Claude François – Comme d’habitude

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Bonjour tout le monde et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. On se retrouve en ce dimanche — dimanche combien ? Dimanche 18 mai. Je ne sais même plus quel jour on est. En ce dimanche 18 mai, pour étudier une nouvelle chanson — pour vous la faire connaître, ou si vous la connaissez déjà, pour l’écouter ensemble et ensuite en étudier les paroles.

Cette chanson date de 1967. C’est une chanson qui parle de rupture amoureuse et qui s’appelle « Comme d’habitude. » Elle a été interprétée par Claude François — un artiste très connu, un chanteur français des années 60-70. Et cette chanson a ensuite été rachetée — les droits ont été achetés par Paul Anka pour l’adapter aux États-Unis. Paul Anka a interprété cette chanson avec des paroles en anglais, puis elle a été popularisée mondialement par Frank Sinatra sous le titre « My Way. » La chanson de Frank Sinatra « My Way », si vous ne le saviez pas, a pour origine cette chanson de Claude François, « Comme d’habitude. »

Alors, on va écouter la chanson ensemble et après, on va faire — eh bien, c’est le cas de le dire — comme d’habitude : pour chaque passage, on va l’écouter et je vais vous l’expliquer. On écoute Claude François, et après, je reviens avec vous.

(Chanson)

Alors, est-ce que vous connaissiez cette chanson ? Est-ce que vous l’aviez déjà entendue ? Ou peut-être connaissez-vous la chanson de Sinatra, « My Way » ? Alors, je vous ai dit que cette chanson parlait de rupture amoureuse. Eh bien, elle parle de la rupture entre Claude François et une autre chanteuse française qui s’appelle France Gall. On n’a pas encore étudié de chansons de France Gall, mais c’est prévu. Elle a interprété beaucoup de tubes — donc, évidemment, je vous en parlerai peut-être au mois de juin ou juillet. Je n’ai pas encore décidé.

Alors, on va reprendre la chanson depuis le début. Est-ce que vous avez compris des choses ? Est-ce que vous n’avez rien compris ? C’est possible aussi. On va passer les paroles par groupes de lignes et je vais vous expliquer de quoi ça parle.

On ne va pas faire ligne par ligne, sinon on y est encore demain — on va faire quelques lignes à la fois.


Premier extrait : Je me lève et je te bouscule / Tu ne te réveilles pas / Comme d’habitude.

Donc, il est dans son lit avec sa compagne, et il dit « je me lève et je te bouscule. » Dans ce mot « bousculer », on comprend que c’est sans faire exprès — c’est en se levant qu’il a un peu fait bouger l’autre. Mais elle ne se réveille pas. « Comme d’habitude » — c’est comme toujours, comme tous les jours. Une habitude, c’est quelque chose qui revient continuellement. Par exemple, moi, j’ai pour habitude maintenant d’enregistrer un podcast tous les jours — je le fais par plaisir, mais c’est devenu une habitude. Donc, on comprend qu’il se lève, la bouscule sans le vouloir, et elle ne se réveille pas — comme tous les jours.


Deuxième extrait : Sur toi, je remonte le drap / J’ai peur que tu aies froid / Comme d’habitude.

Le drap, c’est ce qui nous couvre quand on dort. Il remonte le drap et la couverture sur les épaules de sa compagne pour qu’elle n’ait pas froid — comme d’habitude, comme toujours.


Troisième extrait : Ma main caresse tes cheveux / Presque malgré moi / Comme d’habitude.

Il passe la main dans les cheveux de sa femme d’une manière tendre. Et après, « presque malgré moi » — « malgré moi » veut dire c’est comme si c’était quelque chose qu’il ne voulait pas faire. C’est quelque chose qu’il fait inconsciemment, de manière mécanique, sans vraiment le vouloir. Ici, on commence à comprendre qu’il y a un problème entre les deux personnes. C’est presque contre sa volonté qu’il caresse les cheveux de sa femme.


