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Bonjour à toutes — ou plutôt bon après-midi à toutes et bon après-midi à tous, car au moment où j’enregistre ce podcast, il est 15h52. On est le lundi 24, le podcast sortira le mardi 25 février. Il fait beau et je suis en train de boire quelque chose que j’adore : un mélange de jus de pomme et d’eau gazeuse. C’est magnifique. Jus de pomme et eau gazeuse, jus d’orange et eau gazeuse, jus de pamplemousse et eau gazeuse — je trouve que le jus seul, c’est trop sucré. Alors je coupe avec de l’eau gazeuse, c’est-à-dire de l’eau avec des bulles. C’est parfait.
Mais aujourd’hui, on ne parle ni de pommes, ni d’oranges, ni de pamplemousses. On parle de bananes. L’expression du jour, c’est « avoir la banane ». Avant d’en arriver là, je vais vous raconter une petite anecdote personnelle — qui a justement un rapport avec une banane — et ensuite, on étudiera l’utilisation des auxiliaires avoir et être en français.
La petite histoire du jour.
Il y a quelques années, je suis allé dans une boucherie acheter un poulet. Je demande au boucher : « S’il vous plaît, je voudrais un poulet. » Il prend le poulet, le pèse — disons 20 euros — enregistre le prix, puis coupe la tête et les pattes et les jette. Donc, il a pesé le poulet entier, tête et pattes comprises, j’ai payé pour le tout — et il me jette les morceaux que j’avais demandé d’enlever. Je lui dis : « Excusez-moi, mais est-ce que vous trouvez normal de peser le poulet entier et d’en jeter une partie ? Je veux bien payer, mais pour ce que je vais avoir. » Et le boucher me répond : « Et quand vous achetez une banane, vous achetez que l’intérieur, ou vous achetez la banane avec la peau ? La peau, vous allez la jeter, mais vous l’achetez quand même. »
Et là, j’ai fermé ma gueule — comme on dit. J’ai répondu : « Vous avez raison, monsieur le boucher. Donnez-moi le poulet sans la tête ni les pattes. » Je pense que ce n’était pas la première fois qu’on lui faisait cette remarque — il avait une réponse toute faite. Depuis ce jour, à chaque fois que j’achète un poulet et qu’il coupe la tête en laissant le prix tel quel, je ne dis plus rien. Il m’a bien mouché, le boucher.
L’astuce du jour : les auxiliaires avoir et être.
Dans avoir la banane, avoir est un verbe. Mais aujourd’hui, je veux vous parler d’avoir et d’être en tant qu’auxiliaires — c’est-à-dire leur rôle dans la formation des temps composés en français.
On a évoqué le passé composé dans l’épisode mon petit doigt m’a dit que… Les auxiliaires avoir et être servent à former tous les temps composés : le passé composé (le plus utilisé), le plus-que-parfait, le subjonctif passé, le futur antérieur, et le conditionnel passé. Ne retenez pas tout ça maintenant — concentrez-vous sur le passé composé pour l’instant.
Dans la majorité des cas, on utilise l’auxiliaire avoir. Exemples :
j’ai mangé (manger), tu as marché (marcher), il a ouvert (ouvrir), elle a nagé (nager), nous avons dormi (dormir), vous avez pensé (penser), ils ont parlé (parler).
Vous voyez : j’ai changé de personne à chaque fois — je, tu, il, elle, nous, vous, ils — pour vous habituer à toutes les formes.
Mais certains verbes se conjuguent avec l’auxiliaire être. Ces verbes sont très fréquents, et il faut les connaître. Les voici : naître, mourir (et son synonyme décéder), aller, venir, arriver, partir, entrer, sortir, monter, descendre, passer, rester (et son synonyme demeurer), retourner, tomber.
Pour les retenir, voici un moyen mnémotechnique — c’est-à-dire une astuce pour mémoriser plus facilement. Je vous propose une petite histoire. Imaginez Dieu — le dieu de votre choix, selon votre croyance, ça fonctionne pour tous :
Dieu est né. Il est allé et venu sur terre. Il est arrivé chez lui, il est entré dans sa maison, puis en est sorti. Il est donc parti. Puis il est tombé et il est mort. Il est monté au paradis, il est passé par la porte du paradis et il est resté. Enfin, il est descendu sur terre pour ensuite retourner au paradis.
Dans cette phrase, vous avez presque tous les verbes qui se construisent avec être. Les deux seuls que j’ai omis sont décéder et demeurer — synonymes de mourir et rester. Mémorisez cette petite histoire, visualisez-la dans votre tête — et vous aurez la liste complète.
Cette phrase est disponible en entier sur le Patreon, avec la transcription de tous les épisodes.
Demain, on étudiera l’expression avoir un poil dans la main — encore le verbe avoir — et on verra comment accorder le participe passé selon qu’on utilise être ou avoir. À suivre.
L’expression du jour : « avoir la banane ».
« Avoir » — c’est un verbe du troisième groupe, très irrégulier. Au futur : j’aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez, ils auront. Au passé composé : j’ai eu, tu as eu, il a eu, nous avons eu, vous avez eu, ils ont eu. Vous notez qu’on utilise avoir comme auxiliaire pour conjuguer avoir lui-même au passé composé. Et le participe passé de avoir, c’est eu — E-U.
« La banane » — la indique que banane est féminin. La banane, c’est un fruit jaune, allongé, avec une peau qu’on enlève avant de manger le fruit. Les singes en raffolent, dans les représentations classiques. Il y a des petites bananes, des grandes bananes, et les bananes plantains — utilisées dans des plats salés, pas sucrés. Comme je l’évoquais dans mon histoire, quand on achète une banane, on paie aussi la peau — même si on la jette.
Le sens de l’expression. Avoir la banane, ça veut dire être heureux, avoir le sourire, être de bonne humeur. L’expression date du XXe siècle. Son origine, c’est la forme de la banane : posez une banane à l’horizontale devant votre bouche — ça dessine un grand sourire. Un peu comme le logo Amazon, d’ailleurs — ce n’est pas une banane, mais c’est clairement un sourire.
Exemple 1 : c’est lundi matin, vous arrivez au bureau plutôt de mauvaise humeur, et vous voyez votre collègue qui arrive avec un grand sourire rayonnant. Vous lui dites : « Eh dis donc, t’as la banane ce matin, toi ! » — tu es bien joyeux, bien souriant.
Exemple 2 : vous emmenez votre fils ou votre fille au cinéma voir son film préféré — celui avec la reine qui fait de la glace et sa sœur qui, elle, ne fait pas grand-chose… (je fredonne l’air) — je m’arrête là, sinon vous allez avoir Libérée, délivrée dans la tête toute la journée, et ce sera entièrement ma faute. En sortant du cinéma, votre enfant est aux anges. Vous voyez qu’il ou elle a la banane. On pourrait aussi dire : il a le sourire jusqu’aux oreilles — tellement grand que ça s’étend jusqu’aux oreilles, un peu comme le Joker dans Batman. Bon, le Joker, c’est pour d’autres raisons — une petite cicatrice caractéristique, pas une séance de cinéma.
En anglais : « to have a smile all over your face » ou « to be all smiles ».
J’espère que vous avez compris l’expression et que mon interprétation de Libérée, délivrée n’était pas trop catastrophique. Retrouvez-moi sur Instagram ou sur YouTube, et sur Patreon pour les transcriptions complètes et deux chapitres du Petit Prince par semaine. Merci beaucoup, à bientôt, bye bye, hasta luego, matane !
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