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Bonjour à toutes et bonjour à tous, bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. J’espère que tout le monde va bien, j’espère que tu vas bien, que vous allez bien. Quand cet épisode sortira, on sera le vendredi 14 février — et le 14 février, chaque année, c’est la Saint-Valentin, la fête des amoureux.
Que vous soyez en couple homme-femme, homme-homme, femme-femme ou non-genré, je vous souhaite une belle fête à tous les amoureux.
En France, la tradition de la Saint-Valentin, c’est surtout d’offrir un cadeau à l’être aimé et de sortir au restaurant, ou d’organiser un voyage, une sortie — en tout cas, d’offrir quelque chose. Ça allait longtemps dans un seul sens — de l’homme vers la femme — mais depuis vingt ou trente ans, ça a beaucoup évolué. Maintenant, les deux partenaires s’offrent quelque chose mutuellement. Si on ne veut pas trop se prendre la tête, un bouquet de fleurs ou une boîte de chocolats, ça fait toujours plaisir.
Petit conseil sortie à Paris, puisqu’on est dans le sujet : si vous êtes dans la capitale pour la Saint-Valentin ou pour une soirée spéciale, je vous recommande le restaurant l’Agapé (A-G-A-P-É) dans le 17e arrondissement. Il avait une étoile au Guide Michelin — je ne sais plus s’il l’a conservée ou non depuis — mais en tout cas, c’est un excellent restaurant. Le menu complet doit tourner autour de 100 à 110 euros, donc c’est un investissement, mais c’est une belle expérience à faire de temps en temps. Si vous voulez d’autres conseils de restaurants parisiens, envoyez-moi un message, j’en ai d’autres à proposer.
À Paris, il y a aussi une tradition liée à la Saint-Valentin : le pont des Arts, sur lequel les amoureux accrochent des cadenas gravés à leurs initiales aux rambardes du pont, pour symboliser leur amour. C’est un geste romantique, et c’est devenu une véritable institution. Sauf que j’ai vu récemment un documentaire assez amusant : il y a tellement de cadenas sur ce pont que leur poids menace la structure. Et un particulier — pas un employé de la mairie, juste quelqu’un de sa propre initiative — se balade avec une pince coupante et coupe les cadenas pour alléger le pont. On voyait des amoureux attacher leur cadenas, et juste derrière eux, le monsieur arrivait et clic — coupé. J’ai trouvé ça assez comique.
L’expression du jour, c’est « les petits ruisseaux font les grandes rivières ». Et dans cette expression, on voit le mot ruisseaux — un pluriel qui se termine non pas par S mais par X. C’est l’occasion parfaite de faire un point sur les pluriels irréguliers en français.
La règle générale, vous la connaissez : au pluriel, on ajoute un S. Une maison → des maisons. Une table → des tables. Simple. Mais il existe plusieurs cas particuliers.
Les mots en -OU. Sept mots en français qui se terminent par -OU prennent un X au pluriel. Je les ai détaillés dans l’épisode ménager la chèvre et le chou — allez le réécouter si vous ne les avez pas encore mémorisés. De mémoire : chou, caillou, hibou, genou, bijou, joujou, pou — voilà les sept.
Les mots en -AL. Ils deviennent -AUX au pluriel. Un canal → des canaux. Un cheval → des chevaux. Attention, il y a des exceptions : un festival → des festivals (pas festivaux). Mais le principe général, c’est -AL → -AUX.
Les mots en -EU, -AU ou -EAU. Ils prennent un X au pluriel. Un ruisseau → des ruisseaux. Un joyau → des joyaux. (Un joyau, c’est une pierre précieuse, comme une gemme sur une bague.)
Les mots en -AIL. Certains donnent -AUX au pluriel : un travail → des travaux.
Cas particulier : les mots qui se terminent déjà par S, X ou Z au singulier ne changent pas au pluriel. Une voix → des voix. Un bras → des bras. Un nez → des nez.
En résumé : S dans la grande majorité des cas, mais X pour certains mots en -OU, -EU, -AU, -EAU, -AL et -AIL. Ces règles sont facilement disponibles sur Internet si vous voulez les revoir.
Revenons à l’expression : « les petits ruisseaux font les grandes rivières ».
« Les petits ruisseaux » — petit est un adjectif, donc il s’accorde : au pluriel masculin, il prend un S → petits. Ruisseau se termine par -EAU, donc au pluriel il prend un X → ruisseaux. Un ruisseau, c’est un très petit cours d’eau — un filet d’eau qui coule doucement. C’est encore plus petit qu’une rivière.
« Font » — c’est le verbe faire conjugué à la troisième personne du pluriel du présent. Conjugaison complète : je fais, tu fais, il fait, nous faisons, vous faites, ils font. À l’imparfait : je faisais, tu faisais, il faisait, nous faisions, vous faisiez, ils faisaient.
« Les grandes rivières » — grande s’accorde au féminin pluriel → grandes. Rivière prend un S au pluriel → rivières. Une rivière, c’est un cours d’eau d’une certaine taille, qui se jette dans un fleuve — lui-même plus grand — lequel se jette dans la mer ou dans un lac.
Le sens de l’expression.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières signifie que de nombreuses petites choses, accumulées, peuvent produire quelque chose de grand. On l’utilise souvent pour parler d’argent : si vous économisez euro par euro, centime par centime, vous finirez par constituer une somme importante. Les petits ruisseaux, ce sont vos petites économies ; la grande rivière, c’est la somme finale.
Exemple écologique : couper le robinet pendant qu’on se brosse les dents — si je suis le seul à le faire, l’impact est négligeable. Mais si des millions de personnes le font, l’économie d’eau est considérable. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.
Exemple solidaire : les Restos du Cœur — une association fondée dans les années 80 par l’humoriste Coluche — distribuent des repas aux personnes qui n’ont pas les moyens de se nourrir correctement. Cette association repose entièrement sur le bénévolat et les dons. Chaque bénévole, chaque donateur apporte sa petite contribution — et ensemble, toutes ces bonnes volontés permettent de nourrir des centaines de milliers de personnes. C’est l’idée même des petits ruisseaux qui font les grandes rivières : à plusieurs, on est plus forts.
L’origine. Cette expression a été inventée par l’écrivain et lexicographe français Antoine Furetière — F-U-R-E-T-I-È-R-E — au XVIIe siècle. Je vous avoue que avant de préparer cet épisode, je n’avais jamais entendu parler de lui — mais il est l’auteur d’un grand dictionnaire de la langue française, le Dictionnaire universel, publié en 1690.
Synonymes et formulations proches : petit à petit, l’oiseau fait son nid — une autre expression française qui dit la même chose ; pierre après pierre, on bâtit une maison ; chaque centime compte.
En anglais : « take care of the pennies and the pounds will take care of themselves » — prenez soin de chaque penny, et les livres sterling s’accumuleront d’elles-mêmes.
J’espère que vous avez bien compris l’expression et que vous pourrez la réutiliser. Si je parle trop vite, si vous avez des questions ou des suggestions, envoyez-moi un message sur Instagram @lefrancaisavecadrien ou laissez un commentaire sur YouTube. Merci beaucoup de m’avoir écouté, à bientôt, bye bye, hasta luego, matane !
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