« Être comme un coq en pâte » et la ponctuation, les points de suspension

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. J’ai créé ce podcast basé sur les expressions françaises pour toutes les personnes qui souhaitent apprendre le français. Ces expressions peuvent être utilisées en toutes circonstances — et c’est ça qui fait leur intérêt. Aujourd’hui, on est le samedi 10 mai 2025 et je vais vous parler d’un plat — ou plutôt d’une préparation — typique de la cuisine française : le pâté en croûte. Ensuite, on continuera notre série sur la ponctuation avec les points de suspension. Et en fin de podcast, on parlera de l’expression « Être comme un coq en pâte. »

Alors, est-ce que vous connaissez le pâté en croûte ? C’est une recette qui date du Moyen Âge. À l’époque, on mélangeait de la viande avec du pain et des légumes, et la croûte — l’extérieur — ne se mangeait pas. Elle servait de moule de cuisson. À partir du XVIIe siècle, les Français ont créé un pâté en croûte dont la croûte se mange aussi. Aujourd’hui, le pâté en croûte, c’est en gros un cœur composé de viande, de légumes, de charcuterie, de fruits secs et de ce qu’on veut, entouré d’une croûte épaisse à base de farine de blé, le tout cuit dans un moule à cake. Une fois terminé, il a donc une forme allongée avec des côtés droits — comme un cake. Vous pouvez le préparer avec toutes sortes de volailles, de viandes, de fruits secs, d’alcool.

Pourquoi le pâté en croûte est-il une recette de la tradition française ? Parce que l’intérêt de cette préparation, c’est que l’humidité et les arômes des ingrédients sont emprisonnés dans la croûte lors de la cuisson. Toutes les saveurs restent à l’intérieur, rien ne s’échappe avec la vapeur. C’est généralement une recette très savoureuse.

C’est aussi une recette très technique et difficile à réaliser. Il y a eu une période — disons des années 1960 aux années 2000 environ — où le pâté en croûte n’était plus vraiment à la mode. Les Français l’aimaient toujours, mais il n’y avait pas l’engouement qu’on observe aujourd’hui. Aujourd’hui, à Paris, il existe des boutiques entièrement dédiées au pâté en croûte — au porc, au lapin, à la volaille. J’en connais une dans le 7e arrondissement, et il y en a d’autres dans Paris. Le pâté en croûte est devenu un véritable art.

Il y a même un Championnat du Monde de Pâté-Croûte — on dit maintenant « pâté-croûte » plutôt que « pâté en croûte », je ne sais pas trop pourquoi. Et ce qui est remarquable, c’est que sur les dix dernières années, ce championnat a été remporté six fois par des Japonais. Six années sur dix, ce sont des Japonais qui ont gagné. On aurait pu s’attendre à une domination française, mais non — ce sont les Japonais qui dominent. Si vous voulez essayer cette recette, vous pouvez aller chercher sur internet — il y en a beaucoup de différentes. Il faut des ustensiles spécifiques, mais l’aventure vaut le coup.


Et maintenant, on continue notre série sur la ponctuation. Aujourd’hui, on parle des points de suspension — ou, comme on dit quand on est enfant, les trois petits points.

Pourquoi « de suspension » ? Parce que quand on utilise ces trois points, la phrase reste en suspens — comme si elle n’était pas finie. Il y a deux ou trois ans, un livre entier a été publié sur le sens et les usages des points de suspension. Je ne vais pas tout couvrir, mais voici les trois principaux emplois.

Premier emploi : exprimer un sous-entendu. Un sous-entendu, c’est quand vous ne finissez pas votre phrase, mais que l’autre personne comprend quand même. Exemple : vous mangez chez un ami qui vous a cuisiné quelque chose. Il vous demande « Alors, t’aimes bien ? » et vous répondez « Oui, mais… » — et vous vous arrêtez. À l’écrit, on mettrait trois points de suspension après « mais. » Dans ce « oui, mais… », la personne en face comprend que vous n’aimez pas vraiment. Vous ne finissez pas votre pensée, mais le sous-entendu est clair.

Deuxième emploi : l’hésitation. Dans ce podcast, il m’arrive souvent de chercher mes mots, de me tromper, de corriger. Pour retranscrire cette hésitation à l’écrit, on utilise les points de suspension. Quand je cherche un mot et que je dis « alors, comment on dit ça en français… », les trois points traduisent le temps de réflexion, le silence de l’hésitation.

