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Bonjour à toutes, bonjour à tous. On est le mardi 25 février — le podcast sort donc le mercredi 26 février. Bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, on va étudier l’expression « avoir un poil dans la main ». Et comme astuce de français du jour, on va parler de l’accord du participe passé — c’est compliqué, mais on va y aller étape par étape.
Petit spoil : avoir un poil dans la main, ça veut dire être paresseux, n’avoir envie de rien faire. Je vous le dis dès le début parce que ça me permet d’introduire deux mots qui se ressemblent en français et qui ont presque le même sens : feignant et fainéant.
Fainéant — F-A-I-N-É-A-N-T. Ce mot vient de fait (le verbe faire) et de néant (qui veut dire rien). Littéralement : fait rien, ne rien faire. Un fainéant, c’est quelqu’un qui ne travaille pas, qui ne fait rien.
Feignant — F-E-I-G-N-A-N-T. Ce mot vient du verbe feindre, qui signifie faire semblant. Un feignant, c’est quelqu’un qui fait semblant de travailler — il a l’air occupé, mais il ne fait rien de concret.
La différence est subtile : le fainéant ne fait rien et ne s’en cache pas ; le feignant fait semblant de faire quelque chose. Voilà pour cette petite parenthèse.
L’astuce du jour : l’accord du participe passé.
Accrochez-vous, c’est la partie la plus difficile. On a déjà vu plusieurs éléments qui mènent à cette règle : dans l’épisode ne pas être né de la dernière pluie, on a vu ce qu’était un participe passé. Dans mon petit doigt m’a dit que…, on a vu le passé composé. Et hier, dans avoir la banane, on a vu comment choisir entre les auxiliaires avoir et être. Aujourd’hui, on assemble tout : dans quels cas accorde-t-on le participe passé ?
Avec l’auxiliaire être — la règle est simple : le participe passé s’accorde toujours en genre (masculin ou féminin) et en nombre (singulier ou pluriel) avec le sujet. Il y a quelques exceptions avec certains verbes pronominaux, mais retenez d’abord cette règle de base.
Exemples :
- Il est parti. — sujet masculin singulier → parti (P-A-R-T-I, sans E ni S).
- Elle est partie. — sujet féminin singulier → partie (avec un E).
- Nous sommes partis. — si le groupe est masculin ou mixte → partis (avec un S).
- Nous sommes parties. — si le groupe est entièrement féminin → parties (avec E et S).
Règle française importante : même s’il y a dix femmes et un seul homme dans le groupe, le masculin l’emporte. C’est arbitraire, mais c’est ainsi.
Avec l’auxiliaire avoir — la règle est plus complexe : on n’accorde pas le participe passé avec le sujet, mais avec le complément d’objet direct (COD) — et uniquement si ce complément est placé avant le participe passé.
Exemple 1 : Elle a mangé des fruits. — Le COD, c’est fruits. Elle a mangé quoi ? Des fruits. Mais des fruits est placé après mangé → on n’accorde pas. On écrit mangé sans S.
Exemple 2 : Les fruits ? Elle les a mangés. — Le COD, c’est toujours fruits, mais cette fois il est placé avant mangé (représenté par le pronom les) → on accorde. On écrit mangés avec un S, parce que fruits est masculin pluriel.
La méthode simplifiée. Pour ne pas s’emmêler les pinceaux, voici deux questions à retenir :
- Qu’est-ce qui est [participe passé] ? — pour identifier le COD.
- Au moment où j’écris le participe passé, est-ce que ce COD est déjà écrit ? — si oui, on accorde ; si non, on n’accorde pas.
Reprenons les exemples :
Elle a mangé des fruits. → Qu’est-ce qui est mangé ? Des fruits. Est-ce que des fruits est déjà écrit quand j’écris mangé ? Non (il vient après) → on n’accorde pas.
Les fruits ? Elle les a mangés. → Qu’est-ce qui est mangé ? Les fruits. Est-ce que les fruits est déjà écrit quand j’écris mangés ? Oui (il est avant) → on accorde, on ajoute un S.
