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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Le Français c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, nous sommes le dimanche 5 janvier 2025. Je pense que lorsque vous écouterez ce podcast — pour ceux qui l’écoutent dès sa sortie — nous serons le lundi 6 janvier. Mais au moment où je l’enregistre, nous sommes bien le dimanche 5 janvier 2025, et aujourd’hui c’est l’Épiphanie, c’est le jour de la galette des rois. Pour ceux qui veulent savoir ce qu’est une galette des rois, je vous invite à écouter l’épisode précédent, consacré à l’expression « faire la grasse matinée ».
Si vous ne souhaitez pas écouter chaque épisode en entier, sachez que je les divise en chapitres. Dans votre application de podcast, vous trouverez donc différents chapitres : d’abord un chapitre sur la vie de tous les jours, les traditions et le temps — quelques mots en français sur tout et sur rien. Ensuite, un chapitre sur les astuces de français : conjugaison, grammaire, prononciation. Et enfin, un chapitre sur l’expression du jour.
Comme je vous le disais, aujourd’hui c’est l’Épiphanie et la tradition de la galette des rois. Dans ma famille, quand j’étais petit, on se réunissait tous pour manger la galette. Au moment du partage, le plus jeune passait sous la table pour ne pas voir quelle tranche allait à qui. Pourquoi ? Parce que dans la galette des rois, il y a ce qu’on appelle la fève. À l’origine, lors de la création de la galette, c’était une vraie fève de haricot. Aujourd’hui, c’est une petite figurine en porcelaine ou en plastique représentant un personnage ou un objet. Il existe des fèves Spider-Man, des fèves Star Wars, des fèves avec un berger, un petit chien, Picsou, Titi et Grosminet… Il y en a vraiment de toutes sortes.
Le boulanger glisse la fève dans la galette avant de la cuire. Pour ne pas savoir où elle se trouve, le plus jeune de la tablée s’installe sous la table et désigne, pour chaque part découpée, à quelle personne elle est destinée. Celui qui découvre la fève dans sa part a le droit de porter la couronne — généralement une couronne en carton doré. Les enfants adorent ça ; les adultes, un peu moins.
C’était donc la tradition dans ma famille, et je pense que beaucoup de familles françaises font de même. Pour rappel, l’Épiphanie est une fête chrétienne qui tombe le premier dimanche de janvier. Cette année, c’est le dimanche 5 janvier 2025. Mais on trouve des galettes des rois dans toutes les boulangeries de France pendant tout le mois de janvier. Si vous visitez la France ou y habitez, je vous encourage vivement à en acheter une. C’est excellent !
Passons maintenant à l’astuce du jour. On va voir la différence entre « il va » et « il voit ».
« Il va » vient du verbe « aller », conjugué au présent de l’indicatif : je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont. « Il va » est donc la troisième personne du singulier.
« Il voit » vient du verbe « voir », qui signifie regarder quelque chose, avoir quelque chose devant les yeux. Par exemple : je vois un champ, je vois la forêt, je vois la mer. La conjugaison au présent est : je vois, tu vois, il voit, nous voyons, vous voyez, ils voient.
Comment prononcer ces deux formes ? « Il va » est simple : c’est le son V — les dents du dessus touchent la lèvre du dessous — suivi du son A, comme quand on se fait mal et qu’on crie « A ! » Ensemble, cela donne « va ».
Pour « il voit », qui s’écrit V-O-I-T, la prononciation est « voua ». On commence avec le son V, puis on arrondit les lèvres pour faire le son « ou », et on enchaîne avec le son « a » : V-ou-a, « voit ». Le verbe aller : il va. Le verbe voir : il voit.
L’expression du jour, c’est « on n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace. »
Analysons les mots qui la composent. « On » est un pronom personnel de la troisième personne du singulier qui désigne plusieurs personnes de manière générale.
