« Servir de cheval de Troie » et la prononciation « tr »

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Bonjour à toutes et bonjour à tous, bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. On est aujourd’hui le lundi 3 mars 2025 et je suis très content d’enregistrer cet épisode parce qu’on va parler de mythologie grecque — et ça, j’adore.

La mythologie, c’est l’étude des mythes, des légendes, des anciens dieux. Vous vous souvenez : -logie à la fin d’un mot, c’est l’étude de quelque chose. La mythologie grecque, c’est donc l’étude des légendes de la Grèce antique — les héros, les dieux, les demi-dieux.

C’est aussi l’univers de l’Iliade et de l’Odyssée — deux œuvres attribuées à un auteur qui s’appelle Homère. Ce sont des textes qu’on peut encore lire aujourd’hui avec un immense plaisir. L’Iliade raconte la guerre de Troie ; l’Odyssée, le retour d’Ulysse chez lui après la guerre.

Ce que j’aime dans la mythologie grecque, c’est que toutes ces légendes contiennent une morale — tout comme les fables de La Fontaine. Ces morales sont nées il y a des milliers d’années, et pourtant, elles s’appliquent encore parfaitement aujourd’hui. Ces histoires servaient à expliquer des phénomènes que les hommes de l’époque ne comprenaient pas. La foudre, les éclairs, le tonnerre — aujourd’hui, on sait que c’est une différence de potentiel électrique entre un nuage et la terre qui crée un arc électrique. Mais à l’époque, personne ne comprenait ça. Alors on a décidé que les éclairs, c’étaient l’arme de Zeus — le plus puissant des dieux grecs. Une explication pour l’inexpliqué.

Je vous parlerai de tout cela plus en détail quand je lirai les contes et légendes de la mythologie grecque sur mon Patreon. En ce moment, j’enregistre deux chapitres du Petit Prince par semaine — jusqu’à fin avril environ. Ensuite, je passerai aux contes de la mythologie japonaise — vous savez que j’adore le Japon — puis à la mythologie grecque. Si ça vous intéresse, abonnez-vous à mon Patreon pour soutenir ce podcast.


L’expression du jour, c’est « servir de cheval de Troie ». Évidemment, comme d’habitude, mon introduction est directement liée à l’expression. Le cheval de Troie, c’est une technique, une tactique guerrière utilisée pendant la guerre de Troie. Mais avant d’y arriver, on va travailler la prononciation du groupe de consonnes TR — parce que dans le mot Troie, on retrouve exactement ce son.


L’astuce du jour : la prononciation du TR.

Deux consonnes à maîtriser séparément, puis ensemble.

Le T. Pour le prononcer, collez la langue contre les dents du haut, puis retirez-la rapidement pour laisser sortir l’air d’un coup. T. T. T. Essayez avec moi.

Le R. On en a parlé dans l’un des tout premiers épisodes — être de la gnognotte. Le R français vient du fond de la gorge — comme si on se raclait la gorge, comme si on crachait légèrement. R. R. R. Oui, je sais, ça fait un drôle d’effet. Mais c’est comme ça.

Maintenant, on met les deux ensemble : TR. On commence amplifié, puis on réduit progressivement. TR… tr… tr. Faites-le avec moi.

Ce son TR se retrouve dans de nombreux mots français : trois, triste, un travail, un trajet, trouver, trop — et aussi dans une lettre, où il y a deux T et un R mais le son reste le même. Le R est probablement l’une des lettres les plus difficiles pour les apprenants étrangers — sauf pour les hispanophones, qui ont déjà une lettre similaire en espagnol.


L’expression du jour : « servir de cheval de Troie ».

« Servir de »servir de, c’est être utilisé comme, être employé pour. Au présent de l’indicatif : je sers de, tu sers de, il sert de, nous servons de, vous servez de, ils servent de. Au passé composé : j’ai servi de, tu as servi de, il a servi de, nous avons servi de, vous avez servi de, ils ont servi de.

