« J’en mettrais ma main au feu » et le conditionnel

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Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Alors, on est aujourd’hui dimanche, c’est le dimanche 23 mars 2025, donc le troisième mois de l’année. On est dimanche, c’est donc la fin du week-end. J’espère que vous avez passé un bon samedi et surtout une bonne soirée hier soir. Alors aujourd’hui, pas d’introduction parce qu’on va étudier un nouveau mode de conjugaison et c’est pas simple à comprendre.

Donc en français, vous avez différents temps pour conjuguer les verbes et ces temps sont inclus dans différents modes. Alors, je vous explique. En français, on peut conjuguer les verbes à différents temps et ces différents temps sont inclus dans différents modes. Par exemple, le présent de l’indicatif, donc par exemple du verbe être, la première personne, ça va être « je suis ». Eh bien, quand je vous dis le présent de l’indicatif, le présent c’est le temps et l’indicatif c’est le mode. L’imparfait de l’indicatif, donc pour le verbe être, c’est « j’étais » à la première personne. Eh bien, l’imparfait c’est le temps et l’indicatif c’est le mode. À chaque fois, vous avez un temps et un mode.

Généralement, quand je vous conjugue les verbes, j’essaie de les conjuguer aux temps qui sont les plus utilisés en français, souvent le présent, l’imparfait, le passé simple, le futur. Eh bien, tous ces temps, ce sont des temps qui appartiennent à l’indicatif. Aujourd’hui, on va parler d’un autre mode que l’indicatif, on va parler du conditionnel. Pourquoi je parle du conditionnel ? Parce que dans l’expression du jour, « j’en mettrais ma main au feu », on utilise le conditionnel. Alors, je vous explique. Le conditionnel, vous voyez, vous entendez le mot ? Donc conditionnel, il y a le mot condition. Donc, le conditionnel va servir à exprimer quatre choses.

La première chose, c’est donc la condition. Je vous donne des exemples à chaque fois et je vais vous expliquer, ça va être plus simple à comprendre. « Si je pouvais, je mangerais tout le temps ». Dans cette phrase, il y a au début le mot « si » et « si » va introduire une condition. On pourrait dire « Si j’en avais la possibilité, je ne ferais que manger, je mangerais tout le temps ». « Je passerais mon temps à manger » mais évidemment, j’ai un travail, j’ai une famille, j’ai des choses à faire, je ne peux pas faire ça. Mais si je pouvais, je mangerais tout le temps. Ici, c’est donc une condition et donc on emploie le conditionnel.

Je vous donne un autre exemple : « Si j’avais le temps, je ferais des podcasts tout le temps. Si j’avais le temps, je ne ferais que des podcasts ». Évidemment, je ne peux pas faire que ça. Ça me prend déjà pas mal de temps, je ne peux pas en faire plus. Mais si je n’avais pas d’obligations personnelles, familiales, sociales, je ferais des podcasts tout le temps. Ici, il y a une condition dans la phrase. Il y a une chose qui doit exister pour que l’autre chose se réalise. Dans la première phrase, c’est « Si je pouvais, je mangerais tout le temps ». Donc, la première chose qui doit exister, c’est le fait de pouvoir. Et si cette chose existe, eh bien, la deuxième chose — manger tout le temps — peut se réaliser.

Dans l’autre phrase, « Si j’avais le temps, je ferais des podcasts », eh bien, la première condition, la première chose qui doit exister, c’est d’avoir beaucoup de temps, d’avoir du temps libre. Eh bien, si cette condition est réalisée, si j’avais le temps, je ferais des podcasts, je pourrais faire des podcasts. Ça, c’est la condition. C’est le premier emploi du conditionnel.

Le deuxième emploi du conditionnel, c’est pour formuler une hypothèse. Une hypothèse, c’est une supposition. On ne sait pas si ce qu’on dit va avoir lieu. Peut-être que ça aura lieu, peut-être que ça va arriver, ou peut-être pas. On va reprendre les exemples d’avant. Je me dis dans ma tête « Si je pouvais, je mangerais tout le temps ». Mais je vais me répondre dans ma tête « Oui, mais je serais peut-être très gros ». C’est une hypothèse. « Si je mange tout le temps, je serai peut-être très gros ». Je fais l’hypothèse, je fais la supposition, peut-être que je vais beaucoup grossir si je mange tout le temps, ou peut-être pas. Il y a des personnes qui mangent beaucoup et qui ne grossissent pas. On essaie avec l’autre phrase. « Si j’avais le temps, je ferais des podcasts tout le temps ». Je pourrais dire « Oui, mais alors, je n’aurais plus le temps pour rien ». Ça, c’est une hypothèse. Ça va peut-être arriver, mais ce n’est pas sûr. Une hypothèse, c’est ça. On suppose quelque chose qui va arriver ou pas. Ça, c’est le deuxième emploi du conditionnel.

