« Se faire rouler dans la farine » et une méthode d’apprentissage

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. J’ai créé ce podcast basé sur les expressions françaises pour toutes les personnes qui souhaitent apprendre le français. Ces expressions peuvent être utilisées en toutes circonstances — et c’est ça qui fait leur intérêt. Aujourd’hui, en ce vendredi 25 avril 2025, on va parler d’une expression : « Se faire rouler dans la farine. » Cette expression me fait évidemment penser au pain et à la farine.

Pour faire du pain comme on en trouve dans les boulangeries en France et partout dans le monde, il faut de la farine, de l’eau, du sel et de la levure — pour que le pain gonfle. Je vous ai déjà parlé du pain une ou deux fois dans mon podcast. Aujourd’hui, je vais vous parler spécifiquement de la farine.

La farine, c’est quoi ? C’est le grain de blé qui va être écrasé pour en faire de la poudre. La farine a la même consistance que de la poudre — ce sont de tout petits morceaux de grain de blé broyé. En France, il y en a plusieurs sortes. On trouve de la farine de blé, de la farine de sarrasin, de la farine d’épeautre, de la farine de riz, de la farine de châtaigne — il y en a beaucoup.

Plus spécifiquement, dans la farine de blé — celle qu’on utilise pour faire la baguette et le pain classique — il existe différents types. Si vous habitez en France ou si vous venez en visite, allez regarder un paquet de farine au supermarché. Vous verrez écrit « farine de blé » et en dessous, la lettre T suivie d’un nombre : T45, T55, T65, T80, T110 ou T150.

À quoi correspond ce T et ce nombre ? En fait, ça indique quelle partie du grain de blé a été utilisée. Le grain de blé est composé d’un cœur et d’une enveloppe extérieure. Pour vous donner une image : pensez à un œuf — vous avez le blanc, le jaune et la coquille. C’est un peu pareil. Pour obtenir une farine T45, on n’utilise que le cœur du grain, sans l’enveloppe. Plus le numéro augmente — T55, T65, T80, etc. — plus la proportion d’enveloppe par rapport au cœur augmente. La farine T150, c’est le grain entier, cœur et enveloppe. C’est pourquoi sa couleur change légèrement — elle n’est plus tout à fait blanche, mais légèrement grise ou marron.

Pourquoi existe-t-il différents types de farine ? Parce qu’on les utilise pour des préparations différentes. Pour faire de la pâtisserie fine, un gâteau ou des viennoiseries, on prend une farine T45. Pour cuisiner de façon générale — une tarte, un gâteau classique — c’est plutôt la T55, la plus répandue dans les supermarchés français. Pour faire du pain maison, on utilise des farines T65, T80 ou plus. Je ne sais pas si ces dénominations existent partout dans le monde — je sais qu’elles existent dans d’autres pays européens, mais je n’ai pas voyagé assez pour vérifier dans les supermarchés du monde entier. En tout cas, si vous venez en France, faites attention au numéro indiqué sur le paquet.

Avant d’étudier l’expression, comme d’habitude, je vous parle un peu de méthodes d’apprentissage. Ça fait plusieurs jours qu’on fait de la grammaire et de la conjugaison — une grosse série d’introduction sur les verbes, puis le sens propre et le sens figuré. Aujourd’hui, on se pose un peu et on parle de méthodes. Rien à retenir, juste à écouter.

Quelle est, d’après mon expérience personnelle, la meilleure méthode pour apprendre une langue ? La répétition et des sessions courtes. Il vaut mieux travailler 5 ou 10 minutes par jour que 1 ou 2 heures le week-end. Moi, par exemple, je sors mon téléphone et j’ouvre mon application de japonais pendant 1 ou 2 minutes dans l’ascenseur, dans une salle d’attente chez le médecin, aux toilettes, dans les transports. Ces petits moments de concentration sont très efficaces. Si je travaille 1 heure d’affilée, je n’arrive pas à rester concentré à 100 % — je regarde mon téléphone, je pense à autre chose. Mais si je me dis « 5 minutes à fond, sans rien d’autre », c’est beaucoup plus efficace.

