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Bonjour à toutes et bonjour à tous, j’espère que vous allez bien et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. On est aujourd’hui le samedi 17 mai. C’est donc le début du week-end et aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est « L’argent ne fait pas le bonheur. » Alors, ce n’est pas vraiment une expression — c’est plutôt un proverbe. Je ne sais plus dans quel podcast j’avais déjà parlé de la différence entre expression et proverbe. En tout cas, ici, c’est plutôt un proverbe, plutôt un adage. On dit « L’argent ne fait pas le bonheur » et parfois, d’ailleurs, on rajoute « Mais ça y contribue. » Donc, vous pouvez avoir soit « L’argent ne fait pas le bonheur », soit « L’argent ne fait pas le bonheur, mais ça y contribue. » On expliquera tout ça tout à l’heure.
Pour vous, c’est quoi le bonheur ? C’est quoi la définition d’être heureux ? Est-ce que c’est d’avoir des enfants ? Est-ce que c’est d’être marié — avec un mari ou une femme ? Est-ce que pour vous, le bonheur, c’est d’avoir de l’argent, d’être riche ? Est-ce que c’est d’avoir une maison ou alors d’avoir un animal de compagnie ? Ça peut être aussi le bonheur de bien manger — le plaisir de manger est pour certaines personnes une source de bonheur — ou peut-être le bonheur de voyager. C’est pour certains un bonheur de voyager, ou tout simplement de discuter avec quelqu’un qu’on apprécie.
Moi, personnellement, je pense qu’il y a différents degrés dans le bonheur. Il y a différentes choses de la vie de tous les jours, des petites choses qui procurent du plaisir, qui procurent du bonheur. Là, je suis assis à mon bureau, je regarde par la fenêtre, je vois de la verdure. Eh bien, si je regarde dehors pendant quelques instants, ça me fait plaisir de voir cette verdure, de voir des papillons, des oiseaux. C’est un petit bonheur. Manger, se préparer un bon repas et le savourer chez soi ou au restaurant — c’est aussi un bonheur. Avoir mes chiens, être avec un ami — c’est aussi un bonheur. Avoir de l’argent, avoir une maison — c’est aussi un bonheur. Donc, il y a différents degrés de bonheur. Il y a des personnes qui n’ont pas d’argent et qui sont très heureuses, qui vivent de peu et s’en satisfont. Et il y a des personnes qui veulent toujours plus — plus de choses, plus d’argent — et qui, malgré tout, ne sont pas heureuses.
Donc, le bonheur, c’est quelque chose de subjectif, de propre à chacun. Moi, personnellement, j’essaie d’être heureux avec les situations de la vie de tous les jours. Rien que de serrer mon chien contre moi, rien que de marcher dans la forêt — c’est un bonheur. On respire, il y a du vert, il n’y a pas de bruit. On est bien. Moi, je cherche la vie bonne.
J’ai entendu il y a quelques années une conférence d’un Français qui s’appelle Luc Ferry, qui a parlé pendant une heure de ce que c’est que le bonheur, ce que c’est qu’une vie bonne, et que tout le monde cherche à vivre une vie qui puisse le satisfaire. C’était très intéressant. D’ailleurs, ce monsieur Luc Ferry a participé à la création de bandes dessinées que j’adore. Je ne sais pas si vous savez, mais j’ai une passion pour la mythologie grecque — et pour la mythologie d’autres pays en général — mais spécifiquement la mythologie grecque. Eh bien, Luc Ferry a participé à la création d’une série de bandes dessinées sur la mythologie grecque. Je crois qu’il y a maintenant peut-être 20 ou 25 tomes. Ce sont de très beaux dessins. Souvent, le dessinateur change, et chaque tome raconte l’histoire d’un dieu grec, d’un demi-dieu ou d’une légende grecque. Si vous ne connaissez pas ces bandes dessinées et que vous voulez améliorer votre français, je vous les conseille.
D’ailleurs, sur mon site Patreon, vous êtes plusieurs à vous être abonnés — je vous remercie beaucoup. En ce moment, vous pouvez écouter tous les lundis à 8h un nouveau conte de la mythologie japonaise. Et après, quand on aura fini la mythologie japonaise, je commencerai à lire les contes de la mythologie grecque. Je vous invite à vous abonner gratuitement ou avec une participation mensuelle de 6 dollars pour soutenir la création du podcast.