Ensuite, vous pouvez employer le conditionnel pour des formules de politesse. La politesse, c’est quand on fait une phrase qui est polie, où on va demander quelque chose de façon courtoise, d’une belle façon. Je pourrais dire « Pourrais-tu t’asseoir pour manger, s’il te plaît ? ». Là, j’utilise le conditionnel. « Pourriez-vous venir nous voir bientôt ? » J’utilise là aussi le conditionnel. Si je dis « Peux-tu t’asseoir pour manger ? », c’est du présent. C’est moins poli. Mais si je dis « Pourrais-tu t’asseoir pour manger ? », c’est plus poli. On pourrait même dire « Pourriez-vous vous asseoir pour manger ? » Et là, c’est encore plus respectueux, encore plus poli. Donc ça, c’est le troisième emploi du conditionnel, c’est la formule de politesse.

Et le dernier emploi du conditionnel, c’est un souhait, un désir. Vous pouvez, quand vous appelez un restaurant pour dîner, vous réservez une table, vous dites « Allô, bonjour, je suis Monsieur Untel… Serait-il possible de réserver pour dîner ? » Là, vous utilisez le conditionnel. C’est le verbe « être » au conditionnel. Je vais vous le conjuguer juste après. Un autre exemple, vous appelez toujours pour dîner et vous dites « Bonjour, je suis Monsieur Untel, je voudrais réserver pour quatre personnes ». Je voudrais réserver pour quatre personnes. C’est du conditionnel. Vous exprimez le souhait, le désir de réserver. « Voudrais, je voudrais », c’est le conditionnel du verbe « vouloir ». Vous pourriez dire aussi « J’aimerais aller voir ce film au cinéma. Je voudrais aller voir ce film au cinéma ». Si vous dites « Je veux aller voir ce film au cinéma », c’est une exigence. C’est un désir mais très fort, alors que vous pouvez exprimer ce désir de façon moins forte en utilisant le conditionnel. « J’aimerais aller voir ce film au cinéma ». C’est un souhait, c’est un désir de votre part.

Et donc là, on a vu les quatre emplois du conditionnel : exprimer une condition, une hypothèse, une formule de politesse ou un souhait. Je sais que c’est compliqué à comprendre. Je sais que vous n’allez pas tout retenir tout de suite. Évidemment, ça va se faire au fur et à mesure du temps. Mais si vous avez besoin, vous pouvez retrouver la transcription écrite de ce podcast sur Patreon. Et comme je vous disais, je vais vous conjuguer le verbe être au conditionnel. Je vous le fais au conditionnel présent parce que évidemment, le français n’est jamais une langue simple, il y a un conditionnel présent et un conditionnel passé. Alors être au conditionnel présent, c’est « je serais », « tu serais », « il serait », « nous serions », « vous seriez » et « ils seraient ». Et je vous le fais au conditionnel passé pour ceux qui ont un très bon niveau de français : « j’aurais été, tu aurais été, il aurait été, nous aurions été, vous auriez été, ils auraient été ». Je sais que la conjugaison française et la grammaire française ne sont pas simples.

Et maintenant, on étudie l’expression du jour. Alors l’expression du jour, c’est « j’en mettrais ma main au feu ». Ici, comme je vous ai dit, c’est du conditionnel. Alors, la nature des mots, on va décrire et détailler les mots. « J’en », c’est J, E, N. C’est composé de « je » et de « en ». « Je » c’est la première personne du singulier.

Et « en » est invariable, donc ça s’écrira toujours E, N. « En » c’est un pronom personnel qui va en fait prendre la place de la suite de la phrase. Là, vous avez de la conjugaison compliquée et de la grammaire compliquée. Alors, je vous explique. Le « en » ici va remplacer un complément d’objet direct, un COD, dans cette phrase particulièrement. Je vous donne l’exemple. « J’en mettrais ma main au feu » ça se transforme en « je mettrais ma main au feu qu’il se trompe » ou alors « je mettrais ma main au feu qu’il me ment ». Donc, J, E, N, le « en » va remplacer la fin de la phrase. Donc, il va remplacer « qu’il se trompe ». « Je mettrais ma main au feu qu’il se trompe, j’en mettrais ma main au feu ». Si vous dites juste « j’en mettrais ma main au feu », on ne sait pas de quoi vous parlez. Mais si vous dites « je mettrais ma main au feu qu’il se trompe », là, on comprend.

Le troisième mot de l’expression, c’est le verbe « mettre ». Donc, c’est le conditionnel du verbe « mettre ». « Mettre » c’est poser quelque chose quelque part. Ici, on poserait sa main dans le feu. Alors, pourquoi on fait ça ? Je vais vous l’expliquer après.

Mais d’abord, je vous parle d’un deuxième sens du verbe « mettre ». On peut aussi l’utiliser pour un temps qui passe, une durée. Vous dites par exemple « Le matin, je mets une heure en voiture pour aller à mon travail ». Ou « Le matin, je mets 30 minutes en train pour aller travailler ». Et vous, vous mettez combien de temps pour aller travailler ? Vous voyez, ici, j’ai utilisé le verbe « mettre » à chaque fois. Je mets une heure, je mets 30 minutes, vous mettez combien de temps, c’est le verbe « mettre ».

