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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. L’épisode sort le jeudi 20 février 2025 et je voulais commencer par vous parler de mon Patreon.
Je me fais un peu de pub, mais ça ne fait de mal à personne. Sur mon Patreon, vous avez accès à tous les épisodes de podcast retranscrits en fichiers Word — tout ce que je dis à l’oral, disponible à l’écrit. Et deux fois par semaine, je poste deux audios supplémentaires. En ce moment, je lis Le Petit Prince en entier — chapitre par chapitre. Si ça vous intéresse d’écouter ce livre, je vous invite à rejoindre le Patreon. J’aimerais aussi proposer à mes abonnés de me recommander des livres à enregistrer ou des chansons françaises à analyser ensemble. Si vous avez une chanson française que vous aimez et dont vous aimeriez qu’on parle, abonnez-vous et envoyez-moi vos suggestions.
Lire et écouter en même temps, c’est vraiment efficace. C’est ce que je fais moi-même pour l’anglais et le japonais — je pose l’ordinateur sur mon bureau, je lance le podcast et je suis le texte. Ça habitue l’oreille et l’œil en même temps. Voilà pour la petite publicité.
Avant de passer à l’expression du jour, je voulais vous parler d’un jeu que j’adore : le jeu du palet. Je l’ai découvert il y a cinq ou six ans grâce à mon cousin qui habite en Normandie — j’ai des cousins un peu partout, en Normandie, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis.
Voici comment ça marche. Vous avez une plaque en bois — environ 80 cm sur 80 cm ou 1 mètre sur 1 mètre — que vous posez à une certaine distance de vous. Dans la main, vous tenez des palets en métal — de petits disques métalliques. Je crois qu’on en a quatre ou cinq chacun, ça fait un moment que je n’ai pas joué. Il y a un petit palet qui sert de cochonnet — comme à la pétanque — qu’on lance en premier sur la plaque. Une fois qu’il est posé, les joueurs lancent à tour de rôle leurs grands palets pour essayer d’atterrir le plus près possible du petit. Ensuite, c’est le même principe qu’à la pétanque : le joueur dont le palet est le plus éloigné joue, jusqu’à se rapprocher. C’est très sympa, je vous encourage vraiment à y jouer si vous en avez l’occasion.
Et vous comprendrez tout à l’heure le rapport avec l’expression du jour — puisqu’il y a une plaque dans les deux.
L’astuce du jour : l’application Anki.
Pas d’astuce de grammaire ou de prononciation aujourd’hui — je voulais vous parler d’un outil que vous connaissez peut-être déjà : Anki. C’est une application gratuite d’apprentissage par répétition espacée. Anki, en japonais, ça veut dire par cœur — c’est donc littéralement une application pour apprendre par cœur.
Voici comment ça fonctionne. Le cerveau humain retient mieux les informations quand on les révise à intervalles de plus en plus longs. Anki est construit sur ce principe. Vous créez des cartes — d’un côté, une question ou un mot ; de l’autre, la réponse. Quand une carte apparaît, vous essayez de répondre, puis vous indiquez si vous connaissiez bien (vert), moyennement (gris) ou pas du tout (rouge).
Si vous mettez rouge, la carte réapparaît dix minutes plus tard, puis de plus en plus fréquemment jusqu’à ce que vous la connaissiez. Si vous mettez vert, Anki vous la proposera à nouveau dans un ou deux jours, puis dans une semaine, puis dans un mois, puis de moins en moins souvent. C’est exactement ainsi que le cerveau encode les informations à long terme.
Personnellement, j’utilise Anki pour le japonais : d’un côté de la carte, le mot en japonais ; de l’autre, la traduction en français. Mais vous pouvez l’utiliser pour n’importe quoi — du vocabulaire, bien sûr, mais aussi de la grammaire. Par exemple, vous mettez d’un côté : À quoi sert le passé composé ? Et de l’autre, la réponse complète. C’est un outil très polyvalent.
