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Voici le texte corrigé :
Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. On est aujourd’hui le jeudi 30 janvier 2025 et l’expression du jour, c’est « les murs ont des oreilles » — une expression qu’on entend assez souvent en français.
Mais avant d’y venir, comme d’habitude, on parle un peu de tout et de rien. Et puisqu’on va parler d’oreilles, parlons de l’objet qu’on utilise pour les nettoyer : le coton-tige.
Un coton-tige, c’est une petite tige — traditionnellement en plastique — avec du coton de chaque côté. On la tient entre deux doigts, on introduit le coton dans l’oreille et on tourne pour nettoyer. Sauf que depuis quelques années en Europe, en application d’une directive européenne, la production et la vente des cotons-tiges en plastique à usage unique ont été interdites. Ces petits objets jetables créaient d’importants problèmes environnementaux : on les retrouvait dans les océans, dans les narines des tortues, un peu partout dans la nature. L’Europe a donc décidé d’agir.
Aujourd’hui, en pharmacie, on trouve des cotons-tiges en bois réutilisables. Personnellement, je n’en utilise pas. Pour nettoyer mes oreilles, je laisse le pommeau de douche couler près de l’oreille, puis je frotte avec mon doigt. Et vous, vous utilisez des cotons-tiges ? Est-ce que la vente en est encore autorisée dans votre pays, ou avez-vous aussi des alternatives réutilisables ?
C’est une question évidemment très importante. Non — c’est de l’ironie. Ce n’est pas important du tout ! Mais c’est l’occasion d’écouter du français naturel, de vous habituer au rythme, aux intonations, à la grammaire. C’est ça qui compte, peu importe le sujet.
Passons à l’expression du jour : « les murs ont des oreilles ».
Avant de l’expliquer, arrêtons-nous sur un point de prononciation important à propos du mot murs. On voit bien qu’il prend un S au pluriel — mais ce S ne se prononce pas. On dit les murs, pas les murss. Quelle est la règle ?
En français, si un mot ne se termine pas par S au singulier, on ne prononce pas le S du pluriel. Exemples : un mur → des murs (S muet), une maison → des maisons (S muet), une table → des tables (S muet).
En revanche, si un mot se termine déjà par S au singulier, ce S se prononce, au singulier comme au pluriel. Exemples : un bus → des bus (S prononcé dans les deux cas), un ours → des ours (S prononcé), un tennis → des tennis (S prononcé).
Comme toujours en français, il y a quelques exceptions. Le mot mais (M-A-I-S), par exemple, se termine par S mais ne le prononce pas. Mais la règle générale reste valable dans la grande majorité des cas.
Analysons maintenant les mots de l’expression.
« Les murs » — un mur, c’est ce qui constitue l’enveloppe d’une maison, ce qui délimite les pièces les unes des autres. Dans une chambre, les quatre côtés sont des murs. Ils peuvent être en pierre, en parpaing, en briques, en bois, en terre, en argile… Les murs d’une maison, d’un château, d’une forteresse.
Mais mur peut aussi s’employer au sens figuré. On dit « être face à un mur » pour parler d’une personne qui ne communique pas, qui ne répond pas à vos demandes, avec qui il est impossible d’avancer. Un mur, au sens figuré, c’est donc un obstacle, un blocage.
« Ont » — c’est le verbe avoir conjugué à la troisième personne du pluriel : ils ont. Pourquoi le pluriel ? Parce que murs est au pluriel — il y a plusieurs murs. Je vous conjugue avoir au présent : j’ai, tu as, il a, nous avons, vous avez, ils ont. Et à l’imparfait : j’avais, tu avais, il avait, nous avions, vous aviez, ils avaient.
« Des » — c’est l’article indéfini au pluriel. Des est le pluriel de un ou de une. Ici, oreille est un mot féminin — on dit une oreille — donc des est le pluriel de une. On ne prononce pas le S final d’oreilles car oreille au singulier n’en a pas.
« Oreilles » — c’est ce qu’il y a de chaque côté de la tête, et qui sert à entendre et à écouter. Les oreilles sont l’organe du sens de l’ouïe (O-U-I-E).
Je profite de l’occasion pour vous expliquer la différence entre entendre et écouter — deux verbes que les apprenants confondent souvent.
