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Bonjour à toutes et bonjour à tous ! J’espère que tout le monde va bien. Cet épisode sort le vendredi 28 février — c’est le dernier jour du mois de février. Cette année, il n’y a que 28 jours en février. Une année sur quatre, il y en a 29 — on appelle ça les années bissextiles. Ce sont toutes les années divisibles par quatre. Par exemple, l’année dernière — 2024 — était une année bissextile, donc il y avait 29 jours en février.
Pour les personnes nées un 29 février, elles n’ont techniquement un anniversaire que tous les quatre ans. En vrai, on fête quand même leur anniversaire — soit le 28 février, soit le 1er mars — mais je trouve amusant d’imaginer avoir une vraie date d’anniversaire tous les quatre ans seulement. Si vous avez un enfant né le 29 février et que vous ne lui offrez des cadeaux que les 29 février… il va être très déçu. C’était une petite pensée pour tous ceux qui sont nés ce jour-là.
Ça m’a donné envie de chercher pourquoi février n’a que 28 ou 29 jours, et pas 30 ou 31 comme les autres mois. J’avais une petite idée, mais j’ai appris des choses en cherchant — je vais essayer de vous l’expliquer simplement, même si je vais passer sur certains détails.
Le calendrier actuel — avec janvier, février, mars, etc. — vient de l’Empire romain. L’Empire romain a commencé avant Jésus-Christ et s’est terminé aux alentours de l’an 500 après J.-C. À cette époque, les mois avaient 29 ou 31 jours — jamais 30. Pourquoi ? Parce que les nombres pairs (2, 4, 6, 8…) étaient considérés comme mauvais, néfastes. Les nombres impairs (1, 3, 5, 7…) étaient jugés favorables. Donc tous les mois avaient soit 29, soit 31 jours. Sauf février — qui avait 28 jours, un nombre pair — parce que ce mois était consacré aux morts, aux personnes décédées. Un mauvais nombre pour un mois consacré aux défunts, c’était cohérent dans leur logique.
À cette époque, le calendrier n’avait que 10 mois. Au fil du temps, il y avait un décalage croissant entre le calendrier et le cycle solaire — on a donc ajouté 2 mois pour arriver aux 12 mois actuels. Ces 12 mois font 365 jours. Sauf que le cycle solaire, lui, dure 365,25 jours. Cela signifie que tous les 4 ans, le cycle solaire a un jour d’avance sur le calendrier — car 0,25 jour × 4 ans = 1 jour. Pour combler cet écart, on a décidé d’ajouter un jour en février tous les 4 ans : février passe alors de 28 à 29 jours. C’est l’année bissextile.
Voilà pourquoi février a 28 jours et 29 lors des années bissextiles. Il y aurait encore beaucoup à dire sur l’origine des noms des mois — pourquoi janvier s’appelle janvier, pourquoi juillet s’appelle juillet… Je vous en parlerai dans un autre épisode, c’est assez fascinant.
L’astuce du jour : « ces » ou « ses » ?
Dans l’expression prendre ses désirs pour des réalités, on trouve le mot ses — S-E-S. Ces deux mots se prononcent exactement pareil, mais ne s’écrivent pas de la même façon et ne veulent pas dire la même chose.
« Ces » — C-E-S — est un déterminant démonstratif. C’est le pluriel de ce et de cette. Il s’utilise avec des noms masculins ou féminins au pluriel. Il a deux usages principaux.
Usage 1 — désigner quelque chose qu’on a devant soi : vous êtes devant des maisons, vous dites ces maisons sont grandes. Vous montrez des portes : ces portes ont l’air bien pratiques. Vous regardez des fenêtres : ces fenêtres s’ouvrent en grand. Dans tous ces cas, C-E-S.
Usage 2 — reprendre quelque chose mentionné juste avant : vous dites j’ai lu récemment deux romans de Stephen King — puis vous ajoutez c’était super, je ne connaissais pas ces livres. Ici, ces livres renvoie aux livres dont vous venez de parler. C-E-S. Cette logique s’applique aussi au singulier : ce (C-E) et cette (C-E-T-T-E) fonctionnent de la même façon.
