« C’est pas demain la veille » et prononciation de deux ‘ll’

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Bonjour à toutes et bonjour à tous, j’espère que vous allez bien et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, on est le samedi 8 février — c’est le week-end — et c’est la Sainte-Jacqueline.

Je ne vous ai pas encore parlé du système des saints dans le calendrier français. Dans le calendrier occidental, chaque jour de l’année — du 1er janvier au 31 décembre — correspond au prénom d’un saint ou d’une sainte. Saint Paul, saint Mathieu, saint Romain, saint Jean… Ce système s’appelle les éphémérides. Les éphémérides, c’est un calendrier qui rappelle les dates importantes du jour : les fêtes des prénoms, les anniversaires de personnages célèbres, les grands événements historiques. En France, chaque jour porte donc un prénom, et les personnes qui portent ce prénom peuvent dire « c’est ma fête ».

Par exemple, la Saint-Adrien — mon prénom — c’est le 8 septembre. Donc, si vous connaissez un Adrien, le 8 septembre, vous pouvez lui envoyer un message : « Bonne fête, Adrien ! »

Aujourd’hui, le 8 février, c’est la Sainte-Jacqueline — et Jacqueline, c’était le prénom de ma grand-mère, la mère de ma mère. Elle est malheureusement décédée, mais si elle était encore là, je lui dirais « bonne fête, bonne maman » — c’est comme ça qu’on appelait ma grand-mère. Il existe plein de façons d’appeler ses grands-parents en français : bonne maman / bon papa, mamie / papy, mémé / pépé… chaque famille a ses habitudes.

Attention à l’orthographe : saint s’écrit S-A-I-N-T. Il existe d’autres mots qui se prononcent pareil mais s’écrivent différemment et veulent dire autre chose — mais ce n’est pas le sujet du jour.


L’expression du jour, c’est « c’est pas demain la veille ». Et puisque le mot veille contient deux L précédés d’un I, c’est l’occasion parfaite de parler de la prononciation des L doubles en français.

La règle de base est simple. Un seul L se prononce « l » — comme dans le, la, loup, lait. Deux L se prononcent également « l » — comme dans une balle (B-A-L-L-E) ou une bulle (B-U-L-L-E). On ne change rien.

Exception importante : si les deux L sont précédés d’un I, ils se prononcent « ye ». C’est le cas dans veille — V-E-I-L-L-E — où le I précède les deux L, donc on prononce veille avec ce son « ye ». Autres exemples : une bille (B-I-L-L-E → biye), briller (I + deux L → briye), bailler (B-A-I-L-L-E-R → baye) — ce que je suis en train de faire, d’ailleurs, pardon.

Exception dans l’exception — parce que le français ne serait pas le français sans quelques irrégularités : certains mots ont un I suivi de deux L mais se prononcent quand même avec le son « l » et non « ye ». C’est le cas de une ville (V-I-L-L-E → vil, pas viye), mille (le nombre 1 000), ou encore Versailles (la ville). Ces exceptions-là, il faut simplement les mémoriser au fur et à mesure.

En résumé : deux L = son « l », sauf si précédés d’un I, auquel cas ça devient « ye » — avec quelques exceptions notables.


Revenons à l’expression : « ce n’est pas demain la veille » — ou à l’oral, plus rapidement : c’est pas demain la veille. Comme dans c’est pas la mer à boire, le ne a disparu. À l’écrit, il faut l’écrire : ce n’est pas demain la veille.

« C’est » — contraction de ce + est, verbe être à la troisième personne du singulier. Petite révision : je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont. Je vous le conjugue aussi au passé simple, qui est plus difficile : je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes, ils furent. Même moi, j’ai hésité sur nous fûmes — donc si vous trouvez les conjugaisons difficiles, c’est tout à fait normal, même pour les francophones natifs.

« Demain » — le jour après aujourd’hui. Si on est le 8 février, demain, c’est le 9 février.

« La veille » — V-E-I-L-L-E, avec un E et un I avant les deux L — d’où le son « ye ». La veille, c’est le jour d’avant, ce qu’on appelle aussi hier. Si on est le 8 février, la veille, c’était le 7 février.

Ne confondez pas la veille avec la vieille — V-I-E-I-L-L-E. La vieille, c’est une femme âgée. Deux mots différents, deux orthographes différentes.

Le mot veille a d’autres sens. Être en veille pour un humain, c’est rester attentif, aux aguets — comme quand on conduit de nuit et qu’on doit rester vigilant. Mais curieusement, mettre en veille un ordinateur, c’est l’inverse : c’est le mettre dans un état de semi-extinction, entre allumé et éteint — comme quand je ferme mon MacBook et qu’il se met en veille automatiquement. Deux sens opposés pour le même mot selon le contexte.

Dans l’expression, la veille a son sens temporel : le jour d’avant.


Le sens de l’expression.

Ce n’est pas demain la veille signifie que quelque chose n’arrivera pas de sitôt — peut-être jamais, ou dans très longtemps.

Il y a deux façons de comprendre l’image. La première, très directe : demain, par définition, ne peut pas être la veille — c’est absurde, c’est impossible. Donc dire ce n’est pas demain la veille que quelque chose arrive, c’est dire que ça n’arrivera pas, ou presque.

La deuxième lecture, un peu plus poétique : si demain n’est même pas la veille du jour où quelque chose se produira, c’est que ce jour est encore loin, très loin dans le futur. On n’en est pas à la veille — on n’est même pas à la veille de la veille.

Exemple 1 : un ami vient de vivre une rupture amoureuse douloureuse. Il est déprimé, ne sort plus, pleure beaucoup. Vous lui rendez visite avec un autre ami pour lui remonter le moral, mais rien n’y fait. En repartant, vous dites à votre ami : « C’est pas demain la veille qu’il va se remettre de cette rupture. » Traduction : il mettra très longtemps à s’en remettre — peut-être qu’il ne s’en remettra jamais vraiment.

Exemple 2 : vous rêvez de venir en France — visiter Paris, Bordeaux, le Mont-Saint-Michel, ou même passer par Bayonne dans le sud-ouest. Mais vous économisez peu, et après six mois d’effort, vous n’avez mis de côté que 200 euros sur les 5 000 nécessaires. Vous vous dites : « C’est pas demain la veille que je vais pouvoir voyager en France. » Au rythme où vous économisez, le voyage est encore très loin.

Des formules synonymes : ça se passera mais dans très longtemps, c’est pas pour tout de suite, c’est pas près d’arriver, ça n’arrivera peut-être jamais. Et il y a une autre expression qui veut dire la même chose, que j’ai notée et qu’on étudiera dans les prochaines semaines : « quand les poules auront des dents » — ce qui est, comme vous l’imaginez, une chose impossible.

En anglais : « that’s not going to happen anytime soon » ou « that’s going to take a very long time ».

J’espère que vous avez compris le sens et que vous saurez l’utiliser. Si vous avez des questions, envoyez-moi un message sur Instagram @lefrancaisavecadrien. Et comme je vous le disais, je pense de temps en temps analyser une chanson française avec vous — si vous avez des suggestions, envoyez-les moi ! As always, if you have any French song you’d like us to study together, feel free to send me a message. À bientôt, bye bye, hasta luego, matane !


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