Entendre, c’est percevoir un son sans nécessairement y prêter attention. Le son arrive à vos oreilles et à votre cerveau, mais vous êtes occupé à autre chose. Par exemple : vous travaillez à votre bureau et un avion passe dans le ciel — vous entendez le bruit de l’avion.
Écouter, c’est porter volontairement son attention sur un son. Vous faites l’effort de vous concentrer sur ce que vous entendez. Même exemple : si vous êtes passionné d’aviation, vous allez lever les yeux, chercher l’avion dans le ciel et écouter attentivement le bruit de ses moteurs. Vous écoutez parce que ça vous intéresse.
En résumé : entendre = percevoir passivement ; écouter = prêter attention activement.
Et tant qu’on en est aux oreilles, voici les cinq sens en français. La vue, avec les yeux. L’olfaction, avec le nez — c’est le sens de l’odorat, le fait de sentir. Le goût, avec la bouche — c’est le fait de goûter. L’ouïe, avec les oreilles — c’est le fait d’entendre. Et le toucher, avec les mains et le corps en général. Cinq sens donc : la vue, l’olfaction, le goût, l’ouïe et le toucher.
Le sens de l’expression.
Les murs ont des oreilles signifie qu’une conversation privée peut être entendue par quelqu’un d’autre à votre insu. Dans l’expression, les murs ne sont pas de vrais murs — c’est une image. Si vous parlez à quelqu’un dans une pièce, une personne juste de l’autre côté du mur peut entendre votre conversation. Et dans la vie quotidienne, au café, dans la rue, au bureau, des inconnus peuvent saisir des fragments de vos échanges — ou même écouter discrètement en faisant semblant de ne rien entendre.
Exemple 1 : deux frères — ou un frère et une sœur, ou deux sœurs — discutent dans leur chambre. Ils ont fait une bêtise et ne veulent surtout pas que leurs parents l’apprennent. L’un dit à l’autre : « Parle moins fort — les murs ont des oreilles ! »
Exemple 2 : dans un film ou une série à suspense, des conspirateurs élaborent un plan secret. L’un d’eux dit à ses complices : « Allons parler ailleurs — ici, les murs ont des oreilles. »
Il existe d’ailleurs un film français qui s’appelle justement Les murs ont des oreilles, je crois qu’il date des années 1970 ou 1980. Le personnage principal achète une maison avec sa famille et découvre dans un placard un système d’écoute avec des micros installés dans toute la maison. Il va s’en servir pour écouter les conversations de ses proches — et finit par apprendre des secrets que personne ne voulait lui révéler. Je n’en souviens plus très bien, c’est un vieux film, mais le titre illustre parfaitement l’expression.
L’origine de l’expression.
Elle remonte au début du XVIIe siècle. À l’origine, on disait « les murailles ont des oreilles », puis « les parois ont des oreilles », avant que la formule se simplifie en « les murs ont des oreilles ».
Pourquoi cette image ? Au Moyen Âge, dans les châteaux forts, les murs étaient extrêmement épais. Les architectes y aménageaient des passages secrets — des couloirs étroits creusés à l’intérieur même de la maçonnerie — qui permettaient à certaines personnes de circuler discrètement et d’écouter les conversations des pièces voisines sans être vues. On pouvait ainsi espionner les hôtes du château sans se faire repérer. C’est de là que vient l’idée que les murs eux-mêmes « entendent » ce qu’on dit.
En anglais, la traduction est littérale : « the walls have ears ». Et en japonais, la formulation est légèrement différente et particulièrement imagée : on dit à la fois « les murs ont des oreilles » et « les cloisons en papier ont des yeux » — ce qui reflète bien l’architecture traditionnelle japonaise, avec ses cloisons de papier translucides qui laissent passer autant les sons que les silhouettes.
J’espère que cette expression vous a plu et que je n’ai pas parlé trop vite. Comme d’habitude, si vous avez une question, envoyez-moi un message sur Instagram @lefrancaisavecadrien, ou laissez un commentaire et un petit pouce bleu sur YouTube — ça fait toujours plaisir ! Merci beaucoup, à bientôt, bye bye, hasta luego, matane !
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