« Être gros-jean comme devant » et la ponctuation : le trait d’union

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. J’ai créé ce podcast basé sur les expressions françaises pour toutes les personnes qui souhaitent apprendre le français. Ces expressions peuvent être utilisées en toutes circonstances — et c’est ça qui fait leur intérêt. Aujourd’hui, on est le 1er mai 2025, donc le premier jour du mois de mai.

Ce soir, ce sera un peu particulier pour mon podcast. Comme tous les jeudis à 18h, je vais vous proposer un nouveau conte de Grimm — sauf que ce conte est très long. Je l’ai donc divisé en cinq parties. Entre 18h et 22h, cinq épisodes seront disponibles à écouter — chaque partie dure entre 12 et 15 minutes. C’est un conte de Grimm qui s’appelle « Les Deux Frères. » Vous pourrez l’écouter quand vous voulez.

Aujourd’hui, on est donc le 1er mai, et le 1er mai en France, c’est un jour férié. Un jour férié, c’est un jour où l’on ne travaille pas — les boutiques, les restaurants, les entreprises sont quasiment tous fermés. Et pour les salariés, c’est un jour payé sans travailler. Pour les indépendants et les professions libérales, c’est une autre histoire — ils ne sont pas payés s’ils ne travaillent pas.

Le 1er mai est jour férié en France depuis 1947, juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il y a deux traditions associées à ce jour.

La première est culturelle : on offre du muguet aux personnes qu’on aime. Le muguet, c’est une petite fleur avec une tige et de petites clochettes blanches — ça sent très bon, ça s’écrit M-U-G-U-E-T. Le 1er mai est le seul jour de l’année où vous pouvez vendre quelque chose dans la rue en France sans autorisation et sans taxes. Vous pouvez aller cueillir du muguet en forêt et le vendre librement — c’est autorisé par la loi. C’est une belle tradition.

La deuxième tradition est syndicale. Le 1er mai, il y a des défilés et des manifestations de syndicats dans toutes les grandes villes françaises. Les syndicats, ce sont des organisations qui défendent les droits des travailleurs. En France, vous avez de grands syndicats comme la CFDT ou la CGT. Dans les entreprises dépassant un certain nombre de salariés, il est obligatoire d’avoir des représentants syndicaux. Et comme le 1er mai est la Fête du Travail, c’est l’occasion pour ces syndicats de défiler dans les rues. En France, on est connus dans le monde entier pour nos revendications — mais le 1er mai, c’est surtout symbolique et culturel.

Il y a bien d’autres jours fériés en France. Certains commémorent des événements historiques : le 11 novembre, c’est la signature de l’armistice de la Première Guerre mondiale — jour férié. Le 8 mai symbolise la capitulation de l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale — jour férié également. Et comme la France a des racines chrétiennes, certains jours fériés sont d’origine religieuse, comme l’Ascension.

Si vous êtes en France aujourd’hui, vous pouvez acheter du muguet et en offrir à vos proches — c’est la tradition !

Et maintenant, on commence une nouvelle série sur la ponctuation. Dans chaque épisode, j’aborde une règle de français — grammaire, conjugaison, vocabulaire, orthographe. Aujourd’hui, on commence par le trait d’union, parce que dans l’expression du jour, « être Gros-Jean comme devant », il y a un trait d’union entre « Gros » et « Jean. » Cette série durera probablement sept à dix épisodes.

Le trait d’union, c’est ce petit tiret qu’on trouve entre certains mots en français. Il a quatre emplois principaux.

Premier emploi — le plus courant : il sert à relier les éléments d’un nom composé. Un nom composé, c’est un mot formé de plusieurs mots. Par exemple, « arc-en-ciel » — l’arc-en-ciel qu’on voit dans le ciel quand il pleut et qu’il y a du soleil, avec ses sept couleurs — s’écrit avec deux traits d’union. « Rendez-vous » aussi : « j’ai un rendez-vous à 8h » — entre « rendez » et « vous », un trait d’union. Et dans notre expression du jour, « Gros-Jean », entre « Gros » et « Jean », il y en a un aussi. Attention cependant : tous les noms composés ne prennent pas de trait d’union. « Une pomme de terre », par exemple, n’en prend pas. En cas de doute, consultez le dictionnaire.

