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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. J’ai créé ce podcast basé sur les expressions françaises pour toutes les personnes qui souhaitent apprendre le français. Ces expressions peuvent être utilisées en toutes circonstances — et c’est ça qui fait leur intérêt. Aujourd’hui, en ce dimanche 27 avril 2025, on va étudier une expression qui est en fait une citation : « Tout vient à point à qui sait attendre. »
Comme d’habitude, le podcast est divisé en trois parties. D’abord, une petite introduction avec une anecdote personnelle. Ensuite, on va étudier un concept linguistique : la polysémie. Et enfin, on étudiera l’expression du jour.
Alors, l’anecdote. J’y ai pensé en tombant sur l’expression qu’on allait étudier — vous allez comprendre pourquoi. Je devais avoir 13 ou 14 ans. J’ai un neveu qui a huit ans de moins que moi, car ma sœur aînée a 12 ans de plus que moi. Elle est tombée enceinte à 20 ans, ce qui veut dire que j’avais 8 ans quand mon neveu est né — j’étais donc oncle à 8 ans. Mes parents, qui étaient ses grands-parents, le gardaient souvent, car ma sœur continuait ses études. Il a donc grandi en partie chez nous.
Un soir, mon neveu n’arrivait pas à s’endormir. Il m’appelle parce que j’étais à côté et me dit qu’il n’arrive pas à dormir. J’ai eu l’idée de prendre le réveil à aiguilles et de lui montrer. Il était environ 21h. Je lui montre le réveil et je lui dis : « Tu vois la grande aiguille et la petite ? Quand la petite sera en face du 8 — donc à 8h du matin — tu pourras te lever. » Je pensais que regarder le réveil allait l’hypnotiser et l’endormir. Je lui laisse le réveil, je sors de la chambre. Un quart d’heure, vingt minutes plus tard, il sort de son lit et vient me voir. Il devait avoir quatre ans à l’époque et ne savait donc pas encore lire l’heure. Il me dit : « Adrien, le réveil, il est cassé. Il y a que la grande aiguille qui bouge — la petite, elle bouge pas. » J’ai bien rigolé. Ma technique n’avait pas du tout fonctionné. Évidemment, en fixant un réveil en continu, on ne voit pas la petite aiguille bouger — elle avance trop lentement. J’aurais pu lui dire à ce moment-là : « Tout vient à point à qui sait attendre. » Mais je ne connaissais pas l’expression, et lui n’aurait de toute façon rien compris.
Maintenant, parlons de polysémie. Ce n’est pas une maladie ni une insulte — c’est juste un mot un peu technique pour dire quelque chose de simple. La polysémie, c’est quand un mot a plusieurs sens différents. Il y a quelques jours, on a parlé de sens propre et de sens figuré — c’est lié. Mais un mot peut aussi avoir un sens concret et un sens abstrait. Quelque chose de concret, c’est quelque chose de physique, qu’on peut toucher. Quelque chose d’abstrait, c’est une idée, un concept.
Je vous donne des exemples. Prenons le mot « piscine. » La piscine, c’est un bassin artificiel rempli d’eau où on nage — à la piscine municipale ou chez soi. Premier sens : « Je construis une piscine. » Là, vous allez creuser un trou, couler du béton ou poser une coque, et remplir d’eau. C’est l’objet physique. Deuxième sens : « Aujourd’hui, j’ai piscine. » Ça veut dire « je vais nager » ou « j’ai un cours de natation » — c’est l’activité. Ce sont deux sens différents pour le même mot. Le mot « piscine » est donc polysémique.
Autre exemple : le mot « avocat. » Vous connaissez ? Il a deux sens très différents. D’un côté, l’avocat est un fruit qui pousse en Amérique du Sud et dans certaines régions du Moyen-Orient ou d’Afrique. Il est noir ou vert à l’extérieur, vert et jaune à l’intérieur, avec un gros noyau. Moi, j’adore ça — avec du saumon ou des crevettes, c’est excellent. De l’autre côté, un avocat est une personne qui vous défend en justice. Si vous devez aller au tribunal, vous avez besoin d’un avocat. Même mot, deux sens radicalement différents.
