« Comme ci comme ça » et le passé antérieur

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, bonsoir, bon après-midi. Je ne sais pas à quel moment vous allez écouter ce podcast. En tout cas, j’espère que vous allez bien et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui — jour de gloire ou jour de déprime — ce soir, c’est la finale de la Ligue des Champions de football. Je supporte le PSG, donc je prie et j’espère de tout cœur que le PSG gagne ce soir. On verra ça dans le podcast de demain. Si je suis tout content, si je fais la fête, on aura gagné. Si je n’en parle pas, si c’est la déprime, eh bien vous le saurez — on aura perdu. Mais aujourd’hui, je ne voulais pas vous parler de ça.


1) Les frères Lebrun

Aujourd’hui, je voulais vous parler de ping-pong — ou plutôt de tennis de table. Le ping-pong, c’est un sport qu’on pratique avec des raquettes, une balle et une table — une table de ping-pong. Je vous en parle parce que depuis quelques années, il y a deux frères qui sont des stars dans ce sport, et ces deux frères sont français. Je ne sais pas si vous les connaissez, si vous en avez déjà entendu parler, mais ils s’appellent les frères Lebrun — Alexis Lebrun et Félix Lebrun.

Moi, je regarde les compétitions de ping-pong sur YouTube, diffusées d’ailleurs par RMC Sport — merci RMC de les diffuser gratuitement. Je me suis mis à regarder ces compétitions peut-être un an avant le début des Jeux Olympiques de Paris, donc aux alentours de 2023. Aujourd’hui, ces deux frères ont 18 et 21 ans — ils sont donc très jeunes. Ils sont déjà, et le seront encore plus, la relève du ping-pong français. Actuellement, Félix Lebrun, le plus jeune, est sixième joueur mondial, et Alexis Lebrun, le plus âgé avec ses 21 ans, est neuvième joueur mondial. Je ne sais pas si vous imaginez le niveau des deux frères — c’est stratosphérique, c’est incroyable.

D’ailleurs, j’avais entendu une anecdote marrante à ce sujet. Je ne sais pas si vous le savez, mais en Chine, le tennis de table est le sport national — comme le football en France, le football américain aux États-Unis, ou le baseball au Japon. En Chine, c’est le ping-pong. Ça fait des dizaines d’années que les Chinois sont les meilleurs du monde dans ce sport — tout simplement parce que c’est le sport le plus connu et le plus suivi là-bas. Les frères Lebrun sont maintenant très connus en Chine. En tant que 6e et 9e joueurs mondiaux, ils y sont de véritables célébrités.

Ils avaient d’ailleurs raconté une anecdote : ils étaient en Chine pour un tournoi de tennis de table — le WTT ou le Smash d’une ville, je ne me souviens plus laquelle, peu importe. Après leurs matchs, ils ont voulu aller faire des courses dans un centre commercial, acheter des vêtements. Au bout de dix minutes, il y avait tellement de monde autour d’eux, tellement de Chinois qui voulaient prendre des photos et obtenir des autographes, qu’ils ont dû se faire escorter à l’extérieur par la police pour éviter un mouvement de foule. Vous imaginez leur notoriété là-bas. Moi, je les connais de visu, je les vois jouer, donc dans la rue je les reconnaîtrais. En France, grâce aux Jeux Olympiques de Paris, beaucoup de Français les connaissent maintenant. Mais en Chine, ce sont des stars nationales — et ça, c’est assez marrant. D’ailleurs, les Chinois leur ont donné un surnom rigolo : Alexis et Félix portent tous les deux des lunettes, donc ils les ont surnommés « les frères lunettes. » C’est assez mignon comme surnom.

Et avec ça, on a fini notre petite introduction du jour sur le ping-pong. Ce soir, c’est match de foot — demain, on verra le résultat.


2) Astuce du jour : les temps — le passé antérieur

On va continuer notre série sur les temps en français. Hier, on a parlé du plus-que-parfait — un temps qu’on emploie pour désigner une action qui se passe avant l’imparfait. Aujourd’hui, on va parler du passé antérieur. C’est un peu le même principe que le plus-que-parfait, mais pour le passé simple. Il faut savoir que c’est un temps très peu utilisé à l’oral — il est surtout utilisé à l’écrit, dans les livres.

Le fonctionnement est le même que le plus-que-parfait, sauf qu’on conjugue l’auxiliaire au passé simple et non à l’imparfait. Hier : auxiliaire à l’imparfait + participe passé. Aujourd’hui : auxiliaire au passé simple + participe passé.

Pour visualiser, reprenons notre ligne de temps. Le présent, c’est maintenant. À droite, le futur. À gauche, les actions passées. Le passé simple est à ma gauche, et le passé antérieur est encore plus à gauche — c’est donc une action encore plus ancienne que le passé simple.

On emploie le passé antérieur pour situer un événement qui se produit avant le passé simple, et on l’utilise souvent avec des expressions comme « aussitôt que », « dès que » ou « une fois que. »

Comment le construire ? Auxiliaire au passé simple + participe passé. Il faut donc savoir conjuguer « avoir » et « être » au passé simple.

« Avoir » au passé simple : « j’eus, tu eus, il eut, nous eûmes, vous eûtes, ils eurent. » « Être » au passé simple : « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes, ils furent. »

Je sais que ces formes sont peu courantes à l’oral, mais pour le passé antérieur, elles sont indispensables.

