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Bonjour à toutes, bonjour à tous. On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle analyse des paroles d’une chanson, et aujourd’hui on va étudier une chanson d’Édith Piaf qui s’appelle « L’Hymne à l’Amour ». Alors, cette chanson est sortie en 1950. Les paroles ont été écrites par Édith Piaf et la musique a été composée par Marguerite Monnot. La version que l’on va écouter aujourd’hui, que l’on va analyser aujourd’hui, j’ai pris la version de Céline Dion en live aux derniers Jeux Olympiques. Elle a chanté cette chanson en étant debout sur un étage de la tour Eiffel et j’ai trouvé ça sympa de prendre cette version-là plutôt que la version originale d’Édith Piaf où l’enregistrement est un peu vieux. Donc, on va écouter en entier Céline Dion qui chante L’Hymne à l’Amour et après, on va faire phrase par phrase, je pense, l’analyse de cette chanson. Allez, à toi Céline.
[Extrait musical]
Qui s’aime… très très beau, pardon au Canadien, pardon au Québécois, excusez-moi bien ! En tout cas, magnifique chanson, merci beaucoup. C’est incroyable d’avoir été là à Paris pour la chanter. On va maintenant la décortiquer et l’analyser phrase par phrase. Donc, dans cette chanson, il n’y a pas vraiment comme dans les autres chansons un couplet, puis un refrain, puis un autre couplet et le même refrain. Donc on va analyser tout simplement phrase par phrase, morceau par morceau.
Première phrase : « Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer ». Le ciel, c’est ce qu’il y a en l’air. Il y a la terre, c’est ce sur quoi on marche, et le ciel, c’est dans les airs. Donc « le ciel bleu sur nous peut s’effondrer ». Ici, c’est une possibilité. La chanson commence par la possibilité que le ciel tombe sur nous. C’est une image, ça veut dire que le monde va s’écrouler, que le monde ne va plus exister. Je reprends la phrase : « Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer ». S’effondrer, ça veut dire tomber violemment, tomber fortement. Donc ici, la chanson commence par « Le ciel peut tomber sur nous », le monde peut être détruit.
Donc ici, la phrase commence par « et ». Ça va être lié à la phrase d’avant. Je reprends la phrase d’avant : « Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer et la terre peut bien s’écrouler. » S’écrouler, ça veut dire aussi tomber, s’affaisser. La terre, c’est ce qu’il y a sous nos pieds. Donc là, en fait, la phrase entière dit : « Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer et la terre peut bien s’écrouler. » Donc si le ciel s’effondrait et si la terre s’écroulait, on va avoir quelque chose après qui va compléter la phrase, qui va nous dire : même si le monde s’écroulait, même si le monde explosait, qu’est-ce qu’il se passe ? Et ça, on va le voir maintenant.
Donc la ligne commence par « Peu m’importe ». Les deux phrases d’avant, les deux lignes d’avant, on a compris : si le ciel s’effondre et si la terre tombe, moi peu m’importe, ça veut dire ça ne me fait rien, ça m’est égal. Et ensuite, Édith Piaf dit « si tu m’aimes ». Donc en fait, si tu m’aimes — elle parle à l’être aimé, à l’être qu’elle aime — si tu m’aimes, tout autour de nous peut exploser, le ciel peut tomber, la terre peut s’écrouler, moi ça ne me fait rien. D’ailleurs, on vient de l’entendre, Céline chante ensuite « Je me fous du monde entier. » Donc le ciel peut tomber, la terre peut s’écrouler, à partir du moment où tu m’aimes, toutes les autres personnes me sont égales. Je me fous des autres, je me fiche de ce qu’ils pensent. « Je me fous », c’est un langage un peu familier pour dire que le monde n’a pas d’importance pour moi à partir du moment où tu m’aimes. Évidemment, c’est Édith Piaf qui parle. Elle dit que si l’être aimé l’aime aussi, alors tout le reste n’a pas d’importance.
On continue la chanson. Ici la phrase c’est « Tant que l’amour inondera mes matins ». Alors, ici il y a une lettre qui a été oubliée, qui a été enlevée exprès, c’est le « e » de « l’amour ». En fait c’est « tant que l’amour inondera mes matins ». « Tant que » c’est en fait « à partir du moment où ». Donc on pourrait dire « à partir du moment où l’amour inonde mes matins ». « Inonder », c’est remplir d’eau. Une inondation généralement, c’est un désastre, c’est une catastrophe, c’est l’eau qui monte partout. Mais ici, c’est une inondation d’amour. Donc, c’est beaucoup, beaucoup d’amour qui existe le matin. À partir du moment où mes matins sont remplis d’amour, voilà c’est ça la phrase. « Tant que l’amour inondera mes matins », ça veut dire « à partir du moment où l’amour est partout le matin ».
