« On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre » et les sons « gu », « ge », ou « gn »

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Voici le texte corrigé :


Bonjour à toutes et bonjour à tous, et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, c’est dimanche 2 février 2025 et l’expression du jour, c’est « on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ».

Commençons par le vinaigre. Le vinaigre, c’est un condiment — c’est-à-dire un produit qui sert à assaisonner les plats. On l’utilise dans la vinaigrette pour les salades, avec les huîtres, dans de nombreuses recettes. C’est acide, et il en existe de nombreuses variétés : vinaigre de vin, de pommes, de riz, balsamique…

Petit tutoriel pour faire du vinaigre de vin maison — je ne l’ai jamais fait moi-même, mais j’aimerais essayer un jour. Il faut très peu de choses : du vin et un pot opaque à fermeture hermétique, ou un tonneau. Vous versez le vin dans le pot, vous fermez et vous laissez reposer deux à trois semaines. Sous l’effet de l’air et du vin, une réaction chimique — une fermentation — va se produire. Il va se former à la surface du vin une pellicule légèrement opaque et visqueuse : c’est ce qu’on appelle la mère du vinaigre. Quand vous rouvrez le pot pour rajouter du vin, faites-le couler doucement le long de la paroi — ne versez pas brutalement — pour ne pas faire tomber cette pellicule au fond. Vous pouvez également ajouter du laurier, de l’estragon, du thym ou du romarin pour obtenir un vinaigre aromatisé.

Le vinaigre existe depuis plus de 5 000 ans — il a été créé en Mésopotamie, environ 3 000 ans avant Jésus-Christ. Personnellement, je préfère le vinaigre de riz, et parfois le vinaigre balsamique, même si ce dernier est un peu sucré. Il y a eu une époque où le vinaigre balsamique était très à la mode dans les restaurants — on en trouvait dans presque tous les plats. C’est un peu moins le cas aujourd’hui, même si les supermarchés en proposent encore beaucoup.


Maintenant que le vinaigre n’a plus de secrets pour vous, attardons-nous sur la lettre G — présente dans vinaigre — pour parler des différentes prononciations de cette lettre en français.

Le son « GU » (dur) — quand la lettre G est suivie des voyelles A, O ou U, elle se prononce avec un son dur, qui vient du fond de la gorge, la bouche ouverte : GA, GO, GU. Exemples : garage, gare, regard, mégarde. Et bien sûr, Gargamel — le méchant de la bande dessinée Les Schtroumpfs, avec son chat Azraël. Gargamel contient d’ailleurs deux fois le son GA. Ce son dur apparaît aussi quand le G est suivi d’une consonne. G + R donne le son GR — comme dans grave ou vinaigre. G + L donne le son GL — comme dans gloire ou glaive.

Le son « GE » (doux) — quand le G est suivi des voyelles E, I ou Y, il se prononce comme dans bonjour — un son doux, presque un ronronnement, qui se forme entre les dents rapprochées : GE, GI. Exemples : girafe, gel, genou.

Le son « GN » — quand G est suivi de N, on obtient un son mouillé, comme dans gagner, campagne, magnifique ou agneau — que vous connaissez depuis l’épisode du Loup et l’Agneau. Dans gagner, on a d’ailleurs les deux sons à la fois : GA et GN — ga-gner. Il existe une exception notable : dans le mot diagnostic, le G et le N se prononcent séparément — dia-gnos-tic — mais on reviendra sur ce cas dans un autre épisode.


Passons à l’expression du jour : « on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ».

« On » — pronom de la troisième personne du singulier, qui exprime une généralité. On peut désigner tout le monde, n’importe qui, ou une idée universelle.

« N’attrape pas » — c’est la négation. On a ne (ici contracté en n’ devant la voyelle a) + pas de part et d’autre du verbe : on n’attrape pas. Attraper est un verbe du premier groupe (infinitif en -er). Je vous le conjugue au présent : j’attrape, tu attrapes, il attrape, nous attrapons, vous attrapez, ils attrapent. Et au passé composé : j’ai attrapé, tu as attrapé, il a attrapé, nous avons attrapé, vous avez attrapé, ils ont attrapé.

