« Vas voir ailleurs si j’y suis » et le son « oi »

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien — avec moi !

Alors, qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? De quoi parle-t-on ?

L’expression du jour, c’est « va voir ailleurs si j’y suis », « va voir ailleurs si j’y suis ». Mais avant ça, aujourd’hui c’est dimanche — la fin de la semaine, le week-end. En France, c’est l’hiver, mais un hiver où il ne fait pas froid. En ce moment, chez moi dans le Sud-Ouest de la France, il fait 18 degrés. 18 degrés en hiver ! C’est impressionnant. Du coup, on ne sait plus comment s’habiller.

Je me souviens que quand j’étais petit, l’hiver, de début décembre à fin mars, il faisait très froid : 2, 3 degrés, -2, -3, ça pouvait aller jusqu’à -5, il y avait de la neige. Il y a même une fois — quand j’étais petit, j’habitais à Versailles — à côté du château de Versailles, il y a une pièce d’eau qu’on appelle la pièce d’eau des Suisses. Quand j’avais trois ou quatre ans, cette pièce d’eau a été complètement gelée et les Versaillais ont pu faire du patinage — du patinage artistique, c’est peut-être beaucoup dire, mais du patinage, c’est déjà bien — sur cette pièce d’eau. L’hiver, c’était vraiment très différent quand j’étais petit. Maintenant, il fait 15 degrés en hiver, c’est impressionnant.

Alors, l’astuce de français du jour porte sur la prononciation. Aujourd’hui, on va étudier le son « oi ». Ce son est formé avec les lettres O et I — ou O, U, A dans des mots très rares, mais on va surtout retenir O + I. O + I, ça fait le son « oi », comme dans les mots « quoi », « moi », « toit », « la loi », « un oiseau », « bonsoir », « voir » — comme dans notre expression du jour : « va voir ailleurs si j’y suis ».

Comment prononce-t-on ce son ? On l’a déjà un peu vu dans le podcast sur l’expression « on n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace », où on avait vu la différence entre le son « va » et le son « voit ». Aujourd’hui, on étudie particulièrement le son « oi ».

D’abord, on fait le son « ou » : la bouche est arrondie vers l’avant — « ou, ou ». Ensuite, on écarte la bouche, comme quand on a peur ou qu’on se fait mal — « a ». En fait, la langue passe de l’avant de la bouche vers l’arrière : « ou »… puis on écarte : « oi ». Vous pouvez répéter juste après moi.

Reprenons les mots du début : « quoi », « moi », « toit », « voir »…

Alors, que veut dire cette expression : « va voir ailleurs si j’y suis » ?

Commençons par analyser les mots.

« Va » — c’est le verbe aller conjugué à l’impératif présent. C’est un temps qu’on n’a pas encore beaucoup étudié. L’impératif présent s’utilise pour donner un ordre, faire une demande ou donner un conseil. Ici, dans « va voir ailleurs », c’est plutôt un ordre. C’est une expression assez familière — on ne peut pas la dire à tout le monde. On peut la dire à des amis quand on est énervé, mais pas dans n’importe quelle situation.

L’impératif est un temps particulier : on ne peut le conjuguer qu’à trois personnes — la deuxième personne du singulier (« tu »), la première personne du pluriel (« nous ») et la deuxième personne du pluriel (« vous »). Donc : « tu, nous, vous ». Pour le verbe aller : va, allons, allez.

Attention, aller est un verbe très irrégulier en français, donc difficile à conjuguer, mais très utilisé. Au présent : je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont. On l’a déjà vu dans le premier podcast, avec l’expression « aller comme un gant » — je n’avais pas eu le temps de le détailler car j’étais un peu stressé ce jour-là, alors profitons-en.

Aller a trois sens principaux. Le premier, c’est se rendre d’un lieu à un autre : « je vais à Paris », « tu vas à Marseille », « elle va à la plage ». Le deuxième, c’est aller quelque part pour faire une action : « je vais au cinéma » — c’est-à-dire j’y vais pour voir un film, comme par exemple Le Comte de Monte-Cristo dont j’avais parlé dans un épisode précédent. Le troisième sens concerne l’état de santé : « je vais bien », « tu ne vas pas bien », « il va très bien ».

« Voir » — c’est un verbe à l’infinitif, c’est-à-dire sa forme de base, celle qu’on trouve dans le dictionnaire. Voir, c’est regarder quelque chose ou dans une direction : « je vois cette maison », « nous voyons un champ », « vous voyez la mer ». Dans notre expression, on pourrait remplacer « voir » par « vérifier » : « va vérifier ailleurs ».

