Lire la transcription
Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que ça va. On est aujourd’hui le 3 juin 2025 et aujourd’hui, on va voir une expression qui est « Jeux de mains, jeux de vilains. » Je vous répète : « Jeux de mains, jeux de vilains. » Mais avant, je vous souhaite évidemment la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien.
1) Introduction : jeux d’enfants
En première partie du podcast, on va faire une petite introduction sur un film que j’ai vu il y a 20 ans. Ce film date de 2003 et je veux vous en parler parce qu’il s’appelle Jeux d’enfants — et notre expression du jour, c’est « Jeux de mains, jeux de vilains. » Il y a donc un lien entre les deux.
Ce film commence avec la vie de deux enfants — un garçon et une fille — qui doivent avoir environ 7, 8 ou 9 ans. Ces deux enfants font souvent des bêtises. En fait, ils ont un système avec une petite boîte qui ressemble à un petit cirque, et cette boîte, ils se la passent entre eux. À chaque fois, ils disent « Cap ou pas cap » de faire telle chose.
« Cap ou pas cap » veut dire « capable ou pas capable. » « Est-ce que t’es capable ou pas d’aller, par exemple, voler des bonbons au supermarché ? » Si l’autre dit oui, il va récupérer la boîte, aller voler des bonbons, et s’il y arrive, il garde la boîte. Après, c’est lui qui dira à l’autre « Est-ce que t’es cap ou pas cap de tirer les cheveux de la maîtresse ? » Si l’autre dit « cap », il prend la boîte et il y va. Si il dit « pas cap », il ne le fait pas.
Souvent, quand on dit ça en étant enfant, on veut pousser l’autre à faire cette chose — et c’est souvent des bêtises. Dans ce film, on voit la vie de ces deux enfants qui ne sont pas frères et sœurs mais amis, et qui deviennent amoureux d’un amour unique. Ils vont continuer à faire des bêtises avec leur boîte en se disant « cap ou pas cap. » Jusque-là, rien de surprenant — les enfants font des bêtises et on leur pardonne.
Sauf que dans ce film, on va voir leur évolution à l’adolescence puis à l’âge adulte, et ils vont continuer avec cette boîte. Le problème, c’est qu’en étant enfant, une « bêtise » reste petite — voler des bonbons au supermarché, ce n’est pas bien mais ce n’est pas très grave. En revanche, quand on est adulte et qu’on se dit « cap ou pas cap », ça va être beaucoup plus extrême. Je ne vous en dis pas plus — je vous laisse voir ce film si vous le souhaitez. Ça s’appelle Jeux d’enfants, sorti en 2003. Vous pouvez probablement le trouver sur internet ou sur les plateformes de streaming. En tout cas, c’est un très joli film.
Ce qui est marrant, c’est que les deux personnages principaux sont joués par Guillaume Canet et Marion Cotillard — deux acteurs qui jouent des amoureux dans le film, et qui sont réellement en couple dans la vraie vie. Je pense que vous qui êtes étrangers et apprenez le français connaissez plus Marion Cotillard que Guillaume Canet, parce qu’elle a joué dans Batman : The Dark Knight Rises de Christopher Nolan — elle joue la fille de Ra’s al Ghul, un ennemi de Batman. Elle joue dans beaucoup de films français et dans quelques productions internationales. C’est une très bonne actrice, et Guillaume Canet est également un très bon acteur.
Et voilà, on a fini notre introduction. On va maintenant continuer notre série sur les temps que nous avons commencée il y a plusieurs jours.
2) Astuce du jour : les temps — le futur antérieur
Hier, on a fait une fable de La Fontaine — donc rien à voir avec les temps. Mais avant-hier, on a fait le futur proche. On avait déjà commencé à aborder les temps du futur. Le futur simple — le futur de l’indicatif — on l’a déjà vu dans le podcast 59, « Quand les poules auront des dents. » Si vous voulez mieux comprendre ce temps, je vous invite à l’écouter.
Aujourd’hui, on va étudier un temps un peu compliqué qui s’appelle le futur antérieur. Il y a quelques jours, on a parlé du passé antérieur — eh bien ici, c’est le même principe, mais au futur.
Ce futur antérieur sert à deux choses.
Première utilisation : émettre une hypothèse sur quelque chose qui a pu se passer — donner une probabilité par rapport à une action passée.
Exemple : « Pourquoi Camille travaille-t-elle encore à cette heure ? » — on se demande comment ça se fait qu’elle soit encore au travail. Réponse : « Elle aura sûrement pris du retard dans ses dossiers. » Ici, « aura pris » — « aura » est l’auxiliaire « avoir » conjugué au futur, et « pris » est le participe passé du verbe « prendre. »
Autre exemple : « Bertrand répare sa voiture — pour quelle raison ? » Réponse : « Il aura peut-être eu une panne. » « Aura eu » — l’auxiliaire « avoir » au futur, avec « eu », participe passé de « avoir. »
Deuxième utilisation : exprimer un fait certain par rapport à une action future. On parle de quelque chose qui va se passer dans le futur, et on affirme que quelque chose d’autre sera sûrement accompli à ce moment-là. Dans ce cas, il faut ajouter un indicateur de temps — « à ce moment-là », « d’ici là », « dans une semaine », « dans un mois. »
Exemple : « Est-ce que Jérôme sera guéri pour faire du sport ? » — Jérôme est malade, on demande s’il sera prêt dans trois jours. Réponse : « Oui, d’ici là, il aura sûrement guéri. » « Aura guéri » — « aura » est l’auxiliaire « avoir » au futur, « guéri » est le participe passé du verbe « guérir. »
Comment construire le futur antérieur ? Auxiliaire « avoir » ou « être » conjugué au futur + participe passé.