La phrase ici, c’est « Tant que mon corps frémira sous tes mains ». Donc la même chose, on a enlevé une lettre à un mot pour que la musique soit plus agréable. En fait, c’est « tant que mon corps frémira sous tes mains ». « Tant que », on a vu, c’est « à partir du moment où ». Donc « à partir du moment où mon corps frémit sous tes mains ». Frémir, c’est… comment vous dire ? On parle souvent de l’eau qui frémit. Quand vous mettez de l’eau à chauffer, vous avez des petites bulles qui vont se former. Ça, c’est frémir. Donc, un corps qui frémit, c’est un corps qui tremble doucement, comme l’eau qui va commencer à bouillir. Donc, frémir sous les mains de quelqu’un, on comprend que c’est pendant leurs ébats, pendant leurs caresses, que le corps d’Édith Piaf frissonnait. Le corps d’Édith Piaf frémissait, le corps d’Édith Piaf commençait à avoir du plaisir. Donc je reprends les deux dernières lignes : « Tant que l’amour inondera mes matins, tant que mon corps frémira sous tes mains. » Ça veut dire : à partir du moment où l’amour est présent le matin, à partir du moment où mon corps prend du plaisir sous tes mains. Donc là, il va y avoir une suite puisque ces deux phrases sont en fait des conditions.
On écoute. On a entendu ici Céline dire « Peu m’importent les problèmes, mon amour, puisque tu m’aimes. » Donc les deux phrases d’avant qui disaient « à partir du moment où l’amour est présent, à partir du moment où mon corps prend du plaisir avec toi, les problèmes m’importent peu, mon amour, puisque tu m’aimes. » On retrouve là la formule du début où Édith Piaf disait « Peu m’importe si tu m’aimes ». En fait, au début, c’étaient les problèmes qui avaient peu d’importance tant qu’elle avait l’amour de son âme sœur, l’amour de l’être aimé. Ici c’est : à partir du moment où je suis aimée, à partir du moment où tu m’aimes, peu m’importent les problèmes. Et à la suite, « mon amour, puisque tu m’aimes. » Donc on comprend que, dans cette première partie de la chanson, c’est évidemment une chanson d’amour. C’est une déclaration d’amour en disant à la personne aimée : si j’ai ton amour, tout peut m’arriver, mais rien n’aura d’importance.
On continue la chanson. « J’irai jusqu’au bout du monde, je me ferai teindre en blonde si tu me le demandes. » Ici, on a une inversion des phrases. En fait, il faudrait mettre la troisième ligne au début. Donc je vais vous la relire avec la troisième ligne au début : « Si tu me le demandais, j’irai jusqu’au bout du monde, je me ferai teindre en blonde. » Donc si la personne aimée par Édith Piaf lui demandait — c’est une condition — si elle lui demandait, eh bien elle dit qu’elle irait jusqu’au bout du monde. En fait qu’elle ferait tout pour cette personne, qu’elle irait même jusqu’à se faire teindre en blonde. Teindre, c’est changer la couleur de ses cheveux et Édith Piaf était brune. Donc elle aurait pu se faire teindre en blonde. Aujourd’hui, c’est assez banal, mais à l’époque changer de couleur de cheveux était assez rare. Ce n’est pas une grande marque d’amour, mais ça voulait dire qu’elle pouvait faire quelque chose d’insensé, quelque chose de fou pour l’être aimé.
On continue la chanson. À toi Céline. Donc ici, même tournure de phrase : « J’irai décrocher la lune, j’irai voler la fortune si tu me le demandais. » Décrocher la lune, la lune c’est dans le ciel, on ne peut pas la décrocher. Mais par amour, elle pourrait aller jusqu’à décrocher la lune, jusqu’à voler la fortune. Encore des preuves d’amour pour l’être qu’elle aime. Si cette personne lui demande des choses, elle fera tout ce qu’elle peut pour cet amour.
