La poule aux oeufs d’or

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Bonjour à toutes, bonjour à tous ! On est aujourd’hui le vendredi 23 mai. Et c’est quoi ça ? Ah, pardon — un téléchargement qui vient de se terminer. On est aujourd’hui le vendredi 23 mai et donc, on va étudier, on va analyser une nouvelle fable de La Fontaine. J’adore les fables de La Fontaine — ça fait intervenir beaucoup d’animaux, il y a souvent une morale et c’est très intéressant. Aujourd’hui, on va étudier une fable qui s’appelle « La Poule aux œufs d’or. »

Comme d’habitude, je vais vous lire la fable doucement en entier, puis je vais vous l’expliquer ligne par ligne, vers par vers. Ligne 1, c’est la première phrase, la première ligne que je vais vous expliquer, ligne 2, etc. Si vous voulez bien comprendre la fable et que vous voulez la lire en même temps, vous pouvez la retrouver sur internet — vous tapez simplement « La Poule aux œufs d’or, fable de La Fontaine » ou même juste « La Poule aux œufs d’or », vous allez trouver. Comme ça, vous aurez le texte et vous pourrez essayer de lire, essayer de prononcer les mots en même temps que moi. Et à la fin, je vous réciterai une version plus simplifiée de la fable — une version que j’ai créée — que vous qui apprenez le français pourrez comprendre plus facilement.

Allez, je vais lire la fable doucement et après, je vous explique. Elle n’est pas très longue — il y a uniquement 12 lignes. C’est parti !


La Poule aux œufs d’or, par Jean de La Fontaine.

L’avarice perd tout en voulant tout gagner. Je ne veux pour le témoigner Que celui dont la poule, à ce que dit la fable, Pondait tous les jours un œuf d’or. Il crut que dans son corps elle avait un trésor. Il la tua, l’ouvrit et la trouva semblable À celles dont les œufs ne lui rapportaient rien. S’étant lui-même ôté le plus beau de son bien. Belle leçon pour les gens chiches ! Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vu Qui du soir au matin sont pauvres devenus Pour vouloir trop tôt être riches !

Voilà, on a fini la lecture de la fable. C’est pas facile, je sais — il y a beaucoup de mots que vous ne connaissez peut-être pas. C’est normal — même un Français qui lit cette fable peut tomber sur un mot compliqué. Mais je vais vous tout expliquer.

On commence ligne par ligne.

Ligne 1 : L’avarice perd tout en voulant tout gagner.

L’avarice, c’est un nom tiré du mot « avare. » Être avare, ça veut dire être radin, ne pas vouloir dépenser son argent. Je vous en ai parlé il y a environ cinq ou six jours, avec l’expression « l’argent ne fait pas le bonheur » et la pièce de Molière L’Avare. L’avarice — le fait d’être avare — c’est de vouloir garder son argent, vouloir en gagner toujours plus sans jamais le dépenser. On dit aussi « être avide » — l’avidité — ou « être cupide » — la cupidité. L’avarice, c’est donc être attaché à l’argent, le considérer comme quelque chose d’essentiel et ne pas vouloir le lâcher.

Je vous reprends la première ligne : « L’avarice perd tout en voulant tout gagner. » Ici, on a déjà la morale de l’histoire. La Fontaine nous dit : « En étant avare, en voulant trop d’argent, on peut tout perdre. » À trop vouloir gagner, on risque de tout perdre. C’est déjà la morale de la fable.

Ligne 2 : Je ne veux pour le témoigner.

C’est une formule un peu ancienne. En français moderne, on dirait « J’en veux pour témoignage. » « Témoignage » et « témoigner » sont des mots qui veulent dire « prouver » ou « apporter une preuve. » Donc, après la morale de la première ligne, La Fontaine va nous amener un exemple, une preuve que trop aimer l’argent peut faire tout perdre.

Ligne 3 : Que celui dont la poule, à ce que dit la fable.

La Fontaine va nous amener un exemple d’avarice avec quelqu’un qui a une poule. Et il dit « à ce que dit la fable » — d’après la fable. Mais de quelle fable parle-t-il, puisque c’est lui qui l’a écrite ? En fait, il faut savoir que beaucoup de fables de La Fontaine sont inspirées d’un philosophe grec qui s’appelait Ésope. Ce monsieur Ésope, qui a vécu avant Jésus-Christ au VIe ou VIIe siècle avant notre ère, avait déjà écrit de nombreuses fables avec des animaux. La Fontaine en a inventé certaines, mais s’est aussi beaucoup inspiré d’Ésope. Ici, en disant « à ce que dit la fable », il fait allusion à la fable d’Ésope — bien plus ancienne — dont il s’est inspiré. Il reconnaît donc qu’il n’est pas l’auteur original.

Ligne 4 : Pondait tous les jours un œuf d’or.

C’est la poule qui pond, qui fait tous les jours un œuf en or. Normalement, une poule pond un œuf qui va soit devenir un poussin — s’il a été fécondé par le coq — soit que vous pouvez manger. Eh bien, cette poule-là pond un œuf en or. L’or, c’est un métal précieux qui coûte très cher. Donc, le propriétaire a beaucoup de chance — il a une poule qui lui pond un œuf d’or tous les jours.