L’essentiel reste toujours d’écouter beaucoup de français — mais Anki est un excellent complément pour le vocabulaire et la grammaire.
L’expression du jour : « être à côté de la plaque ».
« Être » — on en a déjà beaucoup parlé, notamment dans les épisodes sur être de la gnognotte et être comme deux tourtereaux. Aujourd’hui, je vous propose un exercice de conjugaison. Je donne le pronom et le temps, vous essayez de trouver la forme avant que je la dise.
Être au présent de l’indicatif : je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont.
Être à l’imparfait : j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez, ils étaient.
Être au passé composé : j’ai été, tu as été, il a été, nous avons été, vous avez été, ils ont été.
Être au futur simple : je serai, tu seras, il sera, nous serons, vous serez, ils seront.
« À » — avec un accent grave. Rappel important : à avec accent = préposition ; a sans accent = verbe avoir. Ici, c’est la préposition.
« À côté » — ça veut dire près de, à proximité de. Si vous vous promenez dans un parc avec votre amoureux ou votre amoureuse, vous marchez à côté de lui, à côté d’ elle — vous êtes proches. En classe, vous êtes assis à côté de votre voisin — sur la place juste à côté. À côté de peut aussi signifier en comparaison de. Exemple : j’ai trois chiens, dont un plus petit que les deux autres. Je peux dire : à côté des deux autres, mon petit chien ne fait vraiment pas grand — c’est-à-dire, en comparaison des deux autres, il paraît tout petit.
« De » — préposition qui marque le rapport entre deux éléments. Dans à côté de la plaque, on a : à côté + de + la plaque. L’ensemble à côté de fonctionne comme une locution prépositionnelle.
« La plaque » — la est l’article défini féminin. Et une plaque, c’est ici une cible — la cible sur laquelle tiraient les militaires lors de leurs entraînements. On y revient dans l’origine de l’expression. Dans l’expression être à côté de la plaque, on n’est évidemment pas sur un champ de tir — c’est une image, un sens figuré.
Le sens de l’expression.
Être à côté de la plaque a deux sens proches.
Sens 1 — répondre complètement à côté d’une question. Dire quelque chose qui n’a aucun rapport avec ce qui était demandé. Exemple : en cours de français, le professeur vous demande Quel temps fait-il aujourd’hui ? Et vous répondez Oui, bien sûr. Ce n’est pas une réponse — vous êtes à côté de la plaque. La bonne réponse aurait été Il fait beau, Il fait froid, Il y a des nuages, etc.
Sens 2 — ne pas être attentif, être ailleurs. Vous êtes au bureau avec un collègue, vous discutez d’un problème à résoudre. Il vous pose une question. Vous ne répondez pas — vous êtes dans vos pensées. Il peut vous dire : Alors, t’es à côté de la plaque aujourd’hui ? Autrement dit : tu n’écoutes pas, tu n’es pas là.
Pardon — je baille. Je suis un peu fatigué ce matin. Voilà, voilà.
L’origine. Elle date du début de la Seconde Guerre mondiale, vers 1940. À l’époque, on appelait plaques les cibles d’entraînement des militaires. Quand un soldat ratait sa cible, on disait qu’il tirait à côté de la plaque. Au fil du temps, l’expression est passée dans le langage courant pour désigner quelqu’un qui rate complètement sa réponse ou qui ne comprend pas ce qu’on lui dit.
Synonymes : se tromper, répondre à côté, ne pas être cohérent, ne pas comprendre la question, être ailleurs.
En anglais : « to be wide of the mark » ou « to be off the mark ».
Merci beaucoup de m’avoir écouté. J’espère que cet épisode vous a plu et que vous avez compris l’expression. Envoyez-moi un message quand vous voulez si vous avez des questions — sur Instagram ou en commentaire sur YouTube. À bientôt, bye bye, hasta luego, matane !
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