La cigale et la fourmi

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Bonjour à toutes et bonjour à tous, et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Nous sommes aujourd’hui samedi 18 janvier — c’est le week-end, alors bon week-end à tous !

Aujourd’hui, on va étudier une fable de La Fontaine qui s’appelle La Cigale et la Fourmi. Avant de vous la lire et de travailler les vers ensemble, je vais vous expliquer ce qu’est une cigale.

Une cigale, c’est un insecte qu’on entend chanter l’été. C’est un insecte avec de grandes ailes, de couleur plutôt entre le marron et le noir, et il fait ce bruit-là — (son de cigale). Voilà, c’est la cigale.

La fourmi, c’est un insecte qui vit au sol, qui peut être noir ou rouge, qui peut piquer ou non. La fourmi construit des fourmilières et c’est une vraie travailleuse. J’ai vu récemment une vidéo sur YouTube qui montre que des fourmis travaillent mieux en équipe que des humains : des fourmis devaient faire passer un objet d’un endroit à un autre en traversant des obstacles, et elles y arrivaient plus rapidement que des humains soumis au même exercice. C’est vraiment impressionnant.

Alors, je vais d’abord vous lire la fable en entier, et on va ensuite étudier chaque vers séparément. Un vers — V-E-R-S — c’est une ligne d’un poème. Donc je vous lis la fable en entier, et après on travaille vers par vers.

La Cigale et la Fourmi

La Cigale, ayant chanté Tout l’été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelques grains pour subsister Jusqu’à la saison nouvelle. « Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’août, foi d’animal, Intérêt et principal. » La Fourmi n’est pas prêteuse ; C’est là son moindre défaut. « Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse. — Nuit et jour à tout venant Je chantais, ne vous déplaise. — Vous chantiez ? J’en suis fort aise. Eh bien ! dansez maintenant. »

Voilà, c’est La Cigale et la Fourmi de Jean de La Fontaine. On va reprendre vers par vers pour expliquer le sens des mots et proposer une traduction plus simple.

Vers 1-2 : « La Cigale, ayant chanté tout l’été » — on peut traduire par : la cigale, après avoir chanté tout l’été. La cigale a chanté pendant tout l’été.

Vers 3 : « Se trouva fort dépourvue » — ça veut dire se retrouva sans rien. La cigale n’avait plus rien.

Vers 4 : « Quand la bise fut venue » — la bise, c’est un vent froid. L’image, c’est l’arrivée de l’hiver. Donc : quand l’hiver arriva.

Vers 5-6 : « Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau » — La Fontaine nous explique ce que mange la cigale : des mouches et des vermisseaux (de petits vers). La cigale se retrouve sans rien à manger.

Vers 7 : « Elle alla crier famine »crier famine, c’est se plaindre d’avoir faim. On peut donc traduire par : ayant faim, elle alla se plaindre.

Vers 8 : « Chez la Fourmi sa voisine »chez sa voisine la fourmi. C’est simple, juste une inversion.

Vers 9 : « La priant de lui prêter »prier quelqu’un, ça ne veut pas seulement dire prier Dieu. Ça peut aussi vouloir dire demander fortement à quelqu’un. Donc : lui demandant de lui prêter.

Vers 10 : « Quelques grains pour subsister »subsister, c’est survivre, arriver à vivre. La cigale demande un peu de nourriture pour vivre.

Vers 11 : « Jusqu’à la saison nouvelle » — on est au début de l’hiver. Après l’hiver vient le printemps — c’est la saison nouvelle. Donc : jusqu’au printemps, jusqu’au retour des beaux jours.

Vers 12 : « Je vous paierai, lui dit-elle » — la cigale dit à la fourmi : je vous rembourserai, je vous rendrai ce que vous m’avez prêté.

Vers 13 : « Avant l’août, foi d’animal »avant le mois d’août, c’est-à-dire avant l’été. On est en hiver, elle demande de quoi tenir jusqu’au printemps, et promet de rembourser avant l’été. Foi d’animal signifie je vous le jure, je vous le promets sur l’honneur. Elle engage sa parole, elle dit : faites-moi confiance.

Vers 14 : « Intérêt et principal » — la cigale promet de rembourser ce qu’elle a emprunté, plus des intérêts. C’est-à-dire qu’elle rendra plus qu’elle n’a reçu.