Pour le choix entre « avoir » et « être » — c’est la même règle qu’hier. Dans la majorité des cas, on emploie « avoir. » On emploie « être » avec les verbes de mouvement ou de changement d’état — comme « revenir », « partir », « tomber », « retourner » — et avec les verbes pronominaux — « se tromper », « se lever », « se garer », « se souvenir », etc.

Pour les accords du participe passé, je vous invite à écouter le podcast 67 : « Avoir un poil dans la main. »

Je vous donne maintenant des exemples.

« Dès qu’il eut sorti ses affaires, la professeure arriva pour le contrôle. » Dans la deuxième partie, « arriva » est au passé simple. Dans la première partie, on a « dès que » suivi du passé antérieur : « eut sorti » — « eut » est l’auxiliaire « avoir » au passé simple, « sorti » est le participe passé.

« Lorsqu’elle fut partie, il sauta de joie dans sa chambre. » Première partie : passé antérieur — « fut partie » — « fut » est l’auxiliaire « être » au passé simple, « partie » est le participe passé accordé avec le sujet féminin. Deuxième partie : passé simple — « sauta. »

On peut aussi avoir le passé simple en premier et le passé antérieur ensuite : « La voiture se gara, mais avant, l’homme eut pris soin de vérifier s’il y avait de la place. » Le passé antérieur « eut pris soin » est en deuxième partie.

Et voilà — vous savez maintenant ce qu’est le passé antérieur. La différence entre en avoir entendu parler et savoir le conjuguer spontanément est assez importante, mais ça viendra au fil des mois et des années.


3) Expression du jour : « Comme ci, comme ça »

Et tout de suite, on passe à l’expression du jour : « Comme ci, comme ça. » C’est une expression un peu oubliée aujourd’hui, mais que je trouve sympa. Si vous dites « comme ci, comme ça » à un Français, il comprendra immédiatement. Ça veut dire « ça va moyen » — ni bien ni mal. C’est bof, c’est quelque chose de moyen. Quand on vous demande comment vous allez et que vous répondez « comme ci, comme ça », ça veut dire que vous n’êtes ni en forme ni trop fatigué — vous êtes bof. C’est ça que ça veut dire.

« Comme » — c’est un adverbe dont on a déjà parlé. On peut souvent le remplacer par « ainsi que » ou « de la même manière que », mais ici, on garde « comme. »

« Ci » — dans l’expression, c’est un pronom qui désigne « ceci. » Et « ça » désigne « cela. » On pourrait dire « comme ceci, comme cela », mais on dit plutôt « comme ci, comme ça. »

« Ceci » et « cela », c’est pour désigner quelque chose qu’on montre. Ici, on ne montre rien, mais l’idée est qu’il y a des hauts et des bas. On peut être bien et pas bien. On est moyen, bof bof. On peut aussi l’utiliser pour parler de quelque chose d’autre que soi. Si je vous demande : « Alors, la soirée d’hier, elle était comment ? » Et que vous répondez « comme ci, comme ça », ça veut dire qu’il y a eu de bons moments et des moments moins bons.

Autre exemple : « Comment vas-tu ce matin ? Bof, comme ci, comme ça. » Tout n’est pas rose — votre vie est un peu compliquée, vous n’avez pas le moral. Et encore un exemple : « Le plat que tu as mangé à midi, il était comment ? Comme ci, comme ça. » Ce n’était pas très bon — c’était bof, moyen, sans plus. On pourrait dire aussi « ça ne casse pas trois pattes à un canard » — une expression qu’on a déjà vue en début d’année, je crois en janvier ou février.

Ce qui est marrant, c’est que cette expression peut aussi se traduire par un geste. Il y a quelques jours, on a fait une série de podcasts sur les signes en français. Eh bien, « comme ci, comme ça », c’est le signe où vous mettez la main devant vous et vous la faites tourner autour d’un axe imaginaire passant par le troisième doigt — le majeur reste relativement immobile et les autres doigts basculent d’un côté puis de l’autre. Ce signe veut dire « bof, bof, comme ci, comme ça. »

Cette expression vient de l’italien — en italien, on dit « così così. » C’est un peu comme l’expression étudiée il y a quelques jours, « qui va lentement va sûrement », dont l’équivalent italien est « chi va piano, va sano. » Deux expressions en quelques jours qui viennent de l’italien. Ça montre bien qu’en Europe, les langues se mélangent. Évidemment, l’anglais, l’allemand, l’espagnol et le français sont très différents, mais ces langues empruntent toutes des mots les unes aux autres. Et ça, je trouve que c’est très bien — ça permet de faire vivre notre langue, de la faire évoluer. C’est ça une langue vivante : une langue qui change avec son temps.

En anglais, on dit « so so. » « How are you? So so. » — ça veut dire moyen.

On va arriver à la fin du podcast. Vous pouvez me retrouver sur YouTube pour me laisser un petit commentaire — ce sera avec plaisir. Sur Patreon, vous retrouvez tous les lundis à 8h les contes et légendes de la mythologie japonaise. Et demain, on va étudier une expression encore plus ancienne, encore plus désuète, encore moins utilisée — mais si vous l’utilisez en tant qu’étranger, ça va être magnifique. Cette expression, c’est « Se croire sorti de la cuisse de Jupiter. » Je vous parlerai de tout ça demain. Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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