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Voici le texte corrigé :
Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Test, test micro. Un, deux, un, deux, test ! Eh oui, aujourd’hui j’ai reçu le nouveau micro que j’avais commandé il y a quelques jours. Avec Amazon, les livraisons sont vraiment très rapides maintenant. Je crois que j’ai commandé ce micro avant-hier — donc il y a deux jours. En tout cas, c’est impressionnant.
J’ai commandé ce micro ainsi qu’un adaptateur USB-C, parce que sur les MacBook Pro maintenant, il n’y a plus de ports USB classiques — c’est incroyable. Il n’y a que des ports USB-C. Donc avec ce nouveau micro de la marque Blue Yeti, j’espère que vous entendez moins l’écho et moins la réverbération. J’espère que vous m’entendez mieux.
Et micro, c’est marrant d’ailleurs — vous ne le savez peut-être pas — c’est un mot raccourci. Le mot complet, c’est microphone. En français, il y en a plein, des mots comme ça. On a micro pour microphone. Dans les matières scolaires, par exemple : les maths pour les mathématiques, la géo pour la géographie, la philo pour la philosophie. Mais il n’y a pas que les matières. On dit aussi un dico pour un dictionnaire, un prof pour un professeur — « j’ai rendez-vous à 15h avec mon prof de français » — et un vélo pour… et ça, je pense que même certains Français ne le savent pas, un vélo, c’est le raccourci de vélocipède ! Oui, c’est un mot compliqué. Ce n’est pas un dinosaure — ça, c’est le vélociraptor — le vélocipède, c’est le vélo : un moyen de transport à deux roues, propulsé par la force humaine, en appuyant sur les pédales. Aujourd’hui, il y a des vélos électriques avec une assistance motorisée, mais à la base, c’est deux roues et des pédales.
Voilà pour le préambule et mon petit test micro — un, deux, un, deux !
Alors, l’expression du jour, c’est « qui vole un œuf, vole un bœuf ».
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais vous parler des lettres œ et œu, qu’on trouve dans œuf et bœuf. Vous avez peut-être remarqué, quand vous voyez ces mots écrits en français, que le e et le o sont collés ensemble : œuf s’écrit O-E-U-F, mais le O et le E forment une seule lettre. Bœuf, c’est B-O-E-U-F, et là aussi, le O et le E sont fusionnés. Cette lettre s’appelle le « e dans l’o », ou œ — c’est simplement le e qui se colle au o.
Ce e dans l’o vient à l’origine de certains mots grecs et latins. Le grec et le latin sont les langues dont dérivent la plupart des langues européennes — ce sont en quelque sorte les langues-mères de notre histoire linguistique européenne. Et donc ces deux lettres fusionnées ne forment plus qu’une seule lettre : le œ.
On la retrouve dans plusieurs mots : un œuf, un bœuf, mais aussi le cœur — l’organe qui bat dans la poitrine, ça s’écrit C-Œ-U-R — et une œuvre — quelque chose de créé par l’être humain. Si vous allez au Louvre, vous y verrez la Joconde, qui est une œuvre de Léonard de Vinci. L’Homme de Vitruve aussi, c’est une œuvre de Léonard de Vinci.
Ce œ peut se prononcer de deux façons différentes. La première, c’est un e ouvert — la bouche est plus ouverte : œuf, bœuf, cœur. La deuxième, c’est un e fermé — la bouche s’arrondit : un nœud, un vœu. Écoutez la différence : œuf… nœud… bœuf… vœu. Pour les francophones, c’est évident, mais je comprends que ce soit difficile pour ceux qui apprennent le français.
Et œuf et bœuf ont les deux prononciations selon qu’ils sont au singulier ou au pluriel — c’est là que ça se complique ! Au singulier, on dit un œuf (e ouvert), un bœuf (e ouvert). Au pluriel, le e se ferme et la bouche s’arrondit : des œufs, des bœufs. Et au pluriel, le F final ne se prononce pas : des œufs, des bœufs. Entraînez-vous : un œuf… des œufs… un bœuf… des bœufs. Envoyez-moi un message si vous n’entendez pas la différence !
Maintenant, l’expression du jour : « qui vole un œuf, vole un bœuf ».
Analysons la nature et le sens des mots.
« Qui » — c’est un pronom relatif, invariable, qui désigne une personne de façon indéterminée. Peu importe qui : vous, moi, n’importe qui.
« Vole » — c’est le verbe voler, conjugué à la troisième personne du singulier. C’est un verbe du premier groupe — il se termine en -ER. Au présent de l’indicatif : je vole, tu voles, il vole, nous volons, vous volez, ils volent. Au futur : je volerai, tu voleras, il volera, nous volerons, vous volerez, ils voleront. Au passé composé : j’ai volé, tu as volé, il a volé, nous avons volé, vous avez volé, ils ont volé. Je vous encourage à répéter ces conjugaisons à voix haute chaque fois que vous rencontrez un nouveau verbe — c’est comme ça qu’elles s’ancrent en mémoire.
Voler, ça veut dire prendre quelque chose à quelqu’un sans son autorisation. C’est ce que font les pickpockets dans les grandes villes : ils vous volent votre téléphone, votre porte-monnaie, votre sac, sans que vous vous en rendiez compte. Celui qui vole, c’est un voleur — au masculin — ou une voleuse — au féminin.