Et maintenant qu’on a fait cette petite introduction, on continue notre série sur les signes et les gestes en français. On a déjà fait deux podcasts là-dessus — aujourd’hui, c’est le troisième. On va voir quatre nouveaux gestes qui veulent dire quelque chose.
Le premier geste veut dire « j’en ai marre, j’en ai par-dessus la tête. » Pour faire ça, vous prenez votre main tendue — droite ou gauche — et vous la faites passer au-dessus de votre tête en faisant des allers-retours. Là, je suis tout seul en train de faire le geste, c’est un peu ridicule. En tout cas, vous passez la main au-dessus de la tête — ça veut dire « j’en ai marre, j’en peux plus, ça suffit. »
Le deuxième geste sert à demander une cigarette. Quand on fume, on tient la cigarette soit entre l’index et le majeur, soit entre le pouce et l’index. Vous pouvez faire ces deux versions. Index et majeur tendus, comme si vous aviez une cigarette entre les doigts, et vous approchez les doigts de la bouche comme si vous fumiez — ça veut dire « est-ce que tu as une cigarette ? » ou « est-ce que tu fumes ? » Si vous faites le geste avec le pouce et l’index, ça évoque plutôt le joint, la cigarette de cannabis. Avec l’index et le majeur, c’est la cigarette classique. Même geste de base, mais une petite variante selon les doigts utilisés.
Le troisième geste veut dire que quelque chose vous ennuie, que vous en avez ras le bol, que vous n’avez pas envie de faire cette chose-là. En français, on dit « la barbe ! » — et la barbe, ce sont les poils qui poussent chez les hommes sur les joues, le menton et un peu le cou. Pour faire ce geste, vous allez passer votre main sur votre joue comme si vous frottiez votre barbe. Je suis en train de le faire — je n’ai pas beaucoup de barbe, juste une barbe de trois jours, donc ça ne s’entend pas très bien. En tout cas, frotter sa joue avec la main veut dire « ça m’ennuie, je n’ai pas envie de faire ça. »
Le quatrième geste sert à dire à quelqu’un qu’il est têtu. Être têtu, ça veut dire n’avoir qu’une seule idée en tête, ne pas écouter les autres, penser qu’on a toujours raison. Pour faire ce geste, vous fermez le poing et vous tapez doucement votre front avec. Je vous le refais — je pense que vous entendez un peu. En tout cas, taper son poing contre son front veut dire « il est têtu. » L’image, c’est que la tête est dure comme de la pierre ou du béton — aucune idée nouvelle ne peut y entrer. On dit d’ailleurs « avoir la tête dure » pour dire être têtu. Souvent, on dit ça des Bretons — désolé s’il y a des Bretons qui m’écoutent, mais ayant passé mes vacances d’enfance en Normandie, j’ai toujours entendu dire que les Bretons étaient têtus. Maintenant que j’habite au Pays Basque, les Basques s’en sortent pas mal non plus à ce niveau-là — il y a une belle compétition entre Bretons et Basques.
Je vous résume les quatre gestes du jour : « J’en ai marre » — la main qui passe au-dessus de la tête. « Est-ce que tu as une cigarette ? » — l’index et le majeur tendus portés à la bouche. « Ça m’ennuie, la barbe ! » — on frotte sa joue avec la main. « Il est têtu » — on tape doucement son poing contre son front.
On continuera demain avec d’autres gestes — ah non, pardon. Demain, c’est une chanson française. Tous les dix jours, je vous propose d’écouter et d’analyser les paroles d’une chanson française. Demain, ce sera « Comme d’habitude » de Claude François — une chanson sur une rupture amoureuse. Donc, la série sur les gestes reprendra après-demain avec quatre autres signes.
Et tout de suite, on passe à l’expression du jour : « L’argent ne fait pas le bonheur. »
« L’argent » — je pense que vous savez ce que c’est. Ce sont les sous, les pépettes, les biftons — c’est ce qu’on gagne quand on travaille, le salaire qui arrive sur votre compte.
Ensuite, dans l’expression, on a « ne fait pas. » « Ne… pas », c’est la marque de la négation. « Fait » — F-A-I-T — c’est le verbe « faire » conjugué au présent de l’indicatif à la forme négative. Je vais vous conjuguer « faire » au présent négatif, puis à l’imparfait négatif. Au présent : « je ne fais pas, tu ne fais pas, il ne fait pas, nous ne faisons pas, vous ne faites pas, ils ne font pas. » À l’imparfait : « je ne faisais pas, tu ne faisais pas, il ne faisait pas, nous ne faisions pas, vous ne faisiez pas, ils ne faisaient pas. » Comme ça, vous voyez un verbe conjugué à la forme négative.
