« Ça va comme un lundi » et l’explication des jours de la semaine

Written in

by

Lire la transcription

Bonjour à toutes et bonjour à tous et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. J’espère que tout le monde va bien, où que vous soyez dans le monde. J’espère que votre vie est belle et que ça va. On est aujourd’hui le dimanche 9 février et on va étudier l’expression « ça va comme un lundi ». Oui, je sors cette expression un dimanche, alors que j’aurais dû attendre demain — mais comme ça, si vous êtes en France et que quelqu’un vous demande comment vous allez un lundi matin, vous saurez quoi répondre à votre collègue de bureau.

Avant d’étudier l’expression, comme d’habitude, un peu de culture. Et aujourd’hui, on va se poser une question intéressante : pourquoi les jours de la semaine s’appellent lundi, mardi, mercredi, etc. ?

Ça vient de l’époque romaine — grosso modo du Ier siècle avant Jésus-Christ jusqu’au Ve siècle après Jésus-Christ. Les Romains ont nommé les jours de la semaine d’après les astres qu’ils connaissaient, qui étaient aussi les noms de leurs dieux.

Lundi vient de la lune — le satellite naturel de la Terre. Mardi vient de Mars — la planète la plus proche de la Terre, mais aussi le dieu de la guerre dans la mythologie romaine. Mercredi vient de Mercure — dieu des voyageurs et du commerce. Jeudi vient de Jupiter — le dieu suprême, l’équivalent romain de Zeus dans la mythologie grecque. Vendredi vient de Vénus — déesse de l’amour, l’équivalente d’Aphrodite en grec.

Pour le week-end, c’est un peu différent. Samedi vient à l’origine de Saturne, mais avec la christianisation progressive de la Gaule — c’est ainsi qu’on appelait la France à l’époque romaine — le mot a évolué vers Sabbat, d’origine hébraïque. Dimanche vient du latin Dominicus, qui signifie le jour du Seigneur — autrement dit, le jour de Dieu pour les chrétiens.

Ce qui est fascinant, c’est qu’on retrouve exactement la même logique en anglais. Monday vient de Moon (la lune). Tuesday vient de Tiw, le dieu nordique de la guerre — l’équivalent germanique de Mars. Wednesday vient de Woden ou Odin, le dieu suprême nordique. Thursday vient de Thor, le dieu du tonnerre. Friday vient de Frigg ou Freya, déesse de l’amour — l’équivalent de Vénus.

Cela montre bien que les langues européennes partagent de nombreuses racines communes, même si elles ont évolué différemment. Apprendre ces origines peut d’ailleurs vous aider à retenir plus facilement les jours de la semaine.


L’expression du jour, c’est donc « ça va comme un lundi ». Pas d’astuce de prononciation aujourd’hui — on a suffisamment à dire entre l’introduction et l’expression.

« Ça » — on l’a vu dans l’épisode sur ça ne casse pas trois pattes à un canard. C’est un pronom démonstratif très courant qui désigne une chose, une situation, une idée. On l’utilise partout en français : ça s’appelle comment ? si vous ne connaissez pas le nom de quelque chose, ça veut dire quoi, ce mot ? pour demander une définition, ça va ? pour demander à quelqu’un comment il se sent.

« Va » — c’est le verbe aller conjugué à la troisième personne du singulier. Je vous le conjugue au présent de l’indicatif : je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont. Et à l’imparfait : j’allais, tu allais, il allait, nous allions, vous alliez, ils allaient.

Dans ça va, le verbe aller exprime l’état de quelqu’un — comment on se sent. C’est la réponse classique à comment tu vas ? ou comment allez-vous ? : ça va, merci — et toi ? et vous ?

Petite parenthèse sur tu et vous : en français, on tutoie les personnes qu’on connaît bien — amis, famille — et on vouvoie les inconnus ou les personnes avec qui on entretient une relation formelle. Quand on rencontre quelqu’un pour la première fois, on dit vous. Quand on s’adresse à plusieurs personnes à la fois — comme je le fais dans ce podcast — on utilise aussi vous, le vous du pluriel.

