Orelsan – Basique

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Bonjour à toutes et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on se retrouve pour une autre analyse de chanson. Je voudrais d’abord remercier la personne qui m’a envoyé une demande — elle s’appelle Leia, peut-être comme dans Star Wars, je ne sais pas si c’est un prénom ou un pseudo. En tout cas, Leia, merci pour ta demande, parce que j’adore cette chanson.

Cette chanson a été écrite et chantée par un rappeur français qui s’appelle Orelsan. J’adore le travail de cet artiste, j’adore ses chansons. J’aurais d’ailleurs beaucoup aimé le voir en concert, mais pour l’instant, ça n’a pas pu se faire — peut-être dans le futur. Leia m’a donc demandé d’analyser une chanson qui s’appelle « Basique. »

Comme d’habitude, je vais vous passer la chanson en entier. Ensuite, on va analyser les paroles ligne par ligne, et je vais vous expliquer ce qu’elles veulent dire. Et à la fin, je vous remettrai la chanson pour ceux qui veulent l’écouter une deuxième fois. Je trouve que c’est un bon exercice d’écouter d’abord, de voir ce qu’on comprend, puis de réécouter après les explications pour mesurer ses progrès. Je laisse donc la place à Orelsan pour « Basique. »

(Chanson)

Ah, j’adore Orelsan. D’ailleurs, je vous conseille son dernier album qui s’appelle Civilisation — il est sublime. Mais aujourd’hui, on s’attarde sur « Basique. » Je ne sais pas exactement quand elle est sortie — 2016 ou 2017, je crois. En tout cas, en France, c’est une chanson assez connue.

Comme d’habitude, je vais vous repasser de petits extraits et vous expliquer les paroles progressivement.


Orelsan commence par dire : « OK, j’ai demandé à Skred de faire une instru simple. »

« Skred », c’est un nom d’artiste — c’est la personne qui compose la musique, qu’on appelle une « instru » dans le milieu du rap, abréviation d’ »instrumental. » Orelsan a donc demandé à son collaborateur de créer une musique très simple, facile. Il continue : « parce que je vais dire des trucs simples… parce que vous êtes trop cons. » Il nous dit — à nous, les auditeurs, aux gens en général — que nous sommes bêtes, que nous ne réfléchissons pas assez, et donc que ses paroles vont être simples et faciles à comprendre. C’est ironique, évidemment.


Ligne 1 : « Les gens les plus intelligents sont pas toujours ceux qui parlent le mieux. »

Orelsan dit qu’il y a des gens qui s’expriment très bien mais qui ne sont pas forcément très intelligents, et inversement, les personnes les plus intelligentes ne sont pas toujours les meilleures pour s’exprimer. Notez qu’à l’oral en rap, le « ne » de la négation est souvent supprimé — la vraie phrase serait « ne sont pas toujours. »


Ligne 2 : « Les hommes politiques doivent mentir, sinon tu voterais pas pour eux. »

Les hommes politiques, ce sont les dirigeants élus qui gouvernent le pays. Voter, c’est aller déposer un bulletin dans une urne pour choisir ses représentants. Orelsan dit que les politiques mentent pour se faire élire — parce que s’ils disaient la vérité, personne ne voterait pour eux. Si un homme politique disait « la dette du pays est énorme, il va falloir augmenter les impôts et se serrer la ceinture », il ne serait jamais élu. C’est, je pense, assez universel.


Ligne 3 : « Si tu dis souvent que t’as pas de problème avec l’alcool, c’est que t’en as un. »

En français correct : « Si tu dis souvent que tu n’as pas de problème avec l’alcool, c’est que tu en as un. » L’alcool, c’est le vin, la bière, les alcools forts. Une personne qui répète souvent « je n’ai pas de problème avec l’alcool » — souvent un verre à la main — a en général justement un problème avec l’alcool. Moi, je bois très peu, deux ou trois fois par an, et je ne dis jamais ça.


Ligne 4 : « faut pas faire un enfant avec les personnes que tu connais pas bien. »

C’est un conseil clair : si vous avez des rapports sexuels, protégez-vous, et ne faites pas d’enfant à moins de bien connaître la personne et de le vouloir vraiment.


Ligne 5 : « Les mecs du FN ont la même tête que les méchants dans les films. »

« Les mecs », c’est un mot familier pour « les hommes. » Le FN, c’est le Front National — aujourd’hui rebaptisé Rassemblement National — un parti politique français d’extrême droite. Orelsan dit que les figures de ce parti ressemblent physiquement aux méchants des films de cinéma. C’est une observation ironique.


Ligne 6 : « Entre avoir des principes et être un sale con, la ligne est très fine. »

Avoir des principes, c’est bien — c’est avoir une morale, des valeurs. Mais Orelsan dit que parfois, l’argument « j’ai des principes » peut être utilisé de mauvaise façon, pour justifier des comportements inacceptables. Et dans ce cas, la personne peut devenir un connard — une mauvaise personne, une insulte. La frontière entre les deux est donc mince.


Ligne 7 : « Hugo Boss habillait des nazis. Le style a son importance. »

Je ne le savais pas avant de connaître cette chanson, mais effectivement, la marque Hugo Boss a fabriqué des uniformes pour les nazis dans les années 1930-40. Orelsan nous dit donc : faites attention aux marques que vous achetez, parce qu’elles ont toutes une histoire. Le style, c’est l’allure que vous avez, les vêtements que vous portez.


