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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui on est le lundi 10 mars, il fait beau, le soleil brille, les oiseaux chantent et c’est bientôt le printemps. Aujourd’hui on va étudier l’expression « faire les quatre cents coups ».
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L’astuce du jour : les sept façons d’écrire le son « an/en ».
Dans l’expression faire les quatre cents coups, le mot cents s’écrit C-E-N-T. Mais ce même son peut s’écrire de plusieurs façons en français. Je vais vous en présenter cinq — les deux dernières sont un peu complexes, on les verra une autre fois.
1 — S-A-N-S. C’est le contraire de avec. Je mange avec des couverts / je mange sans couverts — je n’utilise pas de couverts.
2 — S-A-N-G. Le sang, c’est le liquide rouge qui circule dans nos veines et nos artères. Quand on se coupe, c’est ce qui coule. On peut recevoir une transfusion de sang si on a le même groupe sanguin qu’un donneur. Le boudin noir est d’ailleurs une spécialité française faite à base de sang de porc ou de bœuf.
3 et 4 — S-E-N-S et S-E-N-T. Ce sont des formes conjuguées du verbe sentir. Au présent : je sens, tu sens, il sent, nous sentons, vous sentez, ils sentent. À la première et deuxième personne du singulier, ça s’écrit S-E-N-S. À la troisième personne du singulier, S-E-N-T. Exemple : je sens l’odeur du repas (avec le nez) ; il sent l’odeur du repas.
5 — C-E-N-T. C’est le nombre 100. En comptant de dix en dix : zéro, dix, vingt, trente, quarante, cinquante, soixante, soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix, cent.
Les sixième et septième graphies — S-E-N et C-E-N dans certains contextes grammaticaux — sont trop complexes pour aujourd’hui.
L’expression du jour : « faire les quatre cents coups ».
« Faire » — verbe qu’on a déjà vu à de nombreuses reprises. Je l’ai détaillé notamment dans l’épisode faire la grasse matinée. Conjugaison au présent : je fais, tu fais, il fait, nous faisons, vous faites, ils font (F-O-N-T). Au futur : je ferai, tu feras, il fera, nous ferons, vous ferez, ils feront.
« Les » — article défini pluriel. Les peut être le pluriel de le ou de la — le pluriel est le même dans les deux cas. Ici, on accorde avec coups — un coup est masculin, donc les coups.
« Quatre cents » — quatre fois cent, soit 400. En continuant depuis cent : 100, 200, 300, 400, 500, 600, 700, 800, 900, 1000.
« Coups » — on en a parlé avant-hier dans l’épisode mettre un coup d’épée dans l’eau, où coup signifiait frapper. Ici, le sens est différent. Dans cette expression, coups signifie bêtises pour les enfants, mauvaises actions ou délits pour les adultes — des actes inconsidérés, des choses interdites ou contraires à la morale.
Le sens de l’expression.
Faire les quatre cents coups, c’est vivre sans respecter les règles, les usages ou la morale — enchaîner les bêtises pour un enfant, les mauvaises fréquentations et les délits pour un adolescent, les actes répréhensibles pour un adulte.
Exemples.
Des enfants qui partent à l’aventure en forêt sans prévenir leurs parents, avec leur sac à dos, et qui les font s’inquiéter — ces enfants font les quatre cents coups.
Un adolescent qui commence à fumer, à voler, à sécher les cours, à traîner le soir avec de mauvaises fréquentations — on peut dire qu’il fait les quatre cents coups. Il est en train de mal tourner.
L’origine.
Elle date de 1621 — le XVIIe siècle. À cette époque, le roi Louis XIII — le père de Louis XIV, celui qui fit construire Versailles — menait la guerre contre les protestants. Le protestantisme est une branche du christianisme. Louis XIII avait assiégé la ville de Montauban, dans le sud de la France, avec une armée équipée de nombreux canons. Il fit tirer quatre cents coups de canon contre les murs de la ville pour forcer les habitants à se rendre.
Mais les protestants refusèrent de capituler. Mieux encore — pendant que les boulets tombaient, ils faisaient la fête. Ils mangeaient, ils célébraient, comme si de rien n’était, malgré l’assaut.
C’est de là que vient l’expression : faire les quatre cents coups, c’est-à-dire résister à toute règle et à toute pression, vivre sans se soucier des conséquences — et même se réjouir là où on devrait avoir peur.
En anglais : « to be a real tearaway » — quelqu’un d’incontrôlable, qui fait n’importe quoi.
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