« Donner du fil à retordre » et les verbes 3/5

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. J’ai créé ce podcast basé sur les expressions françaises pour toutes les personnes qui souhaitent apprendre le français. Ces expressions peuvent être utilisées en toutes circonstances — et c’est ça qui fait leur intérêt. Aujourd’hui, nous sommes le dimanche 20 avril 2025 — ça va bientôt être la fin du week-end — et on va étudier une expression : « Donner du fil à retordre. » Mais avant, on va continuer notre série sur les verbes. Et avant tout ça, je vous parle d’une chose qui m’a beaucoup donné du fil à retordre quand j’étais enfant : le Rubik’s Cube.

Je pense que vous savez ce que c’est. Le Rubik’s Cube, c’est un cube — une forme géométrique à six faces — et sur chaque face, il y a neuf carrés de couleurs différentes. Les couleurs sont mélangées et le but, c’est d’arriver à avoir une seule couleur par face : neuf carrés jaunes d’un côté, neuf carrés verts de l’autre, et ainsi de suite avec le bleu, le rouge, etc. Ce qui rend l’exercice difficile, c’est que toutes les faces du cube tournent — il n’y a que les six carrés centraux, un par face, qui ne bougent pas.

Franchement, enfant, je n’ai jamais réussi à finir un Rubik’s Cube. J’y ai passé un peu de temps, mais pas beaucoup, parce qu’à l’époque, j’étais très impatient. Je n’arrivais pas à rester concentré plusieurs heures. Et en devenant adulte, je m’en suis racheté un en me disant « cette fois-ci, je vais y arriver. » Et là, j’ai trouvé sur internet une méthode qui permet de le résoudre à tous les coups.

En fait, ce sont des formules — pas des formules mathématiques au sens strict, mais des règles à appliquer. Par exemple : si vous avez les couleurs dans telle et telle position, alors vous tournez la face du dessous d’un quart de tour vers la gauche, ou la face de côté, ou la face du dessus. En apprenant ces mouvements et en les faisant avec les doigts, on arrive à résoudre le Rubik’s Cube. C’est comme ça que font les champions. Ceux qui arrivent à le finir en 7, 8, 9 ou 10 secondes prennent quelques instants pour observer l’organisation des couleurs, puis ils savent à l’avance dans leur tête quels mouvements effectuer. À l’époque — ça devait être il y a une dizaine d’années — j’arrivais à le finir en 30 secondes. C’est impressionnant vu de l’extérieur, mais en réalité, ce ne sont que des formules à apprendre par cœur et à exécuter avec les doigts. Rubik’s Cube — c’est difficile à dire en français !

Allez, on passe tout de suite à la suite de notre étude des verbes. Hier, on a parlé de l’infinitif. Avant-hier, on avait parlé des verbes d’action et des verbes d’état. Aujourd’hui, on va revenir quelques minutes sur l’infinitif pour le décomposer.

L’infinitif d’un verbe est composé de deux parties : le radical et la terminaison. Le radical, c’est la base du verbe. Par exemple, dans le verbe « manger », le radical est M-A-N-G et la terminaison est E-R. Dans le verbe « boire », le radical est B-O-I et la terminaison est R-E. Dans le verbe « finir », le radical est F-I-N et la terminaison est I-R. Donc : infinitif = radical + terminaison.

Pourquoi est-ce que je vous parle des terminaisons ? Parce que c’est elles qui déterminent à quel groupe appartient un verbe. En français, il y a trois groupes de verbes.

Le premier groupe, ce sont les verbes dont la terminaison est E-R — les verbes qui se terminent par « -er » : manger, s’habiller, se laver, aboyer — je ne sais pas pourquoi ce mot me vient en tête, je dois regarder mon chien. En tout cas, tous les verbes en « -er », sauf le verbe « aller » qui est une exception. On en reparlera une autre fois.

Le deuxième groupe, ce sont les verbes qui se terminent en I-R, avec une particularité : à la première personne du pluriel au présent, ils se terminent en « -issons. » Par exemple, « finir » — nous finissons. La terminaison « -issons » confirme que c’est un verbe du deuxième groupe. Je vous précise ça parce qu’il y a des verbes en « -ir » qui appartiennent au troisième groupe. Par exemple, « mourir » : nous mourons — et non « nous mourissons. » Donc c’est un verbe du troisième groupe. On peut aussi vérifier avec le participe présent : si le participe présent se termine en « -issant » (I-S-S-A-N-T), c’est un verbe du deuxième groupe. Exemples de verbes du deuxième groupe : finir, grandir, accomplir.

