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Voici le texte corrigé, en gardant tout le contenu :
Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, c’est le cinquantième épisode de mon podcast ! Évidemment, je ne compte pas les contes du jeudi à 18h — je compte uniquement les expressions françaises. Et tous les dix épisodes, on étudie une fable de La Fontaine. Aujourd’hui, épisode numéro 50 — donc une nouvelle fable.
Je vous réexplique comment on va procéder. D’abord, je vous fais une première lecture de la fable en entier. Ensuite, je la lis ligne par ligne et j’explique chaque ligne avec ma version simplifiée. Après, je relis la fable originale en entier, et enfin je vous lis ma version simplifiée complète. Vous pouvez facilement trouver cette fable sur Internet pour lire en même temps que vous écoutez — c’est un excellent exercice.
La fable d’aujourd’hui, c’est Le Lion et le Rat. C’est parti.
Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde. On a souvent besoin d’un plus petit que soi. De cette vérité deux fables feront foi, Tant la chose en preuve abonde.
Entre les pattes d’un lion Un rat sortit de terre assez à l’étourdie. Le roi des animaux, en cette occasion, Montra ce qu’il était et lui donna la vie. Ce bienfait ne fut pas perdu. Quelqu’un aurait-il jamais cru Qu’un lion d’un rat eût à faire ? Cependant, il advint qu’au sortir des forêts, Ce lion fut pris dans des rets, Dont ses rugissements ne le purent défaire. Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage. Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage.
Voilà — c’était la fable de La Fontaine. Si vous n’avez pas tout compris, c’est tout à fait normal. Pour un enfant français, cette fable est relativement accessible. Mais quand on apprend le français, il y a beaucoup de mots anciens, du vieux français, qui rendent la compréhension difficile. C’est pour ça qu’on va la reprendre ligne par ligne.
Ligne 1 : « Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde. »
Obliger, ici, ne veut pas dire forcer quelqu’un — ça veut dire rendre service. Et autant qu’on peut, c’est le plus possible. Donc, plus simplement : il faut rendre service aux autres le plus possible.
Ligne 2 : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi. »
On a étudié cette phrase hier — c’était justement l’expression du jour. J’ai fait ce podcast la veille exprès pour que vous puissiez mieux comprendre la fable d’aujourd’hui. Il y a une vraie suite dans les épisodes — ça a l’air improvisé, mais c’est un peu préparé quand même. On garde la phrase telle quelle : on a souvent besoin d’un plus petit que soi.
Ligne 3 : « De cette vérité, deux fables feront foi. »
Faire foi, c’est servir de preuve, démontrer quelque chose. Ici, La Fontaine annonce que deux fables vont illustrer la morale des lignes précédentes. La première, c’est celle-ci — Le Lion et le Rat. La deuxième, c’est La Colombe et la Fourmi, qu’on étudiera dans un prochain épisode. Plus simplement : deux fables vont servir à montrer qu’on a souvent besoin d’un plus petit que soi.
Ligne 4 : « Tant la chose en preuve abonde. »
Abonder, c’est être présent en grande quantité. Ici, ça veut dire qu’il y a beaucoup de preuves, beaucoup d’exemples pour illustrer cette morale. On peut l’utiliser dans énormément de situations. Plus simplement : car les exemples de cela sont nombreux.
Ligne 5 : « Entre les pattes d’un lion. »
Les pattes, ce sont les jambes d’un animal. Le lion, si vous ne savez pas ce que c’est, c’est comme un très grand chat qui vit en Afrique et qui chasse les antilopes et d’autres animaux pour se nourrir. On garde : entre les pattes d’un lion.
Ligne 6 : « Un rat sortit de terre assez à l’étourdi. »
Le rat sort de sous la terre — il était dans son terrier — et à l’étourdi signifie de façon distraite, sans faire attention. Il n’a pas remarqué qu’il sortait juste sous un lion. Plus simplement : un rat sortit de terre, plutôt distrait.
Ligne 7 : « Le roi des animaux, en cette occasion. »
Le lion est appelé le roi des animaux — c’est le plus puissant, celui qui règne. Si vous connaissez le dessin animé Disney Le Roi Lion, le roi des animaux c’est d’abord Mufasa, puis Simba. En cette occasion signifie à ce moment-là, en le voyant. Plus simplement : le lion, en le voyant.
Ligne 8 : « Montra ce qu’il était et lui donna la vie. »
Le lion montre qu’il est le plus fort — il aurait pu tuer le rat — mais il lui fait grâce, il le laisse vivre. Plus simplement : le lion montra qu’il était le plus fort, mais laissa le rat vivre.
Ligne 9 : « Ce bienfait ne fut pas perdu. »
Un bienfait, c’est une bonne action. Ne fut pas perdu signifie ne fut pas inutile — cette bonne action aura des conséquences positives. Fut est ici le passé simple du verbe être : je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes, ils furent. Plus simplement : cette bonne action ne fut pas inutile.
Petite remarque importante : dans cette fable, La Fontaine utilise alternativement l’imparfait et le passé simple pour raconter l’histoire — deux temps du passé. Mais au début, il utilise le présent pour énoncer la morale. Ce n’est pas un hasard : le présent montre que la morale est intemporelle, toujours vraie, toujours valable aujourd’hui.
Ligne 10 : « Quelqu’un aurait-il jamais cru ? »
Le temps utilisé ici est le conditionnel passé — un temps qu’on n’utilise pas souvent et qui exprime une condition dans le passé. Plus simplement : qui aurait pu croire que le lion, en épargnant le rat, allait en avoir besoin plus tard ? Ne vous inquiétez pas si ce temps vous semble compliqué — on y reviendra.
