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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. J’ai créé ce podcast basé sur les expressions françaises pour toutes les personnes qui souhaitent apprendre le français. Ces expressions peuvent être utilisées en toutes circonstances — et c’est ça qui fait leur intérêt.
Aujourd’hui, on va commencer une série de quatre podcasts un peu particuliers. Les deux expressions dont je vais vous parler aujourd’hui et demain sont extraites d’une fable de La Fontaine qu’on étudiera après-demain et dans trois jours. Pourquoi en deux fois ? Parce que cette fable est assez longue et les mots assez compliqués. Plutôt que de faire un seul podcast de 45 minutes, je préfère deux épisodes de 20-25 minutes — ce sera plus facile à suivre.
Aujourd’hui, on étudie l’expression « Adieu veau, vache, cochon, couvée ! » Demain, on verra « Être Gros-Jean comme devant. » Je me marre un peu, parce que ce sont des expressions qui existent bel et bien, mais je crois que je les ai entendues deux ou trois fois en 40 ans de vie. Donc, si vous les placez dans une conversation en tant qu’étranger apprenant le français, ça va faire son effet. Ces deux expressions sont tirées d’une fable de La Fontaine qui s’appelle « La Laitière et le Pot au lait. » Quand on verra la fable dans deux et trois jours, vous connaîtrez déjà les expressions. Mais commençons par le commencement.
J’ai même oublié de dire la date ! Aujourd’hui, on est le mercredi 30 avril 2025. Et je ne parle pas du match d’hier — vous savez pourquoi.
En guise d’introduction, je vais vous parler un peu d’agriculture et d’élevage en France. Ensuite, on fera du vocabulaire sur les animaux de la ferme — le veau, la vache, le cochon, le porcelet, etc.
L’agriculture, c’est le fait de cultiver la terre pour faire pousser des céréales, des légumes, des fruits — tout ce qu’on va manger. Un agriculteur cultive le sol pour produire des denrées alimentaires. L’élevage, c’est le fait d’élever des animaux — soit pour leurs œufs, comme les poules, soit pour leur lait, comme les vaches ou les chèvres, soit pour leur viande, soit pour tout à la fois.
La France a toujours été un grand pays agricole. Et il y a environ un an, il y a eu une importante manifestation d’agriculteurs. Une manifestation, c’est quand des personnes qui partagent une cause ou un métier arrêtent leur travail et descendent dans la rue pour exprimer leur mécontentement. Ces agriculteurs sont remontés de toute la France avec leurs tracteurs vers Paris pour bloquer les autoroutes — vous imaginez le chaos dans et autour de la capitale. Ils voulaient faire entendre leurs difficultés au gouvernement. Évidemment, le gouvernement ne pouvait pas laisser les choses en l’état, et il y a eu des négociations.
Aujourd’hui, je ne sais plus exactement où ça en est. Mais franchement, les agriculteurs se lèvent tôt, se couchent tard, n’ont pas de week-end, et sont souvent très peu payés. C’est un métier de passion, mais parfois, ils vendent leurs produits moins cher qu’il ne leur en coûte de les produire. Par exemple, si la grande distribution leur achète le lait à un euro le litre alors qu’il leur en coûte un euro dix à produire, ils perdent dix centimes à chaque litre vendu. Ce n’est pas normal. Il me semble qu’il existe aujourd’hui des accords pour éviter ça, mais ça ne veut pas dire qu’ils sont à l’aise financièrement.
Il y a aussi le problème de la concurrence mondiale. Les conditions de production et les salaires ne sont pas les mêmes partout. Les agriculteurs français produisent selon les normes européennes — souvent plus strictes et plus coûteuses — mais se retrouvent en concurrence avec des pays où les coûts de production sont bien inférieurs. J’avais vu un reportage sur le bio. En France, les cahiers des charges du bio sont très exigeants. Mais dans certains pays, on peut apposer le label bio sur des produits cultivés avec des engrais ou des pesticides autorisés là-bas mais interdits en Europe. Résultat : dans les supermarchés, vous trouvez des haricots verts bio français plus chers à côté de haricots verts bio importés moins chers — alors que les modes de production sont très différents. Je ne critique pas les autres pays, ils ont leurs propres lois, mais c’est une réalité qui pèse sur les agriculteurs français.
Bref, il y a beaucoup de problèmes — je ne vais pas les résoudre, je ne suis pas qualifié pour ça et franchement, je ne comprends pas ceux qui veulent le pouvoir à ce prix-là. Très peu pour moi.
