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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Nous sommes aujourd’hui le samedi 15 février 2025 et c’est le début du week-end. Mais avant tout ça, je vous souhaite la bienvenue — c’est comment déjà mon émission ? Ah oui ! Bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien !
Comme je vous disais, c’est le début du week-end. Et bientôt, c’est le match retour pour le Paris Saint-Germain en Ligue des champions.
On va parler un peu de foot — ceux qui n’aiment pas le football peuvent passer directement à l’astuce de français du jour. Je fais exprès, à chaque fois, de découper le podcast en chapitres. Il y a toujours l’introduction, où on parle de tout et de rien. Ensuite, l’astuce de français — prononciation, grammaire ou méthodologie selon les épisodes. Et enfin, l’expression du jour.
Donc, le football. Je suis supporter du Paris Saint-Germain depuis des années. Je ne regarde pas tous les matchs, mais une grande partie. Et bientôt, il y a un match de Ligue des champions — le match retour des huitièmes de finale — contre l’équipe de Brest. C’est assez marrant, parce que la Ligue des champions est une compétition européenne qui réunit les meilleurs clubs de chaque pays. Voici comment ça fonctionne : dans chaque pays, il existe un championnat national — la Ligue 1 en France, la Premier League en Angleterre, la Liga en Espagne. Les meilleurs clubs de chaque championnat — les trois ou quatre premiers au classement — se qualifient pour la Ligue des champions de l’année suivante. Et donc, là, on se retrouve avec un huitième de finale entre deux clubs français — Paris et Brest. C’est assez rare que plusieurs clubs français atteignent les huitièmes de finale de la Ligue des champions, alors ça mérite d’être souligné. J’espère évidemment que Paris va s’en sortir gagnant. Et même avant l’ère des grandes stars — Mbappé, Neymar, Messi — j’aimais déjà ce club. Maintenant, ils sont tous les trois partis, et c’est très bien comme ça. Au football, c’est le collectif qui prime, pas les individualités.
Alors, l’expression du jour — je passe du coq à l’âne, ou sans transition comme on dit — c’est « qui fait le malin tombe dans le ravin ». Mais avant, comme d’habitude, un conseil de méthodologie.
J’en ai déjà parlé dans les premiers épisodes, mais c’est tellement important que j’y reviens aujourd’hui — et j’y reviendrai encore. Il faut bien comprendre le rapport entre ce qui entre dans votre tête et ce qui sort de votre tête quand vous apprenez une langue. On appelle ça l’input et l’output.
L’input, ce sont les entrées — tout ce que vous absorbez : lire, regarder des films ou des séries en français, écouter des podcasts, des livres audio, des contes. Chaque jeudi à 18h, je publie d’ailleurs un conte — de Grimm ou de Perrault — sans explication, juste la voix, pour que votre cerveau puisse s’imprégner de la prononciation et du rythme du français. Ça, c’est de l’input.
L’output, ce sont les sorties — tout ce qui vient de vous : parler en français, écrire en français, former des phrases, communiquer. C’est votre cerveau qui produit quelque chose dans la langue cible.
Le ratio optimal, c’est environ 70 à 75% d’input pour 25 à 30% d’output. Autrement dit : écoutez, lisez et regardez massivement avant de vous mettre à parler et à écrire. Faites rentrer un maximum de langue dans votre tête — et la production viendra naturellement.
Personnellement, j’adore les podcasts pour ça. J’écoute énormément de podcasts anglais et japonais — surtout japonais. Dans ma voiture, en promenant les chiens, en me baladant seul en forêt — j’écoute. Je ne me concentre pas à mort, je ne mets pas pause toutes les trente secondes. J’écoute, j’écoute et j’écoute. Et tous les deux ou trois épisodes, je reviens en arrière et je réécoute. Si j’ai compris 100%, pas besoin de réécouter. Si j’ai compris 30 ou 50%, je réécoute — et à chaque écoute, je comprends davantage. Il m’est arrivé d’écouter le même épisode quatre fois de suite jusqu’à saisir l’essentiel de ce que le podcasteur voulait dire.
Je voudrais d’ailleurs remercier trois podcasteurs japonais qui m’ont beaucoup aidé dans mon apprentissage et qui continuent à le faire. Le premier, c’est Nihongo con Teppei — merci beaucoup, Teppei-sensei. Le deuxième, pour ceux qui veulent aussi apprendre un peu de japonais, c’est Bite Size Japanese — no Leila desu, arigatō gozaimasu. Et le troisième, c’est Haruka-san avec The Real Japanese Podcast.