« Ailleurs » — c’est un adverbe de lieu. Il désigne un endroit qui n’est pas précis : c’est partout, sauf là où je suis. On pourrait le remplacer par « dans un autre endroit ». Petite anecdote : quand j’étais ado, je regardais une série à la télé qui s’appelait X-Files, avec Mulder et Scully. Le slogan au générique était : « la vérité est ailleurs » — c’est-à-dire partout sauf à l’endroit où on se trouve. Voilà pour la petite digression !

« Si » — c’est une conjonction qu’on peut remplacer par « au cas où ». Elle exprime une condition. Ici, la condition, c’est l’hypothèse ironique que je pourrais être ailleurs — mais j’y reviendrai.

« J’y suis » — on pourrait dire « je y suis », mais en français, on évite de répéter les mots. Le « y » est un pronom qui renvoie au lieu déjà mentionné, c’est-à-dire « ailleurs ». Donc « j’y suis » = « je suis ailleurs ». Et « suis », c’est le verbe être conjugué à la première personne du singulier. Conjugaison au présent : je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont. Au passé : j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez, ils étaient. Je vous encourage à répéter ces conjugaisons régulièrement — à force de les répéter, elles s’ancrent en mémoire et vous n’aurez plus besoin de réfléchir.

En français plus simple, cette expression pourrait se traduire par : « va vérifier si je ne suis pas là-bas ».

Mais quel est le vrai sens ? On demande à quelqu’un d’aller vérifier si on se trouve ailleurs — ce qui est impossible, puisqu’on ne peut pas être à deux endroits à la fois. En réalité, on veut faire partir quelqu’un dont on veut se débarrasser. On lui ordonne de partir pour « vérifier » si on n’est pas ailleurs. C’est de l’ironie.

On dit ça souvent à un enfant, en rigolant : « allez, va voir ailleurs si j’y suis ! » — ça veut dire « laisse-moi tranquille », ou, pour le dire plus grossièrement, « fous le camp ». Mais ça, on l’évite en société.

Exemple 1 : votre enfant, ou l’enfant d’un ami, vous pose des questions sans arrêt — il a 6, 7, 8 ans : « pourquoi ci, pourquoi ça, et comment, et pourquoi ? » Quand vous en avez assez, vous pouvez lui dire en souriant : « allez, va voir ailleurs si j’y suis ! » — c’est une façon affectueuse de lui dire « j’en ai marre de tes questions ».

Exemple 2 : vous visitez le Champ-de-Mars, l’esplanade et les jardins situés devant — ou derrière, selon le sens — la tour Eiffel. Méfiez-vous des pickpockets : souvent des individus vous abordent à plusieurs, 3, 4, 5, 6 personnes. L’un vous demande de signer une pétition pour je ne sais quoi, pendant qu’un autre vous fait les poches. Dans ce cas, vous pouvez leur dire fermement : « allez voir ailleurs ! » — ou, plus vulgairement, « allez vous faire foutre », mais on évite, c’est insultant.

« Allez voir ailleurs » est la forme plurielle de « va voir ailleurs » — « va » étant la deuxième personne du singulier, « allez » la deuxième personne du pluriel.

Cette expression viendrait du XVIe siècle — je le rappelle à chaque fois : le XVIe siècle, c’est entre 1501 et 1600, car l’année 1500 appartient encore au XVe siècle.

Des expressions synonymes ? On pourrait dire « fous le camp », « partez d’ici », ou encore « foutez-moi le camp » — on étudiera le verbe foutre plus en détail dans un prochain épisode, c’est un mot très riche en français. En anglais, on pourrait dire « go fuck yourself » — mais c’est très vulgaire — ou, plus poliment, « take a walk » ou « take a hike ».

Voilà, j’espère que ça vous a plu et que vous comprenez mieux le sens de l’expression « va voir ailleurs si j’y suis ». J’essaie de ne pas parler trop vite — un peu plus lentement que d’habitude. Si vous ne me comprenez pas, vous pouvez réduire la vitesse de lecture dans votre application de podcasts à 70 ou 80 % — c’est ce que je faisais moi-même quand j’apprenais l’anglais et le japonais. Ça aide à mieux distinguer les mots et à mieux assimiler la langue.

Merci beaucoup de m’avoir écouté jusqu’au bout. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à m’envoyer un message sur Instagram. Comme d’habitude, merci beaucoup, à bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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