« Être le dindon de la farce » et les gestes de la main 4/7

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. On est aujourd’hui le lundi 19 mai. C’est le début de la semaine. Alors, haut les cœurs, soyez heureux, allez travailler et comme ça, le monde ira mieux — n’importe quoi… Aujourd’hui, on se retrouve pour parler d’une expression qui est « Être le dindon de la farce. » Est-ce que vous savez ce que c’est qu’un dindon ? Un dindon, c’est un animal, c’est une volaille. Le mâle, c’est le dindon et la femelle, c’est la dinde. Et la dinde, c’est la volaille que les Américains mangent tous les ans lors de Thanksgiving.

En France, on mange plutôt de la dinde à Noël, ou on peut aussi manger un chapon. Un chapon, c’est un gros poulet — un très gros poulet qui va se rapprocher de la taille d’une dinde. Par contre, je crois qu’on ne mange pas de dindon. En tout cas, il ne me semble pas avoir vu du dindon sur les étals des bouchers. Non, je ne crois pas. Peut-être parce que la viande est trop dure. Comme on mange du poulet et de la poule mais rarement du coq — sauf dans une recette française qui s’appelle le coq au vin, où on fait cuire le coq longtemps parce que sa viande est dure — peut-être que c’est pareil pour le dindon. Peut-être que la viande de dindon est trop dure pour être mangée facilement.

En tout cas, c’est une volaille. On retrouve ce couple — la dinde et le dindon — dans la basse-cour. Ces deux animaux sont moins sociables que les poules. Les poules, c’est adorable — j’en avais à une période et elles nous donnaient des œufs tous les jours, c’était top. En tout cas, aujourd’hui, on ne parle pas des poules, on parle des dindons. Alors, le dindon, c’est une grosse volaille avec des plumes sur le corps, de grandes plumes à l’arrière, pas de plumes sur la tête — la tête est chauve, on peut dire, dégarnie. Et c’est assez spécial, cette bête, cet animal, car il a une espèce de gros truc rouge qui tombe du cou. Je ne sais pas comment ça s’appelle, mais c’est pas très joli. Après, chaque animal est différent, mais subjectivement, un dindon, c’est pas très beau.

D’ailleurs, « dindon » peut aussi être une insulte pour dire à quelqu’un qu’il est bête. Parce que l’animal n’est pas très beau, parce qu’il n’est pas joli, on pense que le dindon est stupide — alors que peut-être pas, je n’en sais rien. En tout cas, c’est aussi une insulte. L’expression du jour, c’est « Être le dindon de la farce. »

Mais avant ça, on va continuer notre petite série sur les signes. Aujourd’hui, en astuce de français du jour, on a déjà fait 8 signes — alors, attendez que je vérifie — oui, 8 signes, et on va en faire 4 autres aujourd’hui.

Le premier signe veut dire « on s’en va, allons-y, on se barre » — un peu plus familier. En tout cas, c’est pour signifier qu’il faut partir. Alors, comment vous l’expliquer ? Avec votre main gauche ou droite, vous allez tapoter sur l’autre poignet — sur l’autre main. Les deux mains se rejoignent, le poignet et la main. Ça fait ce bruit-là. Donc, vous êtes debout, avec votre main gauche, vous tapotez sur le poignet de votre main droite. Ça veut dire « on s’en va. » Si vous avez un doute, tapez sur internet « signe français on s’en va » ou « signe français partir », vous trouverez.

Le deuxième signe, vous pouvez l’utiliser pour dire à quelqu’un « c’est trop, c’est abusé, tu en fais trop, c’est vraiment pas possible » — quelque chose qui va trop loin. Pour faire ce signe, vous prenez votre main et vous la secouez de haut en bas. Je le fais là, mais évidemment, ça ne fait pas de bruit. Votre bras bouge un peu, mais c’est surtout votre main qui va bouger de haut en bas comme si elle était molle — ce sont les muscles du poignet et du bras qui travaillent, pas les muscles de la main. Quand vous faites ça à quelqu’un, ça veut dire « ça va trop loin, c’est pas possible, c’est trop. »

Le troisième signe veut dire « tais-toi. » On dit aussi « la boîte à camembert » pour désigner la bouche — je ne sais pas pourquoi, je vais me le noter comme expression. Et la version plus grossière, presque une insulte, c’est « ferme ton claquemerde » — le claquemerde, c’est la bouche. « Ferme ta bouche, ferme ta gueule. » Pour faire ce signe, vous levez une main à côté de votre visage, vous tendez les quatre doigts à partir de l’index, et vous rapprochez ces quatre doigts du pouce — comme une bouche qui se ferme. Ensuite, vous écartez les doigts du pouce, puis vous recommencez — comme une bouche qui s’ouvre et se ferme plusieurs fois. Ça veut dire « la ferme, tais-toi. »

Le quatrième signe veut dire « c’est fini, c’est terminé, stop. » Vous commencez avec les bras en croix — votre bras gauche à hauteur de la poitrine, et votre bras droit devant le bras gauche, formant un X. Puis vous écartez les deux bras de chaque côté, vous défaites la croix. Quand vous faites ça, ça veut dire « c’est fini, on arrête. » C’est un peu difficile à décrire, mais vous pouvez le rechercher sur internet.

