parler d’un moment particulier de l’année. Demain, dimanche 5 janvier, c’est l’Épiphanie. L’Épiphanie est une fête chrétienne qui célèbre la venue des Rois mages — Gaspard, Balthazar et Melchior — qui sont venus rendre hommage à Jésus. À l’occasion de cette fête, on mange la galette des rois. Pour les chrétiens, c’est donc l’Épiphanie, mais beaucoup de Français non-chrétiens ont aussi pris l’habitude de manger la galette des rois le premier dimanche de janvier. Pendant tout le mois de janvier, vous trouverez des galettes des rois dans quasiment toutes les boulangeries et tous les supermarchés de France.

Une galette des rois, c’est quoi ? C’est une base de pâte feuilletée garnie de frangipane — un mélange de crème d’amandes et de crème pâtissière. On recouvre ensuite cette garniture d’une deuxième couche de pâte feuilletée que l’on soude à la première. Le boulanger fait ensuite un décor au couteau sur le dessus avant de la mettre au four. C’est une tradition française qui revient chaque année à cette époque. Je vous expliquerai demain, dimanche, la tradition que nous avions en famille au moment du partage de la galette — je pense que beaucoup d’autres familles la partagent également.

Aujourd’hui, en guise d’astuce linguistique, on ne va pas travailler la prononciation, mais plutôt réviser ce qu’on a vu dans les épisodes précédents. Un message, désolé…

Dans l’épisode numéro 3 — si je ne me trompe pas — où on a étudié l’expression « faire du boudin », on avait travaillé la différence de prononciation entre le V et le B. Des mots en V comme : vélo, valise, vraiment, voile, vitesse. Et des mots en B comme : banane, brocoli, boudin, bouder. Je les répète doucement, vous pouvez les répéter après moi : vélo, valise, vraiment, voile, vitesse… banane, brocoli, boudin, bouder.

Dans l’épisode suivant, consacré à l’expression « c’est de la gnognotte », on avait travaillé la prononciation du R — un son qui doit partir du fond de la gorge, comme si vous crachiez. Exemples : rat, récit, roue. On recommence : rat, récit, roue.

Ensuite, dans l’épisode sur « l’union fait la force », on avait étudié le son /s/, comme dans les mots : salon, salle à manger, salle de bain, souris, sourire. Pour produire ce son, il faut rapprocher les dents du haut et les dents du bas, et placer la langue juste derrière. On recommence : salon, salle à manger, salle de bain, souris, sourire.

Et enfin, dans le dernier épisode — celui d’hier — consacré à « casser les bonbons », on avait vu la différence entre le B et le P. Le B comme dans : bateau, boire, bière. Le P comme dans : plat, poire, pêcher, pousser. Pour rappel : pour le B, on ferme les lèvres, on retient un peu d’air dans la bouche et on le laisse sortir doucement. Pour le P, on ferme les lèvres, on prend de l’air et on l’expulse d’un coup.

Voilà pour les révisions. Passons maintenant à l’expression du jour : « faire la grasse matinée ».

Commençons par étudier chacun des mots. Le verbe « faire », on l’a déjà vu dans les épisodes « faire du boudin » et « l’union fait la force ». C’est l’un des verbes les plus utilisés en français — peut-être le troisième, après « être » et « avoir ». Dans les épisodes précédents, on l’avait conjugué au présent de l’indicatif. Voyons-le maintenant à l’imparfait de l’indicatif, qui exprime une action passée en cours ou habituelle : je faisais, tu faisais, il faisait, nous faisions, vous faisiez, ils faisaient.

Je vous rappelle rapidement les deux sens principaux du verbe « faire ».

Le premier, c’est faire quelque chose de concret. Par exemple : je fais le ménage, il fait à manger, nous faisons la vaisselle. À l’imparfait : je faisais le ménage, il faisait à manger, nous faisions la vaisselle.

Le deuxième sens, c’est créer quelque chose d’abstrait — c’est-à-dire quelque chose qu’on ne peut pas toucher, qu’on appelle aussi « impalpable ». Par exemple : si je compte dans ma tête, je fais du calcul mental. Ou encore : en tant qu’élève, on peut vouloir faire comme le meilleur de la classe, l’imiter. Rien de concret là-dedans, rien qu’on puisse toucher. Pour les autres sens du verbe « faire », je vous invite à réécouter les épisodes « faire du boudin » et « l’union fait la force ».