Quatrième extrait : Mais toi, tu me tournes le dos / Comme d’habitude.

Imaginez qu’il est assis au bord du lit, il caresse les cheveux de sa femme, lui remonte la couverture — et elle, elle lui tourne le dos. Il voit son dos, mais pas son visage. Ça montre bien qu’il y a un problème dans le couple — et c’est ce qu’on va voir ensuite.


Cinquième extrait : Et puis, je m’habille très vite / Je sors de la chambre / Comme d’habitude.

Après avoir vu que sa femme lui tourne le dos, il s’habille très vite — comme s’il avait envie de sortir rapidement de la chambre — et il sort, comme tous les jours, comme d’habitude.


Sixième extrait : Tout seul, je bois mon café / Je suis en retard / Comme d’habitude.

« Tout seul » — ça montre qu’il se sent triste, qu’il est seul. Sa femme est restée dans le lit. Ils sont l’un à côté de l’autre, mais ils vivent des vies parallèles, comme séparés. Il boit son café seul, il est en retard — comme d’habitude.


Septième extrait : Sans bruit, je quitte la maison / Tout est gris dehors / Comme d’habitude / J’ai froid, je relève mon col / Comme d’habitude.

Il a bu son café, il est en retard, il s’en va. « Sans bruit » — il part discrètement. « Tout est gris dehors » — le ciel est gris, il ne fait pas beau, il y a des nuages. Sa matinée triste se prolonge dehors avec ce ciel maussade. Il a froid et il relève son col — le col, c’est la partie haute du vêtement, du manteau ou de la chemise. Il relève son col contre le froid et il part.


Huitième extrait : Comme d’habitude, toute la journée / Je vais jouer à faire semblant.

« Toute la journée » — du matin au soir. Il va travailler et « jouer à faire semblant d’aller bien. » « Faire semblant », ça veut dire montrer aux autres quelque chose qui n’est pas vrai. Et « jouer » ici, ce n’est pas jouer à un jeu — c’est jouer comme un acteur de théâtre ou de cinéma, jouer la comédie. Donc, au travail, il va faire semblant d’aller bien, ne pas montrer qu’il va mal.


Neuvième extrait : Comme d’habitude, je vais sourire / Oui, comme d’habitude, je vais même rire.

Il va sourire, il va rire aux autres, alors qu’au fond de lui, tout va mal. Au fond de lui, c’est quelqu’un de triste, qui n’est pas heureux.


Dixième extrait : Comme d’habitude, enfin je vais vivre / Oui, comme d’habitude.

Il va rire, il va sourire — en conclusion, il va continuer à vivre comme d’habitude, comme tous les jours, malgré la douleur qui est en lui.

Ce qui est intéressant dans cette chanson, c’est qu’il n’y a pas vraiment de couplets et de refrains séparés. D’ordinaire, dans les chansons, vous avez des couplets différents et un refrain qui revient régulièrement. Ici, c’est une histoire du début à la fin, et les paroles ne sont jamais les mêmes — sauf « comme d’habitude » qui revient constamment.


Onzième extrait : Et puis le jour s’en ira / Moi, je reviendrai / Comme d’habitude.

Le jour s’en ira — la journée se termine, la nuit arrive. Il était parti le matin, il rentre chez lui le soir — comme d’habitude.


Douzième extrait : Toi, tu seras encore sortie / Pas encore rentrée / Comme d’habitude.

Il rentre chez lui à la fin de la journée, mais il est seul. Sa femme est sortie, elle n’est pas encore rentrée. Il rentre, il n’y a personne.


Treizième extrait : Tout seul, j’irai me coucher / Dans ce grand lit froid / Comme d’habitude.

