Le laboureur et ses enfants

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. J’ai créé ce podcast basé sur les expressions françaises pour toutes les personnes qui souhaitent apprendre le français. Ces expressions peuvent être utilisées en toutes circonstances — et c’est ça qui fait leur intérêt. Aujourd’hui, nous sommes le mercredi 23 avril 2025 — j’ai failli dire jeudi, quel boulet ! — et aujourd’hui on va étudier une fable de La Fontaine qui s’appelle « Le Laboureur et ses Enfants. »

Je vous rappelle comment on procède. Je vais d’abord vous lire la fable en entier, puis on va la prendre ligne par ligne, je vais vous expliquer chaque ligne, vous dire ce qu’elle veut dire, quel est le message, quelle est la morale. Et à la fin, je vais vous la relire, puis vous lire une version simplifiée que j’ai écrite moi-même. Allez, on commence. Je vous lis la fable en entier.

Le Laboureur et ses Enfants, par Jean de La Fontaine.

Travaillez, prenez de la peine : C’est le fonds qui manque le moins. Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans témoin. « Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage Que nous ont laissé nos parents. Un trésor est caché dedans. Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout. Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’août. Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place Où la main ne passe et repasse. » Le père mort, les fils vous retournent le champ, De-ci, de-là, partout ; si bien qu’au bout de l’an Il en rapporta davantage. D’argent, point de caché ; mais le père fut sage De leur montrer avant sa mort Que le travail est un trésor.

Voilà, on a fini de lire la fable. Je vous l’ai lue à vitesse moyenne — pas à vitesse normale. Je vous la relirai à vitesse normale après vous l’avoir expliquée, pour voir si vous la comprenez mieux. On va donc prendre ça ligne par ligne.

Ligne 1 : Travaillez, prenez de la peine.

Ici, c’est l’auteur, La Fontaine, qui s’adresse directement au lecteur. « Prenez de la peine », ça veut dire « faites bien votre travail, travaillez avec ardeur, mettez-y de l’effort. »

Ligne 2 : C’est le fonds qui manque le moins.

« Le fonds » ici, c’est la valeur, la richesse fondamentale. Le fait de pouvoir travailler, c’est quelque chose dont vous ne manquerez jamais — il suffit d’avoir la volonté. D’autres richesses peuvent disparaître, mais pas la valeur du travail. En fait, avec ces deux premières lignes, vous avez déjà la morale de la fable. « Travaillez, prenez de la peine : c’est le fonds qui manque le moins. » Et on va la retrouver à la fin : « le travail est un trésor. »

Ligne 3 : Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine.

Un laboureur, c’est quelqu’un qui laboure les champs, qui retourne la terre. Aujourd’hui, on dirait un paysan ou un fermier. Il est riche — c’est-à-dire qu’il possède beaucoup de terres. Et il « sent sa mort prochaine » — il est âgé, il sent qu’il va bientôt mourir.

Ligne 4 : Fit venir ses enfants, leur parla sans témoin.

Le fermier fait venir ses enfants — « fit » est le passé simple de « faire » et « parla » est le passé simple de « parler. » Il appelle ses enfants et leur parle en privé, sans témoin.

Lignes 5 et 6 : « Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage / Que nous ont laissé nos parents.

« Gardez-vous de » veut dire « ne faites pas », « attention à ne pas faire cela. » Le fermier dit à ses enfants de ne pas vendre les terres. L’héritage, c’est ce qu’on reçoit de ses parents à leur mort. Donc le fermier dit : « Ne vendez pas les terres que mes parents m’ont laissées » — des terres qui venaient elles-mêmes peut-être de ses propres grands-parents. L’héritage, c’est transmettre à ses enfants ce qu’on a reçu.

Ligne 7 : Un trésor est caché dedans.

Le fermier dit à ses enfants qu’un trésor est caché quelque part dans ces terres. On imagine un coffre ou une caisse avec des pièces d’or, des bijoux, des pierres précieuses.

Lignes 8 et 9 : Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage / Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.

Le fermier dit : « Je ne connais pas l’endroit précis où il est caché, mais avec du courage et de la volonté, vous le trouverez. »

Ligne 10 : Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’août.

« Remuez votre champ » veut dire retournez la terre pour chercher le trésor. « Dès qu’on aura fait l’août » — « l’août » désigne ici la moisson, la récolte du mois d’août. C’est le moment où l’on ramasse ce qui a poussé pendant l’année, avant de retourner la terre et de la laisser se reposer. Donc le fermier dit : « Retournez la terre après avoir récolté. »

Ligne 11 : Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place.