Deuxième emploi : le trait d’union s’utilise entre un pronom personnel et le mot « même », ou avec « ci » et « là. » Exemples : « lui-même », « elle-même », « eux-mêmes » — trait d’union entre le pronom et « même. » Avec « ci » et « là » : « cette maison-ci » pour désigner quelque chose de proche, « cette maison-là » pour quelque chose de plus éloigné, « ce soir-là », « ce matin-là » — trait d’union entre le nom et le mot « ci » ou « là. »

Troisième emploi : dans une phrase interrogative, quand on inverse le sujet et le verbe. « Tu manges une pomme » — phrase affirmative. Pour en faire une question, on inverse : « Manges-tu une pomme ? » — trait d’union entre « manges » et « tu. » Autre exemple : « Vous voulez de la salade ? » devient « Voulez-vous de la salade ? » — trait d’union entre « voulez » et « vous. »

Quatrième emploi : en fin de ligne, dans un livre, quand un mot est coupé pour continuer à la ligne suivante. Par exemple, si une ligne se termine par « mai- » et que la suite « son » est à la ligne d’après, on écrit « mai- » avec un trait d’union pour signaler que le mot continue.

Voilà pour les quatre emplois du trait d’union en français.

Et maintenant, l’expression du jour : « Être Gros-Jean comme devant. »

Comme l’expression d’hier, on ne l’entend pas tous les jours — elle est assez rare, assez littéraire — mais vous pouvez tout à fait l’utiliser.

Le verbe « être » — on le conjugue rapidement. Au présent : « je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont. » Et au passé simple — on ne l’entend pas souvent, mais c’est bien de le connaître pour la lecture : « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes, ils furent. »

« Gros-Jean » — avec un trait d’union, comme on vient de l’étudier. Que veut dire « Gros-Jean » ? Au XVIIe siècle, à l’époque où Jean de La Fontaine a écrit sa fable, « Gros-Jean » désignait « monsieur Tout-le-Monde » — n’importe quelle personne ordinaire, quelqu’un du peuple. Par extension, c’est quelqu’un d’un peu naïf, pas très malin. Pas très gentil comme image, mais c’est ainsi. Pourquoi le prénom « Jean » ? Parce que c’était le prénom le plus répandu à l’époque — et d’ailleurs, l’auteur de la fable lui-même s’appelait Jean de La Fontaine.

« Comme devant » — en français moderne, « devant » désigne une position dans l’espace : quelque chose qui est en avant d’une autre. Mais dans l’ancien français du XVIIe siècle, « devant » pouvait signifier « auparavant » — une position dans le temps. Donc « comme devant » veut dire « comme avant. »

Alors, que signifie l’expression ? « Être Gros-Jean comme devant », ça veut dire revenir à la même situation qu’avant, revenir au point de départ sans avoir atteint ses objectifs. On peut aussi dire « retour à la case départ. »

Pour illustrer, reprenons l’exemple d’hier. Vous apprenez le français parce que vous rêvez de vivre en France — vous vous imaginez avec un partenaire français, les apéros en terrasse, les barbecues du week-end, les sorties au théâtre, la mode, les musées, le bon fromage. Mais vous réalisez qu’il vous faut un visa de travail, que vous n’avez pas encore le niveau de français requis, ou qu’un événement personnel vous en empêche. Tous vos projets s’effondrent. Vous vous retrouvez Gros-Jean comme devant — exactement là où vous étiez au départ.

Cette expression vient, comme celle d’hier, de la fable de La Fontaine « La Laitière et le Pot au lait », qu’on étudiera demain et après-demain.

En anglais, on pourrait dire « to feel deflated » ou « to be back to square one » — revenir à la case départ.

Je voulais aussi vous remercier. Vous êtes de plus en plus nombreux à vous abonner et à m’écouter — ça me fait vraiment plaisir. Continuez à écouter tous les jours : vous allez vous améliorer. Pas en un mois, pas en deux, mais dans un an ou un an et demi, envoyez-moi un message pour me confirmer vos progrès. Merci beaucoup. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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