Ensuite, « n’ » est la forme contractée de « ne », qui, associée à « pas », forme la négation. Ici, comme le verbe « apprendre » commence par une voyelle — le A — on écrit « on n’apprend pas » et non « on ne apprend pas ». C’est la même règle que pour « l’union » dans un épisode précédent : devant une voyelle, on utilise l’apostrophe. Attention : beaucoup de Français oublient ce « n’ » à l’écrit, car à l’oral, le N de « on » se lie naturellement au A d’« apprend ». Mais c’est une faute de français. Si vous écrivez cette expression, n’oubliez pas le « n’ ».
« Apprendre » est un verbe transitif du troisième groupe. Pour rappel, les trois groupes sont : le premier groupe, les verbes en -ER (sauf « aller ») ; le deuxième groupe, les verbes en -IR comme finir, réussir, applaudir ; et le troisième groupe, tous les autres verbes, dont « apprendre ». « Apprendre », c’est étudier quelque chose, se l’approprier. En écoutant ce podcast, vous apprenez le français.
« Pas » est la deuxième partie de la négation, qu’on a vue juste avant. La forme positive serait « on apprend » ; la forme négative est « on n’apprend pas ».
« Au » est une préposition, contraction de « à » + « le ». On dit « on apprend au chien », « on apprend au singe » — et non « on apprend à le chien ». On peut aussi dire « on apprend à un singe » avec l’article indéfini.
« Vieux » est un adjectif qualificatif qui désigne le singe et signifie le contraire de jeune : le singe est âgé, expérimenté.
« Singe » est un nom commun masculin. C’est un animal de la jungle doté d’une queue, réputé pour sa ressemblance avec l’être humain.
Le « à » qui suit est une préposition qui établit le lien entre « on n’apprend pas au vieux singe » et ce qui vient après : « faire la grimace ».
Le verbe « faire » a été étudié dans plusieurs épisodes précédents. Je vous invite à les réécouter si vous souhaitez en approfondir les différents sens.
« La » est un article féminin qui précède « grimace ». La grimace, c’est une déformation volontaire ou involontaire du visage — pour faire rire un enfant, par dégoût, ou encore quand on goûte quelque chose de très mauvais et qu’on fait « beurk ». Ou quand on entre aux toilettes juste après quelqu’un… vous voyez le genre.
Alors, quel est le sens de cette expression ? « On n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace » signifie qu’on ne peut pas apprendre quelque chose à une personne qui le maîtrise déjà bien mieux que vous. Quelqu’un d’inexpérimenté ne peut pas donner des leçons à quelqu’un de plus expérimenté dans son domaine.
Premier exemple : un petit enfant veut apprendre un tour de magie à son grand-père, qui était lui-même magicien dans sa jeunesse. Le grand-père les connaît tous. Il pourrait dire en souriant : « on n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace. »
Deuxième exemple : un jeune chef fraîchement embauché veut montrer une technique à son chef de cuisine. Mais ce dernier la connaît déjà parfaitement. Il pourrait répondre : « mon petit, on n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace. »
L’origine de cette expression remonte au XIXe siècle, c’est-à-dire entre 1801 et 1900. Le singe est réputé pour ses grimaces — c’est même l’une de ses caractéristiques les plus connues. Il serait donc absurde de vouloir lui apprendre à en faire : il est bien meilleur que n’importe qui dans ce domaine. C’est de cette image qu’est née l’expression.
Comme reformulation équivalente, on pourrait dire : « ce n’est pas à un expert qu’on va apprendre sa propre spécialité. »
En anglais, on dirait : you don’t teach your grandmother how to suck eggs. En espagnol : no puedes enseñar nuevos trucos a un perro viejo. Deux traductions pour ceux qui parlent ces langues.
Merci beaucoup de m’avoir écouté jusqu’au bout. Si vous avez des questions ou des suggestions d’expressions à étudier, n’hésitez pas à m’envoyer un message sur mon compte Instagram Le Français c’est facile avec Adrien. You’re also welcome to write in English if you prefer — no problem at all. Merci beaucoup, à bientôt, bye bye, hasta luego, mata ne !
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