« Une fois n’est pas coutume » et quelques coutumes françaises

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Bonjour à toutes et bonjour à tous, bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. J’espère que tout le monde va bien et que vous avez passé un bon début de semaine. Nous sommes le mardi 4 février et aujourd’hui, on va voir l’expression « une fois n’est pas coutume » — mais d’abord, expliquons ce qu’est une coutume.

Une coutume, c’est une habitude, quelque chose qu’on fait de manière répétée. Je vous donne des exemples. En France, quand on se dit bonjour entre femmes, ou entre un homme et une femme, on fait la bise — c’est-à-dire qu’on pose la joue contre la joue de l’autre, en faisant un petit bruit de baiser. C’est une coutume, une façon de saluer. Cette pratique est un peu moins répandue depuis le Covid en 2020, mais elle reste bien présente. Les hommes entre eux se serrent la main ou se font la bise selon leur degré d’intimité. Le nombre de bises varie d’ailleurs selon les régions : deux dans certaines, trois dans d’autres, et même quatre ailleurs — c’est une des particularités de la France.

Autre coutume bien française : l’apéro. En fin de journée, vers 18h-19h, on se retrouve entre amis ou en famille autour de quelques chips, noisettes et autres petites choses à grignoter, accompagnées d’une boisson — eau, jus de fruits, vin ou apéritif alcoolisé. On discute, on rigole, on prend le temps. C’est une coutume très ancrée dans la vie sociale française.

On avait aussi parlé en janvier de la galette des rois — la manger en janvier chaque année, c’est une coutume. Et moi, personnellement, mon habitude du matin — comme beaucoup de Français — c’est de manger une tartine grillée beurrée, parfois avec de la confiture, et de la tremper dans un chocolat chaud. D’autres la trempent dans le café ou dans le thé. C’est une coutume très française. Une habitude qu’on répète régulièrement — voilà ce qu’est une coutume.


Avant d’étudier l’expression, arrêtons-nous sur le mot « fois » — car il existe trois mots qui se prononcent exactement de la même façon mais qui s’écrivent différemment et ont des sens très différents. C’est ce qu’on appelle des homophones.

Pour illustrer ce phénomène, prenons d’abord l’exemple du mot avocat (A-V-O-C-A-T) : une seule orthographe, mais deux sens. Un avocat, c’est le fruit vert à gros noyau, cultivé en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique — il y a d’ailleurs une entrée classique en France : avocat aux crevettes avec une touche de mayonnaise. Mais un avocat, c’est aussi la personne qui vous défend au tribunal — en anglais, lawyer ou attorney. Même orthographe, deux sens distincts.

Voilà maintenant nos trois homophones :

« Fois » (F-O-I-S) — avec un S, même au singulier. C’est le mot qui exprime le nombre de fois qu’une action a été réalisée. Une fois, deux fois, trois fois… Exemples : « je suis allé deux fois à Paris », « j’ai visité le Louvre une fois », « j’ai mangé trois fois dans un restaurant français ». Attention : fois prend toujours un S, qu’il soit singulier ou pluriel.

« Foi » (F-O-I) — sans S, mot féminin. C’est la croyance, notamment religieuse. On dit avoir la foi, avoir foi en Dieu. Mais on peut aussi avoir foi en des choses non religieuses : moi, j’ai foi qu’un jour le PSG gagnera la Ligue des champions — c’est un rêve, ça n’est encore jamais arrivé, mais j’y crois ! J’ai aussi foi qu’un des frères Lebrun — deux frères français très talentueux qui dominent le tennis de table professionnel depuis quelques années — sera un jour numéro 1 mondial. Voilà, foi F-O-I, c’est la croyance, la confiance profonde.

« Foie » (F-O-I-E) — avec un E final, mot masculin. C’est l’organe situé à droite du corps, sous les côtes et sous le diaphragme, qui joue un rôle essentiel dans de nombreuses fonctions biologiques. On mange aussi du foie : foie de poulet, foie de veau — une petite tranche de foie de veau poêlée, légèrement grillée des deux côtés, avec un peu de sel et de poivre, c’est sublime. Et bien sûr, le foie gras dont on parlait tout à l’heure.

Récapitulatif : fois (F-O-I-S) = nombre de réalisations d’une action ; foi (F-O-I) = croyance ; foie (F-O-I-E) = organe.


Venons-en à l’expression : « une fois n’est pas coutume ».

« Une fois »une, c’est ici le chiffre 1, pas l’article. Et fois, F-O-I-S, c’est le nombre de fois que quelque chose est fait. Ici, on le fait une seule fois.

« N’est pas » — c’est la négation du verbe être à la troisième personne du singulier : n’est pas = ne est pas contracté. Je vous conjugue être au présent de l’indicatif : je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont. Et au futur, qui est un peu irrégulier : je serai, tu seras, il sera, nous serons, vous serez, ils seront. Répétez ces formes — elles s’imprègnent progressivement.

« Coutume » — nom commun féminin, une habitude, une tradition. On en a parlé en détail au début.


Le sens de l’expression.

Une fois n’est pas coutume signifie que faire quelque chose une seule fois n’en fait pas une habitude. Ce qu’on est en train de faire est exceptionnel, inhabituel, rare — et le fait de le faire une fois ne signifie pas que ça deviendra la norme.

Exemple 1 : vous dînez dans un restaurant trois étoiles, un endroit luxueux et très cher. En arrivant, vous dites à votre compagnon : « C’est magnifique ici — une fois n’est pas coutume ! » Sous-entendu : on ne peut pas se permettre de venir ici régulièrement, mais pour cette fois, on se fait plaisir.

Exemple 2 : au bureau, vous avez un collègue avec qui vous êtes souvent en désaccord. Ce jour-là, il dit quelque chose qui vous semble tout à fait juste. Vous lui répondez : « Une fois n’est pas coutume, mais je suis complètement d’accord avec toi ! » — c’est-à-dire : ce n’est pas mon habitude de te donner raison, mais là, si.

Exemple 3 : c’est habituellement votre conjoint ou votre conjointe qui fait le ménage. Un jour, vous vous mettez à passer l’aspirateur, à faire la poussière, à nettoyer l’appartement. Votre partenaire, surpris, vous complimente. Vous répondez avec un sourire : « Une fois n’est pas coutume ! » — ne t’y habitue pas.

Des formules proches : pour une fois, ça ne vaut que pour cette fois, d’habitude non, mais là oui.

En anglais, on pourrait traduire par « it’s not an everyday occurrence » ou « once in a while doesn’t hurt » — c’est-à-dire : ça ne fait pas de mal de faire une exception de temps en temps.


J’espère que vous avez compris et que vous repartez avec une nouvelle expression bien en tête. Comme d’habitude, laissez un commentaire si vous en avez envie, envoyez-moi vos questions ou même des expressions dans votre propre langue — j’essaierai de trouver l’équivalent en français. As always, feel free to send me a message or suggest an expression in your own language and I’ll see if there’s a French equivalent. À bientôt, bye bye, hasta luego, mata ne !


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