« Quand les poules auront des dents » et le futur

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, on est le 18 — mais l’épisode sortira le 19 février. Et aujourd’hui, on va étudier une expression que j’adore : « quand les poules auront des dents ». Mais avant ça, vous le savez, comme d’habitude, on va parler un peu de tout et de rien, puis on verra une astuce de français.

Puisqu’on va parler de poules, commençons par là. Des poules avec des dents, j’en ai déjà vu — dans un film. Un film des années 2000, un film d’animation réalisé en pâte à modeler si je ne me trompe pas, qui s’appelle Chicken Run. Littéralement, chicken run signifie la course des poulets — mais c’est surtout l’évasion, la fuite des poules. Dans ce film, les poules sont enfermées dans un poulailler et veulent s’échapper pour voir le monde. Un beau jour, un coq débarque dans leur espace — un coq américain, forcément — et va les aider à s’évader. C’est assez drôle. Et dans ce film, les poules ont effectivement des dents. C’est un procédé de personnification : on leur donne des grands yeux humains, des dents, on les fait parler — pour qu’on puisse s’identifier à elles plus facilement. Elles ont quand même un bec, hein, pas un nez — mais des dents, oui.

Et les poules, je peux en parler en connaissance de cause parce que j’en ai eu. Dix poules. J’avais installé une porte automatique sur leur poulailler — une petite cabane avec des pondoirs à l’intérieur. Le matin à 6h, la porte s’ouvrait automatiquement. Les poules sortaient et avaient accès à un grand espace clôturé avec du grillage. Le soir à 19h, la porte se refermait. Et chose remarquable : bien avant la fermeture, les poules rentraient toutes seules, toutes ensemble. Je n’avais pas besoin de me lever le matin pour ouvrir ni d’aller au poulailler le soir pour fermer. Les poules, c’est intelligent.

Mais un jour, il y a eu un incident. Je vais dans le jardin et je vois l’une de mes poules — elle s’appelait Sarah — se promener tranquillement en dehors du grillage, dans le jardin, pendant que les autres restaient sagement à l’intérieur. Je prends Sarah dans les bras, je la remets dans l’enclos et je passe ma journée. En fin d’après-midi, Sarah est à nouveau dehors. Je cherche comment elle fait — et j’ai compris : le grillage n’était pas assez haut. Sarah avait tout simplement volé par-dessus pour se promener dans le jardin.

Or, j’avais installé ce grillage précisément parce que j’ai trois chiens — et des chiens avec des poules, ça peut mal tourner. Alors qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai laissé Sarah dehors et j’ai fait sortir les chiens. Les chiens ont fait la connaissance de Sarah. Et ça s’est très bien passé. Donc à un moment, j’ai carrément enlevé le grillage — toutes les poules gambadaient dans le jardin, picoraient, et les chiens se baladaient avec elles tranquillement. C’était adorable.

Je vous raconte tout ça sans raison particulière — juste pour parler français. Et comme l’expression du jour concerne les poules, c’était le moment.


L’astuce du jour : le futur simple.

Dans l’expression quand les poules auront des dents, le verbe auront est au futur simple. Il y a en réalité deux futurs en français — le futur simple et le futur antérieur — mais aujourd’hui on ne voit que le futur simple. Le futur antérieur est plus complexe ; on l’étudiera dans un autre épisode.

Le futur simple sert à exprimer un événement qui n’est pas encore arrivé — quelque chose qui se passera après le moment présent, dans l’avenir. Peut-être, ou certainement — mais pas encore.

Comment former le futur simple ? C’est assez facile. On prend l’infinitif du verbe et on ajoute des terminaisons.

Les terminaisons sont les mêmes pour tous les groupes : -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont.

Exemple avec manger (1er groupe, infinitif en -ER) : je mangerai, tu mangeras, il mangera, nous mangerons, vous mangerez, ils mangeront.

Pour les verbes dont l’infinitif se termine en -RE, on enlève le E final avant d’ajouter les terminaisons. Exemple avec croire : on enlève le E → croir-je croirai, tu croiras, il croira, nous croirons, vous croirez, ils croiront. C’est un bon verbe à pratiquer car il contient deux R — croirai — ce qui entraîne la prononciation du R français.

Mais comme toujours en français, il y a des exceptions — des verbes irréguliers au futur. Et ce sont souvent les verbes les plus courants : aller, faire, avoir, être, envoyer, savoir, pouvoir

Les deux plus importants à connaître absolument par cœur, parce qu’on les utilise constamment :

Être au futur : je serai, tu seras, il sera, nous serons, vous serez, ils seront.

Avoir au futur : j’aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez, ils auront.

Aller au futur : j’irai, tu iras, il ira, nous irons, vous irez, ils iront.


L’expression du jour : « quand les poules auront des dents ».