Et enfin, les deux derniers mots : « le bonheur. » « Le » — article défini masculin, car « bonheur » est un nom masculin — on dit « un bonheur, le bonheur. » Le bonheur, c’est le contraire du malheur. Ce sont les bonnes choses qui nous arrivent. J’en ai parlé au début — c’est vraiment une question philosophique. Qu’est-ce que le bonheur pour vous ? On pourrait en parler pendant des heures. La définition du bonheur est propre à chacun, et c’est ça qui est intéressant dans une vraie discussion — chacun donne ses arguments, mais pour écouter l’autre, il ne faut pas être têtu.
Alors, « l’argent ne fait pas le bonheur » — ici, il faut prendre cette expression au sens propre. Il n’y a pas d’image, pas de sens figuré. Ça veut vraiment dire ce que ça dit : vous pouvez avoir beaucoup d’argent et ne pas être heureux. Je vous pose la question une nouvelle fois — qu’est-ce qui rend heureux ? Pour moi, ce sont de petits plaisirs de la vie de tous les jours. Être avec quelqu’un qu’on aime, être avec ses animaux, manger, respirer, se promener, aller au cinéma. Tant qu’on a la santé, tout va bien — mais quand on est malade, c’est un gros problème. Voilà, je partais vers un podcast un peu sombre — ce n’était pas le but.
Enfin, je vous donne des exemples qui illustrent que l’argent ne fait pas le bonheur. Je ne sais pas si vous connaissez le groupe Linkin Park — moi, j’adore ce groupe depuis l’adolescence et je les ai vus deux fois en concert. Le chanteur s’appelait Chester Bennington. Chester Bennington s’est suicidé il y a quelques années. Alors qu’il était talentueux, reconnu, riche — une vraie star — il n’était manifestement pas heureux et souffrait d’une profonde dépression. C’est un bel exemple de ce que veut dire l’expression. D’autres exemples de stars qui semblaient avoir tout pour être heureuses et ne l’étaient pas : Kurt Cobain, qui s’est suicidé, Amy Winehouse, Jim Morrison, le chanteur des Doors. Toutes ces personnes étaient riches, mais pas heureuses. Donc, ce n’est pas l’argent qui fait le bonheur.
J’ai essayé de chercher l’origine précise de cette expression, mais je n’ai pas trouvé. Par contre, il y a beaucoup de textes et d’œuvres françaises qui reprennent cette idée. Je vais vous conseiller une pièce de théâtre de Molière — attention, c’est difficile à lire parce que c’est écrit en vers. Si vous avez un niveau débutant en français, je ne vous la conseille pas. Si vous avez un niveau avancé, vous pouvez vous y amuser. Cette pièce s’appelle L’Avare. Quelqu’un d’avare, c’est quelqu’un qui veut garder son argent et ne surtout pas le donner ni le dépenser. Dans cette pièce, le personnage principal s’appelle Harpagon — un vieux monsieur avare qui cache son argent dans un coffre enterré dans son jardin. Il vit comme un pauvre alors qu’il a beaucoup d’argent, mais ne veut pas que les autres le sachent. Il y a tout un tas d’intrigues et de quiproquos assez rigolos. Cette pièce a d’ailleurs été adaptée en film avec Louis de Funès — les dialogues sont les mêmes que dans la pièce. C’est difficile à comprendre pour quelqu’un qui n’est pas français, mais si vous avez un niveau avancé, je vous invite à regarder ce film.
On a d’autres expressions en français qui veulent dire la même chose. « L’argent ne fait pas le bonheur », ça peut aussi se dire « Qui dit fortune ne dit pas félicité. » La félicité, c’est le bonheur. La fortune, c’est la richesse. Donc, « qui dit argent ne dit pas bonheur. »
En anglais, on dit « Money can’t buy happiness » — l’argent ne peut pas acheter le bonheur. Vous pouvez avoir tout l’argent du monde, vous ne pourrez pas acheter le fait d’être heureux.
Allez, je vous laisse là. J’espère que ça vous a plu et appris des choses. À demain pour l’étude de la chanson de Claude François, « Comme d’habitude. » Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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