La polysémie est beaucoup utilisée en français pour faire des blagues et des jeux de mots. Je vais vous en dire une — préparez-vous, elle est nulle. Pourquoi les livres ont-ils toujours chaud ? Parce qu’ils ont une couverture. Je vous explique : la couverture d’un livre, c’est l’extérieur qui le protège. Mais une couverture, c’est aussi ce qu’on utilise pour se tenir chaud la nuit, comme une couette. Donc les livres ont toujours chaud parce qu’ils ont une couverture. C’est mauvais, mais c’est un bel exemple de polysémie.
Et maintenant, l’expression du jour : « Tout vient à point à qui sait attendre. »
« Tout » — c’est un pronom indéfini. Il désigne toutes sortes de choses sans préciser lesquelles. Comme c’est une expression générale, une citation universelle, on ne précise pas ce qui va arriver. On dit simplement « tout. »
« Vient » — c’est le verbe « venir » conjugué au présent de l’indicatif, troisième personne du singulier. Je vous le conjugue en entier : « je viens, tu viens, il vient, nous venons, vous venez, ils viennent. »
« À point » — ça veut dire « en temps et en heure », « au bon moment. » D’ailleurs, « à point » s’utilise aussi pour parler de la cuisson d’une viande. En France, il y a cinq niveaux de cuisson : bleu — la viande est saisie à l’extérieur mais crue à l’intérieur — saignant, rosé, à point — la viande est bien cuite sans sang apparent — et bien cuit. Voilà, ça n’a rien à voir avec l’expression, mais je l’ai mentionné en passant.
« À » — c’est une préposition très fréquente en français. On lui consacrera un ou plusieurs podcasts un jour, car il y a beaucoup à dire sur les prépositions.
« Qui » — ici, c’est un pronom relatif qui a la fonction de sujet. Il désigne la personne dont on parle — quelqu’un, n’importe qui, vous, moi.
« Sait » — c’est le verbe « savoir » conjugué au présent. En entier : « je sais, tu sais, il sait, nous savons, vous savez, ils savent. »
« Attendre » — c’est un verbe à l’infinitif. Son premier sens, c’est patienter à un endroit — ne pas bouger, rester quelque part. D’ailleurs, chez le médecin, avant d’être reçu, vous êtes dans une « salle d’attente » — « attente » vient du verbe « attendre. » Et quand vous êtes chez le médecin, vous êtes un « patient » — le mot vient du verbe « patienter », qui veut aussi dire attendre. Ce qui dit bien qu’chez le médecin, on attend souvent. Ici, dans l’expression, « attendre » a un sens plus figuré — ce n’est pas attendre physiquement à un endroit, c’est être patient dans la vie, savoir laisser le temps faire les choses.
Donc, « Tout vient à point à qui sait attendre » veut dire : en étant patient, on finit par obtenir ce qu’on veut. Le temps permet de réaliser beaucoup de choses.
Une petite anecdote personnelle. Quand j’étais enfant et qu’on allait en vacances en Normandie, il y avait un casino dans la ville. J’avais très envie d’y entrer, mais en France, les casinos sont interdits aux moins de 18 ans. À 10, 12, 14 ans, je voulais voir ce que c’était. Eh bien, j’ai attendu, et j’y suis finalement allé — à 25 ans environ. À l’époque, on aurait pu me dire : « Tout vient à point à qui sait attendre » — c’est-à-dire, sois patient, tu pourras y aller un jour.
D’où vient cette citation ? J’ai trouvé deux sources sur internet — certains l’attribuent à François Rabelais, d’autres à Clément Marot. Comme les deux auteurs ont vécu au même siècle et sont morts à quelques années d’intervalle, il est difficile de trancher. On va donc l’attribuer aux deux.
En anglais, ça se dit « All things come to those who wait. »
Demain, c’est un épisode très spécial — l’analyse de la chanson « Basique » d’Orelsan, rappeur français. J’espère que ça vous plaira. N’hésitez pas à me le dire dans les commentaires. Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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