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Bonjour à toutes et bonjour à tous. J’espère que vous allez bien, les amis. On est aujourd’hui le jeudi 20 février 2025 — le podcast sort le 21 février, donc on est un tout petit peu en avance, on enregistre la veille. Et aujourd’hui, on va parler de l’expression « monter sur ses grands chevaux ». Mais avant, comme d’habitude, je vais vous parler d’un film.
C’est un film assez sombre, assez noir, qui retrace les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Ce n’est pas un sujet rigolo — je suis désolé — mais c’est un film absolument remarquable qu’il faut voir si vous ne l’avez pas fait. Ces attentats islamistes ont fait 130 ou 131 morts et énormément de blessés. Des terroristes armés de kalachnikovs ont ouvert le feu sur une foule venue assister à un concert dans une salle de spectacle parisienne — le Bataclan.
Le film commence avec Jean Dujardin — un acteur français très connu — dans le rôle du chef de l’antiterrorisme à Paris. On le voit d’abord à la poursuite d’un terroriste — Abaaoud, je crois — qu’il manque d’arrêter de peu. Sur le chemin du retour, il apprend les attentats. Et on suit ensuite toute l’enquête : comment les services de police français ont réussi à retrouver les auteurs en quatre ou cinq jours, avec des centaines et des centaines d’enquêteurs mobilisés. C’est une véritable prouesse. Le terroriste Salah Abdeslam, lui, n’a été retrouvé que quelques mois plus tard, en Belgique.
Ce film m’a donné la chair de poule — tiens, ça, c’est une expression qu’on pourra travailler un autre jour. Avoir la chair de poule, c’est avoir les poils qui se hérissent — sur les bras, par exemple — quand on a froid, peur, ou une émotion très forte. Donc, ce film m’a vraiment bouleversé. Je n’ai pas pleuré — mais pas loin. Je vous le conseille vraiment. Il est disponible sur Netflix en ce moment — sous réserve que Netflix le propose dans votre pays, car le catalogue varie selon les régions.
Pour l’apprentissage du français, ce film est un peu difficile car les personnages parlent vite. Ce que je vous conseille, comme toujours : regardez en version originale française avec des sous-titres — soit en français si vous avez un niveau intermédiaire, soit en anglais ou dans votre langue maternelle si vous débutez. L’essentiel, c’est d’exposer votre oreille au français authentique.
L’astuce du jour : le son « on » en français.
Dans le mot monter, on entend le son « on ». Ce son est très fréquent en français. Voici comment le prononcer : la bouche est légèrement arrondie et projetée vers l’avant, comme pour le son « o » fermé — celui de l’eau, un numéro, le dos. Puis l’air passe à la fois par la bouche et par le nez. C’est ce qui rend ce son nasal : on, montagne, chanson. Essayez : d’abord un « o » fermé, puis ajoutez l’air nasal — on. Vous entendez la différence ?
Maintenant, les différentes façons d’écrire ce son.
O-N — c’est la forme la plus courante : un savon, un melon, un glaçon. Au pluriel, on ajoute simplement un S : des savons, des melons, des glaçons — le son reste le même.
O-N-S — soit le pluriel de certains noms (même son que ci-dessus), soit la conjugaison à la première personne du pluriel (nous) de nombreux verbes. Exemples : nous montons (verbe monter — deux sons « on » dans ce seul mot), nous mangeons, nous nageons, nous allons.
O-N-T — c’est la terminaison de certains verbes au futur à la troisième personne du pluriel (ils/elles) : ils mangeront, ils nageront, ils iront. Ce T final ne se prononce pas.
O-N suivi d’une consonne muette — comme dans un rond (R-O-N-D, le D ne se prononce pas), un tronc (T-R-O-N-C, le C ne se prononce pas), le front (F-R-O-N-T, le T ne se prononce pas). Dans tous ces cas, le son reste « on » — la consonne finale est muette.
L’expression du jour : « monter sur ses grands chevaux ».
« Monter » — verbe du premier groupe. Il a plusieurs sens.
Sens 1 — se déplacer vers le haut : monter un escalier, monter une colline, monter une montagne.
Sens 2 — assembler, construire quelque chose : monter un meuble Ikea — ce verbe, vous vous en doutez, sera très utile si vous achetez un jour des meubles en kit avec des noms imprononçables.