Pour rappel de la logique d’ensemble :
- Plus-que-parfait : auxiliaire à l’imparfait + participe passé
- Passé antérieur : auxiliaire au passé simple + participe passé
- Futur antérieur : auxiliaire au futur + participe passé
Il faut donc connaître « être » et « avoir » au futur.
« Être » au futur : « je serai, tu seras, il sera, nous serons, vous serez, ils seront. » « Avoir » au futur : « j’aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez, ils auront. »
Quelques exemples de verbes conjugués au futur antérieur :
« Comprendre » à la première personne du singulier : « j’aurai compris. » « Tomber » à la deuxième personne du singulier : « tu seras tombé. » « Guérir » à la troisième personne du singulier : « il aura guéri » ou « elle aura guéri. » « Décevoir » à la première personne du pluriel : le participe passé de « décevoir » est « déçu. » Pour ce verbe, on utilise l’auxiliaire « avoir. » Au futur, première personne du pluriel : « nous aurons déçu » — et si le sujet est féminin ou pluriel, on accorde : « nous aurons déçus. »
Ah pardon, je me suis trompé tout à l’heure — j’avais dit « être » pour « décevoir », mais c’est bien « avoir. » Je rectifie.
3) Expression du jour : « Jeux de mains, jeux de vilains »
Allez, maintenant qu’on a fait ce temps compliqué, on va passer à la troisième partie et voir l’expression « Jeux de mains, jeux de vilains. »
« Le jeu » — même racine que le verbe « jouer. » Jouer, c’est s’amuser. On peut faire un jeu de cartes, un jeu vidéo, un jeu de société, un jeu d’extérieur — toutes ces activités où on s’amuse. Attention : « jeu » au pluriel prend un X et non un S — ça s’écrit J-E-U-X.
« Jeux de mains » — c’est un jeu qu’on fait avec les mains. En pratique, c’est un moment où deux enfants commencent à se chercher, à se chamailler légèrement. Par exemple, deux frères ou deux sœurs — ou un frère et une sœur proches en âge — qui se disputent pour une raison ou une autre. L’un tape doucement sur l’épaule de l’autre, l’autre répond en tapant sur sa jambe un peu plus fort, et ça s’emballe progressivement. C’est là qu’il faut intervenir et dire « Jeux de mains, jeux de vilains — stop ! »
« Vilain » — c’est quelqu’un qui fait de mauvaises actions. Je pense immédiatement au manga Boku no Hero Academia — ou My Hero Academia en anglais — où il y a des super-héros et des super-vilains. Les super-héros ont des pouvoirs et font le bien ; les super-vilains ont aussi des pouvoirs mais font le mal. Un vilain, c’est ça.
Donc « Jeux de mains, jeux de vilains » veut dire qu’une petite dispute peut vite dégénérer en vraie bagarre où on se fait mal. On utilise cette expression surtout avec des enfants qui commencent à se pousser, à se chercher — entre frères et sœurs, ou entre amis. C’est une expression réservée aux enfants.
Sur l’image du podcast, j’ai mis trois filles — trois sœurs ou trois amies — qui commencent à se chamailler. On arrive et on leur dit : « Stop, pas de dispute — jeux de mains, jeux de vilains ! »
D’où vient cette expression ? Du Moyen Âge. À l’époque, « vilain » désignait les paysans — les campagnards, les fermiers. Ces personnes, qui n’avaient pas beaucoup d’éducation, réglaient souvent leurs problèmes par la violence. On appelait ça des « jeux de vilains. » Avec le temps, l’expression a évolué pour désigner ces moments où des enfants passent d’une chamaillerie à une vraie bagarre.
En anglais, ça se dit « it will end in tears » — et c’est vrai qu’en général, quand des enfants en viennent à se battre, l’un finit par pleurer.
J’espère que vous avez compris le podcast, l’expression du jour et surtout le futur antérieur. Vous pouvez me retrouver par mail à francaisfacileadrien@gmail.com pour me proposer une musique ou une expression à étudier. Vous pouvez aussi me retrouver sur YouTube et Patreon — j’ai un peu délaissé Instagram, ça n’a pas beaucoup d’intérêt pour ce podcast.
Demain, on parlera de l’expression « Qui veut voyager loin ménage sa monture. » À demain ! Merci beaucoup, bye bye, hasta luego, matane !
Laisser un commentaire