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Voici le texte corrigé dans son intégralité, sans rien enlever :
Bonjour à toutes et bienvenue dans les histoires incroyables des fables de La Fontaine. Alors, comme vous pouvez le remarquer, j’ai changé la musique d’introduction. En fait, je me suis aperçu que pour les fables de La Fontaine, je n’avais pas changé de musique par rapport aux expressions françaises. Pour les contes de Grimm et de Perrault, j’ai une musique spéciale. Pour les contes que vous retrouvez sur mon site Patreon, j’ai une autre musique. Et bien maintenant, pour les fables de La Fontaine, j’ai une nouvelle introduction. On est donc le 2 juin 2025. Et aujourd’hui, on va parler d’une nouvelle fable de La Fontaine qui s’appelle « Le Loup et la Cigogne. »
Alors, je vais vous redire comment ça se passe — ceux qui découvrent mon podcast vont comprendre, ceux qui ont l’habitude connaissent déjà. Je vous lis la fable une première fois, après je vous l’explique ligne par ligne, avec les mots compliqués et les tournures de phrase que vous pourriez ne pas comprendre. À la fin, je vais vous expliquer la morale, pourquoi La Fontaine a écrit cette fable, et ensuite je vais vous la relire à vitesse réelle, comme si je la lisais à des Français. Et enfin, en dernière partie, je vais vous lire la fable réécrite par moi — je l’ai retravaillée pour qu’elle soit plus facile à comprendre pour des personnes qui apprennent le français. Ça, c’est le plan du podcast.
Tout de suite, je vais vous lire la fable en entier en allant doucement. Allez, c’est parti !
Le Loup et la Cigogne, par Jean de La Fontaine.
Les loups mangent goulûment. Un loup donc, étant de frairie, Se pressa, dit-on, tellement Qu’il en pensa perdre la vie. Un os lui demeura bien avant au gosier. De bonheur pour ce loup qui ne pouvait crier, Près de là passe une cigogne. Il lui fait signe, elle accourt. Voilà l’opératrice aussitôt en besogne. Elle retira l’os. Puis, pour un si bon tour, Elle demanda son salaire. « Votre salaire ? » dit le loup. « Vous riez, ma bonne commère. Quoi ? Ce n’est pas encore beaucoup D’avoir de mon gosier retiré votre cou ? Allez, vous êtes une ingrate, Ne tombez jamais sous ma patte. »
Et voilà, c’est la fin de la fable. Vous voyez qu’elle n’est pas très longue comparée à « La Laitière et le Pot au lait » qu’on avait dû étudier en deux fois. Est-ce que vous avez compris ce qu’il se passait ? Si oui, c’est super. Si vous n’avez rien compris, je vais tout vous expliquer.
On reprend ligne par ligne.
Ligne 1 : Les loups mangent goulûment.
Un loup, c’est un animal sauvage — on en a parlé il y a quelques jours dans le podcast « Entre chien et loup. » Il chasse en forêt et mange des chevreuils, ce genre d’animaux. « Goulûment », ça veut dire de façon excessive et gourmande — manger beaucoup et très vite. On dit d’ailleurs « un goinfre » pour quelqu’un qui mange beaucoup et vite.
Ligne 2 : Un loup donc, étant de frairie.
On va parler d’un seul loup. « Être de frairie », c’est une ancienne expression pour dire qu’il mange un festin — le loup est à table, il mange rapidement.
Ligne 3 : Se pressa, dit-on, tellement.
« Se presser », ça veut dire se dépêcher, aller vite. Donc, il allait tellement vite que…
Ligne 4 : Qu’il en pensa perdre la vie.
…il crut qu’il allait mourir. Quand on mange trop vite, on peut s’étouffer — et c’est exactement ce qui arrive à ce loup.
Ligne 5 : Un os lui demeura bien avant au gosier.
Un os, c’est ce qui compose notre squelette. Tous les mammifères ont des os. Quand on mange du lapin, par exemple, il y a parfois de petits os qui peuvent se bloquer dans la gorge. Là, le loup a mangé trop vite et un os de l’animal qu’il mangeait reste coincé dans sa gorge.
Ligne 6 : De bonheur pour ce loup qui ne pouvait crier.
La vraie forme en français moderne serait « qui ne pouvait pas crier » — le « pas » est omis ici, ce qui est une tournure ancienne. Il ne peut pas crier parce que l’os bloque sa gorge. Et « de bonheur pour ce loup » — on ne sait pas encore pourquoi, mais quelqu’un va arriver et ça sera une chance pour lui.
Ligne 7 : Près de là passe une cigogne.
Voilà — la cigogne avec son long bec arrive. On a déjà étudié la cigogne dans « Le Renard et la Cigogne », il y a environ un mois et demi. C’est un grand oiseau avec un long bec — et c’est important de le retenir car ça va servir dans la fable.
Ligne 8 : Il lui fait signe, elle accourt.
Le loup fait un signe de la patte pour que la cigogne arrive. « Accourir », c’est arriver rapidement, avec entrain.
Ligne 9 : Voilà l’opératrice aussitôt en besogne.