Passons maintenant aux choses plus amusantes : le vocabulaire des animaux de la ferme. Je vais vous donner le nom du mâle, de la femelle et du petit, avec les bruits associés. C’est comme ça qu’on retient les mots — en les associant à une image ou à un son.
Dans l’expression du jour, on a le veau et la vache. La vache fait : meuh. Le veau, c’est le petit de la vache. Et le mâle, c’est le taureau. Vache + taureau = veau.
Ensuite, le cochon — qu’on appelle aussi le porc. Le cochon fait : groin groin. La femelle, c’est la truie. Et le petit, c’est le porcelet.
Puis la poule. La poule fait : cot cot cot. Mon chien a levé la tête en entendant ça — il croyait qu’il y avait une vraie poule dans la pièce ! Le mâle de la poule, c’est le coq, et le coq fait cocorico. Selon les pays, l’onomatopée change — en anglais, c’est cock-a-doodle-doo — mais en France, c’est cocorico. Poule + coq = poussin, tout petit, tout jaune, tout mignon.
Et enfin le canard. Le canard fait : coin coin. La femelle, c’est la cane, et leurs petits s’appellent les canetons.
Voilà pour les animaux de la ferme. Et maintenant, on passe à l’expression du jour.
« Adieu veau, vache, cochon, couvée ! »
Commençons par « adieu. » En français, « adieu » veut dire « au revoir pour toujours » — vous dites ça à quelqu’un en pensant ne plus jamais le revoir. Pour nuancer : si vous partez et revenez dans quelques minutes, vous dites « à tout de suite. » Si vous revenez dans la journée, « à plus », « à toute » ou « à tout à l’heure. » Si c’est pour quelques jours ou semaines, « au revoir. » Et si vous pensez ne plus jamais revoir quelqu’un, c’est « adieu. »
Le veau, la vache et le cochon — on en a parlé. Il ne reste qu’un seul mot à expliquer : la couvée. La couvée, ce sont les œufs qu’un oiseau protège en les couvant, avant qu’ils n’éclosent pour donner des oisillons — de petits oiseaux.
D’ailleurs, j’ai une petite histoire là-dessus. Quand j’étais tout petit, ma grande sœur — qui devait avoir huit ans — a dit à ma petite sœur de six ans, en train de manger un œuf, que si elle ne le mangeait pas, il allait devenir un poussin. Qu’elle était en train de manger un futur bébé. Résultat : crise de larmes, cris, et ma petite sœur n’a plus touché un œuf pendant longtemps. C’est une histoire que mes parents m’ont racontée et qui m’a bien fait rire.
Alors, que veut dire l’expression « Adieu veau, vache, cochon, couvée » ? C’est une expression assez littéraire — on l’utilise peu dans la vie courante, car elle vient directement d’une fable. On l’utilise quand on a une déception, une désillusion — quand quelque chose qu’on avait planifié, imaginé, rêvé ne se réalise pas. C’est quand on s’est projeté dans l’avenir, qu’on a fait des plans dans sa tête, et qu’un événement vient tout effacer d’un coup.
Je vous donne un exemple. Imaginez que vous voulez parler français couramment. Vous étudiez depuis un an, deux ans, trois ans. Vous commencez à progresser et vous vous imaginez déménager en France, trouver un partenaire de vie, avoir des enfants, acheter une maison à la campagne avec des animaux, partir en vacances voir le Mont-Saint-Michel, visiter le Louvre. Tout ça dans votre tête. Mais vous vous rendez compte que pour vivre en France, il faut un visa et un travail, et que pour trouver un travail, il faut parler couramment — ce que vous ne faites pas encore. Tout s’effondre. À ce moment-là, vous pouvez dire intérieurement : « Adieu veau, vache, cochon, couvée ! »
Pourquoi dit-on ça ? Parce que dans la fable qu’on étudiera après-demain, une fermière porte un pot de lait sur la tête et s’imagine aller le vendre au marché, acheter des œufs avec l’argent, faire fructifier cette somme, et finir par avoir des vaches, des veaux, des cochons… Puis il se passe quelque chose qui fait s’écrouler tous ces beaux projets. Et La Fontaine a créé cette expression : « Adieu veau, vache, cochon, couvée ! »
Je n’ai pas trouvé de traduction exacte en anglais. Si vous en connaissez une, n’hésitez pas à me l’envoyer en commentaire. En attendant, on pourrait dire quelque chose comme « Sadly, all my dreams have come to nothing » — tristement, tous mes rêves ne se réaliseront pas.
Je vous laisse ici — ça fait déjà presque 22 minutes que je parle. Demain, on verra la deuxième expression de la fable : « Être Gros-Jean comme devant. » À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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