Sens 3 — se mettre sur quelque chose, y accéder : monter dans une voiture, monter dans un camion — et ici, dans l’expression — monter sur un cheval.
« Sur » — S-U-R, sans accent. Ça signifie au-dessus de : on pose une assiette sur la table, un vase sur le meuble. À ne pas confondre avec « sûr » — S-Û-R, avec un accent circonflexe sur le U — qui signifie certain ou sans danger : bien sûr, un avion sûr.
« Ses » — S-E-S, marqueur de possession au pluriel. Ses renvoie à quelque chose qui appartient à quelqu’un — ici, ses chevaux. On dit son cheval au singulier et ses chevaux au pluriel.
« Grands chevaux » — grand est un adjectif qualificatif, contraire de petit. En français, l’adjectif s’accorde avec le nom : comme il y a plusieurs chevaux, on ajoute un S à grand → grands. Et cheval, au pluriel, donne chevaux — A-U-X. C’est une transformation classique des noms en -AL : un canal → des canaux, un cheval → des chevaux. On en reparlera.
Le sens de l’expression.
Monter sur ses grands chevaux, c’est bien sûr une image — une métaphore. Ça a deux sens proches.
Sens 1 — s’énerver très vite, s’emporter. Élever le ton, prendre les choses trop à cœur, réagir avec excès.
Sens 2 — prendre les gens de haut, être hautain. Se considérer comme supérieur aux autres, les regarder de haut.
Exemple 1 : vous êtes à un dîner de famille — j’utilise souvent cet exemple parce qu’il parle à beaucoup de monde. La conversation glisse vers la politique. Et voilà votre oncle qui commence à s’emporter : « De toute façon, personne ne comprend rien au monde actuel, la France irait mieux si… », etc. Il monte sur ses grands chevaux. Il s’énerve, il perd toute mesure.
Exemple 2 : vous discutez avec votre conjoint ou votre conjointe d’un sujet qui fâche. Elle ou il vous dit : « De toute façon, tu ne m’as jamais compris, tu ne viens pas du même monde que moi, tu ne comprends rien à ma souffrance. » Vous pouvez répondre : « Hé, du calme — c’est pas la peine de monter sur tes grands chevaux. C’est pas la peine de me prendre de haut. »
L’origine de l’expression — elle est double.
Première origine : le Moyen Âge. À cette époque, seules les personnes de la haute société possédaient des chevaux — qu’on appelait des destriers. Ces nobles méprisaient le peuple, qui n’en avait pas. Et lors des batailles, être à cheval conférait un avantage considérable : on voyait plus loin, on dominait la situation, on attaquait et se défendait plus facilement depuis cette position élevée. L’idée d’attaque physique depuis le cheval s’est progressivement transformée en image d’attaque verbale — s’emporter, s’énerver.
Deuxième origine — et c’est là qu’on comprend pourquoi c’est au pluriel. À une certaine époque, les grands chevaux désignaient les hauts talons portés par les femmes. Ces femmes se sentaient supérieures aux autres grâce à leur stature rehaussée. Et comme il y a deux chaussures, donc deux talons, donc deux chevaux — d’où le pluriel : monter sur ses grands chevaux.
D’ailleurs, à ce sujet, je dois vous recommander un sketch que j’adore, de l’humoriste Muriel Robin. C’est un sketch sur des travaux qu’elle fait faire dans sa maison. Elle tient une réunion de chantier et réalise que tout va mal — les fenêtres, le sol, la cuisine. Et dans ce sketch, elle utilise l’expression monter sur ses grands chevaux de façon absolument hilarante. Tapez Muriel Robin travaux sur YouTube — vous pouvez même activer les sous-titres traduits, même si la traduction automatique laisse parfois à désirer. C’est très drôle.
Synonymes : s’énerver, s’emporter, prendre les gens de haut, défendre son point de vue avec trop de vigueur, être hautain.
En anglais : « to get on one’s high horse » — littéralement, monter sur son grand cheval. C’est presque la traduction mot pour mot.
Merci beaucoup de m’avoir écouté. La transcription intégrale de cet épisode sera disponible sur mon Patreon dès sa sortie. Si vous voulez rejoindre la communauté et avoir accès à toutes les transcriptions, c’est par là. Comme toujours, envoyez-moi un message si vous avez des questions — sur Instagram ou en commentaire YouTube. À bientôt, bye bye, hasta luego, mata ne !
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