« Parler à un mur » et le complément d’objet indirect (COI)

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Le podcast sort le vendredi 14 mars et dans la nuit d’hier à aujourd’hui, on a pu observer ce qu’on appelle une lune de sang. La lune — the moon en anglais — c’est le satellite naturel de la Terre. La lune de sang, c’est une lune qui apparaît entièrement rouge, entre orange et rouge. Est-ce que vous avez déjà vu ça dans votre pays ? Savez-vous à quoi ça correspond ?

En fait, la lune rouge ou lune de sang, c’est une éclipse totale de lune. Voici comment ça fonctionne : vous savez que la Terre tourne autour du soleil, et la lune tourne autour de la Terre. Lors d’une éclipse totale de lune, le soleil, la Terre et la lune sont alignés dans cet ordre — la Terre se trouve entre le soleil et la lune. La lumière du soleil est donc bloquée par la Terre et n’atteint plus la lune directement. On pourrait croire qu’on ne verrait plus la lune du tout — mais une partie de la lumière solaire passe quand même à travers l’atmosphère terrestre et se projette sur la lune, déformée par cette atmosphère. C’est ce qui lui donne cette couleur orange à rouge caractéristique.

À ne pas confondre avec l’éclipse de soleil : là, c’est la lune qui se place entre le soleil et la Terre, cachant le soleil à notre vue.

Cette nuit, la lune de sang était surtout visible en Bretagne et sur la côte atlantique — là où je suis, dans le Sud-Ouest — mais elle était encore mieux visible aux États-Unis et en Amérique du Sud. Évidemment, selon l’endroit où l’on se trouve sur le globe — Paris, New York ou Tokyo — l’exposition n’est pas la même. Pour ceux qui ne pouvaient pas l’observer directement, un télescope en ligne permettait de suivre l’événement en direct. Un télescope, c’est l’appareil utilisé pour observer les étoiles. Il en existe de petits pour un usage domestique, et de gigantesques instruments professionnels construits par des États. L’étude des astres s’appelle l’astronomie.


L’astuce du jour : le complément d’objet indirect (COI).

Comme promis hier — chose promise, chose due — on va étudier le complément d’objet indirect, ou COI. Si vous n’avez pas écouté l’épisode d’hier sur le COD, je vous invite à le faire d’abord.

Le COI est un complément du verbe, comme le COD. Mais contrairement au COD, il subit l’action de façon indirecte — il est introduit par une préposition : à, de, dans, par, sur, etc. Pour identifier un COI, on pose les questions à qui ? à quoi ? de qui ? de quoi ? — et parfois pour qui ?, contre qui ?, etc.

Exemples :

Je parle à Adrien. → Je parle à qui ? → à Adrien → COI.

Cette voiture est à moi. → Cette voiture est à qui ? → à moi → COI.

Le COI se place en général après le verbe. Mais quand on le remplace par un pronom, il peut passer avant. Exemple : Tu as parlé à Adrien ?Oui, je lui ai parlé. Ici, lui remplace à Adrien et se place avant le verbe — c’est toujours le COI.

Demain, on parlera des différents emplois du présent de l’indicatif, avec l’expression avoir la frite.


L’expression du jour : « parler à un mur ».

« Parler » — verbe du premier groupe, terminaison en -er. Parler, c’est exprimer un langage avec sa bouche. En ce moment, je parle français. Mais on peut aussi parler sans utiliser la bouche — les personnes sourdes ou muettes utilisent la langue des signes, avec les mains. Une personne muette ne peut pas parler. Une personne sourde n’entend pas.

Petit point vocabulaire sur les cinq sens :

  • Aveugle : ne voit pas.
  • Sourd : n’entend pas.
  • Muet : ne peut pas parler.
  • Perte de l’odorat : anosmie.
  • Perte du goût : agueusie — j’ai perdu le goût deux fois en ayant le Covid, les aliments n’avaient plus aucune saveur.

On peut aussi utiliser parler dans une expression familière pour exprimer le doute ou l’ironie : « tu parles ! » J’ai trouvé une citation parfaite de Patrick Sébastien — humoriste et présentateur télévisé français, connu pour ses chansons légères et ses sketches populaires. La voici : « James Bond 007, tu parles d’un agent secret — tout le monde le connaît ! » Autrement dit : comment peut-il être un vrai agent secret si tout le monde sait qui il est ? Tu parles d’un agent secret exprime ici le doute, presque la moquerie.

« À » — préposition avec accent grave, à ne pas confondre avec a sans accent (verbe avoir conjugué). Ce à introduit ici un complément — comme on vient de le voir avec le COI. Il peut introduire un lieu (j’habite à Versailles), un temps (je serai là à 10 heures), ou un complément d’action.

« Un mur » — on en a déjà parlé dans l’épisode les murs ont des oreilles (épisode 36). Un mur, c’est une construction verticale — c’est-à-dire qui va de bas en haut, à la différence de l’horizontal qui est à plat. Quand vous êtes debout, vous êtes à la verticale ; allongé, à l’horizontale. Un mur peut être en pierre, en brique, en bois, en béton ou en parpaing. Il sert à délimiter un espace — dans une maison, dans un jardin. Un petit mur de jardin s’appelle un muret.


Le sens de l’expression.

Parler à un mur, c’est parler à quelqu’un qui n’écoute pas, qui ne réagit pas, qui ne répond pas — comme si on s’adressait à un mur. Un mur n’a pas de bouche, pas de cerveau — il ne répond jamais. Ça peut aussi désigner une situation où vous avez répété plusieurs fois la même chose à quelqu’un, et cette personne recommence les mêmes erreurs ou ne fait pas ce qu’on lui demande.

Exemples.

Dans une dispute de couple, il arrive souvent que l’un des deux — souvent l’homme — décide de couper la communication et ne réponde plus. La femme pourra alors dire, exaspérée : « J’ai vraiment l’impression de parler à un mur. »

Votre fils de 13 ans est dans sa chambre, chamboulée depuis des jours. Vous lui avez demandé de ranger une fois, deux fois, trois fois — rien ne se passe. À un moment, vous perdez patience et vous lui dites : « Oh, t’as pas l’impression que je te parle ? T’es pas un mur à ce que je sache ? » Autrement dit : tu n’es pas un mur, donc réponds-moi et agis. Vous comparez votre adolescent à un mur parce qu’il n’écoute pas et n’en fait qu’à sa tête.

Parler à un mur : parler dans le vide, ne pas être écouté, ne pas être entendu.

En anglais : « to be talking to a brick wall » — parler à un mur en brique. Exactement la même image.


Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt, bye bye, hasta luego, matane !


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