« Avoir le coeur sur la main » et le complément d’objet direct (COD)

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. J’espère que vous allez bien. On est le jeudi 13 mars 2025 et on va parler aujourd’hui de l’expression « avoir le cœur sur la main ». Mais avant ça, comme d’habitude, une petite introduction.

Les Restos du Cœur.

En ce moment, dans les supermarchés en France, il est possible de donner de la nourriture à des personnes dans le besoin. Cette initiative est liée à une association créée dans les années 80 par un humoriste français qui s’appelle Coluche — je vous conseille vivement d’aller regarder ses sketches sur Internet, vous allez être morts de rire. C’est un très grand humoriste français, malheureusement décédé dans un accident de moto. Cette association, il l’a appelée Les Restaurants du Cœur — ou Les Restos du Cœur dans le langage courant.

Chaque année, les Restos du Cœur achètent le plus possible de stocks alimentaires pour les distribuer aux personnes dans le besoin, à ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter suffisamment à manger. En ce moment — ou il y a quelques jours, je ne suis plus certain de la date exacte — dans les supermarchés français, vous pouviez faire vos courses habituelles et, en passant à la caisse, donner en plus quelques produits pour cette association : du riz, des pâtes, de la sauce tomate, des boîtes de conserve, du savon — des aliments avec une longue date de conservation, évidemment. Pas du poisson frais ni de la viande, ça ne se conserve pas.

Quand j’étais petit, on faisait la même chose dans les supermarchés, mais pour des enfants en Afrique — on achetait des produits qu’on remettait à des associations qui envoyaient la nourriture dans des pays africains. Le principe est identique.

Chaque année, les Restos du Cœur organisent aussi un grand concert caritatif : Le Concert des Enfoirés. Toutes les recettes servent à financer les achats alimentaires de l’association. Beaucoup de personnalités connues y participent. Cette année, j’ai vu qu’il y avait mes deux chouchous — les frères Félix et Alexis Lebrun, champions de tennis de table, de ping-pong. Apparemment, ils chantent très mal, donc ils sont montés sur scène mais leur micro était coupé. Ce sont des champions de ping-pong, on ne leur demande pas de chanter. Si vous êtes en France, vous pouvez contribuer aux Restos du Cœur — ça aide vraiment les plus démunis.

L’astuce du jour : le complément d’objet direct (COD).

Comme promis hier, on va parler du complément d’objet direct — que j’appellerai COD pour aller plus vite.

Une phrase française simple a cette structure : sujet + verbe + complément. Le COD, c’est le type de complément le plus courant. Il désigne l’objet de l’action et répond à la question « Qui ? » ou « Quoi ? » posée après le verbe.

Exemples :

Adrien mange du riz. → Adrien mange quoi ? → du rizdu riz est le COD.

J’attends mon ami Vincent. → J’attends qui ? → mon ami Vincentmon ami Vincent est le COD.

Le COD se place en général après le verbe. Mais il peut aussi apparaître avant le verbe, notamment quand on veut insister sur l’objet ou éviter une répétition. En français, on évite de répéter le même mot. Donc si on a déjà mentionné le riz, on ne répète pas riz — on dit Adrien le mange. Ici, le représente le riz et c’est lui le COD.

Dans l’expression du jour : j’ai le cœur sur la main → J’ai quoi ? → le cœur sur la main → c’est le COD.

Demain, on verra le COI — le complément d’objet indirect — qui répond à la question à qui ? ou à quoi ?. Et l’expression de demain sera parler à un mur — on parle à qui ? À un mur. Ça tombe bien.

L’expression du jour : « avoir le cœur sur la main ».

« Avoir » — on en a parlé dans les épisodes avoir la banane (58) et avoir un poil dans la main (59). Conjugaison au présent : j’ai, tu as, il a, nous avons, vous avez, ils ont. Au passé simple : j’eus, tu eus, il eut, nous eûmes, vous eûtes, ils eurent. C’est une forme qu’on rencontre surtout dans les livres et les textes littéraires — rare à l’oral — mais c’est bien de la reconnaître.

Rappel sur l’utilisation du présent : il décrit une action en cours, des faits qui se déroulent au moment où on parle, une habitude, ou encore un passé ou un futur proche. J’en parlerai plus en détail après-demain, avec l’expression avoir la frite.

« Le cœur » — le premier sens qui vient à l’esprit, c’est l’organe du corps humain — celui qui bat et propulse le sang dans tout le corps. Mais le cœur désigne aussi les sentiments d’une personne. Avoir un grand cœur, c’est être très généreux, très bienveillant. Avoir du cœur, c’est pareil — c’est être généreux. Voilà une expression bonus que vous pouvez retenir.

« Sur la main » — la main, c’est le bout du bras, là où se trouvent les cinq doigts : le pouce, l’index, le majeur, l’annulaire et l’auriculaire. On donne avec la main — si quelqu’un vous demande de passer le sel, vous le prenez avec la main et vous le donnez. Tendre la main à quelqu’un qui est tombé, c’est lui proposer de l’aide pour se relever.

L’image de l’expression est donc claire : avoir son cœur — ses sentiments, sa générosité — posé sur sa main ouverte, prêt à le donner. C’est quelqu’un qui donne sans retenue, qui aide naturellement, qui n’attend rien en retour.

Avoir le cœur sur la main, c’est donc être généreux, donner de soi, aider les autres sans compter.

L’origine.

Elle date du XVIIIe siècle. L’image associe le cœur — symbole des sentiments — à la main — symbole du don. Ensemble, ils forment l’idée d’une générosité spontanée et sincère.

Exemples.

Au début du podcast, je vous parlais des Restos du Cœur. Quelqu’un qui achète de la nourriture pour la donner gratuitement à des personnes dans le besoin — on peut dire qu’il a le cœur sur la main.

Votre fils fête son anniversaire à l’école primaire. Vous auriez pu apporter un seul gâteau pour lui. Mais vous décidez d’en préparer pour toute la classe. On peut dire que vous avez le cœur sur la main.

Une citation pour finir. L’écrivain français Henri Jeanson — mort dans les années 60 ou 70 — a dit : « Le cœur sur la main quand il faut, et la main dans la figure quand c’est nécessaire. » La main dans la figure, c’est une claque. Autrement dit : soyez généreux quand il le faut, et ferme quand c’est nécessaire. J’aime beaucoup cette citation.

En anglais : « to be open-handed » ou « to have a good heart ».

Merci beaucoup de m’avoir écouté. Demain, l’expression sera « parler à un mur » et on verra le COI. Sur Patreon, vous pouvez devenir membre gratuitement pour écouter les chapitres du Petit Prince lus par moi. À bientôt, bye bye, hasta luego, matane !


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