Ligne 11 : « Qu’un lion d’un rat eût à faire ? »
Avoir à faire signifie ici avoir besoin. Je vous invite à réécouter le podcast d’hier sur on a souvent besoin d’un plus petit que soi où j’explique en détail cette notion. Plus simplement : qui aurait pu croire qu’un lion ait besoin d’un rat ?
(En ce moment, mon chien est en train de gratter le tapis — j’espère que vous ne l’entendez pas trop. Il s’acharne dessus, c’est terrible.)
Ligne 12 : « Cependant, il advint qu’au sortir des forêts. »
Advenir est un verbe qui signifie arriver, se produire. Advint est son passé simple à la troisième personne du singulier. Je vous conjugue ce verbe au passé simple, juste pour le plaisir : j’advins, tu advins, il advint, nous advînmes, vous advîntes, ils advinrent. Franchement, nous advînmes ou vous advîntes, je suis quasi certain de ne jamais avoir prononcé ces formes à l’oral de ma vie. Mais bon, les voilà quand même. Au sortir des forêts signifie en sortant de la forêt. Plus simplement : mais alors, juste en sortant de la forêt…
Ligne 13 : « Ce lion fut pris dans des rets. »
Des rets — R-E-T-S — ce sont des filets de chasse. Le lion vient de sortir de la forêt et il se retrouve piégé dans un filet tendu par des chasseurs. Vous pouvez voir sur l’image du podcast un lion entouré d’un filet. Plus simplement : ce lion fut pris dans un filet de chasse.
Ligne 14 : « Dont ses rugissements ne le purent défaire. »
Rugissements, c’est le cri du lion — ce son puissant et grave qu’il pousse. Défaire signifie se libérer de, démêler. La construction est un peu inversée par rapport au français moderne — on dirait plutôt aujourd’hui : dont ses rugissements ne purent le défaire. Plus simplement : et ses rugissements ne l’aidaient pas à s’en sortir, ne servaient à rien.
Ligne 15 : « Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents. »
Sire Rat — La Fontaine appelle le rat Sire, un titre noble, comme on dirait Monsieur le Rat. C’est un procédé littéraire qu’on appelle la personnification : on donne des caractéristiques humaines à un animal pour que le lecteur s’identifie mieux à lui. Le lion et le rat deviennent presque des personnages humains. Accourut est le passé simple du verbe accourir — arriver en courant. Fit tant par ses dents signifie s’appliqua avec ses dents, utilisa ses dents. Plus simplement : Monsieur le Rat accourut et se mit à ronger avec ses dents.
Ligne 16 : « Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage. »
Une maille, c’est un nœud du filet. Un filet de chasse, c’est du fil assemblé en nombreux nœuds pour former un piège. Quand on coupe ou ronge un nœud, le filet devient moins solide et finit par céder. Ronger, c’est grignoter, abîmer quelque chose avec ses dents — comme une souris ronge un morceau de fromage. Plus simplement : en rongeant un nœud, tout le filet s’écarta et le lion fut libéré.
Lignes 17 et 18 : « Patience et longueur de temps / Font plus que force ni que rage. »
On lit les deux dernières lignes ensemble — c’est la morale finale. Longueur de temps, c’est la durée, le temps qui passe. Force et rage, ce sont deux façons de réagir brutalement et impulsivement. Font plus que signifie sont plus utiles que. Plus simplement : la patience est plus utile que la force et la rage. C’est exactement la même construction grammaticale que l’expression d’hier : on a souvent besoin d’un plus petit que soi — une comparaison avec plus… que…
La leçon est claire : le lion avait la force et ruggissait de rage dans son filet — ça ne l’a pas libéré. C’est la patience du petit rat, rongeant maille après maille, qui a tout résolu.
Voilà — maintenant je vous relis la fable originale en entier, lentement, puis ma version simplifiée.
Version originale :
Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde. On a souvent besoin d’un plus petit que soi. De cette vérité deux fables feront foi, Tant la chose en preuve abonde. Entre les pattes d’un lion Un rat sortit de terre assez à l’étourdi. Le roi des animaux, en cette occasion, Montra ce qu’il était et lui donna la vie. Ce bienfait ne fut pas perdu. Quelqu’un aurait-il jamais cru Qu’un lion d’un rat eût à faire ? Cependant, il advint qu’au sortir des forêts, Ce lion fut pris dans des rets, Dont ses rugissements ne le purent défaire. Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage. Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage.
Version simplifiée :
Il faut rendre service aux autres le plus possible. On a souvent besoin d’un plus petit que soi. On le montrera dans deux fables, car les exemples sont nombreux.
Entre les pattes d’un lion, un rat sortit de terre, plutôt distrait. Le lion, en le voyant, montra qu’il était le plus fort — mais le laissa vivre. Cette bonne action ne fut pas inutile. Qui aurait pu croire qu’un lion ait besoin d’un rat ?
Mais alors, juste en sortant de la forêt, ce lion fut pris dans un filet de chasse. Ses rugissements ne l’aidaient pas à s’en sortir. Monsieur le Rat accourut et se mit à ronger le filet avec ses dents. En rongeant un nœud, tout le filet s’écarta et le lion fut libéré.
La patience est plus utile que la force et la rage.
Voilà, on est arrivés au bout ! Je vous rappelle que j’ai créé mon site Patreon — si vous voulez les transcriptions écrites de tous les épisodes, vous pouvez vous y abonner en cherchant Le français, c’est facile avec Adrien. Tout ce que je dis dans les podcasts sera disponible sous forme de fichier texte, pour lire et écouter en même temps. Et comme toujours, vous pouvez me contacter sur Instagram ou laisser un commentaire sur YouTube. Merci beaucoup de m’avoir écouté, ありがとうございます、またね、bye bye !
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