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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On est le samedi 15 mars, c’est le début du week-end et bientôt le début du printemps en France. Il y a déjà des fleurs qui sont sorties parce qu’il fait assez beau depuis plusieurs jours. Les fleurs sont de sortie, le printemps est de sortie — et avec ça arrivent les allergies, les rhumes des foins, les pollens, etc. Mais ce n’est pas de ça dont je voulais vous parler aujourd’hui. On va étudier l’expression « avoir la frite » — et bien sûr, on va parler de frites.
Les frites.
Les frites, ce sont des pommes de terre coupées en bâtonnets — d’environ 5 à 7 cm de long et moins d’un centimètre de côté. Voici la recette, une petite masterclass.
La cuisson des frites se fait en deux bains. Le premier bain, dans une friteuse, à 160 degrés — ça cuit la pomme de terre à l’intérieur. Vous sortez les frites, vous les égouttez un peu en tapotant le panier pour faire tomber l’huile. Et au moment où vous voulez les servir, vous faites un deuxième bain à 180 degrés — ça les fait dorer et griller à l’extérieur. Deux bains, c’est le secret de belles frites croustillantes.
Les frites ne sont pas une spécialité française — c’est une spécialité belge. Je me suis toujours demandé pourquoi les Américains et les Anglais les appellent French fries — littéralement frites françaises — alors que c’est belge à l’origine. J’ai cherché la réponse. Lors de la Première Guerre mondiale, entre 1914 et 1918, des soldats américains ont découvert les frites dans le sud de la Belgique. Or, dans le sud de la Belgique, on parle français. Ils ont donc appelé ça des French fries. Pas des Belgian fries — dommage pour les Belges. Mais franchement, French fries, ça claque mieux.
Je vous ai déjà parlé du film comique Les Tuche — une famille populaire, un peu beauf, avec peu d’argent mais beaucoup d’amour. Eh bien cette famille adore les frites, et leur slogan c’est : des frites, des frites, des frites, des frites.
L’astuce du jour : les quatre emplois du présent de l’indicatif.
Hier, je vous avais promis qu’on parlerait des emplois du présent aujourd’hui. C’est parti.
Le présent de l’indicatif, c’est un temps de conjugaison. Pour rappel, les verbes français se répartissent en trois groupes, et pour chaque verbe, il y a six personnes : je, tu, il/elle/on, nous, vous, ils/elles. Le présent sert à quatre choses.
Premier emploi : une action en cours. C’est l’usage le plus évident. En ce moment, j’enregistre mon podcast. L’action se déroule au moment où je parle. J’enregistre est le verbe enregistrer conjugué à la première personne du singulier au présent.
Deuxième emploi : une habitude ou un fait général. Une habitude, c’est quelque chose qu’on fait régulièrement. Tous les matins, je me lève, je me lave les dents, je sors mes chiens, je prends mon petit déjeuner, je me douche et je vais travailler. Ce n’est pas ce que je suis en train de faire maintenant — c’est ce que je fais tous les jours. Le présent peut aussi exprimer un fait général, une vérité permanente : la lune tourne autour de la Terre, la Terre tourne autour du soleil, Paris est la capitale de la France.
Troisième emploi : un passé proche. Je sais, c’est un peu paradoxal — mais le présent peut décrire quelque chose qui s’est passé récemment, comme hier. Hier, je lui parle de la lune et il me dit que ça ne l’intéresse pas. La phrase commence par hier, pourtant j’utilise le présent parce que c’est un passé très proche.
Quatrième emploi : un futur proche. De la même façon, le présent peut décrire quelque chose qui va se passer bientôt. Demain, je prends ma voiture à 8h pour aller travailler. C’est demain, pas aujourd’hui, mais j’utilise quand même le présent.
Récapitulatif : action en cours / habitude ou fait général / passé proche / futur proche.
L’expression du jour : « avoir la frite ».
« Avoir » — on en a beaucoup parlé dans les épisodes avoir la banane et avoir un poil dans la main. Je vous invite à les réécouter pour revoir la conjugaison et les différents sens de ce verbe.
« La » — article défini féminin, le féminin de le. Il introduit le nom qui suit. En français, chaque nom est masculin ou féminin — c’est ce qu’on appelle le genre. On dit la frite — c’est féminin. Il n’y a pas de miracle pour apprendre le genre des mots : il faut lire, écouter, parler et regarder des films en français. Au fur et à mesure, ça vient naturellement. Même des personnes qui vivent en France depuis des années se trompent encore parfois. Ne vous inquiétez pas.
« Une frite » — des bâtonnets de pomme de terre frits, comme on en commande chez Burger King ou McDonald’s. Personnellement, j’aime les frites de Burger King avec la sauce au fromage et le bacon. Je crois que ça s’appelle les King Fries. Mais on s’écarte du sujet. Le mot frite désigne aussi, dans un autre contexte, ces longs cylindres en mousse qu’on utilise dans les piscines pour apprendre à nager ou s’amuser — ça flotte et ça s’appelle aussi une frite.
Le sens de l’expression.
Avoir la frite, c’est être en pleine forme, être plein d’énergie, se sentir bien.
Exemples.
Vous arrivez au bureau et vous voyez votre collègue rayonnant, souriant, plein d’entrain. Vous lui dites : « T’as la frite ce matin, toi ! » — autrement dit, tu as l’air en pleine forme.
Certains matins, je me réveille épuisé comme si je n’avais pas dormi. D’autres matins, sans raison apparente, je suis en pleine forme dès le réveil. Ces matins-là, je peux me dire : « Ce matin, j’ai la frite. »
Avoir la frite est une expression un peu vieillie — on ne l’utilise plus beaucoup aujourd’hui — mais c’est bien de la connaître. Ses synonymes sont : avoir la pêche, avoir la banane, avoir la patate — toutes ces expressions veulent dire la même chose : être en forme.
L’origine. Elle remonte au XVIIIe siècle. À l’époque, on disait déjà avoir la patate, qui signifiait avoir une bonne tête bien faite — c’est-à-dire être en forme, avoir les idées claires. Au fil du temps, avoir la patate s’est transformé en avoir la frite. Même idée, même légume à peu de choses près.
En anglais : « to be full of energy » ou « to be on top form ».
Merci beaucoup de m’avoir écouté. Si vous avez des questions ou des remarques, envoyez-moi un message sur Patreon. À bientôt, bye bye, hasta luego, matane !
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