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Bonjour à vous toutes, bonjour à vous tous, j’espère que vous allez bien et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. On est aujourd’hui le 25 janvier et c’est le matin — il est tôt. Le matin, c’est un moment que j’aime bien, tout comme le soir tard, car l’atmosphère est calme. Les gens dorment encore ou se réveillent doucement. C’est un moment de la journée où le soleil n’est pas encore levé et où l’on voit tout juste les premières lueurs du jour apparaître. Ah, c’est beau. Je vais pleurer. Non, je rigole !
Bref, en tout cas, je préfère avoir un beau matin maintenant que deux ou trois très beaux matins hypothétiques plus tard. Et d’ailleurs, ça me fait penser à l’expression d’aujourd’hui : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».
Avant d’analyser l’expression, on va s’arrêter sur un point de grammaire essentiel : l’impératif.
L’impératif sert d’abord à donner un ordre. C’est le temps le plus adapté à ça. Quand vous parlez à votre chien, par exemple, vous lui dites « viens », « assis », « vas chercher ». Ce sont des ordres à l’impératif. On utilise la deuxième personne du singulier (tu), mais on ne dit pas le tu — on dit juste le verbe : « viens » plutôt que « tu viens ». Vas chercher la balle — c’est aller à l’impératif, suivi de l’infinitif chercher.
L’impératif peut aussi exprimer une défense — c’est-à-dire un ordre négatif. Par exemple, pendant la période du Covid. En France, on dit généralement le Covid — même si l’Académie française a recommandé la Covid, personnellement je trouve ça moins naturel, donc je continue à dire le Covid. Voilà pour la parenthèse ! Donc, si vous aviez attrapé le Covid et qu’un ami voulait venir vous voir, vous lui auriez dit : « Ne t’approche pas, j’ai le Covid » ou « Ne viens pas chez moi ». Dans « ne t’approche pas » et « ne viens pas », les verbes approcher et venir sont à l’impératif négatif. Vous conseillez — voire ordonnez — à la personne de ne pas s’approcher, pour son propre bien.
L’impératif sert enfin à donner un conseil appuyé. Par exemple, en cours de français, si vous utilisez le mauvais temps, votre professeur vous dira : « Essaie plutôt avec ce temps-là » ou « Conjugue plutôt à l’imparfait ». C’est un conseil, mais formulé avec conviction. De même, si vous cuisinez avec quelqu’un et que vous lui apprenez une recette, vous pourriez dire : « Utilise plutôt du beurre que de l’huile » — c’est l’impératif à la deuxième personne du singulier (tu). Ou si vous cuisinez ensemble : « Utilisons plutôt du beurre » — c’est l’impératif à la première personne du pluriel (nous). Et si vous vouvoyez la personne : « Utilisez plutôt du beurre » — deuxième personne du pluriel (vous).
Récapitulatif : l’impératif s’utilise pour un ordre, une défense (ordre négatif), ou un conseil appuyé. Ces trois emplois sont très fréquents en français.
Maintenant, l’expression du jour : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».
Analysons les mots.
« Un » — ici, ce n’est pas l’article indéfini un, c’est le chiffre 1. On s’en assure parce qu’il est suivi du chiffre deux plus loin dans la phrase. Donc : une chose vaut mieux que deux choses.
« Tiens » — c’est le verbe tenir à l’impératif, deuxième personne du singulier. Il s’écrit T-I-E-N-S — avec un S, parce qu’à la deuxième personne du singulier (tu), on met toujours un S à l’impératif. À ne pas confondre avec le pronom tien (T-I-E-N, sans S), qui indique la possession : « c’est ton cadeau, c’est le tien » — comme le mien, le sien.
Le verbe tenir a plusieurs sens. Le premier, c’est tenir quelque chose dans la main : « je tiens une raquette de tennis », « il tient un stylo ». Le deuxième, c’est tenir une promesse — c’est-à-dire l’honorer, lui être fidèle, ne pas y déroger. Le troisième, très courant, c’est tenir à quelqu’un — être attaché à une personne : « je tiens à elle », « je tiens à mes frères et sœurs ».
Ici, dans l’expression, tiens est à l’impératif et désigne l’acte de donner. Quand vous tendez quelque chose à quelqu’un, vous lui dites naturellement : « tiens, prends ça » ou « tiens, je t’ai fait à manger ». Le mot tiens accompagne le geste de donner. Dans l’expression, un tiens représente donc un cadeau concret, un objet qu’on vous remet maintenant — et ce mot assume la fonction de sujet dans la phrase.
« Vaut » — c’est le verbe valoir conjugué à la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif. Conjugaison complète : je vaux, tu vaux, il vaut, nous valons, vous valez, ils valent. Valoir, ça signifie avoir une certaine valeur, être équivalent à. Vaut mieux = est meilleur que, est préférable à.
« Que » — c’est une conjonction de subordination qui introduit ce avec quoi on compare. Pour les plus avancés d’entre vous, c’est la conjonction qui construit la comparaison.
« Deux » — le chiffre 2, qui s’oppose au un du début.
« Tu l’auras » — c’est le verbe avoir à la deuxième personne du singulier du futur simple. Le l’ est un pronom qui renvoie à ce qu’on espère recevoir — les deux choses promises. Tu l’auras signifie : peut-être que tu obtiendras cela un jour — mais ce n’est pas certain.
Le sens de l’expression.
Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras signifie qu’il vaut mieux avoir quelque chose de concret maintenant que deux choses hypothétiques dans le futur. Une chose certaine dans les mains aujourd’hui vaut plus que deux choses promises mais incertaines.
Exemple : à votre anniversaire, votre sœur vous offre un petit cadeau et ajoute : « Ce n’est pas ton vrai cadeau, je te donnerai quelque chose de mieux plus tard. » Vous pourriez lui répondre : « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » — c’est-à-dire : je préfère ce petit cadeau concret maintenant à une promesse qui ne se réalisera peut-être jamais.
L’origine de l’expression.
Elle vient d’une fable d’Ésope, écrivain grec qui aurait vécu entre le VIIe et le VIe siècle avant Jésus-Christ. C’est à lui qu’on attribue l’invention des fables — et La Fontaine, dont on a étudié plusieurs fables dans ce podcast, s’est largement inspiré d’Ésope pour ses propres œuvres.
Dans la fable en question, un pêcheur attrape un tout petit poisson. Le poisson lui dit : « Monsieur le pêcheur, je suis minuscule, je n’ai presque pas de chair — relâchez-moi dans la rivière. Dans quelques semaines, je serai bien plus gros, et vous pourrez alors me pêcher à nouveau et vous nourrir convenablement. » Le pêcheur lui répond : « Pourquoi te relâcherais-je sur la simple hypothèse que tu grossisses, alors que je peux te manger maintenant ? » Il préfère le petit poisson certain d’aujourd’hui au gros poisson incertain de demain. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.
En anglais, on traduirait par « a bird in the hand is worth two in the bush » — mieux vaut un oiseau dans la main que deux dans le buisson.
J’espère que ce podcast vous a plu et que l’explication n’était pas trop compliquée. Si vous n’avez pas tout compris, ne vous découragez pas — c’est tout à fait normal. L’essentiel, c’est de continuer à écouter du français, même imparfaitement. C’est comme ça qu’on progresse.
As always, if you have any questions or suggestions, feel free to send me a message on Instagram : @lefrancaisavecadrien. Merci beaucoup, à bientôt, salut !
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