« L’opératrice » est un ancien terme pour désigner quelqu’un qui se fait passer pour un médecin ou un pharmacien. Donc, la cigogne va jouer le rôle de docteur, elle va aider le loup. « En besogne » veut dire au travail. La cigogne, notre faux docteur, se met donc au travail — avec son long bec, elle va aller chercher l’os au fond de la gueule du loup. À noter : « une besogne » aujourd’hui s’emploie surtout pour un travail peu glorieux — on dit « une sale besogne » pour un travail dont on n’est pas fier.
Ligne 10 : Elle retira l’os. Puis, pour un si bon tour.
La cigogne retire l’os. « Un si bon tour » — le fait d’avoir réussi à enlever l’os de la gueule du loup.
Ligne 11 : Elle demanda son salaire.
Elle demande au loup de la payer, de la récompenser pour ce service rendu.
Ligne 12 : « Votre salaire ? » dit le loup.
Le loup est étonné, voire scandalisé par la demande.
Ligne 13 : Vous riez, ma bonne commère.
« Commère » est un ancien mot pour dire « ami. » Aujourd’hui, une commère désigne plutôt quelqu’un qui aime les ragots et les potins. Mais à l’époque de La Fontaine, ça voulait dire ami. Le loup dit donc à la cigogne « vous plaisantez, mon ami. »
Lignes 14 et 15 : Quoi ? Ce n’est pas encore beaucoup / D’avoir de mon gosier retiré votre cou ?
Le loup dit à la cigogne qu’elle a déjà été payée — elle a pu mettre sa tête dans sa gueule et il ne l’a pas tuée, il ne l’a pas mangée. Son salaire, c’est d’être encore en vie. « C’est votre paiement que d’avoir pu retirer votre cou de ma gueule — parce que moi, je suis un loup, et j’adore manger les oiseaux. »
Ligne 16 : Allez, vous êtes une ingrate.
Un ingrat, c’est quelqu’un qui ne reconnaît pas ce qu’on a fait pour lui. Ici, les rôles sont complètement inversés — c’est le loup qui devrait remercier la cigogne, mais c’est lui qui l’accuse d’ingratitude.
Dernière ligne : Ne tombez jamais sous ma patte.
Il menace la cigogne : si un jour il la retrouve, il la mangera.
Quelle est la morale de cette fable ?
La morale, c’est que quand on aide quelqu’un de mauvais, de méchant, il ne faut pas s’attendre à être remercié. Cette fable pose une question : est-ce que les personnes mauvaises méritent d’être aidées, méritent d’être sauvées, si elles ne sont pas capables de reconnaissance ? À l’époque de La Fontaine, on peut mettre ça en parallèle avec les puissants, les riches — les gens au pouvoir méritent-ils d’être aidés s’ils ne savent pas être reconnaissants envers ceux qui les servent ? Je trouve que c’est une fable assez jolie, assez poétique, et qu’on comprend bien.
Je vais vous relire la fable à vitesse normale, comme si je parlais à des Français, et ensuite vous lirai ma version simplifiée.
Le Loup et la Cigogne, par Jean de La Fontaine.
Les loups mangent goulûment. Un loup donc, étant de frairie, Se pressa, dit-on, tellement Qu’il en pensa perdre la vie. Un os lui demeura bien avant au gosier. De bonheur pour ce loup qui ne pouvait crier, Près de là passe une cigogne. Il lui fait signe, elle accourt. Voilà l’opératrice aussitôt en besogne. Elle retira l’os. Puis, pour un si bon tour, Elle demanda son salaire. « Votre salaire ? » dit le loup. « Vous riez, ma bonne commère. Quoi ? Ce n’est pas encore beaucoup D’avoir de mon gosier retiré votre cou ? Allez, vous êtes une ingrate, Ne tombez jamais sous ma patte. »
Et maintenant, ma version simplifiée.
Le Loup et la Cigogne, par Adrien.
Les loups mangent beaucoup. Un loup donc, étant à table, se dépêcha tellement qu’il pensa en mourir. Un os lui resta en travers de la gorge. Par chance pour ce loup qui ne pouvait pas crier, une cigogne passa près de lui. Le loup lui fit un signe et elle arriva. Notre cigogne se mit donc au travail. Elle retira l’os. Puis, pour avoir réussi cela, elle demanda à être payée. « Être payée ? » dit le loup. « Vous plaisantez, mon ami ? C’est déjà bien que vous ayez pu retirer votre cou de ma gueule. Dégagez ! Vous n’êtes vraiment pas reconnaissante ! Priez pour que je ne vous retrouve jamais ! »
Et voilà ! Avec ça, on a fini notre étude de la fable de La Fontaine, « Le Loup et la Cigogne. » J’espère que ça vous a plu. Envoyez-moi un petit message sur mon mail francaisfacileadrien@gmail.com s’il y a des textes français que vous aimez — des chansons, des poèmes — et que vous voudriez qu’on étudie ensemble dans ce podcast. Je vous dis à demain pour une nouvelle expression. Merci beaucoup ! Bye bye, à bientôt, hasta luego, matane !
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