Et la suite, c’est la même chose. On va écouter. « Je renierai ma patrie, je renierai mes amis si tu me le demandes. » Renier quelque chose, c’est tourner le dos à cette chose. Ça veut dire qu’elle pourrait aller jusqu’à ne plus être française, tourner le dos à sa patrie. La patrie, c’est le pays. Donc « Je renierai ma patrie », ça veut dire « je ne serai même plus française ». « Je renierai mes amis », ça veut dire « je jetterai mes amis, je ne parlerai plus à mes amis ». « Si tu me le demandais. » Encore des preuves d’un amour extrême, d’un amour absolu envers cette personne.
On écoute la suite. Là, Céline chante « On peut bien rire de moi, je ferai n’importe quoi si tu me le demandes. » « On peut bien rire de moi » — rire de quelqu’un, ça veut dire se moquer de quelqu’un. Donc là elle dit : on peut se moquer de moi, je ferai n’importe quoi. Ici, ça confirme l’idée d’un amour extrême, d’un amour absolu. Et encore une fois, « si tu me le demandais. » Donc si la personne demande des choses à Édith Piaf, elle aurait pu tout faire par amour.
La suite de la chanson. Là, on repasse dans les conditions. « Si un jour la vie t’arrache à moi », ça veut dire si la vie t’emporte, ou plutôt si la mort t’emporte. En fait ça veut dire si tu meurs. Mais l’auteur, donc Édith Piaf, a employé le mot « arracher » parce qu’arracher ça veut dire vraiment extirper quelque chose, comme on arrache une dent. C’est très difficile d’arracher quelque chose. Donc ça voudrait dire que la vie arrache l’être aimé à Édith Piaf. Je vous reprends la chanson : « Si un jour la vie t’arrache à moi », si tu meurs donc — là on confirme — « que tu sois loin de moi ». Donc ce sont deux conditions. En gros : si nous sommes séparés, si tu meurs un jour.
Et la suite… Donc là, même formule qu’au début : « Peu m’importe si tu m’aimes, car moi je mourrai aussi. » Donc en fait, Édith Piaf dit : si un jour tu venais à mourir — elle s’adresse à la personne qu’elle aime — alors j’en mourrai aussi. Je mourrai de ne plus être avec toi.
On continue. « Nous aurons pour nous l’éternité dans le bleu de toute l’immensité. » Donc on a vu avant, elle a dit : si tu meurs, alors moi je mourrai aussi. Nous aurons pour nous l’éternité. Là, c’est un futur. C’est le futur du verbe avoir : « nous aurons ». C’est une hypothèse. Si on meurt tous les deux, alors nous aurons pour nous l’éternité. L’éternité, c’est un temps infini, ça ne se termine pas. « Dans le bleu de toute l’immensité » — le bleu, c’est en fait le ciel. Donc nous serons au ciel et nous aurons pour nous l’éternité.
Allez, on continue la chanson. « Dans le ciel, plus de problèmes, mon amour, crois-tu qu’on s’aime ? » Dans le ciel, plus de problèmes. Donc là, ça continue ce qu’on a dit avant. Les deux personnes qui s’aiment sont mortes et à ce moment-là, elles seront dans le ciel, elles auront l’éternité et il n’y aura plus les problèmes de la vie. « Mon amour, crois-tu qu’on s’aime ? » Donc elle lui demande : est-ce que tu crois que je t’aime et est-ce que tu m’aimes ? Crois-tu que c’est ça l’amour ? C’est tout ce dont on vient de parler. Pour Édith Piaf, c’est ça l’amour : pouvoir tout faire pour l’autre.
Et la dernière phrase de la chanson : « Dieu réunit ceux qui s’aiment. » Donc Dieu réunit les personnes qui s’aiment.
Voilà, on a fini la chanson. J’espère que ça vous a plu, que vous avez un peu compris. Donc cette chanson parle évidemment d’un amour inconditionnel, d’un amour infini entre Édith Piaf et la personne qu’elle aime. Tous les problèmes peuvent leur arriver, mais s’ils s’aiment, tout ira bien. Tant qu’ils s’aimeront, ils pourront avoir tous les problèmes, tout ira bien. Elle pourra tout faire par amour, elle pourra aller jusqu’au bout du monde, etc., par amour.
On arrive au bout. J’espère que ça vous a plu. Si vous avez des propositions de chansons, vous pouvez m’envoyer un message sur Patreon. S’il y a des chansons que vous aimez, que vous voudriez entendre dans ce podcast, envoyez-moi un message. Merci beaucoup. À bientôt. Bye bye. Hasta luego. Matane. Bye.
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