« Creuser, fouiller, bêcher » — ce sont trois façons de dire la même chose : retourner la terre, chercher partout. « Ne laissez nulle place » veut dire « ne laissez aucun endroit sans le retourner. »

Ligne 12 : Où la main ne passe et repasse.

Il insiste : « Creusez partout où vous pouvez accéder avec vos mains et vos outils. » Avec cette ligne, la discussion entre le père et ses enfants se termine.

Ligne 13 : Le père mort, les fils vous retournent le champ.

Le vieux fermier est mort. On ne sait pas comment — ce n’est pas ce qui compte. Ses fils ont écouté leur père et retournent la terre avec leurs outils.

Ligne 14 : De-ci, de-là, partout ; si bien qu’au bout de l’an.

« De-ci, de-là » veut dire à cet endroit, à un autre, ici, là-bas — en gros, partout. Les fils retournent toute la terre pour chercher le trésor. Et « si bien qu’au bout de l’an » signifie « et ainsi, à la fin de l’année. »

Ligne 15 : Il en rapporta davantage.

À la fin de l’année, le champ rapporta encore plus d’argent. En retournant la terre partout, en la travaillant bien, en semant et en faisant pousser des céréales ou des légumes, les fils ont produit une meilleure récolte. En vendant leurs récoltes, ils ont gagné plus d’argent.

Lignes 16 et 17 : D’argent, point de caché ; mais le père fut sage / De leur montrer avant sa mort.

« D’argent, point de caché » — il n’y avait pas de trésor enfoui dans la terre. Pas de pièces, pas de lingots. Mais le père fut sage — intelligent — de montrer à ses fils, avant de mourir…

Ligne 18 : Que le travail est un trésor.

Le vrai trésor, c’est le travail lui-même. Les enfants ont retourné la terre en pensant chercher de l’or, et ils ont compris en fin de compte que le vrai trésor, c’est de posséder des terres qu’on peut travailler, c’est d’avoir le courage de travailler. C’est ce qu’on appelait dans un épisode récent « mettre du cœur à l’ouvrage. »

Alors, quel est le message de cette fable ? Le message, c’est que le travail est la plus grande vertu, la plus grande richesse. La fable commence par ce conseil — « Travaillez, prenez de la peine » — et se termine par la confirmation : « le travail est un trésor. » La Fontaine fait ici l’éloge du monde agricole, du monde paysan, au XVIIe siècle où il a vécu.

Ce qui est intéressant aussi, c’est que le mot « trésor » est employé à la fois au sens propre et au sens figuré. Au sens propre, c’est le trésor que les fils partent chercher dans la terre. Au sens figuré, c’est une image : le travail est la meilleure chose, le vrai trésor. D’ailleurs, demain, je vous expliquerai la différence entre sens propre et sens figuré — c’est une bonne idée, je me le note tout de suite.


Maintenant, je vais vous relire la version originale à vitesse normale.

Le Laboureur et ses Enfants, par Jean de La Fontaine.

Travaillez, prenez de la peine : C’est le fonds qui manque le moins. Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans témoin. « Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage Que nous ont laissé nos parents. Un trésor est caché dedans. Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout. Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’août. Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place Où la main ne passe et repasse. » Le père mort, les fils vous retournent le champ, De-ci, de-là, partout ; si bien qu’au bout de l’an Il en rapporta davantage. D’argent, point de caché ; mais le père fut sage De leur montrer avant sa mort Que le travail est un trésor.

Et maintenant, voici ma version simplifiée.

Le Fermier et ses Enfants

Travailler et travailler encore — c’est une qualité qui ne vous manquera jamais. Un riche fermier, proche de la mort, appela ses enfants pour leur parler en privé. Il leur dit : « Ne vendez pas ce que nos parents nous ont laissé. Un trésor est caché dans ces terres. Je ne connais pas son emplacement, mais avec un peu de courage, vous le trouverez. Retournez la terre après la récolte du mois d’août. Creusez et fouillez partout où vous pouvez. » Une fois leur père mort, les fils retournèrent la terre — par-ci, par-là, partout. Et à la fin de l’année, le champ rapporta plus d’argent qu’avant. Pas de trésor caché — mais le père fut intelligent de montrer à ses fils, avant de mourir, que le travail est le vrai trésor.

Voilà, on arrive au bout de l’étude de cette fable. J’espère que ça vous a plu. N’hésitez pas à m’envoyer un petit message si vous n’avez pas compris quelque chose. On se retrouve demain pour l’étude de l’expression « Tomber dans les pommes. » À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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