Troisième emploi : remplacer « etc. » dans une liste. Quand vous énoncez une liste et que vous ne voulez pas tout détailler, vous pouvez utiliser « etc. » ou des points de suspension. Exemple : « Voici les méthodes pour apprendre une langue : lire des livres, lire des BD, écouter des podcasts, regarder des films… » Les points de suspension indiquent que la liste continue — qu’il y a d’autres choses.

Quelques règles à retenir : il faut toujours exactement trois points — ni deux, ni quatre. On met un espace après, mais pas d’espace avant. Pour la majuscule après les points de suspension, ça dépend : si la phrase n’est pas terminée (hésitation), pas de majuscule. Si les points concluent une liste et que la phrase est finie, on met une majuscule à la phrase suivante. Enfin, on peut combiner les points de suspension avec d’autres signes : « …! » ou « …? » par exemple.


Et maintenant, l’expression du jour : « Être comme un coq en pâte. »

« Être » — on va le conjuguer à trois temps. Au présent : « je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont. » À l’imparfait : « j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez, ils étaient. » Au passé simple : « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes, ils furent. » Le passé simple est de moins en moins utilisé à l’oral, mais vous le rencontrerez souvent dans les livres et les bandes dessinées — c’est important de le connaître.

« Comme » — de la même manière que.

« Un coq » — c’est le mâle de la poule, l’animal de la basse-cour qui chante au lever du soleil. Parfois même en pleine nuit, d’ailleurs. C’est aussi l’emblème de la France — sur les maillots des sportifs français, il y a un coq.

À ce propos, je vais vous raconter une blague de Coluche. Coluche, c’est un humoriste français décédé dans les années 1980 dans un accident de moto — il était très drôle. En France, on fait beaucoup de blagues sur les Belges — on les taquine en faisant semblant de les croire un peu bêtes, ce qui n’est évidemment pas le cas. Et eux nous font des blagues sur notre arrogance — pas entièrement faux. Dans son spectacle, Coluche prenait l’accent belge et posait la question suivante : « Vous savez pourquoi le coq est l’emblème de la France ? » Réponse : « Parce que c’est le seul animal qui arrive à chanter les pieds dans la merde. » Je vous explique : dans une basse-cour, il y a beaucoup de boue et de déjections de poules. Le coq a souvent les pieds dans la boue — et pourtant, il chante, il est fier et joyeux. Comme les Français, qui peuvent être dans une situation économique, sociale ou démographique difficile, mais qui arrivent quand même à être fiers. C’est très français, ça.

« En pâte » — et là, attention, ce n’est pas la même chose que « pâté. » « Pâte » ici est l’ancien nom d’un panier. « Être comme un coq en pâte » veut donc dire « être comme un coq dans un panier. » Pourquoi ? Parce qu’à l’époque, les coqs étaient considérés comme un symbole de richesse. On les présentait à des concours, on pouvait gagner de l’argent grâce à eux. Le coq était soigné, choyé, dorloté par le paysan qui en tirait une source de revenus importante. Il avait sa petite place, son petit panier. Il était traité comme un roi.

De là vient l’expression. « Être comme un coq en pâte » veut dire avoir une vie sans problème, une vie confortable, ne manquer de rien — vivre la belle vie. Comme la personne qu’on voit sur l’image que j’ai créée pour le podcast : allongée dans un transat sur la plage avec une boisson à la main, face au soleil couchant. Lui, il est comme un coq en pâte. On peut dire aussi « heureux comme un coq en pâte » ou « vivre comme un coq en pâte. »

Ce qui est amusant, c’est que l’équivalent varie selon les langues. En anglais, on dit « happy as a clam at high tide » — « heureux comme une palourde à marée haute. » Une palourde, c’est un coquillage — à marée haute, elle est dans l’eau et heureuse. En allemand, on dit « vivre comme un ver dans la viande » — le ver qui se nourrit de viande est comblé. Différentes images, même idée.

Demain, on étudiera l’expression « Rendre à César ce qui appartient à César. » Vous pouvez me contacter sur YouTube ou Patreon — j’en serai très heureux. Mon adresse mail est françaisfacileadrien@gmail.com. Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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