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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien en ce début de semaine. On est le lundi 17 mars 2025 et en ce moment, dans le sud-ouest de la France, il fait beau. Le matin, je mange des tartines avec du beurre salé et de la confiture. Je vous parle de confiture aujourd’hui parce que l’expression du jour, c’est « donner de la confiture aux cochons ».
La confiture — et le nutriscore.
La confiture, c’est ce qu’on met sur les tartines le matin au petit déjeuner ou au goûter. Pour la faire, vous prenez des fruits, vous les faites cuire avec du sucre — en général, 1 kilo de fruits pour 1 kilo de sucre — vous ajoutez de la pectine, qui est un agent liant pour que la confiture ne soit pas trop liquide, et vous mettez en pots. Personnellement, j’adore la confiture d’orange — qu’on appelle aussi la marmelade d’orange — ou la confiture d’agrumes en général. C’est magnifique.
Ça m’a fait penser au nutriscore. En France et en Europe, sur la majorité des produits vendus en supermarché, vous trouvez un nutriscore : une lettre de A à E, avec un code couleur. A, c’est vert — très bon. B, jaune. C, orange. D et E, rouge — à éviter. Plus un produit est sucré, gras ou salé, moins son nutriscore est bon.
Exemples : des haricots verts en boîte ou de l’eau → nutriscore A. Des légumes cuisinés avec du sel et de l’huile → B ou C. Des sodas très sucrés → D ou E. La confiture, très sucrée → certainement D ou E. Les gâteaux industriels — quatre-quarts, madeleines, cookies — idem.
Le nutriscore sert à informer le consommateur sur la qualité nutritionnelle d’un produit. Personnellement, je n’achète que des produits notés A, B ou parfois C. Et quand un produit n’affiche pas de nutriscore, je n’achète pas — j’en conclus que la marque a peur de l’afficher parce qu’il serait mauvais. Ça n’engage que moi, évidemment.
L’astuce du jour : le son CH.
Dans l’expression donner de la confiture aux cochons, le mot cochon contient le son CH. Comment le prononcer ?
Mettez la bouche légèrement en avant, arrondie. Les dents du haut et les dents du bas sont rapprochées, mais ne se touchent pas. Faites passer l’air doucement : CH. C’est le même son que dans chut — quand on met le doigt devant la bouche pour demander à quelqu’un de parler moins fort.
On retrouve ce son dans de nombreux mots : le chien, le chat, caché, se coucher, attacher, toucher, cochon. Répétez avec moi. C’est un son que vous maîtriserez vite — on a vu bien plus difficile.
L’expression du jour : « donner de la confiture aux cochons ».
« Donner » — verbe du premier groupe. Ça veut dire remettre quelque chose à quelqu’un, offrir sans rien attendre en retour. Quand je vous dis je vous donne des exemples, ça veut dire que je vous en propose. Si vous attendez quelque chose en échange de ce que vous donnez, ce n’est plus donner — c’est vendre.
« De la » — article partitif. Il introduit quelque chose en quantité indéfinie — on ne sait pas combien. Je mange de la semoule — vous mangez de la semoule, mais on ne sait pas en quelle quantité. Si on avait su, on aurait dit je mange 300 g de semoule. Ici, donner de la confiture, on ne connaît pas la quantité.
« La confiture » — des fruits cuits avec du sucre. En anglais, jam.
« Aux cochons » — aux, A-U-X, c’est le pluriel de au, A-U, qui est lui-même la contraction de à + le. Au singulier masculin : au marché, au centre-ville. Au singulier féminin : à la plage, à la salle de sport. Au pluriel : aux cochons. Le S à cochons — visible sur la transcription Patreon — confirme qu’il y a plusieurs cochons.
La truie, c’est la femelle du cochon. On peut aussi dire la cochonne, mais ce mot a d’autres significations. Restons-en à la truie.
Le cochon, c’est un animal de ferme. On dit souvent tout est bon dans le cochon — on peut tout manger. Sa spécialité la plus connue, c’est le jambon — de la cuisse de cochon. Ici, dans le sud-ouest, c’est le jambon de Bayonne. En Italie, le jambon de Parme ou le jambon d’Aoste. En France, le jambon de Savoie ou le jambon blanc de Paris. Et en Espagne, le pata negra — du jambon issu de cochons noirs nourris exclusivement au gland. C’est pour moi le meilleur jambon qui existe.
Le sens de l’expression.
Imaginez donner de la confiture à un cochon. Qu’est-ce qu’il va en faire ? Rien de particulier — il ne l’appréciera pas. Alors que si vous la donnez à quelqu’un qui aime ça et qui sait la savourer, vous lui faites vraiment plaisir.
Donner de la confiture aux cochons, c’est donc donner quelque chose à quelqu’un qui ne saura pas l’apprécier — gâcher une chose précieuse sur quelqu’un qui n’en a pas la sensibilité.
Exemples.
Vous donnez du jambon pata negra à un jeune enfant. Son palais n’est pas encore assez développé pour en apprécier la finesse — c’est comme donner de la confiture aux cochons. (Oui, je sais, comparer un enfant à un cochon, c’est un peu fort — mais vous avez compris l’idée.)
Meilleur exemple : des amis vous apportent en cadeau une très bonne bouteille de vin. Mais vous ne connaissez rien au vin, vous n’en buvez peut-être même pas. Vous pouvez leur dire : « C’est vraiment adorable, mais me donner cette bouteille, c’est donner de la confiture aux cochons — je n’y connais absolument rien et je ne saurai pas l’apprécier. »
L’origine. Elle vient de la Bible — précisément de l’Évangile de Matthieu. La Bible, c’est le livre sacré des chrétiens, comme la Torah pour les Juifs ou le Coran pour les musulmans. Dans cet évangile, il est dit qu’il ne faut pas donner des perles aux cochons. Le cochon y symbolise la saleté — les hommes sans foi. La perle symbolise la pureté et la parole divine. Jésus dit qu’offrir la parole de Dieu à des personnes sans spiritualité est inutile — elles ne pourront pas l’apprécier. De là vient l’expression. Je sais, expliquer des évangiles dans un podcast pour apprendre le français, c’est un peu particulier. Mais voilà, maintenant vous savez.
En anglais : « to cast pearls before swine » — jeter des perles devant des porcs. La même image que dans la Bible.
Annonce importante : j’ai obtenu de la SACEM — l’organisme français qui gère les droits musicaux — l’autorisation de diffuser de la musique dans ce podcast. Donc, après-demain, vous aurez l’analyse de la chanson de Serge Lama Je suis malade. Je suis très content — je pensais ne pas pouvoir le faire. J’espère que ça vous plaira. Et si vous avez des suggestions de chansons à analyser, envoyez-moi un message — je serai heureux de les étudier avec vous.
Merci beaucoup, à bientôt, bye bye, hasta luego, matane !
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