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Bonjour à toutes et bonjour à tous et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. L’épisode sort le samedi 22 février — c’est le début du week-end. Aujourd’hui, on va parler d’une expression qu’on peut utiliser quand on parle à quelqu’un qui fume beaucoup : « fumer comme un pompier ». Mais avant, comme vous en avez l’habitude maintenant, on va parler d’un sujet en lien avec le thème du jour.
Les cigares me font penser à un album de Tintin qui s’appelle Les Cigares du Pharaon. Vous connaissez Tintin ? Tintin, c’est le héros d’une bande dessinée mondialement connue, écrite et dessinée par Hergé — H-E-R-G-É. Ce qui est amusant, c’est que Hergé, c’est aussi ses initiales à l’envers. Il s’appelait Georges Rémi — G.R. — et en inversant : R.G. → Hergé. C’est son nom d’artiste, son pseudonyme.
Dans cette bande dessinée, Tintin est un jeune journaliste qui vit des aventures aux quatre coins du monde, toujours accompagné de son petit chien blanc Milou. Je ne suis pas sûr de sa race — peut-être un caniche, un coton de Tuléar ou un fox-terrier tout blanc. Parmi les autres personnages célèbres de la série, il y a le capitaine Haddock — un ami de Tintin, toujours prêt à s’énerver et à lancer des insultes pittoresques. Et puis les Dupond et Dupont — deux policiers jumeaux, l’un dont le nom se termine par un D, l’autre par un T. Comment les distinguer ? Par leur moustache : l’un a les pointes qui tombent vers le bas, l’autre les a légèrement recourbées vers le haut. C’est leur seule différence visible.
Quand j’étais enfant, j’ai beaucoup lu de bandes dessinées — Tintin, Astérix, Lucky Luke, Gaston Lagaffe, Garfield… Mais avant même de savoir lire, je regardais les images. Et c’est ça, d’ailleurs, qui m’a aidé à progresser en français. Bien sûr, il y a les parents, la famille, l’école, les professeurs — toutes les personnes avec qui on interagit en français. Mais il y a aussi tout ce qu’on lit et ce qu’on regarde. Avant de pouvoir lire les bulles, mon imagination construisait une histoire à partir des dessins. Puis, au fur et à mesure que j’ai appris à lire, j’ai lu les textes — une fois, deux fois, dix fois — et j’ai compris de mieux en mieux.
C’est la répétition qui fait tout. Relire quelque chose plusieurs fois, c’est primordial pour apprendre une langue. Et les bandes dessinées sont particulièrement efficaces pour ça, parce que vous avez un texte et, juste à côté, une image qui l’illustre. Si vous êtes de niveau intermédiaire et qu’il y a un mot que vous ne comprenez pas, l’image vous aide à deviner le sens — et votre cerveau enregistre ce mot presque sans effort.
Aujourd’hui encore, je lis des bandes dessinées — et j’apprends encore des mots. Récemment, j’ai lu un album de Thorgal — T-H-O-R-G-A-L, une série excellente si vous ne la connaissez pas. Et j’y ai découvert un mot que je ne connaissais pas : anachorète. Un mot très rare, très peu utilisé en français courant — mais grâce à cette BD, il est maintenant dans mon vocabulaire. C’est ça, la magie de la lecture.
Bon — pourquoi on parle de tout ça ? Ah oui : Les Cigares du Pharaon, l’album de Tintin → les cigares → on les fume → et donc on revient à l’expression du jour. Il y a bien un fil conducteur dans ces podcasts, même si ça ne se voit pas toujours au premier abord.
L’expression du jour : « fumer comme un pompier ».
« Fumer » — verbe du premier groupe. Le sens le plus connu, c’est bien sûr fumer une cigarette, un cigare, une pipe. Mais fumer peut aussi s’appliquer à n’importe quoi qui dégage de la vapeur — c’est-à-dire de l’eau à l’état gazeux. L’eau existe sous trois états : liquide (ce qui coule du robinet), gazeux (la vapeur), et solide (la glace, quand on met de l’eau au congélateur). Une soupe très chaude fume. Un plat qui sort du four fume. Et quand il fait très froid dehors et que vous soufflez, votre souffle fait de la fumée.
Pour les connaisseurs : Luffy en Gear Second dans One Piece — il dégage de la vapeur de tout son corps. Voilà, c’était mon petit plaisir personnel. Pour ceux qui ne connaissent pas, passez votre chemin.
« Comme » — on en a déjà parlé dans plusieurs épisodes précédents. Ici, on peut le remplacer par autant que : fumer autant qu’un pompier.
« Un pompier » — nom masculin. Ce sont les professionnels qui combattent les incendies. Il y a environ un mois et demi, vous en avez peut-être entendu parler aux informations : il y a eu d’immenses incendies en Californie qui ont ravagé des quartiers d’Hollywood, brûlé des centaines de maisons et des milliers d’hectares de végétation. Ce sont les pompiers qui ont finalement réussi à les maîtriser, après plusieurs jours, voire plusieurs semaines d’efforts. En anglais : firefighter.
Le sens de l’expression.
Fumer comme un pompier, c’est fumer beaucoup — enchaîner cigarette après cigarette sans s’arrêter. Une clope, c’est le mot familier pour une cigarette. On dit aussi enchaîner clope sur clope ou cigarette sur cigarette.
L’origine — et elle est surprenante.
À première vue, l’expression est bizarre. Les pompiers, on les imagine plutôt comme des gens en bonne forme physique, attentifs à leur santé, et surtout très prudents avec les mégots. Pas vraiment le profil du grand fumeur.
En réalité, l’explication vient de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe. À cette époque, les pompiers ne disposaient pas de combinaisons résistantes au feu comme aujourd’hui. Ils portaient de grands manteaux en cuir qu’ils imbibaient d’eau ou de graisse pour se protéger. Au contact du feu et des très hautes températures, cette eau et cette graisse s’évaporaient et produisaient d’énormes quantités de fumée. On avait l’impression que la fumée sortait du corps même du pompier — comme Luffy, finalement. Et c’est de là que vient l’expression : fumer comme un pompier.
Il y a peut-être une deuxième origine, mais je la livre avec prudence car je n’ai pas pu la vérifier avec des sources fiables. Pompier aurait aussi désigné les grandes cheminées des paquebots — ces immenses cheminées qui crachaient une fumée épaisse en permanence. Fumer comme un pompier, ce serait alors fumer comme ces cheminées. Ce qui expliquerait d’ailleurs la traduction anglaise : « to smoke like a chimney » — fumer comme une cheminée. Les deux origines se rejoignent peut-être.
Pas besoin d’exemple supplémentaire — vous avez compris. Si vous croisez quelqu’un qui allume une cigarette, puis une autre dix minutes après, puis encore une autre dans l’heure, vous pouvez lui dire : « Dis donc, tu fumes comme un pompier, toi ! »
En anglais : « to smoke like a chimney. »
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