« Casser du sucre sur le dos de quelqu’un » et apprentissage d’une langue

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Voici le texte corrigé :


Bonjour à toutes et bonjour à tous, et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Cet épisode sera diffusé, je pense, le 15 janvier — on est le 14, il est 17h20, et je me suis fait un thé… sans sucre, pardon, pas avec du sucre : sans sucre. Est-ce que vous mettez du sucre dans votre thé ? Vous buvez du thé ou du café ? Moi, je n’aime pas le café — je trouve que son goût est trop amer, et même en mettant du sucre, il reste de l’amertume. Donc je bois du thé.

En ce moment, je bois un thé au cacao. C’est un thé fabriqué et vendu par une chocolaterie de Bayonne. Là-bas, ils produisent un thé à partir d’écorces de fèves de cacao, et c’est magnifique. Je le bois sans sucre, sans lait, tel quel. Parfois j’y mets un peu de sirop d’érable, mais sinon je le préfère nature.

J’aime beaucoup le thé à la menthe, le thé au jasmin… Il y a d’excellents thés de la maison Mariage Frères — peut-être que vous connaissez, ils sont présents dans plusieurs pays. Leurs thés sont vraiment très bons. Celui que je bois en ce moment est un thé de la maison Puyodebat, une chocolaterie de Bayonne. Et vous, vous mettez du lait ou du sucre dans votre café ou votre thé ?


Aujourd’hui, on va justement parler d’une expression autour du sucre : « casser du sucre sur le dos de quelqu’un ». Mais avant ça, comme d’habitude, un petit conseil sur l’apprentissage du français et des langues en général.

Je vous l’ai déjà dit, mais je vais le répéter : le français, ça s’apprend sur plusieurs années. Si quelqu’un vous dit « en trois mois, quatre mois, six mois, vous pouvez parler et lire le français couramment », c’est impossible. Vous pourrez comprendre certaines choses, bien sûr, mais pas tout lire, pas tout comprendre. Il faut prendre le temps.

Vous ne verrez une évolution dans votre apprentissage qu’à long terme — pas du jour au lendemain. Plus vous vous exposerez au français, plus vous écouterez, lirez et entendrez du français, plus vous progresserez. C’est un processus long, et il ne faut pas l’oublier.

Dans l’apprentissage d’une langue, on parle d’input et d’output. L’input, c’est tout ce qui entre dans votre cerveau : quand vous lisez, quand vous écoutez, quand vous regardez quelque chose en français. L’output, c’est tout ce qui sort : quand vous parlez ou quand vous écrivez. La proportion idéale entre les deux, c’est environ 70 à 80 % d’input pour 20 à 30 % d’output.

Les sources d’input sont nombreuses : les podcasts, les films, les séries, les livres, les conversations dans la rue, les contenus sur internet… Il y a énormément de façons de s’imprégner du français, et c’est primordial. Vous pouvez très bien ne faire qu’écouter et lire, sans étudier la grammaire, et arriver à comprendre des choses. Bien sûr, à un moment, il faudra étudier les conjugaisons et le fonctionnement de la phrase si vous voulez parler et écrire. Mais pour simplement comprendre, écouter du français tous les jours, un peu chaque jour, suffit — et c’est essentiel.


Alors, l’expression du jour : « casser du sucre sur le dos de quelqu’un ».

Commençons, comme d’habitude, par analyser la nature et le sens des mots.

« Casser » — on l’a déjà vu dans l’épisode sur « casser les bonbons ». C’est un verbe du premier groupe, qui peut être transitif ou intransitif — on peut dire casser quelque chose ou se casser. Premier sens : mettre quelque chose en morceaux. Un vase entier tombe et se retrouve en plusieurs morceaux : il se casse. Deuxième sens : mettre un appareil hors d’état de marche — si vous faites tomber votre ordinateur, vous le cassez, il ne fonctionnera plus. Troisième sens : le sens figuré, c’est-à-dire non physique, abstrait. Dans « casser les bonbons » ou « casser les pieds » — qu’on étudiera un autre jour — on ne casse rien de concret. C’est une image. C’est dans ce troisième sens qu’on utilise le verbe dans notre expression d’aujourd’hui.