« Quand » — C-U-A-N-D. C’est une conjonction, et elle est invariable — ça veut dire qu’elle ne change jamais de forme, qu’il y ait quelque chose de féminin, masculin, singulier ou pluriel après. On ne met pas de S à quand. Ça signifie au moment où, ou encore lorsque. Ça indique un moment futur qui n’est pas encore réalisé. Exemple : Quand tu viendras me voir à la maison, nous mangerons ensemble — au moment où cet ami viendra, on mangera. Ce n’est pas encore fait. On peut aussi en faire une question : Quand viens-tu me voir à la maison pour qu’on mange ensemble ?

« Les poules » — on en a parlé en introduction. La poule, c’est la femelle du coq. C’est aussi la viande qu’on appelle poulet une fois cuisinée. Ça fait partie de la famille des gallinacés — les animaux de basse-cour. La poule a deux ailes, un bec, des plumes — et évidemment, pas de dents. Elle fait cot cot cot. On peut aussi appeler un ami très proche ma poule — homme ou femme — mais c’est un peu vieillot, à réserver aux très bons amis. Et attention : utiliser poule pour désigner une femme qu’on ne connaît pas, c’est très vulgaire et très offensant. À éviter absolument.

« Auront » — c’est le futur du verbe avoir à la troisième personne du pluriel. Pourquoi troisième personne du pluriel ? Parce qu’on parle des poules — elles auront. Je vous re-conjugue avoir au futur : j’aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez, ils/elles auront.

« Des dents »des est l’article indéfini pluriel. On l’utilise ici car on ne précise pas le nombre exact de dents. Si on savait le nombre, on dirait quatre dents ou une dent. Des est invariable selon le genre — c’est le même qu’il s’agisse d’un mot masculin ou féminin. Et dent — est-ce masculin ou féminin ? On dit une dent — c’est féminin. Dans la bouche, on a les incisives devant, puis les canines — les dents pointues, celles des vampires — puis les prémolaires et enfin au fond, les molaires et les dents de sagesse. Le mot dent s’écrit D-E-N-T — avec un T final qu’on ne prononce pas. C’est un T muet. Pour vérifier l’existence de ce T, on cherche des dérivés : dentiste (avec T bien visible), dentaire (comme dans fil dentaire) — le T réapparaît dans les mots de la même famille.


Le sens de l’expression.

Quand les poules auront des dents signifie tout simplement jamais. Les poules n’auront jamais de dents — donc quand vous utilisez cette expression, vous dites que la chose dont on parle n’arrivera jamais.

Exemple 1 : vous venez d’acheter le dernier iPhone ou le dernier Samsung, après des mois d’économies. Un ami vous demande de le lui prêter. Vous pouvez répondre avec un sourire : « Oui, oui, quand les poules auront des dents. » Traduction : jamais. C’est non.

Exemple 2 : vous venez de commencer le ping-pong — on dit aussi tennis de table en français, les deux sont corrects. Vous dites à votre partenaire d’entraînement : « Peut-être qu’un jour, je serai numéro 1 mondial. » Et lui vous répond : « Sûrement — quand les poules auront des dents. » Autrement dit : tu ne seras jamais numéro 1 mondial.

L’origine. Cette expression date du XVIIIe siècle. À l’époque, on disait quand les poules pisseront — parce qu’on ne voit jamais une poule uriner. Je vous épargne les détails scatologiques. Au fil du temps, l’expression a évolué vers quand les poules auront des dents — image tout aussi impossible, et nettement plus présentable.

Synonymes en français : jamais, c’est mort, à la saint-glinlin — une expression qu’on étudiera un autre jour —, la semaine des quatre jeudis — dans une semaine, il n’y a qu’un seul jeudi ; une semaine avec quatre jeudis n’existera donc jamais.

Équivalents dans d’autres langues : en anglais, on dit « when pigs fly »quand les cochons voleront — les cochons ne voleront jamais. En espagnol : « cuando las ranas tengan pelo »quand les grenouilles auront des poils — jamais non plus. En allemand : « wenn die Fische fliegen lernen »quand les poissons apprendront à voler. Toutes ces expressions disent la même chose : ça n’arrivera jamais.


J’espère que cet épisode vous a plu. Comme toujours, si vous avez des questions ou des messages, envoyez-les moi — je répondrai avec plaisir. Retrouvez les podcasts sur YouTube, et sur Patreon — en cherchant Le français, c’est facile avec Adrien — vous trouverez toutes les retranscriptions écrites de tous les épisodes, ainsi que deux chapitres supplémentaires par semaine. En ce moment, je lis Le Petit Prince en audiobook — deux chapitres par semaine. Merci beaucoup de m’avoir écouté, à bientôt, bye bye, hasta luego, mata ne !


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