Je pense que si vous comprenez le français en majeure partie, vous allez suivre. Mais si vous êtes débutant, vous aurez peut-être du mal. En tout cas, ça fait toujours du bien d’écouter du français — plus vous vous y exposez, plus vous progressez, et c’est ça qu’il faut garder en tête.


Et maintenant, on passe à l’étude de l’expression du jour : « Être le dindon de la farce. »

« Être » — on en a déjà parlé beaucoup. On va conjuguer à l’imparfait et au passé composé. À l’imparfait : « j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez, ils étaient. » Au passé composé : « j’ai été, tu as été, il a été, nous avons été, vous avez été, ils ont été. » Je pense qu’un jour, je ferai une série de podcasts sur chaque temps en français — à quel moment employer tel ou tel temps, et comment les reconnaître à l’écoute. Mais ce n’est pas pour tout de suite.

« Le dindon » — on en a parlé en introduction. C’est une grosse volaille, la tête chauve, un gros morceau de peau rouge qui tombe du cou. Je vais essayer d’imiter son cri. Ça va être rigolo. Un dindon, ça fait à peu près ce bruit-là. Pas du tout. Voici le vrai cri du dindon… Franchement, je ne suis pas loin. Bon, allez, on continue.

Il nous reste trois mots : « de la farce. » « De » ici signifie l’appartenance. C’est le dindon appartenant à la farce, participant à la farce. Quelques exemples avec le même « de » : « un père de famille » — c’est le père appartenant à une famille. « Une vache de ferme » — c’est la vache appartenant à la ferme. Ici, c’est le dindon de la farce.

Et la farce — il y a trois sens possibles.

Premier sens : une pièce de théâtre comique. Dans une farce, on se moque de certains personnages. On appelle ces personnages des bouffons. Et c’est ce sens-là qui donne l’expression. Le dindon de la farce vient du XVIIIe siècle. À l’époque, il y avait des spectacles de rue dans lesquels des dindons étaient placés sur une plaque de métal chauffée. Ces malheureuses bêtes sautaient pour éviter de brûler. Les gens mettaient de la musique et riaient en regardant ces dindons sauter — les voir se faire torturer. C’est horrible, et heureusement que ça n’existe plus. C’est de là que vient l’expression : être le dindon de la farce, c’est se faire avoir par les autres, se faire arnaquer, se faire duper.

Deuxième sens : la farce en cuisine. C’est ce qu’on met à l’intérieur de quelque chose dans une recette. Les tomates farcies, par exemple — des tomates avec une farce à l’intérieur, à base de viande, de légumes, d’herbes aromatiques. Et il y a aussi une spécialité du Sud-Est de la France qu’on appelle les petits farcis — des légumes farcis avec de la viande. Le verbe correspondant, c’est « farcir. »

Troisième sens : une farce, c’est une blague qu’on fait à quelqu’un. Je vous ai parlé du 1er avril et des poissons d’avril — la tradition, c’est de faire des farces. Les enfants collent un poisson en papier dans le dos de quelqu’un. Ça, c’est une farce.

Donc, être le dindon de la farce, c’est se faire avoir, se faire arnaquer. Je vous donne un exemple. Vous voulez acheter une maison en France. Vous cherchez sur internet, vous visitez une maison, vous la trouvez super, vous l’achetez. Et après, vous vous rendez compte qu’il y a beaucoup de problèmes — des problèmes de toiture, des murs qui laissent passer l’eau, des problèmes dans la cuisine, dans la salle de bain. Vous ne vous en étiez pas rendu compte avant d’acheter. Maintenant, vous devez tout réparer. Vous êtes le dindon de la farce — vous vous êtes fait arnaquer, on vous a eu, vous avez payé trop cher une maison pleine de problèmes.

Il y a d’autres expressions en français pour dire la même chose. « Être un pigeon » est un synonyme. Le pigeon, c’est un animal qu’on retrouve partout à Paris — et qu’on peut d’ailleurs manger. Allez, à la demande générale, j’imite le pigeon. Le pigeon, ça fait brrrrrrrrrr. Il y en a plein à Paris. D’ailleurs, parfois, les touristes se font traiter de pigeons — mais c’est un autre sujet.

En anglais, « être le dindon de la farce » se dit « to be the butt of the joke. »

Demain, on étudiera l’expression « Qui peut le plus, peut le moins » et on continuera notre série sur les gestes, car il en reste encore pas mal à découvrir.

J’espère que le podcast vous a plu. Merci beaucoup, à bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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