Ligne 8 : « Les dauphins sont des violeurs. Méfie-toi des apparences. »

Encore quelque chose que j’ai appris avec cette chanson — et c’est vrai : les dauphins mâles peuvent forcer des femelles à s’accoupler. J’ai lu un article là-dessus, c’est hallucinant. Le dauphin, c’est cet animal marin avec un aileron sur le dos — intelligent, souriant, qu’on associe à la gentillesse. Orelsan dit : ne te fie pas aux apparences. Quelque chose peut avoir l’air beau et gentil et être en réalité bien différent.


Le refrain : « Simple, basique… Vous n’avez pas les bases. »

« Simple » et « basique » — ce sont les deux mots qui reviennent tout au long de la chanson. « Vous n’avez pas les bases » signifie que les gens ne maîtrisent pas les fondamentaux, les connaissances de base. En français, les bases du français, c’est connaître la structure d’une phrase, les pronoms, les verbes — c’est le niveau débutant. Orelsan utilise ce concept pour dire que les gens ne comprennent pas les choses les plus élémentaires.


Deuxième couplet

Ligne 1 : « Si c’est marqué sur Internet, c’est peut-être faux, mais c’est peut-être vrai. »

Quand vous lisez une information sur Internet, elle peut être vraie — ou fausse. Il y a beaucoup de sites qui ne vérifient pas leurs sources, beaucoup de fausses nouvelles — les « fake news. » Il faut donc rester critique.


Ligne 2 : « Illuminati ou pas, qu’est-ce que ça change, tu te fais baiser. »

Les Illuminati, c’est une société secrète qui a existé dans le passé, composée de gens riches et puissants cherchant à contrôler l’ordre mondial. Orelsan dit : que vous soyez au pouvoir ou non, peu importe — « tu te fais baiser », c’est-à-dire tu te fais avoir de toute façon. La société t’arnaque quoi qu’il arrive.


Ligne 3 : « À l’étranger, t’es un étranger. Ça sert à rien d’être raciste. »

En France, on appelle « étranger » quelqu’un qui vient d’un autre pays. Mais si vous voyagez au Maroc, au Japon, en Autriche — c’est vous qui êtes l’étranger. Orelsan dit donc : quand tu vas ailleurs, tu es toi-même un étranger. Alors le racisme — croire que certaines races ou couleurs de peau sont supérieures aux autres — ne sert à rien. C’est évidemment absurde.


Ligne 4 : « Les mecs les plus fous sont souvent les mecs les plus tristes. »

On dit souvent que les humoristes, les clowns, les gens qui font rire les autres, sont des personnes très tristes dans leur vie privée. Orelsan confirme cette idée : les personnes qui semblent les plus folles ou les plus drôles cachent souvent une grande tristesse.

Ligne 5 : « 100 personnes possèdent la moitié des richesses du globe. »

100 personnes — sur 8 milliards d’habitants — possèdent 50 % de toutes les richesses du monde. Orelsan fait ce constat sans commenter explicitement, mais le sous-entendu est clair : c’est une injustice criante.

Ligne 6 : « Tu seras toujours à un ou deux numéros d’avoir le quinté dans l’ordre. »

Le quinté, c’est un pari sur les courses de chevaux où il faut trouver les cinq premiers chevaux dans l’ordre. Orelsan dit : vous aurez peut-être trois ou quatre bons numéros, mais jamais les cinq dans l’ordre. Les jeux d’argent, c’est une arnaque — vous ne gagnerez quasiment jamais.

Ligne 7 : « Si t’es souvent seul avec tes problèmes, c’est parce que souvent le problème c’est toi. »

Si vous vous retrouvez souvent seul avec vos problèmes, peut-être que c’est vous le problème. Il faut se remettre en question avant de chercher la faute chez les autres. La phrase utilise une répétition du mot « souvent » et du mot « problème » pour créer un rythme.

Ligne 8 : « Toutes les générations disent que celle d’après fait n’importe quoi. Cliché. »

Une génération, c’est un groupe de personnes du même âge. Mes grands-parents disaient « c’était mieux avant, les jeunes font n’importe quoi. » Mes parents disent la même chose. Et moi, probablement, je dirai la même chose dans 20 ans. Orelsan appelle ça un « cliché » — une idée toute faite qu’on entend tellement souvent qu’elle en devient banale. Un cliché sur les Japonais, par exemple — désolé, mes amis japonais — c’est qu’ils font beaucoup de photos en voyage. Ça, c’est un cliché.

Et avec ça, on a fini l’étude des paroles de « Basique. » Vous le voyez, c’est une chanson assez courte — seulement deux couplets — mais avec beaucoup de phrases, car Orelsan parle très vite. Il n’y a pas vraiment d’histoire linéaire : ce sont des observations, des vérités qu’Orelsan pense importantes et qu’il nous livre les unes après les autres. On pourrait les mettre dans n’importe quel ordre, ça ne changerait rien.

Personnellement, j’adore cette chanson, j’adore Orelsan. Je sais que tu ne m’écoutes pas, mais merci quand même pour ce que tu fais. Et merci à Leia de m’avoir soumis cette demande — c’est une chanson à laquelle je n’avais pas pensé et qui est parfaite pour apprendre le français.

Si vous avez des recommandations de chansons, vous pouvez m’envoyer un message sur Patreon, Instagram ou YouTube — je serai ravi d’analyser et d’expliquer les paroles. Ça fait plus de 30 minutes qu’on y est — je vous remets la chanson une dernière fois pour ceux qui veulent l’écouter. Sinon, vous pouvez couper ici. Merci beaucoup ! Bye bye, hasta luego, matane !

(Chanson)


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