Revenons à l’expression. Dans « faire la grasse matinée », le mot « la » est un article féminin singulier, accordé avec le mot « matinée » qui est féminin.

« Grasse » est un adjectif qualificatif féminin — le masculin est « gras ». « Gras » évoque quelque chose d’épais, de volumineux. Comme « matinée » est féminin, on accorde l’adjectif au féminin : « grasse matinée », et non « gras matinée ».

« Matinée » est un nom féminin. C’est le matin — c’est-à-dire la période qui va du lever du soleil jusqu’à midi.

Alors, quel est le sens de cette expression ? « Faire la grasse matinée » signifie tout simplement se lever tard, plus tard que d’habitude. Si en semaine je me lève à 7h pour aller travailler, et que samedi je dors jusqu’à 11h, j’ai fait la grasse matinée. Demain, si vous dites à votre conjoint ou à votre conjointe : « demain, on fait la grasse matinée », vous lui proposez de dormir tard. On peut même faire la grasse matinée jusqu’après midi, même si le mot « matinée » ne désigne techniquement que la période avant midi.

Autre exemple : vous prenez le petit-déjeuner en famille le matin. Votre fille n’est pas encore levée. Vous demandez à sa sœur : « elle est où, ta sœur ? » Et elle vous répond : « elle fait la grasse matinée » — c’est-à-dire qu’elle est encore en train de dormir.

Quelle est l’origine de cette expression ? Elle date du XVIe siècle, c’est-à-dire des années 1501 à 1600. Le mot clé est « gras », qui vient du latin « crassus », signifiant « épais ». Le latin est la langue à l’origine de nombreuses langues européennes. « Grasse matinée » évoque donc l’épaisseur du sommeil, le côté moelleux et douillet du lit avec sa couette — comme si le lit était épais, gras et réconfortant. C’est de là que vient l’expression.

Comme synonymes, vous pouvez dire : « dormir tard », « prolonger sa nuit », « se lever tard » ou « paresser au lit ». Et une expression plus familière — c’est-à-dire à utiliser plutôt entre amis que dans des situations formelles — est le verbe « fainéanter » ou, en argot, « faignasser ». Ce mot vient de « fainéant », qui désigne quelqu’un qui n’a envie de rien faire, qui dort jusqu’à pas d’heure.

Je terminerai cet épisode par deux citations. La première est une citation humoristique de Michèle Bernier, humoriste française : « C’est toujours quand on commence la grasse matinée que les travaux commencent chez les voisins. » Cela signifie que c’est précisément au moment où l’on veut dormir que le bruit commence — une situation que beaucoup d’entre nous ont déjà vécue.

La deuxième citation est de Henry Youngman, humoriste et violoniste américain, mort en 1998. Je dis « qui était » car il est décédé — si je disais « qui est », cela sous-entendrait qu’il est encore vivant. Henry Youngman a dit : « Si ce soir vous êtes sur le point de faire quelque chose que vous regretterez au réveil, faites la grasse matinée. » En d’autres termes : si vous avez fait quelque chose dont vous aurez honte le lendemain, dormez tard pour retarder le moment de vous en souvenir.

Pour finir, comme d’habitude, la traduction en anglais : « to sleep in. »

Merci beaucoup de m’avoir écouté jusqu’au bout. Encore désolé pour ma voix — je suis un peu malade, un peu enrhumé. Si vous avez des suggestions, des questions, des proverbes ou des expressions que vous aimeriez qu’on étudie ensemble, envoyez-moi un message sur Instagram : Le Français c’est facile avec Adrien. If you have any questions about this podcast, or if you have suggestions or requests about French expressions, you can send me a message on my Instagram account. You can write in English if you want, no problem. Merci, à bientôt, bye bye, hasta luego, mata ne !


En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Le français c'est facile avec Adrien

Apprenez le français naturellement, quotidiennement avec des podcasts, des contes, des fables, des chansons, des livres audio pour débutants, intermédiaires et avancés

En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture