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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on se retrouve pour une étude de fable de La Fontaine. Vous en avez l’habitude maintenant, j’imagine. Si vous suivez mon podcast depuis longtemps, tant mieux, et si vous êtes là pour la première fois, bienvenue à vous. On va étudier une fable qui s’appelle « Le Renard et la Cigogne. » Vous pouvez trouver cette fable sur internet en tapant « Le Renard et la Cigogne. » Vous pouvez même sûrement la trouver dans votre langue afin d’avoir la traduction. Mais nous, évidemment, le but, c’est d’apprendre du français, d’écouter du français, et donc on va la faire en français.
Je vais vous lire la fable en entier au début du podcast, donc dans pas longtemps. Ensuite, je vais prendre ligne par ligne, vous expliquer les mots et vous dire à quoi correspond chaque phrase — ce qu’elle veut dire, et par quelle phrase plus simple on pourrait la remplacer. Dans cette fable, il y a 28 lignes, et on va faire ligne 1, ligne 2, ligne 3, etc. Une fois que ce sera fini, je vais vous relire la fable en entier telle qu’elle a été écrite par La Fontaine, et enfin, comme d’habitude, je vous lirai une version plus facile que j’ai écrite moi-même avec des mots plus simples, afin que vous puissiez bien comprendre la fable et bien comprendre la morale. Parce que dans les fables, dans la majorité des cas, il y a une morale — dans « Le Corbeau et le Renard » qu’on a déjà vu, dans « Le Loup et l’Agneau », plus récemment dans « La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion » — il y a toujours une morale.
Donc, maintenant, on commence la fable. Je vous la lis en entier.
Le Renard et la Cigogne, par Jean de La Fontaine.
Compère le Renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la Cigogne. Le régal fut petit et sans beaucoup d’apprêts : Le galant, pour toute besogne, Avait un brouet clair ; il vivait chichement. Ce brouet fut par lui servi sur une assiette. La Cigogne au long bec n’en put attraper miette, Et le drôle eut lapé le tout en un moment. Pour se venger de cette tromperie, À quelque temps de là, la Cigogne le prie. « Volontiers ! lui dit-il ; car avec mes amis Je ne fais point cérémonie. » À l’heure dite, il courut au logis De la Cigogne son hôtesse, Loua très fort sa politesse, Trouva le dîner cuit à point. Bon appétit surtout ; Renards n’en manquent point. Il se réjouissait à l’odeur de la viande Mise en menus morceaux, et qu’il croyait friande. On servit pour l’embarrasser En un vase à long col et d’étroite embouchure. Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer, Mais le museau du Sire était d’autres mesures. Il lui fallut à jeun retourner au logis, Honteux comme un Renard qu’une Poule aurait pris, Serrant la queue, et portant bas l’oreille. Trompeurs, c’est pour vous que j’écris : Attendez-vous à la pareille.
Et avec ça, on a fini de lire la fable de La Fontaine, « Le Renard et la Cigogne. » Alors, qu’est-ce que vous avez compris ? Est-ce que vous l’avez lue sur internet en même temps que je vous la lisais ? Si vous n’avez rien compris, c’est normal. Si vous avez compris un petit peu, bravo ! Et si vous avez tout compris, vous pouvez arrêter le podcast — ça ne sert à rien de continuer. Pour ceux qui n’ont pas tout compris et qui veulent continuer à écouter, on va faire ça ligne par ligne.
Donc, on reprend la fable au début et je vous explique.
Ligne 1 : Compère le Renard se mit un jour en frais. « Compère », on va dire que ça veut dire « un ami. » Dans la ligne suivante, on va voir « commère » — ce sont donc deux amis : un renard et une cigogne. Un renard, c’est un animal de la forêt, orange et blanc, qui se nourrit de poules et de petits animaux. Une cigogne, c’est un grand oiseau blanc avec un long bec. Donc, je vous reprends la première phrase. « Compère le Renard se mit un jour en frais. » « Compère », c’est un ami, je vous l’ai dit. Et « se mettre en frais », c’est dépenser plus d’argent que les jours ordinaires. Ici, le renard prépare le repas pour la cigogne. On pourrait dire : « Ami Renard prépare le repas. »
Ligne 2 : Et retint à dîner commère la Cigogne. On peut imaginer que les deux amis étaient chez le renard, ils discutaient, et le renard propose à la cigogne de rester dîner — il la retient à dîner. « Commère » veut dire aussi « amie » — c’est le féminin de « compère. » Donc, la cigogne va rester manger chez le renard.
Ligne 3 : Le régal fut petit et sans beaucoup d’apprêts. Le « régal », c’est le repas. « Sans beaucoup d’apprêts », on pourrait dire « sans façons » — ça veut dire très simple. En fait, le repas du renard est très simple, pas du tout sophistiqué. Ça va être un petit repas.
Ligne 4 : Le galant, pour toute besogne. Il y a deux mots compliqués ici. « Galant » — ici, on parle du renard. Le galant, c’est quelqu’un qui va flatter la personne à qui il parle, qui va mettre en avant les qualités de son interlocuteur. Je vous conseille d’écouter mon podcast sur « Le Corbeau et le Renard » — dans cette fable, le renard va, grâce à ses talents de beau parleur, récupérer un fromage en flattant le corbeau. C’est ça, faire le galant. Donc, on revient à la fable. Je vous relis la ligne : « le galant, pour toute besogne. » « Besogne », c’est du travail. Mais la phrase n’est pas finie — il manque le verbe, qui arrive dans la ligne suivante.
Ligne 5 : Avait un brouet clair ; il vivait chichement. Un « brouet », c’est un bouillon. Et le bouillon, ce n’est pas de la soupe — c’est encore plus clair que la soupe. C’est de l’eau dans laquelle on a fait cuire quelques légumes, quelques os, quelques bouts de viande, puis on a tout retiré. En fait, c’est de l’eau qui a un goût de légumes ou de viande. « Un brouet clair », c’est donc le repas du renard — simplement un bouillon. « Il vivait chichement » — chichement, ça veut dire pauvrement. Donc, le renard avait juste préparé un mauvais bouillon, un bouillon fade, car il vivait pauvrement.
Ligne 6 : Ce brouet fut par lui servi sur une assiette. Le renard sert son bouillon dans une assiette — il mange dans une assiette, donc il en donne aussi une à son amie la cigogne.
Ligne 7 : La Cigogne au long bec n’en put attraper miette. La cigogne, c’est un oiseau avec un bec très long. Et dans cette assiette, elle n’a rien pu attraper — d’abord parce que c’est du liquide, difficile à attraper avec un bec, et surtout parce qu’une assiette plate n’est pas du tout pratique pour elle. La cigogne ne mangea pas.
Ligne 8 : Et le drôle eut lapé le tout en un moment. « Le drôle », ici, c’est le renard — le personnage un peu roublard. Et le verbe « laper », ça veut dire lécher. Donc, le renard a lapé entièrement son assiette, car pour lui, l’assiette plate, c’est parfait. La cigogne n’a rien pu manger et le renard a bu tout son bouillon.
Ligne 9 : Pour se venger de cette tromperie. Se venger, ça veut dire prendre sa revanche. Quelqu’un vous a fait un mauvais tour, vous a joué un sale tour — eh bien, en retour, vous allez lui faire la même chose. La vengeance, c’est ça. Et la « tromperie » dans cette phrase, c’est le fait que le renard ait servi une assiette à la cigogne en sachant très bien que son amie ne pourrait pas manger. Il a fait semblant de lui offrir le repas.
Ligne 10 : À quelque temps de là, la Cigogne le prie. La cigogne va se venger du renard. Quelques jours plus tard, c’est à son tour d’inviter le renard chez elle.
Ligne 11 : « Volontiers ! lui dit-il. « Volontiers », ça veut dire « avec plaisir, avec joie. » Le renard accepte l’invitation de la cigogne.
Ligne 12 : Car avec mes amis, je ne fais point cérémonie. Ça veut dire : « avec mes amis, je ne fais pas de façons, je me laisse inviter facilement. » Il accepte donc l’invitation.
Ligne 13 : À l’heure dite, il courut au logis. « À l’heure dite », c’est à l’heure du rendez-vous — si le renard avait rendez-vous à 20h chez la cigogne, eh bien à 20h pile, il était là. Il avait très envie d’aller manger, car La Fontaine utilise ici le verbe « courir » — le renard est pressé.
Ligne 14 : De la Cigogne son hôtesse. On reprend la fin de la ligne 13 — il court au logis, c’est-à-dire à la maison, de la cigogne, son hôtesse.
Ligne 15 : Loua très fort sa politesse. C’est une formule qu’on n’emploie plus aujourd’hui, mais ça veut dire « remercia chaleureusement. » Ici, le renard remercie la cigogne.
Ligne 16 : Trouva le dîner cuit à point. Le renard pense que le dîner est prêt — peut-être parce qu’il y a une bonne odeur, parce qu’il voit le repas dans la casserole. En tout cas, il arrive au bon moment.
Ligne 17 : Bon appétit surtout ; Renards n’en manquent point. L’auteur nous explique que les renards ont toujours très faim. C’est donc très bien pour lui qu’il soit arrivé à l’heure du repas.
Ligne 18 : Il se réjouissait à l’odeur de la viande. Le renard est content de sentir l’odeur de la viande. Il devait avoir l’eau à la bouche, la salive qui commence à sortir des babines.
Ligne 19 : Mise en menus morceaux, et qu’il croyait friande. La viande est en petits morceaux — bien cuisinée. « Qu’il croyait friande » veut dire qu’il la pensait appétissante, qu’il la trouvait très bonne à l’air.
Ligne 20 : On servit pour l’embarrasser. « On servit », c’est la cigogne qui sert. Elle sert son ami, mais elle va l’embarrasser — elle va le servir dans un plat qui va être impossible pour lui.
Ligne 21 : En un vase à long col et d’étroite embouchure. Un vase, d’habitude, c’est ce dans quoi on met les fleurs — quelque chose d’allongé, avec un trou étroit en haut. La viande est au fond du vase. La cigogne peut manger — elle plonge son long bec et attrape la viande. Mais le renard, lui, ne peut pas. C’est ce qu’on va voir dans les deux lignes suivantes.
Ligne 22 : Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer. Le bec de la cigogne entre facilement dans le vase.
Ligne 23 : Mais le museau du Sire était d’autres mesures. « Le Sire », ici, c’est le renard — un titre un peu noble, un peu ironique. Et le « museau », c’est la gueule, la bouche. La bouche du renard est bien trop large pour entrer dans le vase. Il a la viande tout près de lui, mais il ne peut pas l’attraper.
Ligne 24 : Il lui fallut à jeun retourner au logis. « À jeun », c’est sans avoir mangé. Le renard rentra donc chez lui le ventre vide.
Ligne 25 : Honteux comme un Renard qu’une Poule aurait pris. Le renard est rentré chez lui honteux — comme si c’était une poule qui l’avait attrapé, alors que d’habitude, c’est lui qui attrape les poules.
Ligne 26 : Serrant la queue, et portant bas l’oreille. Vous avez déjà vu un chien rentrer la queue entre les jambes, les oreilles basses, quand il a fait une bêtise ou qu’il a honte. Eh bien, le renard, c’est pareil.
Plus que deux lignes, on y arrive !
Lignes 27 et 28 — la morale. L’histoire est finie, le renard est rentré chez lui honteux et sans avoir mangé. Ces deux dernières lignes sont la morale de l’histoire.
Trompeurs, c’est pour vous que j’écris : Attendez-vous à la pareille.
« Trompeurs », ce sont les gens qui trompent, qui font du mal aux autres. La Fontaine dit ici que les personnes qui font du mal autour d’elles, qui trompent et arnaquent les gens, eh bien, un jour, ça se retournera contre elles. On dit aussi — comme l’expression qu’on a vue hier — « tel est pris qui croyait prendre. » Les gens qui font du mal finiront par subir ce même mal.
Et maintenant qu’on a fini d’étudier cette fable, je vais vous la relire en entier. Je vais la lire à vitesse normale — un tout petit peu plus vite qu’au début, maintenant qu’on l’a étudiée, comme si je la récitais devant des Français. C’est parti !
Le Renard et la Cigogne, par Jean de La Fontaine.
Compère le Renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la Cigogne. Le régal fut petit et sans beaucoup d’apprêts : Le galant, pour toute besogne, Avait un brouet clair ; il vivait chichement. Ce brouet fut par lui servi sur une assiette. La Cigogne au long bec n’en put attraper miette, Et le drôle eut lapé le tout en un moment. Pour se venger de cette tromperie, À quelque temps de là, la Cigogne le prie. « Volontiers ! lui dit-il ; car avec mes amis Je ne fais point cérémonie. » À l’heure dite, il courut au logis De la Cigogne son hôtesse, Loua très fort sa politesse, Trouva le dîner cuit à point. Bon appétit surtout ; Renards n’en manquent point. Il se réjouissait à l’odeur de la viande Mise en menus morceaux, et qu’il croyait friande. On servit pour l’embarrasser En un vase à long col et d’étroite embouchure. Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer, Mais le museau du Sire était d’autres mesures. Il lui fallut à jeun retourner au logis, Honteux comme un Renard qu’une Poule aurait pris, Serrant la queue, et portant bas l’oreille. Trompeurs, c’est pour vous que j’écris : Attendez-vous à la pareille.
Et maintenant, je vais vous lire ma version simplifiée de la fable — plus facile à comprendre, réécrite avec des mots plus simples.
Le Renard et la Cigogne — version simplifiée
Ami Renard prépara le repas et mangea avec son amie la Cigogne. Le dîner fut petit et simple. Le renard avait juste préparé un bouillon. Ce bouillon fut servi par le renard dans une assiette. La cigogne au long bec ne put rien manger, alors que le renard lapa entièrement son assiette. Pour se venger, quelques jours plus tard, la cigogne l’invita chez elle. « Avec plaisir, dit le renard, car avec mes amis, je ne fais pas de façons. » À l’heure du rendez-vous, il courut à la maison de son amie la Cigogne. Il la remercia beaucoup et trouva le repas prêt. Les renards ont toujours très faim — il était content de sentir l’odeur de la viande bien cuisinée, qu’il trouvait appétissante. La cigogne servit la viande dans un grand vase à long col pour l’embêter. Le bec de la cigogne y passait facilement, mais la gueule du renard ne pouvait pas y entrer. Il rentra chez lui sans avoir mangé, honteux comme si une poule l’avait attrapé, la queue entre les jambes et les oreilles basses. Trompeurs, j’écris cela pour vous. Attendez-vous à ce qu’on vous fasse la même chose.
Et avec ça, on a fini l’étude de la fable « Le Renard et la Cigogne. » Je vais vous laisser là. Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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