Ensuite, il est important de varier les sources. Il faut varier tout ce qui entre dans votre cerveau dans la langue que vous apprenez. L’écoute, c’est fondamental — avec ce podcast, d’autres podcasts, des vidéos, des émissions, ou en parlant avec des francophones. J’essaie de parler un tout petit peu plus lentement que la normale pour que vous puissiez mieux entendre et comprendre les mots. La lecture aussi est très importante. À chaque fois que vous vous exposez au français, que vous lisez ou écoutez quelque chose en français, vous progressez — même si vous avez parfois l’impression de stagner. En réalité, ça avance, petit à petit, au fur et à mesure du temps.

Et enfin, ce qu’on appelle l’output — tout ce qui sort de vous : écrire en français et parler en français. Ces deux compétences sont essentielles pour vraiment maîtriser la langue.

Désolé, j’ai la gorge un peu enrouée aujourd’hui — c’est pour ça que ma voix est plus grave que d’habitude.

Et maintenant, on passe à l’expression du jour : « Se faire rouler dans la farine. »

Est-ce que vous avez déjà entendu ou lu cette expression quelque part ? C’est une expression assez courante en français. On va l’analyser mot par mot.

Les deux premiers mots : « se faire. » C’est la forme pronominale du verbe « faire. » Un verbe pronominal, on n’en a pas encore parlé en détail — je vous ferai un podcast complet là-dessus un de ces jours. En deux mots : un verbe pronominal, c’est un verbe composé du verbe lui-même et d’un pronom réfléchi. Ce pronom peut être « me, te, se, nous » ou « vous. » Ici, c’est « se faire. » On peut aussi dire « je me fais quelque chose » ou « tu te fais quelque chose. »

Ensuite, le verbe à l’infinitif : « rouler. » C’est un verbe du premier groupe. Ce qui est intéressant, c’est que la construction « se faire + infinitif » forme la voix passive — quelqu’un nous fait quelque chose, nous subissons l’action. Ce n’est pas nous qui agissons. On se fait rouler dans la farine par quelqu’un d’autre. « Rouler », ça veut dire faire tourner quelque chose sur lui-même. Vous avez peut-être vu des animaux se rouler par terre — un chien, un chat qui se retourne sur le sol pour se frotter. La forme passive « se faire rouler », c’est imaginer que quelqu’un fait tourner l’autre dans la farine.

Ensuite, « dans » — une préposition qu’on a vue de nombreuses fois, qui indique ici un lieu. Et enfin, « la farine » — la poudre blanche qu’on vient de décrire en introduction. Mot féminin.

Donc, « se faire rouler dans la farine », ça veut dire se faire avoir, se faire berner, se faire arnaquer. On dit aussi se faire duper ou se faire tromper.

Je vous donne un exemple concret. Faites attention aux taxis à Paris. Si vous êtes touriste et que vous arrivez à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, vous allez trouver beaucoup de taxis à la sortie. La plupart sont honnêtes — vous avez un compteur, vous voyez le prix monter au fil du trajet. Mais certains taxis malhonnêtes essaient de rouler dans la farine les touristes. Ils vous emmènent de Roissy jusqu’au centre de Paris et vous demandent 200 euros — c’est largement exagéré, ce n’est pas du tout le bon prix. Là, le taxi essaie de vous arnaquer. C’est ça, se faire rouler dans la farine.

D’où vient cette expression ? Elle date du XIXe siècle. À l’époque, les comédiens — les acteurs de théâtre — avaient pour habitude de se mettre de la farine sur le visage pour se déguiser, pour que le public ne les reconnaisse pas. C’était une forme de maquillage, de tromperie. Les comédiens faisaient croire au public qu’ils étaient quelqu’un d’autre. C’est de là qu’a dérivé l’expression « se faire rouler dans la farine » — avoir été trompé, avoir été dupé.

En anglais, on dit « to be cheated » ou « to be conned. » « To be cheated » peut aussi s’utiliser dans le contexte d’une infidélité amoureuse, mais dans un sens plus général, ça veut dire se faire tromper ou arnaquer — je vérifierai pour être sûr.

Demain, on verra l’expression « Décrocher la lune. » Merci beaucoup de m’avoir écouté. Vous pouvez me contacter sur Patreon ou YouTube — un petit commentaire, ça fait toujours plaisir. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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