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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, on est le jeudi 22 mai 2025. C’est donc le milieu de la semaine et aujourd’hui, on va parler d’une expression française comme tous les jours : « Faire tapisserie. » On dit plutôt « tapisserie » — on ne prononce pas le « e » du milieu, ou alors très vite. Je dis « faire tapiss’rie », je ne dis pas « faire tapisserie » en détachant chaque syllabe. Alors, c’est facile dans cette expression, il n’y a que deux mots. On les étudiera tout à l’heure.
Mais d’abord, je vais vous parler d’une tapisserie qu’on peut voir en France et qui est très connue, très célèbre en tout cas en France. Ça s’appelle la tapisserie de Bayeux. Bayeux, c’est une ville en Normandie. La Normandie, c’est une région française au nord-ouest, bordée par la Manche — c’est-à-dire la mer qui sépare la France de l’Angleterre. Donc, cette tapisserie de Bayeux se trouve dans la ville de Bayeux et c’est en réalité une broderie.
Une broderie, c’est une technique qui consiste à utiliser du fil et une aiguille que vous faites passer dans un support. Avec des fils de différentes couleurs et différentes formes, vous créez des motifs, des dessins, des personnages. Ça s’appelle de la broderie. Là aussi, le « e » du milieu, on ne le prononce pas ou alors très vite — je dis « brod’rie », pas « broderie ». Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça.
Donc, la tapisserie de Bayeux est une broderie créée au XIe siècle — vers l’an 1080 ou 1090, en tout cas à la fin du XIe siècle. Il y a donc quasiment 1 000 ans. Cette tapisserie représente des personnages, des animaux, des plantes, des châteaux, des bateaux et beaucoup d’objets différents. Elle a été créée pour des raisons historiques — elle raconte une guerre, une conquête de l’Angleterre par le duc de Normandie de l’époque.
À la fin du XIe siècle, un homme qui s’appelle Guillaume le Conquérant a envahi l’Angleterre. Guillaume le Conquérant était Normand, et donc cette tapisserie de Bayeux raconte l’invasion de l’Angleterre par les Normands.
À cette époque, il y avait une bataille pour le trône d’Angleterre. Le roi à l’époque — je crois qu’il s’appelait Édouard — est mort, et un membre de sa famille, un certain Harold, a été nommé roi d’Angleterre. Sauf que Guillaume le Conquérant, avec ses troupes normandes, envahit le sud de l’Angleterre. Il y a une bataille entre l’armée de Guillaume et celle du roi Harold. Guillaume la gagne et est nommé roi d’Angleterre.
La tapisserie de Bayeux, que vous pouvez encore voir aujourd’hui à Bayeux, relate ces combats, cette invasion. Ce qui est intéressant, c’est que cette tapisserie a été commandée à l’époque par le demi-frère de Guillaume — elle est donc plutôt favorable à Guillaume le Conquérant. Elle montre les faits, l’histoire, du point de vue de Guillaume, et pas forcément de la façon dont les choses se sont réellement passées.
Si ça vous intéresse, vous pouvez voir cette tapisserie à Bayeux — à environ trois heures de Paris en voiture, avec des trains également. Et si vous êtes dans le reste du monde, tapez « tapisserie de Bayeux » sur internet et vous pouvez la voir en entier. Ce qui est impressionnant, c’est qu’elle mesure 70 mètres de long sur 50 cm de hauteur. Broder sur 70 mètres, je ne sais pas si vous vous rendez compte. J’espère que ce petit point historique vous a intéressé.
Et maintenant, on passe à notre dernière série de podcasts sur les signes et les gestes en français. C’est la septième série. Demain, on passera à autre chose — on parlera d’une fable de La Fontaine : « La Poule aux œufs d’or. » Si vous aimez les fables de La Fontaine dans ce podcast, je vous invite à écouter demain. Mais d’abord, finissons aujourd’hui.
Le premier signe veut dire « je n’y peux rien, je n’y suis pour rien, je ne comprends pas. » Vous allez hausser les épaules — les remonter vers la tête — avec les mains légèrement en avant, les paumes tournées vers le haut. Ça veut dire « je ne sais pas, je n’y suis pour rien, je ne comprends pas. » C’est un signe simple : épaules remontées, paumes montrées.
Le deuxième signe veut dire « c’est excellent, super, top, génial. » Vous mettez le pouce en l’air — vous pliez les quatre autres doigts comme pour faire un poing et vous levez le pouce. Ce signe est connu dans le monde entier — c’est d’ailleurs l’emoji du pouce jaune sur les smartphones. Sur YouTube, vous pouvez mettre un pouce en l’air. Ce geste sert aussi à faire de l’auto-stop : vous vous mettez sur le bord de la route, bras tendu, pouce levé, pour demander à quelqu’un de vous emmener gratuitement dans sa voiture.
Le troisième signe veut dire « c’est bof, c’est moyen, mouais, pas top. » Vous tendez la main à plat et vous la faites tourner sur elle-même — d’un côté puis de l’autre — dans l’axe de votre avant-bras. En anatomie, ça s’appelle la pronation et la supination. En tout cas, vous balancez votre main de gauche à droite et de droite à gauche, et ça veut dire « c’est moyen. » Si vous ne voyez pas exactement ce que je décris, ce n’est pas grave.