Il va se coucher tout seul dans ce grand lit froid. Les adjectifs « grand » et « froid » accentuent l’idée qu’il est seul. Le lit est trop grand pour lui, et froid — car quand on dort avec quelqu’un, on se tient chaud, on se colle l’un à l’autre. Mais lui se couche seul dans un lit froid, comme d’habitude.


Quatorzième extrait : Mais les larmes, je les cacherai / Comme d’habitude.

Il va pleurer, mais il va cacher ses larmes. En général, les hommes se cachent pour pleurer — et bien ici, c’est ça. Il cache ses larmes.


Quinzième extrait : Mais comme d’habitude, même la nuit / Je vais jouer à faire semblant.

Plus tôt dans la chanson, il avait dit « toute la journée, je vais jouer à faire semblant. » Il va faire semblant d’aller bien au travail. Et ici, il dit « même la nuit » — aussi la nuit, je vais faire semblant d’aller bien, je vais montrer que je vais bien alors que je vais mal. Donc, vous voyez — c’est une chanson triste sur un couple qui vit une routine, qui ne se parle plus, qui ne se croise plus vraiment, et cet homme est triste de la situation.


Seizième extrait : Comme d’habitude, tu rentreras / Oui, comme d’habitude, je t’attendrai.

Il est seul dans le lit, et sa femme rentre. Il l’attend — comme d’habitude.


Dix-septième extrait : Oui, comme d’habitude, tu me souriras.

Elle monte dans la chambre, elle lui fait un sourire — comme d’habitude.


Dix-huitième extrait : Tu te déshabilleras / Oui, comme d’habitude / Tu te coucheras / Oui, comme d’habitude / On s’embrassera / Comme d’habitude.

Sa femme rentre, elle enlève ses vêtements, elle se couche près de lui, ils s’embrassent — comme d’habitude, comme tous les jours. Et la suite…


Derniers extraits : Oui, comme d’habitude, on fera semblant / Comme d’habitude, on fera l’amour.

« On fera semblant » — lui et elle font semblant d’être ensemble, de former un vrai couple. Lui ne veut plus de cette situation, ou c’est elle, ou c’est les deux. En tout cas, ils font semblant. Ils ne vont pas bien, mais ils prétendent qu’ils vont bien. Et « comme d’habitude, on fera l’amour » — ils vont avoir un rapport sexuel, faire l’amour — mais en faisant semblant.

À la fin de la chanson, les phrases « comme d’habitude » et « faire semblant » reviennent de plus en plus souvent. On comprend bien que la chanson décrit la vie d’un couple sur le point de se séparer — un couple qui fait semblant, qui n’a plus que des apparences.

Ce qui est intéressant, c’est que quand Claude François enregistre cette chanson, il vient tout juste de se séparer de sa compagne, France Gall. Cette chanson est donc très personnelle pour lui, et il arrive à faire passer des émotions authentiques dans sa voix.


Et voilà, on a terminé l’étude de cette chanson. J’espère que ça vous a plu. Je vais vous la remettre en entier dans quelques instants si vous voulez la réécouter. Si vous avez des chansons françaises que vous aimez, n’hésitez pas à m’envoyer un message à françaisfacileadrien@gmail.com — je me ferai un plaisir d’étudier ces chansons avec vous et d’en détailler les paroles.

D’ailleurs, je voulais remercier Marie, qui vient d’Allemagne, qui m’a envoyé un petit mail pour me demander si je pouvais faire des chansons de Disney en version française. Je trouve que c’est une très bonne idée — les chansons Disney, tout le monde en connaît l’air, mais vous ne connaissez certainement pas la version française, vous connaissez la version dans votre langue. Donc, merci Marie pour cette proposition que j’accepte avec plaisir. Dans dix jours, on se retrouvera pour l’étude d’une chanson du Roi Lion : « Hakuna Matata. »

Merci beaucoup de m’avoir écouté. À demain pour une nouvelle expression française — et je vous laisse avec Claude François, « Comme d’habitude. » À bientôt !

(Chanson)


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