« Ses » — S-E-S — est un déterminant possessif. C’est le pluriel de son et de sa. Il exprime une idée de possession — quelque chose appartient à quelqu’un. Exemple : tu connais Stephen King ? Est-ce que tu as lu ses livres ? Ici, ses livres = les livres écrits par Stephen King, les livres qui lui appartiennent. S-E-S. Autre exemple : vous voyez quelqu’un dans la rue avec de belles chaussures et vous dites à votre ami tu as vu ses chaussures à lui ? Elles sont magnifiques ! Les chaussures lui appartiennent — S-E-S.
Le truc pour s’en souvenir : si vous montrez quelque chose ou si vous reprenez ce dont vous venez de parler → C-E-S. Si quelque chose appartient à quelqu’un → S-E-S.
L’expression du jour : « prendre ses désirs pour des réalités ».
« Prendre » — verbe du troisième groupe, très fréquent. On en a déjà parlé dans l’épisode prendre la poudre d’escampette. Voici ses principaux sens.
Sens 1 — saisir dans la main : depuis tout à l’heure, j’enregistre ce podcast en jouant avec mon stylo. Avant de le tenir en main, j’ai pris ce stylo. Je prends une chaise pour m’asseoir. Je vais prendre une assiette pour manger.
Sens 2 — avaler, consommer : as-tu pris l’apéritif ? — l’apéro, c’est ce verre de vin et ces petites choses à grignoter qu’on partage vers 18h-19h en France. J’ai pris mes médicaments — on ne dit pas j’ai avalé mes médicaments, on dit j’ai pris mes médicaments. Dans ces deux exemples, on a le passé composé avec l’auxiliaire avoir.
Sens 3 — considérer, entendre, interpréter : c’est le sens figuré, et c’est celui qu’on utilise dans l’expression du jour. Prendre ses désirs pour des réalités, c’est considérer que ses désirs sont réels.
« Ses » — marqueur de possession, pluriel de son et sa. On vient d’en parler.
« Désirs » — nom masculin, un désir, pluriel des désirs. Vient du verbe désirer — vouloir posséder quelque chose qu’on n’a pas, souhaiter quelque chose avec force. Je désire acheter cette voiture. Je désire être riche. On parle aussi de désir au sens charnel — charnel renvoie au corps humain — pour désigner l’attirance physique envers quelqu’un. Dans l’expression, le pluriel ses désirs représente l’ensemble de tout ce que la personne peut vouloir.
« Pour » — préposition. Ici, on peut la remplacer par comme : prendre ses désirs comme des réalités.
« Des réalités » — nom féminin, la réalité, pluriel les réalités. Vient de réel — ce qui existe concrètement, ce qui est vrai. Contrairement au désir, qui est quelque chose qu’on souhaite mais qui n’existe pas encore.
Le sens de l’expression.
Prendre ses désirs pour des réalités, ça veut dire penser naïvement que ce qu’on veut va forcément arriver. C’est s’illusionner, croire que quelque chose d’impossible ou d’improbable est déjà une réalité. C’est confondre ce qu’on espère avec ce qui est.
Exemple 1 : vous voulez la paix dans le monde — comme tout le monde. Vous voulez que tous les êtres humains s’aiment et s’entendent. C’est un beau désir, mais le monde ne fonctionne pas comme ça. Vous prenez vos désirs pour des réalités.
Exemple 2 : vous êtes amoureux d’une personne très belle et très célèbre — qui ne sait même pas que vous existez. Vous en parlez à votre amie, qui vous dit gentiment : il ne faut pas prendre tes désirs pour des réalités. On pourrait aussi dire il ne faut pas prendre tes rêves pour des réalités — les deux mots sont interchangeables ici.
L’origine. L’expression date du XIXe siècle, mais elle a été popularisée lors des grandes manifestations de mai 1968 en France. Je ne vais pas vous résumer mai 68 ici — ça prendrait trop de temps — mais si ça vous intéresse, tapez mai 68 sur Internet. J’en parlerai peut-être dans un futur épisode.
Synonymes : s’illusionner, être naïf, rêver, se faire des illusions, croire à l’impossible.
En anglais : « that’s wishful thinking » — penser que ses vœux vont se réaliser par la seule force du désir.
Merci beaucoup de m’avoir écouté. Si vous connaissez des personnes qui apprennent le français, n’hésitez pas à leur parler de ce podcast — mon but est de vous familiariser avec le français authentique et de vous aider à mieux comprendre. À bientôt, bye bye, hasta luego, matane !
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