Voilà pour la parenthèse méthodologie. Revenons au français et à l’expression du jour : « qui fait le malin tombe dans le ravin ». J’adore cette expression. C’est une expression un peu de grand-mère — un peu ancienne, un peu désuète — mais elle est très amusante et tout à fait utilisable.
Petite confidence : j’ai créé ces podcasts sur les expressions françaises parce que je trouve que, quand on apprend une langue étrangère, utiliser les expressions idiomatiques de cette langue — celles qui sont ancrées dans sa culture — c’est quelque chose d’extraordinaire. Ça, c’était ma deuxième parenthèse. On revient à l’expression.
« Qui fait » — le mot fait s’écrit F-A-I-T. C’est la troisième personne du singulier du verbe faire. À la première personne, ça serait F-A-I-S : je fais, tu fais, il fait. Le qui ici ne désigne pas une personne précise — il désigne n’importe qui, tout le monde. C’est exactement le même usage que dans l’expression qui vole un œuf vole un bœuf, qu’on a vue dans un épisode précédent. Si j’avais dit c’est moi qui fais le malin, le verbe s’accorderait avec moi — première personne — et s’écrirait F-A-I-S. Ici, qui renvoie à n’importe quelle personne, donc troisième personne : F-A-I-T.
« Le malin » — à l’oral, je ne dis pas qui fait le malin, je dis qui fait l’malin. Et tombe dans le ravin devient tombe dans l’ravin. Écoutez la phrase : qui fait l’malin tombe dans l’ravin — vous entendez la musique, la symétrie entre les deux parties ? Si je disais qui fait le malin tombe dans le ravin en articulant tous les E, la phrase perdrait son rythme. C’est pour ça qu’à l’oral, on élide ces E. À l’écrit, en revanche, on écrit bien le malin, le ravin.
Le malin tout seul peut désigner le diable, un esprit mauvais — on parle d’ailleurs d’un esprit malin. Mais faire le malin, c’est une expression en soi : ça veut dire faire l’intéressant, chercher à se faire remarquer, faire des choses inhabituelles pour attirer l’attention. Un enfant qui pose des questions tout le temps pendant une conversation d’adultes, qui fait des bêtises pour qu’on le regarde — il fait le malin.
« Tombe » — du verbe tomber, c’est-à-dire chuter, se retrouver par terre. On dit je suis tombé, tu es tombé, il est tombé — avec l’auxiliaire être. Ici, on ne tombe pas sur le sol, on tombe dans un ravin.
« Dans le ravin » — dans marque l’intérieur, le contenant. On en a parlé plusieurs fois. Un ravin, c’est le vide au bord d’une route de montagne. Vous imaginez une route qui longe la montagne : si vous roulez trop près du bord ou si vous faites un faux pas en randonnée sur un sentier escarpé, vous tombez dans le ravin — dans le vide, le long de la pente. C’est généralement fatal.
Le sens de l’expression.
Bien sûr, on ne va pas littéralement tomber dans un ravin en faisant le malin — c’est une image. Ça veut dire : il ne faut pas aller trop loin, il ne faut pas trop pousser, sinon on pourrait le regretter. Si vous prenez trop de risques, si vous vous montrez trop imprudent ou trop arrogant, vous pouvez le payer cher.
Exemple : j’ai investi une petite somme dans les crypto-monnaies — très peu, ne vous excitez pas. Mais si on imagine quelqu’un qui gagne 2 000 euros par mois, dépense 500 euros de loyer, 500 euros pour vivre, et décide d’investir les 1 000 euros restants en totalité dans le bitcoin ou l’ethereum — ou pire, dans un shitcoin comme le Trump meme coin, cette bêtise — alors que les crypto-monnaies sont notoirement volatiles et risquées, eh bien cette personne fait le malin. Et si le cours s’effondre, elle perd tout. Voilà ce que ça coûte de faire trop le malin.
L’origine. Cette expression viendrait, semble-t-il, de nos voisins belges — je n’ai pas trouvé d’auteur précis. C’est donc plutôt une expression d’origine belge, même si on l’entend beaucoup en France. Merci à vous, les Belges, du coup !
Synonymes : soyez prudents, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Une autre expression qui dit la même chose et qu’on étudiera peut-être plus tard : « prudence est mère de sûreté ».
En anglais : « if you mess with the bull, you get the horns » — si vous provoquez le taureau, vous prenez les cornes.
On arrive à la fin de ce podcast. J’espère que je n’ai pas parlé trop vite — j’essaie de parler calmement, mais quand je rigole ou que je m’emballe, ça va parfois un peu plus vite. Désolé pour ça. Merci beaucoup de m’avoir écouté et, comme toujours, bye bye, hasta luego, mata ne !
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