Exemples d’utilisation : je me sers de cette fourchette pour manger — j’utilise une fourchette afin de manger. On se sert de nos mains pour construire une cabane. L’idée, c’est toujours d’utiliser quelque chose ou quelqu’un comme un outil, comme une aide pour atteindre un objectif.

« Cheval » — on en a déjà parlé dans l’épisode monter sur ses grands chevaux. C’est un animal à quatre pattes sur lequel on monte. On lui pose une selle sur le dos pour s’asseoir, et on lui fixe des fers sous les sabots — on appelle ça des fers à cheval. Le fer à cheval est en France un symbole de porte-bonheur pour les superstitieux. Pourquoi ? D’abord parce que sa forme en croissant de lune rappelait, à l’époque de son invention, la lune — symbole de chance et de fertilité. Ensuite parce que le fer à cheval soulageait les chevaux qui tiraient les charrues — les faire moins souffrir était perçu comme une chance. Bien sûr, c’est une superstition.

Pluriel : un cheval → des chevaux.

« De » — préposition. Ici, c’est le marqueur de possession — comme dans la voiture de Pierre ou le collier de Marc. Le cheval de Troie, c’est le cheval appartenant à Troie, associé à Troie.

« Troie » — nom propre avec une majuscule. C’est une ancienne ville grecque qui, si on devait la situer aujourd’hui, se trouverait entre Istanbul et Izmir — donc en Turquie actuelle, légèrement au sud d’Istanbul. C’est là qu’a eu lieu la guerre de Troie — une guerre longue de plusieurs années entre les Spartiates et les Troyens. Elle a éclaté parce que Pâris, prince de Troie et frère d’Hector, était tombé amoureux d’Hélène — la femme du roi de Sparte, Ménélas — et l’avait enlevée pour vivre avec elle à Troie. On en reparlera en détail quand je lirai les contes de la mythologie grecque.


Le sens de l’expression.

Vous comprenez maintenant d’où vient l’image. Voici l’histoire complète du cheval de Troie.

La guerre entre les Spartiates et les Troyens durait depuis des années et des années sans qu’aucun camp ne l’emporte. Un homme du camp spartiate — Ulysse — eut alors une idée de génie. Les Grecs construisirent un énorme cheval en bois au ventre creux, à l’intérieur duquel se cachèrent tous leurs soldats. Au matin, les Troyens regardèrent dehors — le camp ennemi était vide. Les Spartiates semblaient être partis, avoir abandonné la guerre. Ils avaient seulement, en apparence, oublié cet immense cheval. Les Troyens, croyant à une retraite, firent entrer le cheval dans leur ville. La nuit venue, tous les soldats sortirent du ventre du cheval — et gagnèrent la guerre. Grâce à la ruse d’Ulysse, après dix ans de conflit, Sparte l’emporta.

Servir de cheval de Troie, c’est donc utiliser une ruse pour s’infiltrer quelque part et détruire ou trahir de l’intérieur — avancer masqué, sans se faire découvrir.

Aujourd’hui, le terme cheval de Troie est devenu un nom commun dans le monde informatique : c’est un logiciel espion malveillant qui s’installe discrètement dans un ordinateur pour permettre à des pirates de voler des données. Même principe — s’introduire en secret pour nuire de l’intérieur.

Exemple dans le monde de l’entreprise : un patron envoie un employé dans un service pour espionner discrètement ce qui s’y passe — comme une taupe. Cet employé sert de cheval de Troie pour le patron, qui pourra ensuite agir selon les informations recueillies.

Petite anecdote : Ulysse, c’est un prénom qui revient à la mode en France — c’est d’ailleurs le prénom de mon petit neveu.

L’origine — on en a parlé : la mythologie grecque, la guerre de Troie, la ruse d’Ulysse.

En anglais : « to be a Trojan horse » — exactement la même image.

J’espère que vous avez compris et que cet épisode vous a plu. Si vous avez des questions, envoyez-moi un message sur Patreon, YouTube ou Instagram. Merci beaucoup, à bientôt, bye bye, hasta luego, matane !


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