D’ailleurs, l’important dans ce podcast, c’est d’écouter du français. Ce n’est pas de tout comprendre — surtout que là, mon explication n’est pas très claire. Si vous comprenez 100 % de ce que je dis, avec toutes les intonations, tous les sous-entendus et toutes les petites blagues, c’est que vous avez un niveau quasiment natif — vous pouvez passer à autre chose. Mais si vous ne comprenez pas tout, continuez à écouter.
Le quatrième signe est le plus marrant. Ce n’est pas qu’un signe — il y a un geste et une phrase. Vous l’utilisez quand vous venez de faire quelque chose de génial, quelque chose que vous considérez difficile ou impressionnant, et vous voulez vous mettre en avant de façon humoristique. Je sais que dans la culture asiatique, on ne fait jamais ça — en Occident, on le fait de temps en temps, mais toujours pour rire. Disons que vous jouez au foot et que vous venez de marquer un but extraordinaire. Vous fermez le poing, vous embrassez le dessus de votre main, et vous tendez votre poing à un ami en lui disant « t’en veux ? » Ça veut dire : « je viens de faire quelque chose d’incroyable, je suis génial, est-ce que toi aussi tu veux un peu de mon charisme ? » C’est de l’humour, de la vantardise rigolote. Je fais ça de temps en temps avec des amis — c’est assez drôle.
Et maintenant, l’expression du jour : « Faire tapisserie. »
J’en ai parlé en introduction. La tapisserie, c’est un tissu fabriqué à la main ou avec un métier à tisser, représentant des motifs décoratifs. C’est une technique qu’on n’utilise plus beaucoup aujourd’hui — pour décorer les murs, on préfère la peinture ou le papier peint, qui revient d’ailleurs à la mode en décoration. La tapisserie, c’est trop long à faire et trop cher.
« Faire » — il y a beaucoup de sens à ce verbe. On en a déjà parlé. Le premier sens, c’est créer quelque chose — « faire une tapisserie », c’est tisser avec du fil et une aiguille pour créer un objet. Il y a tellement de sens différents au verbe « faire » que je vais plutôt faire de la conjugaison. « Faire » est un des verbes les plus utilisés en français — peut-être juste après « avoir » et « être ». Vous le verrez passer souvent. À l’imparfait : « je faisais, tu faisais, il faisait, nous faisions, vous faisiez, ils faisaient. » Je vous le répète : « je faisais, tu faisais, il faisait, nous faisions, vous faisiez, ils faisaient. » Et au passé simple : « je fis, tu fis, il fit, nous fîmes, vous fîtes, ils firent. » Le passé simple s’entend peu à l’oral — on l’utilise plutôt à l’écrit, dans les livres. Mais si vous lisez du français, vous le rencontrerez. Je vous le répète : « je fis, tu fis, il fit, nous fîmes, vous fîtes, ils firent. »
Alors, que veut dire « faire tapisserie » ? Ça veut dire rester à l’écart lors d’une fête, rester dans son coin, ne pas participer — mais de façon subie, non voulue. Par exemple, vous n’avez pas été invité à danser lors d’une soirée — vous restez assis tout seul sur votre chaise. Vous aimeriez bien danser, vous aimeriez bien que quelqu’un vous invite, mais personne ne le fait. Ça, c’est faire tapisserie.
C’est surtout quand on est jeune que ça se vit vraiment. Quand on est adulte, on s’en fiche — on va danser seul, on chante, on s’amuse. Le regard des autres ne compte plus autant. Mais quand on est adolescent, on a un peu honte, et le regard des autres est très important. J’ai des souvenirs de soirées quand j’étais adolescent — il y a quelques années, disons — où j’étais assez timide et je restais dans mon coin sans oser aller parler aux gens. J’avais des amis, mais j’avais du mal à aller inviter quelqu’un à danser. À l’époque, on peut dire que je faisais tapisserie — « je fis tapisserie », si on veut conjuguer au passé simple.
Cette expression vient du XIXe siècle, pendant les fêtes et les bals. Les jeunes filles qui n’avaient pas de partenaire pour danser attendaient appuyées contre le mur, immobiles. En restant ainsi sans bouger, elles ressemblaient aux personnages d’une tapisserie — des personnages brodés qui, par définition, ne bougent pas.
Donc, si vous êtes à une fête et que vous voyez quelqu’un seul qui a l’air d’avoir envie de s’amuser, vous pouvez aller le voir et lui dire « Allez, arrête de faire tapisserie, viens danser ! » Ou si c’est un ami proche et que vous voulez le taquiner, vous pouvez lui demander « Alors, tu fais tapisserie ? » — ça veut dire « Tu restes seul dans ton coin ? Tu n’as pas envie de venir t’amuser ? » Il y a une connotation un peu humoristique.
En anglais, on dit « to be a wallflower » — « wall » c’est mur et « flower » c’est fleur. Donc, une fleur sur le mur. On fait le papier peint. On fait tapisserie.
J’espère que vous avez compris le podcast. Demain, comme je vous le disais, ce sera une fable de La Fontaine : « La Poule aux œufs d’or. » Vous pouvez me retrouver sur YouTube, sur Patreon, ou m’envoyer un mail à francaisfacileadrien@gmail.com. Et n’oubliez pas — si vous voulez, enregistrez-vous en disant une expression française et envoyez-moi le fichier, j’essaierai de vous aider à améliorer votre prononciation. Allez, je vous laisse ici, ça fait plus de 20 minutes que je parle. À demain en compagnie de La Fontaine ! Merci beaucoup, à bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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