Ligne 5 : Il crut que dans son corps elle avait un trésor.

« Il » — c’est le propriétaire de la poule. « Crut » — c’est le passé simple du verbe « croire. » On est dans du passé. Donc, le monsieur pense que dans le corps de la poule, il y a un trésor encore plus grand — puisqu’elle pond un œuf en or, peut-être qu’à l’intérieur d’elle, il y a encore plus d’or.

Ligne 6 : Il la tua, l’ouvrit et la trouva semblable.

« Il la tua » — passé simple du verbe « tuer » — il tue la poule. « L’ouvrit » — passé simple du verbe « ouvrir » — il coupe la poule en deux pour voir l’intérieur, il ouvre les entrailles. « Et la trouva semblable » — « semblable » veut dire « la même », « pareille. »

Ligne 7 : À celles dont les œufs ne lui rapportaient rien.

Il faut lire les lignes 6 et 7 ensemble : « Il la tua, l’ouvrit et la trouva semblable à celles dont les œufs ne lui rapportaient rien. » La poule qui pondait un œuf d’or tous les jours était, à l’intérieur, une poule tout à fait ordinaire — pas différente des autres. « Rapporter » ici veut dire « gagner de l’argent » — les œufs normaux ne lui rapportaient rien, ou presque rien comparé à un œuf en or.

Ligne 8 : S’étant lui-même ôté le plus beau de son bien.

« Lui-même » — c’est-à-dire de sa propre faute, tout seul. En tuant la poule, il s’est lui-même enlevé une fortune. « Ôté » veut dire « enlevé. » « Son bien » — c’est la poule, sa richesse. Donc, il s’est lui-même privé de son bien le plus précieux — cette poule qui lui pondait un œuf d’or chaque jour.

Avec cette ligne, on a terminé l’histoire. Les quatre lignes suivantes sont une précision sur la morale du début.

Ligne 9 : Belle leçon pour les gens chiches !

« Chiche » est un mot qu’on n’utilise plus guère — il veut dire « trop attiré par l’argent », avare. « Belle leçon » — une leçon, c’est quelque chose qui vous fait apprendre, qui vous sert d’expérience. Donc, ce monsieur qui a tué sa poule aux œufs d’or va en tirer une leçon — ça va lui apprendre que trop aimer l’argent est une mauvaise chose.

Lignes 10, 11 et 12 : Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vu / Qui du soir au matin sont pauvres devenus / Pour vouloir trop tôt être riches !

Je vous lis la phrase en entier : « Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vu qui du soir au matin sont devenus pauvres pour vouloir trop tôt être riches ? » La Fontaine nous dit : « Il y en a beaucoup — des personnes qui ont tout perdu, qui sont devenues pauvres du jour au lendemain parce qu’elles voulaient s’enrichir trop vite. » Ça illustre parfaitement l’histoire de la poule. Au lieu de se contenter d’un œuf d’or par jour, le propriétaire a voulu plus — et il a tout perdu.

Et avec ça, on a terminé toutes les lignes. Je vous ai expliqué l’intégralité de la fable. Je vais maintenant vous la relire en entier à vitesse normale, comme si je la lisais à des Français. Et après, je vous lirai doucement la version simplifiée que j’ai créée, pour que vous puissiez mieux la comprendre.

Allez, je relis La Poule aux œufs d’or, par Jean de La Fontaine.

L’avarice perd tout en voulant tout gagner. Je ne veux pour le témoigner Que celui dont la poule, à ce que dit la fable, Pondait tous les jours un œuf d’or. Il crut que dans son corps elle avait un trésor. Il la tua, l’ouvrit et la trouva semblable À celles dont les œufs ne lui rapportaient rien. S’étant lui-même ôté le plus beau de son bien. Belle leçon pour les gens chiches ! Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vu Qui du soir au matin sont pauvres devenus Pour vouloir trop tôt être riches !

Voilà — c’était la fable lue à vitesse normale. Et maintenant, voici ma version simplifiée.

« La Poule aux œufs d’or », version simplifiée par Adrien.

Trop aimer l’argent peut faire tout perdre — en voici la preuve. Prenons comme exemple une personne qui avait une poule qui pondait un œuf en or tous les jours. Il crut que dans le corps de la poule, il y avait un trésor encore plus grand. Il la tua, chercha dans son corps — mais la poule était comme les autres. Il a donc tué sa poule aux œufs d’or et se retrouve sans rien. Belle leçon pour les gens trop attirés par l’argent. Dernièrement, ils sont nombreux à être devenus pauvres car ils ont voulu s’enrichir trop vite.

Est-ce que cette version était plus facile à comprendre ? J’espère que oui. J’espère que vous avez bien compris la fable et surtout la morale — car c’est l’essentiel dans les fables de La Fontaine. Qu’est-ce que cette fable peut vous apprendre ?

Alors, pour vous annoncer la prochaine fable : elle s’appellera « Le Loup et la Cigogne » — rendez-vous dans dix jours pour ça. Et demain, on se retrouve pour une nouvelle expression : « Avoir du bol. » À bientôt ! Merci beaucoup de m’avoir écouté. Bye bye, hasta luego, matane !


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