« Du » — c’est un article partitif masculin. On dit du pour un nom masculin, de la pour un nom féminin. Dans une recette de gâteau, on met du sucre (masculin) et de la farine (féminin). On dit du — et non un ou deux — parce que la quantité n’est pas définie. Si je dis « casser un sucre » ou « casser deux sucres », la quantité est précise. Si je dis « casser du sucre », c’est une quantité indéterminée. On retrouve ce même du dans les activités : « je fais du football », « je fais du tennis » (Novak Djokovic fait du tennis, Rafael Nadal fait du tennis). Pour les activités dont le nom est féminin, on dit de la : « je fais de la danse », « je fais de la peinture ».

Petite parenthèse à ce sujet : quand dit-on tu ou vous à quelqu’un ? On dit tu à quelqu’un qu’on connaît bien, avec qui on a une relation amicale. On dit vous à quelqu’un qu’on ne connaît pas, qu’on vient de rencontrer, ou pour marquer le respect. On reviendra sur ce sujet dans un autre épisode — c’était juste une petite digression.

« Le sucre » — c’est l’opposé du sel. C’est ce qu’on met dans le café, dans le thé, dans les gâteaux. Il est fabriqué à partir de betteraves sucrières ou de canne à sucre — deux productions agricoles transformées pour donner du sucre.

« Sur » — c’est une préposition qui indique ici une position plus élevée, au-dessus de quelque chose. Le sucre est sur le dos — c’est-à-dire au-dessus du dos, posé dessus. Imaginez-vous penché légèrement en avant, avec du sucre posé dans votre dos.

« Le » — article masculin singulier. Au pluriel, on dirait les dos ; au féminin, ce serait la. Ici, le désigne ce qui suit : le dos.

« Le dos » — c’est la partie du corps située entre les épaules et le bassin, là où se trouvent les vertèbres. C’est la seule partie de notre corps qu’on ne peut pas voir directement — il faut deux miroirs face à face pour y arriver. Petite parenthèse anatomique !

« De quelqu’un »de indique ici l’appartenance : le dos de quelqu’un, c’est le dos qui appartient à cette personne. Si c’était mon dos, on dirait « le dos d’Adrien » — avec une apostrophe, parce que mon prénom commence par une voyelle. On ne dit pas « de Adrien » mais « d’Adrien », comme on l’a vu dans un épisode précédent. Et quelqu’un, c’est un pronom indéfini : il désigne une personne, mais on ne sait pas laquelle. Cela peut être n’importe qui.


Le sens de l’expression.

« Casser du sucre sur le dos de quelqu’un », ça veut dire parler mal de quelqu’un en son absence — critiquer une personne quand elle n’est pas là pour se défendre.

Exemple 1 : vous êtes dans un bar avec deux amis, et ces deux amis parlent mal d’une tierce personne, disent des choses méchantes sur elle : « T’as vu l’autre, il était vraiment mal habillé, et en plus il n’arrêtait pas de se resservir au buffet ! » Vous pourriez leur dire : « Vous lui cassez du sucre sur le dos, à celui-là ! » ou « S’il vous plaît, arrêtez de lui casser du sucre sur le dos. » Si la personne s’appelle Rémi : « Arrêtez de casser du sucre sur le dos de Rémi. »

Exemple 2 : vous êtes au travail, c’est la pause. Vous allez à la machine à café et vous entendez deux collègues parler d’une troisième qui n’est pas là : « Dis donc, Corine, j’ai entendu qu’elle avait trompé son mari avec Jean-Claude de la comptabilité… Je pensais pas qu’elle serait capable de ça. » Vous pensez alors : « Elle casse du sucre sur le dos de Corine — c’est pas très sympa. »


L’origine de l’expression.

Elle vient du XIXe siècle, c’est-à-dire entre 1801 et 1900. À l’époque, le verbe sucrer signifiait maltraiter. Casser du sucre sur le dos de quelqu’un, c’était donc dire du mal de quelqu’un, répandre des ragots — des choses méchantes, parfois même fausses — sur une personne absente.

Un synonyme courant : « parler dans le dos de quelqu’un ». Et en anglais, on traduirait par « to talk about somebody behind their back ».


J’espère que vous avez bien compris et que je n’ai pas été trop rapide ni trop long !

Petite information : j’ai mis à jour la chaîne YouTube que j’ai créée pour le podcast. Ça ne fonctionnait pas correctement avant, mais maintenant c’est bon. Vous pouvez donc écouter les épisodes via votre application de podcasts habituelle, ou sur YouTube — il n’y a pas de vidéo, c’est simplement la vignette du podcast avec l’audio.

Si vous avez des questions ou des suggestions, envoyez-moi un message sur Instagram. Le compte s’appelle Le français avec Adrien. Merci beaucoup de m’avoir écouté, à bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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