Elle est allée à la gare ce matin. → Qu’est-ce qui est allé ? Elle. Est-ce que elle est déjà écrit quand j’écris allée ? Oui → on accorde, on ajoute un E.
Cette méthode fonctionne dans environ 95% des cas. C’est la plus pratique à retenir.
Je comprends que c’est difficile à assimiler. Quand j’avais 6 ou 7 ans, j’avais moi-même du mal avec cette règle — et je vous assure que beaucoup d’adultes français font encore des fautes d’accord du participe passé. Donc ne vous découragez pas — en tant qu’étranger, on ne vous en tiendra pas rigueur.
Pour les débutants qui ne comprennent pas encore cette partie : pas de panique. Vous pouvez sauter directement au chapitre de l’expression du jour. C’est justement pour ça que je divise chaque podcast en chapitres : introduction, astuce de français, expression du jour.
L’expression du jour : « avoir un poil dans la main ».
« Avoir » — ici utilisé comme verbe ordinaire, pas comme auxiliaire. On a vu sa conjugaison dans les épisodes précédents.
« Un poil » — poil est masculin. Les poils, ce sont ces petits fils qui poussent à travers la peau et qui se dressent quand on a froid ou peur — c’est la chair de poule dont on a parlé il y a quelques épisodes. On parle des poils pour tout le corps : poils de jambes, de bras, de dos, poils de barbe sur le visage. Pour les poils du crâne, on dit les cheveux — c’est une exception. On utilise aussi poils pour les animaux et pour certains objets — les poils d’un tapis, par exemple.
En parlant de poils, ça me rappelle une vidéo des années 90 que je vous recommande vivement. C’est une parodie d’une publicité de dentifrice, réalisée par Les Nuls — un groupe d’humoristes français très connus. Tapez sur YouTube Les Nuls Tonyglandyl — ça dure 40 secondes et c’est très drôle. Ceux qui connaissent déjà vont sourire.
« La main » — vous connaissez. On en a parlé dans l’épisode mon petit doigt m’a dit que… : le pouce, l’index, le majeur, l’annulaire, l’auriculaire. Et au centre de la main, à la base des doigts, on trouve la paume de la main. Tendre la main à quelqu’un, c’est aussi une expression — ça signifie lui offrir de l’aide, pas nécessairement physiquement.
Dans l’expression avoir un poil dans la main, c’est évidemment une image — personne n’a vraiment un poil qui pousse dans la paume.
Le sens. Avoir un poil dans la main, c’est être fainéant, ne rien vouloir faire, avoir la flemme de tout. En gros — un adolescent, quoi. Ceux qui en ont à la maison comprennent immédiatement.
L’origine. Elle remonte au XVIIe siècle. L’idée, c’est que quelqu’un qui ne se sert jamais de ses mains pourrait finir par y voir pousser des poils. On sait par exemple que chez les coureurs à pied, là où les cuisses frottent l’une contre l’autre, les poils ne poussent pas — le frottement les élimine. Par symétrie, quelqu’un qui ne frotte, ne gratte, ne travaille jamais de ses mains pourrait voir des poils s’y installer. C’est une image, bien sûr.
Exemple : votre adolescent ne range pas sa chambre — c’est le chaos total, comme sur l’image du podcast. Tout traîne, rien n’est propre. Vous pouvez lui dire : « Allez, arrache le poil que t’as dans la main et range-moi ce bordel ! » — autrement dit : lève-toi, bouge-toi, et range tout ça. Le bordel, c’est un endroit en désordre, sale, où il y a des affaires partout.
Synonymes : être fainéant, être paresseux, avoir la flemme, n’avoir envie de rien faire.
En anglais : « to be bone idle » ou « to be too lazy to do anything ».
Désolé si la règle du participe passé était difficile à suivre — c’est l’une des plus grandes difficultés du français, même pour les natifs. Merci beaucoup de m’avoir écouté, à bientôt, bye bye, hasta luego, matane !
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