« Un » — ici, ce n’est pas le chiffre un, deux, trois. C’est un article indéfini. « Un chien », ça désigne un chien quelconque, indéterminé — on ne sait pas lequel. Si on savait de quel chien il s’agit, on dirait « le chien de Patrick » ou « le chien de Marc » — là, c’est un article défini. Au féminin : une chienne, la chienne.
« Œuf » — on en a déjà parlé. C’est ce que pond la poule, et d’où sort le poussin. Mais ce n’est pas que la poule qui pond des œufs : les oiseaux, les serpents aussi. Et bien sûr, c’est ce qu’on mange au petit-déjeuner, au déjeuner ou au dîner. Quelques façons de les cuisiner : les œufs au plat, les œufs brouillés, les œufs à la coque, les œufs mollets, les œufs durs.
Petite astuce culinaire : pour des œufs à la coque, c’est 3 minutes de cuisson. Pour des œufs mollets, 6 minutes. Pour des œufs durs, 9 minutes. Trois, six, neuf — facile à retenir ! Et si vous allez en France, et surtout en Bourgogne, commandez des œufs meurettes : ce sont des œufs pochés dans l’eau bouillante, servis avec une sauce aux champignons, aux oignons, aux lardons et au vin rouge. C’est excellent. Remarquez la prononciation : on dit les œufs meurettes, pas les œufs — le F ne se prononce pas au pluriel.
Revenons à nos moutons — tiens, encore une expression à noter pour un prochain épisode ! Ça veut dire « revenons à ce dont on parlait ».
« Un bœuf » — c’est un taureau qui a été castré, c’est-à-dire auquel on a retiré les testicules — les gonades, pour le dire de façon plus scientifique. De même, le poulet qu’on mange est un coq castré. Le taureau, vous le connaissez peut-être par la corrida — cette tradition d’Espagne et du sud de la France, vers Perpignan et Montpellier. Les amateurs de corrida me pardonneront si je ne développe pas davantage !
Le sens de l’expression.
« Qui vole un œuf, vole un bœuf » signifie que voler une petite chose — un œuf — conduit souvent à en voler une plus grande — un bœuf. Autrement dit, si vous commencez à voler, il y a de fortes chances que vous continuiez, et que les vols deviennent de plus en plus importants.
Mais cette expression ne s’applique pas uniquement aux choses concrètes — elle vaut aussi pour les comportements en général. Par exemple, le mensonge : si vous commencez à mentir, vous risquez de mentir de plus en plus. Un petit mensonge en entraîne un grand.
Exemple 1 : un petit garçon vole un bonbon dans le sac de son frère. Sa mère le voit et lui dit : « Attention, qui vole un œuf, vole un bœuf ! » — sous-entendu : si tu commences par un bonbon, tu pourrais finir par voler le sac entier, et devenir un voleur.
Exemple 2 : à l’école — et je me demande si vous avez déjà triché, moi personnellement, oui, ça m’est arrivé, sans pour autant devenir un tricheur — imaginons que vous avez triché sur une petite question d’un contrôle. Vous le dites à votre père, qui vous répond : « Attention, qui vole un œuf, vole un bœuf. » Ça veut dire que vous pourriez être entraîné sur une pente glissante et finir par tricher sur des épreuves bien plus importantes.
L’origine de l’expression.
C’est une vieille expression française qui daterait du Moyen Âge. À cette époque, les lois étaient très strictes, et voler la moindre chose était sévèrement puni. Cette expression servait de mise en garde : un petit délit peut mener à des crimes bien plus graves.
On l’attribue à Jean de Meung, un poète français du XIIIe siècle, qui l’aurait écrite dans son œuvre Le Roman de la rose. Je dois avouer honnêtement que je n’avais jamais entendu parler de Jean de Meung avant de préparer cet épisode ! Si le cœur vous en dit — tiens, encore une expression à noter : « si le cœur vous en dit », ça veut dire « si vous en avez envie » — vous pouvez aller lire Le Roman de la rose.
Deux citations humoristiques pour finir.
La première, de Chaval : « Qui vole un bœuf est vachement musclé. » C’est un détournement de l’expression originale pour en faire quelque chose de drôle. Je vous laisse savourer… Comprendre l’humour d’une langue, les jeux de mots, c’est vraiment le signe qu’on a atteint un niveau avancé. Si vous comprenez pourquoi c’est drôle, bravo !
La deuxième, de Francis Blanche, un humoriste que j’aime beaucoup : « Qui vole un œuf ferait mieux de voler un bœuf. » Je vous laisse méditer là-dessus !
En anglais, cette expression se traduit par « Once a thief, always a thief » — j’ai mis la traduction sur l’image du podcast.
Merci de m’avoir écouté — c’était un peu long aujourd’hui, à cause de l’explication du e dans l’o, mais c’est une lettre assez courante que vous rencontrerez régulièrement, donc c’est utile de la connaître. Comme d’habitude, laissez-moi un commentaire ou un message sur Instagram, ou sur YouTube — pas sur Facebook. À très bientôt, merci beaucoup, bye bye, hasta luego, matane !
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