Attraper a plusieurs sens. Le premier — celui de l’expression — c’est prendre au piège : on attrape une mouche dans un piège. Le deuxième, c’est saisir avec la main : j’attrape mon manteau, j’attrape un stylo, j’attrape une assiette. Le troisième, c’est contracter une maladie : j’ai attrapé un rhume, il a attrapé la grippe. D’ailleurs, à propos de maladies — au XIXe siècle, on parlait beaucoup de la chaude-pisse, ou chtouillle en argot — c’est une maladie sexuellement transmissible qui a causé beaucoup de souffrances à cette époque et dont on parle dans de nombreux romans du XIXe siècle. Le nom dit à peu près tout. Je n’en dirai pas plus.

« Les mouches »mouche est un mot féminin : une mouche. Les est donc ici le pluriel de la. La mouche, c’est cet insecte volant qui fait bzzzzz et qui est particulièrement agaçant en été. Il en existe de nombreuses espèces. Certaines, aux reflets vert métallique et brillants, sont couramment appelées mouches à merde — le nom est explicite.

« Avec » — ce mot introduit ici le moyen utilisé : avec du vinaigre. Il peut aussi signifier en compagnie de : il marche avec elle, venez avec moi.

« Du vinaigre »du est l’article partitif masculin, utilisé devant une quantité indéfinie. On ne sait pas combien de vinaigre exactement — la quantité est indéterminée. Et vous vous souvenez de ce qu’est le vinaigre — on en a parlé en détail au début !

Notons au passage que le vinaigre blanc a une autre utilité, en dehors de la cuisine : c’est un excellent produit ménager pour nettoyer les vitres. Petit conseil du jour.


Le sens de l’expression.

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre signifie qu’il vaut mieux utiliser la douceur que la force pour obtenir ce qu’on veut. L’image est parlante : une mouche n’est pas attirée par le vinaigre, acide et repoussant — elle l’est par le miel, sucré et séduisant. Pour obtenir quelque chose de quelqu’un, mieux vaut l’approcher avec bienveillance, connaître ses goûts et ses préférences, plutôt que d’imposer ou de contraindre.

Exemple 1 : votre enfant refuse catégoriquement de manger des légumes verts — brocolis, choux, haricots verts, rien n’y fait. Un soir, vous hachez finement des légumes verts et vous les incorporez dans un plat de saucisses — son plat préféré. Il mange tout sans broncher. Vous dites à votre conjoint : « On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre » — c’est-à-dire : pour arriver à ses fins avec quelqu’un, il faut passer par ce qui lui plaît.

Exemple 2 : vous allez à la pêche avec un ami plus expérimenté. Vous ne savez pas quel appât utiliser et vous ne prenez rien. Votre ami vous explique qu’il faut choisir l’appât adapté au poisson qu’on veut pêcher — sinon, rien ne viendra. Il conclut : « On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. » L’appât, c’est ce qu’on utilise pour attirer un animal ou un poisson dans un piège ou sur un hameçon. Appâter quelqu’un, c’est l’attirer avec quelque chose qui lui plaît.


L’origine de l’expression.

La forme originelle, qui date du XVIIIe siècle, est plus longue : « on prend plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre ». Le miel attire les mouches, le vinaigre les repousse. C’est de cette image concrète qu’est née l’expression, progressivement raccourcie à la formule qu’on utilise aujourd’hui.

En anglais, l’équivalent est « honey catches more flies than vinegar » — une traduction presque littérale.


Je vous laisse sur une citation de Philippe Geluck, auteur belge de bandes dessinées que j’apprécie beaucoup — il est notamment connu pour ses albums mettant en scène un gros chat philosophe et humoriste. Sa citation sur notre expression du jour : « On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre. Par contre, on peut attraper des aigreurs d’estomac. » C’est une boutade : le vinaigre est acide, et l’acidité provoque des aigreurs d’estomac — cette sensation de brûlure que l’on ressent parfois après un repas. Geluck joue sur le double sens d’attraper — attraper des mouches, et attraper une maladie ou une douleur.


J’espère que cet épisode vous a plu et qu’il vous a été utile. Si vous avez aimé ce podcast, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur YouTube ou une note sur Apple Podcasts ou Spotify — c’est vraiment précieux et ça fait toujours plaisir. Merci beaucoup de m’avoir écouté, à bientôt pour d’autres leçons de français, bye bye, hasta luego, matane !


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