Ensuite, vous avez dans l’expression « j’en mettrais ma main au feu » le mot « ma ». « Ma » c’est un pronom possessif. Hier, on a parlé du mot « sa », qui était aussi un pronom possessif. « Ma », c’est quelque chose m’appartenant. C’est ma main. La mienne, elle m’appartient. On peut dire aussi « ta main » ou « sa main » ou « ses mains », S-E-S, si c’est pluriel.

Ensuite, vous avez le mot « main ». Je pense que la main, vous savez ce que c’est. On en a deux. Là, vous ne me voyez pas, mais je suis en train d’agiter mes doigts, les doigts de la main, les dix doigts des deux mains.

Et ensuite, il ne nous reste plus que deux mots. Dans l’expression « j’en mettrais ma main au feu », le mot « au » qui est la contraction de « à » et de « le ». Ici, ça va introduire un lieu, le feu. Et le feu, c’est quoi ? C’est ce qui a permis aux premiers hommes de survivre et surtout d’évoluer. La découverte du feu, ça a été une découverte majeure dans le destin de l’humanité. Ça me fait penser à Koh-Lanta. Koh-Lanta, c’est une émission télé qui existe dans plusieurs pays du monde où vous avez des personnes qui partent sur une île déserte et qui vont devoir survivre en faisant du feu, en pêchant, en mangeant du manioc. Ils vont construire une cabane et vous avez des épreuves toutes les semaines qui vont faire que les gens vont être éliminés au fur et à mesure afin qu’il n’en reste qu’un. J’aime bien cette émission. J’avais essayé une année de faire le casting, mais je n’ai passé qu’une étape du casting malheureusement. Après, il y a beaucoup de demandes et très peu de personnes qui sont prises. Je crois qu’il y a entre 40 000 et 50 000 demandes par an et ils en prennent une vingtaine. Donc, vous voyez, ce n’est pas beaucoup.

Alors, revenons à notre expression. Maintenant qu’on a vu tous les mots, c’est quoi le sens de l’expression ? « J’en mettrais ma main au feu. En mettre sa main au feu. J’en mettrais ma main au feu. » Ça veut dire que vous êtes sûr et certain de quelque chose. Vous êtes sûr jusqu’au point d’en mettre votre main au feu. Vous êtes totalement sûr et certain.

Je vous donne des exemples. Vous êtes en train de regarder un film policier avec votre ami, votre conjoint ou votre conjointe. Et vous essayez de savoir qui est le tueur. Évidemment, dans les films policiers, on essaie toujours de savoir qui a tué. Eh bien, vous dites à votre ami qui est à côté de vous, « C’est lui le tueur. J’en mettrais ma main au feu. » Ça veut dire que vous êtes sûr et certain que c’est lui le tueur, que c’est lui qui a tué les gens. C’est une certitude.

Je vais vous donner un autre exemple. On va dire que vous jouez aux cartes avec des amis, ou vous jouez à un jeu de société ou à un autre jeu. Et vous dites à un de vos amis, « Je mettrais ma main au feu qu’il a triché. » Ça veut dire que vous pensez qu’une des personnes autour de la table a triché. Vous êtes sûr et certain qu’il a triché. « J’en mettrais ma main au feu. »

Alors elle vient d’où cette expression ? Depuis quand on l’utilise et à quoi elle fait référence ? Cette expression, elle vient du Moyen Âge. À l’époque, pour savoir si une personne était coupable ou non lorsqu’elle était accusée, on la soumettait à des épreuves. Par exemple, on lui brûlait la main avec une barre de fer, on brûlait la main de la personne avec du feu. Si la personne était guérie en trois jours, alors elle était déclarée innocente. Et de là a dérivé l’expression pour devenir aujourd’hui « en mettre sa main au feu ». C’est donc quand on est sûr de quelque chose. Cette expression, vous pouvez l’utiliser dans la vie de tous les jours et vous la verrez beaucoup dans les livres, dans la littérature. Si vous lisez beaucoup en français, vous verrez cette expression même dans les bandes dessinées, dans les mangas, dans les livres pour enfants, vous la trouverez pas mal.

Donc, cette expression en anglais, elle se dit « I would swear to it ». Voilà, c’était un podcast assez dense, assez compliqué. Vous pouvez bien sûr le réécouter si vous voulez mieux comprendre. Je divise toujours mes podcasts en trois parties : l’introduction, l’astuce de français et l’expression du jour. Aujourd’hui, l’introduction est très courte et on a beaucoup parlé du conditionnel. Je vais vous laisser sur ce point. Merci beaucoup de m’avoir écouté. Vous pouvez toujours m’envoyer des questions si vous voulez et je vous dis à demain. Bye bye, hasta luego, matane !


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