Le troisième groupe, c’est tous les autres verbes — ceux qui ne sont ni du premier ni du deuxième groupe. Leurs terminaisons à l’infinitif peuvent être « -oire », « -oir », « -re » ou « -ir. » Exemples : boire, voir, prendre, mourir. Ce sont tous des verbes du troisième groupe.

Une dernière précision avant de passer à l’expression du jour : les verbes « être » et « avoir » n’appartiennent à aucun groupe. Ce sont des exceptions — ils sont entièrement à part.

Et tout de suite, on parle de l’expression du jour : « Donner du fil à retordre. »

« Donner » — c’est un verbe de quel groupe ? On vient d’en parler : il se termine par « -er », donc c’est un verbe du premier groupe — roulement de tambour ! « Donner », ça veut dire offrir quelque chose à quelqu’un, faire passer quelque chose sans contrepartie. Vous pouvez donner un verre d’eau, donner du pain, donner un stylo.

Mais « donner » peut aussi s’utiliser dans d’autres sens. Par exemple, « ma maison donne sur un jardin » — ça veut dire que depuis ma maison, je vois le jardin. « Mon appartement donne sur la mer » — depuis la fenêtre, on voit la mer. « Donner sur », c’est avoir vue sur.

Mais dans l’expression « donner du fil à retordre », le sens est différent. Ici, « donner » peut être remplacé par « fournir » ou « infliger. » « Infliger », c’est un verbe qu’on utilise quand on parle de quelque chose de difficile, de pénible. « Donner du fil à retordre », ça veut dire causer une difficulté, rendre quelque chose de complexe et de dur à accomplir — comme le Rubik’s Cube. C’est pour ça que je vous en ai parlé en introduction.

Finissons l’étude des mots de l’expression. « Du » — c’est un article partitif. On ne connaît pas la quantité de fil à retordre qu’on va avoir. Et enfin, « fil à retordre » — prenons ces trois mots ensemble. Le « fil », ici, c’est ce qu’on utilise pour faire des vêtements. Pour faire un pull en laine, par exemple, on tond des moutons, on récupère la laine, on en fait des fils, et on tricote. Autrefois, pour créer un fil plus résistant, on rassemblait des fils de différentes tailles et on les tordait ensemble — on les « retordait. » Cette opération était très difficile et très pénible. C’est de là que vient l’expression : « donner du fil à retordre », c’est donner quelque chose de difficile à faire, de complexe à résoudre.

Comme exemples, on peut citer le Rubik’s Cube — résoudre un Rubik’s Cube peut donner du fil à retordre. Et apprendre le français, ça donne du fil à retordre aussi ! C’est une langue complexe, mais très intéressante. Vous n’allez pas la maîtriser du jour au lendemain, mais au fil du temps — on peut dire « au fil de l’eau » — vous allez y arriver. Même si l’apprentissage du français vous aura donné du fil à retordre.

En anglais, on traduit ça par « to give someone a hard time. »

Demain, on parlera de l’expression « Tout est bien qui finit bien. »

Comme d’habitude, quelques mots d’actualité : vous pouvez retrouver Le Petit Prince de Saint-Exupéry en audio sur mon site Patreon — je dois finir de le lire fin avril, donc vous pouvez trouver quasiment l’intégralité du livre. L’inscription est gratuite. Si ce podcast vous plaît et que vous souhaitez le soutenir, vous pouvez prendre l’abonnement payant sur Patreon — vous aurez accès à toutes les transcriptions écrites des épisodes. Et si vous n’avez pas les moyens, pas de problème — écoutez le podcast gratuitement, c’est tout ce qui compte. Vous pouvez aussi me laisser un petit commentaire ou un pouce levé sur YouTube — ça aide toujours à faire connaître le podcast. Je vous laisse maintenant. À demain ! Merci beaucoup. Bye bye, hasta luego, matane !


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