Vers 15 : « La Fourmi n’est pas prêteuse » — rien à changer, c’est très clair : la fourmi n’aime pas prêter.

Vers 16 : « C’est là son moindre défaut » — ici, il y a de l’ironie. L’auteur dit le contraire de ce qu’il pense. La traduction sincère serait : c’est là son plus grand défaut.

Vers 17-18 : « Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle à cette emprunteuse » — la fourmi demande à la cigale ce qu’elle faisait pendant l’été. L’emprunteuse, c’est la cigale, puisqu’elle vient emprunter. On peut traduire par : que faisiez-vous cet été ? dit-elle à la cigale.

Vers 19-20 : « Nuit et jour à tout venant, je chantais, ne vous déplaise » — la cigale répond. À tout venant signifie pour tout le monde. Ne vous déplaise est une formule de politesse qui signifie si vous permettez, avec votre permission. Donc : je chantais jour et nuit pour tout le monde, si vous permettez.

Vers 21 : « Vous chantiez ? J’en suis fort aise » — la fourmi répond. Être fort aise, c’est une expression ancienne qui signifie être très content, très satisfait. On peut traduire par : vous chantiez ? Très bien, je suis ravie de l’apprendre.

Vers 22 : « Eh bien ! dansez maintenant » — c’est le dernier vers, et il est cruel. La fourmi dit à la cigale de danser — mais ce n’est pas une invitation à la fête. À l’époque du Moyen Âge et jusqu’au XVIIIe siècle, on exécutait les condamnés en les pendant. Au moment de la pendaison, le corps se balance et s’agite — on disait qu’il dansait. Donc quand la fourmi dit dansez maintenant, elle dit en réalité à la cigale qu’elle va mourir de froid et de faim, puisqu’elle refuse de lui prêter quoi que ce soit. C’est une chute sombre et ironique.

Je vais maintenant vous relire la fable originale de La Fontaine, puis la version simplifiée que nous avons construite ensemble.

Version originale :

La Cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine chez la Fourmi sa voisine, la priant de lui prêter quelques grains pour subsister jusqu’à la saison nouvelle. « Je vous paierai, lui dit-elle, avant l’août, foi d’animal, intérêt et principal. » La Fourmi n’est pas prêteuse ; c’est là son moindre défaut. « Que faisiez-vous au temps chaud ? dit-elle à cette emprunteuse. — Nuit et jour à tout venant, je chantais, ne vous déplaise. — Vous chantiez ? J’en suis fort aise. Eh bien ! dansez maintenant. »

Version simplifiée :

La cigale, après avoir chanté tout l’été, se retrouva sans rien quand l’hiver arriva. Pas un seul morceau de nourriture à manger. Elle alla donc chez sa voisine la fourmi, lui demandant de lui prêter de quoi vivre jusqu’au printemps. « Je vous rembourserai, lui dit-elle. Avant l’été, je vous le jure — et avec des intérêts. » La fourmi n’est pas prêteuse. C’est là son plus grand défaut. « Que faisiez-vous cet été ? dit-elle à la cigale. — Je chantais jour et nuit pour tout le monde. — Vous chantiez ? Très bien. Eh bien, dansez maintenant. »

J’espère que la fable de La Fontaine est maintenant plus claire pour vous. Et vous — vous êtes plutôt cigale ou fourmi ? Plutôt dépensier ou économe ? Plutôt à vivre au jour le jour, ou à mettre de côté pour l’avenir ?

C’est là, en fait, la morale de cette histoire. Certaines personnes travaillent beaucoup et prévoient l’avenir ; d’autres vivent au jour le jour sans se soucier du lendemain. Il n’y a pas forcément une meilleure façon de vivre que l’autre — chacun fait comme il lui plaît. Il y a d’autres sens plus profonds dans cette fable, mais ce serait trop long à aborder ici, donc on s’en tient à la morale principale.

Avant de vous quitter, je voulais vous recommander un livre pour ceux qui maîtrisent déjà bien le français. Il s’appelle Les Fourmis, de Bernard Werber. C’est un roman que j’ai lu quand j’étais adolescent et qui m’a passionné. Ce n’est pas directement lié à la fable, mais le point de départ d’une fourmi fait écho. Je vous le recommande chaleureusement.

Merci beaucoup de m’avoir écouté jusqu’au bout, à bientôt ! Bye bye, hasta luego, mata ne !


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