« Comme » — on le connaît bien : il introduit une comparaison. Ici, on compare son état à un lundi.

« Un lundi » — l’article un est ici indéfini. Il ne s’agit pas d’un lundi en particulier — pas le lundi 10 février, pas le lundi 17 — mais n’importe quel lundi, tous les lundis. Ce un généralise. Et ce n’est pas le chiffre 1 — c’est l’article indéfini.


Le sens de l’expression.

Ça va comme un lundi signifie que ça ne va pas très bien. Le lundi, c’est le retour au travail après le week-end. On s’est levé tôt, il fait encore nuit en hiver, il fait froid, on reprend le métro ou le train bondé, on aurait préféré rester chez soi avec ses proches. On est fatigué, un peu déprimé, pas vraiment motivé. Bref — ça va comme un lundi.

Si on vous pose la question ça va ? un lundi matin, vous pouvez répondre : ça va comme un lundi — vivement vendredi ! C’est-à-dire : j’attends que la semaine passe vite pour retrouver le week-end.

On peut également dire ça va comme un lundi un mardi ou un mercredi — c’est un peu absurde, mais c’est de l’humour. Et en France, on aime beaucoup l’humour absurde et l’ironie. Par exemple, si quelqu’un vous renverse son café sur la chemise en vous bousculant dans un couloir, vous pouvez lui dire d’un ton pince-sans-rire : « Ah, merci, c’est sympa ! » Ce n’est évidemment pas sympa du tout — c’est de l’ironie, on dit le contraire de ce qu’on pense. C’est très courant en France comme en Angleterre.

Des synonymes pour ça va comme un lundi : ça ne va pas fort, ça va moyen, je suis fatigué, j’ai envie de rentrer chez moi, j’ai hâte qu’on soit en week-end.


Je ne peux pas parler du lundi sans évoquer une chanson française incontournable : « Le Lundi au soleil » de Claude François, chanteur très populaire en France, décédé en 1978. La chanson parle exactement de ce sentiment — être enfermé au bureau un lundi quand il fait beau dehors, voir le ciel bleu par la fenêtre et rêver d’être ailleurs.

Je vous en chante quelques lignes — pardonnez-moi d’avance :

« Le lundi au soleil, c’est une chose qu’on n’aura jamais, chaque fois c’est pareil, c’est quand on est derrière les carreaux, quand on travaille que le ciel est beau, qu’il doit faire beau sur les routes, le lundi au soleil. »

Voilà, c’est tout, je m’arrête là. Analysons ces paroles.

« Le lundi au soleil, c’est une chose qu’on n’aura jamais » — on ne peut jamais profiter du soleil un lundi, parce qu’on est au travail. « Chaque fois c’est pareil » — ça se répète, semaine après semaine, c’est toujours la même chose. « C’est quand on est derrière les carreaux » — les carreaux, ce sont les vitres, les fenêtres. Être derrière les carreaux, c’est être enfermé à l’intérieur. « Quand on travaille que le ciel est beau » — c’est quand on est obligé de travailler qu’il fait le plus beau temps. Le week-end, il pleut ; la semaine, il fait soleil. La vie est mal faite. « Qu’il doit faire beau sur les routes » — pendant qu’on est au bureau, les routes doivent être magnifiques. On imagine le soleil, la liberté, la route ouverte devant soi.

Allez écouter Le lundi au soleil de Claude François sur YouTube — c’est une belle chanson et elle illustre parfaitement l’expression du jour.


J’espère que vous avez compris et que ça vous a plu. Comme d’habitude, envoyez-moi un message sur Instagram @lefrancaisavecadrien ou laissez un commentaire sous les vidéos YouTube si vous avez des questions, des suggestions d’expressions ou de chansons à analyser ensemble. Merci beaucoup de m’avoir écouté, à bientôt, bye bye, hasta luego, matane !


En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Le français c'est facile avec Adrien

Apprenez le français naturellement, quotidiennement avec des podcasts, des contes, des fables, des chansons, des livres audio pour débutants, intermédiaires et avancés

En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture